La fin est proche

7
CHRIST ou MOI ?

Après avoir commencé par l’Esprit voudriez-vous maintenant finir par la chair ? (Galates 3.3)

Il est bon de se remémorer, de temps à autre, ce grand moment où nous avons ouvert – enfin ! — la porte de notre cœur au Sauveur qui frappait sans relâche, tant il souhaitait entrer dans notre vie (Apocalypse 3.20). Rencontre inoubliable, jours de joie intense, assurance du pardon et certitude du salut, don de Dieu… Une nouvelle existence venait de commencer : alors, tout paraissait facile ; le fardeau était léger. Que n’aurions-nous fait pour plaire à ce Dieu devenu si proche ? Nous lisions la Bible avec intérêt, avec émerveillement. Le Seigneur était présent. Nous étions portés. Mais hélas ce temps béni – celui du premier amour – fut de trop courte durée, comme chez la plupart des croyants.

Aussi, est-ce avec une certaine nostalgie, assombrie par un vague sentiment de culpabilité, que nous évoquons cette époque heureuse trop vite envolée. Que s’est-il donc passé ? Pourquoi s’est-on laissé entraîner loin du Seigneur ? Sans doute, les causes sont-elles multiples (surcroit d’activité ; négligence de la prière et de la lecture de la Bible, paresse, amour de l’argent, soucis de la vie, absence de témoignage…).

Une chose est sûre. Nous avons mis du temps, beaucoup de temps à discerner que nous avions « décroché », que le Christ était de moins en moins présent dans notre vie. Certes, nous étions rassurés, nos progrès étaient indéniables, tout avait changé en nous. En fréquentant de nouveaux amis et en participant régulièrement à la vie de l’Eglise, nous avons déserté certains milieux, abandonné certaines compagnies, chassé de notre vocabulaire les expressions grossières qui nous étaient familières, renoncé pour toujours à des pratiques ou à des plaisirs douteux, pour nous complaire dans la compagnie des enfants de Dieu. Désormais – et c’est bon signe – nous ne pouvons nous résoudre à vivre une vie chrétienne médiocre.

Puisque c’est à des enfants de Dieu querelleurs et immatures que Paul écrit pourtant : « ne savez-vous pas que vous êtes le Temple de Dieu et que l’Esprit de Dieu habite en vous » ? (1 Corinthiens 3.16), pourquoi douterions-nous de la présence en nous de ce même Esprit ? Et c’est vrai. Le Consolateur nous a été donné ; désormais il est en nous – quelle grâce ! – mais il n’empêche que la « vieille nature », ce MOI centré sur lui-même et avide de louanges, n’a pas délogé pour autant. Dés lors – et si je suis réellement né de nouveau – deux personnes sont présentes en moi : le Christ, et le vieil homme toujours vivace. Deux personnes qui ne peuvent cohabiter. L’une chasse l’autre : C’est pourquoi, tout au long de ma vie terrestre, se posera la question : Qui des deux l’emportera ? Qui des deux tiendra les rênes de ma vie ? Sera-ce le Christ qui me rendra capable d’œuvrer pour la gloire de Dieu et le bien du prochain, ou le MOI égoïste, orgueilleux dont la seule préoccupation est de tout ramener à soi ? La tentation est grande d’abandonner la lutte. Or, abandonner la lutte, c’est laisser le champ libre à l’adversaire.

Lui ou Moi ?

Nous devons savoir, et nous le répéter sans cesse, que le Christ n’est agissant que s’il occupe la première place ; à nous de renoncer volontairement et vigoureusement à notre vie propre pour la Lui confier, quoi qu’il nous en coûte.

Plus moi ! Plus moi ! mais Le Christ.

Cet abandon déclenchera un combat de tous les instants car le MOI n’en démordra pas : il tient à avoir la prééminence et il n’a pas de peine – hélas ! – à ravir la primauté à notre Seigneur. Sans doute à cause de nos « petits progrès », nous avons cru que Dieu continuait de conduire notre vie comme aux premiers jours, alors que le Moi régnait en nous et volait au Seigneur la gloire qui lui revenait. L’illusion était d’autant plus grande que nous nous montrions zélés et très présents dans l’Eglise, comme aux premiers jours. Ah ! Que nous sommes lents à découvrir que le vieil homme est revenu sur le devant de la scène et que nous sommes peu enclins à réagir pour l’en déloger.

Démasquer le MOI

Voulez-vous savoir si le Moi a la prééminence dans votre vie ? C’est très simple. Placez-vous devant Dieu avec droiture, et demandez-lui de vous éclairer. Peut-être se servira-t-il des questions suivantes pour vous ouvrir les yeux. Lisez-les lentement, en cherchant honnêtement à savoir si elles ne vous concernent pas.

– Aimez-vous les éloges ? Est-ce volontiers que vous vous attardez auprès de ceux qui vous admirent ou vous félicitent ? Alors ne cherchez pas : le Moi est à la barre dans votre vie car il aime qu’on l’aime. La vieille nature est également bien présente si vous parlez de vos « belles » expériences, avec le plaisir gourmand de les raconter en les enjolivant quelque peu, en omettant bien sûr de citer les détails moins glorieux qui risqueraient de ternir leur éclat. L’orgueil ne laisse aucun repos à qui recherche la louange, l’approbation des autres, les premières places, la vie douillette.

– Etes-vous piqué au vif, de mauvaise humeur, agressif lorsque l’entourage vous critique ou dit du mal de vous ? Etes-vous irrité contre le frère qui a osé vous reprendre ou vous désapprouver, vous contredire ou peut-être vous supplanter sans ménagement ? Avez-vous de la peine à lui pardonner ? Quoi qu’il en soit, le MOI a la prééminence, lui qui déteste être rabaissé ou évincé.

– Comment réagissez-vous lorsque vous êtes surpris en quelque faute ? Etes-vous réticent à plaider coupable devant Dieu et s’il le faut, à haute voix devant les hommes ? Refusez-vous de reconnaître vos torts à la suite d’un échec ou d’une erreur dont on vous dit responsable ? Avez-vous l’habitude de riposter en critiquant à votre tour ceux qui vous humilient ? Etes-vous porté à rejeter la faute sur les autres, à raconter les faits à votre avantage ? Dans ce cas, il ne fait aucun doute : le MOI occupe le centre de votre vie. Il faut refuser sa domination.

– Qu’en est-il de vos pensées ? Seriez-vous à l’aise si elles étaient exposées devant votre conjoint ou votre prochain ? Prenez-vous plaisir à regarder des images qui suscitent des pensées impures ? Savez-vous, comme dit l’apôtre, « tenir votre corps dans la sainteté et l’honnêteté » (1 Thessaloniciens 4.4) ?

– Avez-vous le souci constant de parler vrai ? Pouvez-vous dire, comme David : « Ce qui sort de ma bouche est exactement ce que je pense » (Psaumes 17.3). Ou bien est-ce par crainte de l’autre, ou pour lui plaire, que vous travestissez la vérité, ou usez des demi-vérités qui ne sont, en réalité, que mensonge ?

– Conscient d’être incompris par votre entourage et pour retrouver son estime, éprouvez-vous le besoin de vous justifier à tout prix en disant : « Il faut qu’on me comprenne. Je veux qu’on me croie et reconnaisse autour de moi que mes intentions étaient justes et bonnes. De toute urgence, je dois parler… » Si telle est votre façon de faire, ne cherchez pas plus loin : Le MOI, toujours soucieux de sa réputation, est aux commandes chez vous.

– Etes-vous présentement tourmenté, découragé, aigri… ? Sachez que Dieu ne tourmente pas ses enfants. Au contraire, il se plaît à combler ses créatures qu’il veut heureuses et toujours dans la joie, lui qui a envoyé son Fils « pour donner un vêtement de louange au lieu d’un esprit abattu » (Esaïe 61.3). C’est Satan qui accuse et tourmente : c’est pour cela que vous devez refuser son action et vous abandonner entre les mains du Seigneur.

– Vous voit-on gémir à la moindre contrariété, en maugréant : « Ah ! Je n’ai pas de chance ? C’est toujours moi qui écope. Qu’ai-je donc fait au Seigneur pour être pareillement éprouvé ? J’essuie difficultés sur difficultés ! Dans mon entourage, je suis le seul à pâtir… » De telles plaintes ne sont que rébellion contre le Seigneur.

– Les questions d’argent sont-elles le thème habituel de vos conversations ? Fulminez-vous souvent contre les riches accapareurs, contre ceux qui gagnent plus que vous ? Votre préoccupation majeure est-elle justement de gagner beaucoup d’argent ou de thésauriser avec acharnement pour gonfler le bas de laine ? Si vous en avez les moyens, vous arrive-t-il de sortir le « gros billet » pour les démunis ou l’œuvre de Dieu ? Eprouvez-vous quelque répugnance à donner au moins la dîme, voire à la dépasser avec joie… ? Etes-vous sérieusement abattu lorsqu’il y a perte d’argent ? Ceux qui poursuivent les richesses ne doivent pas s’illusionner : Ils relèguent le Seigneur au second plan. C’est Lui ou Mamon.

– Vous qui êtes zélés, serviables et généreux, quel temps consacrez-vous à la prière et à la lecture de la Bible ? Est-ce la portion congrue ? Juste quelques minutes, à la va vite ? Sachez alors que le Christ est oublié.

– Que faites-vous pour les personnes démunies ? Quand vous tendez une pièce à un mendiant, prenez-vous le temps de le regarder, de l’interroger, de lui prouver votre « amour » ? Pensez-vous aux malades ? Les visitez-vous ?

Etc…

Si le Saint-Esprit vous a parlé au cours de cette lecture, s’il a dénoncé chez vous un comportement contraire à Sa pensée, alors reconnaissez votre péché sans indulgence, confessez-le sans tarder, avec la ferme intention de changer de conduite, et acceptez le pardon de Dieu selon la promesse de 1 Jean 1.8-9.

Plus Moi

Il est impérieux de se défier de soi, de renoncer à soi-même avec la plus grande énergie, pour laisser la place à Celui qui peut tout. Pour cinq motifs au moins, le Moi doit être tenu pour mort. On ne peut et ne doit rien attendre de lui.

Premier motif : Paul, le grand apôtre, déclarait : « En moi n’habite rien de bon » (aux yeux de Dieu, bien sûr ! Romains 7.18). Acceptez pour vous-même ce verdict ; s’il vous paraît excessif, trop catégorique, alors sachez que vous avez tort et que c’est Dieu qui a raison. Sa Parole est la vérité. C’est pourquoi renoncez à votre façon de voir et permettez à Dieu de vous convaincre que vous êtes totalement incapable de Lui offrir quoi que ce soit « de bon » et qu’il puisse agréer. Cette vérité reconnue et bien acceptée, bannira de votre esprit, à jamais, toute idée de mérite ou toute prétention à vouloir produire, par vous même, des œuvres bonnes selon Dieu.

Deuxième motif : Hors de Christ nous ne pouvons rien faire. (Rien faire qui ait la faveur de Dieu. Jean 15.5). Si vous tenez à ce que votre service ne soit pas vent ni vaine agitation, retenez cette parole du Christ. Arrêtez-vous un instant pour la méditer et en vivre. C’est Lui qui doit « faire en nous ce qui lui est agréable » (Hébreux 13.21).

Troisième motif : « Nous ne savons pas ce qu’il convient de lui demander dans nos prières » (Romains 8.26). Donc, commençons par nous taire lorsque nous nous approchons de Dieu, et attendons-nous au Saint-Esprit, pour qu’il inspire et conduise notre louange, ainsi que nos requêtes et notre intercession.

Quatrième motif : Nous sommes incurables, et donc incapables de réformer notre caractère : « Je ne fais pas le bien que je veux et je fais le mal que je ne veux pas » (Romains 7.19). Le Christ est seul capable de nous libérer du péché. Merci Jésus. « Que le Dieu de paix vous sanctifie lui-même tout entier, et que tout votre être, l’esprit, l’âme et le corps soit conservé irrépréhensible, lors de l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ. « Celui qui vous a appelé est fidèle et c’est lui qui le fera » (1 Thessaloniciens 5.23-24).

Cinquième motif : « Mes pensées ne sont pas vos pensées et vos voies ne sont pas mes voies, dit l’Eternel » (Esaïe 55.8). Autrement dit, comme nous l’avons déjà signalé, Dieu a une autre façon d’analyser les situations, une autre vision et une autre conception des choses, une autre notion de l’amour, une autre… bref, il a d’autres yeux que moi. Je dois le reconnaître et lui demander instamment de m’éclairer. D’où la nécessité de marcher dans sa lumière, en compagnie du Dieu lumière pour éviter tout faux pas. Dans sa présence, le moi ne peut tenir. Dès lors, Sa gloire seule occupera mon esprit et comptera pour moi ; c’est le Seigneur qui inspirera mes choix, mes décisions et m’accordera la joie et la force d’accomplir sa volonté. Il importe donc que je m’attache à Sa Personne, que je la recherche avec soumission pour qu’il prenne les rênes de ma vie.

Répétons-le ! Qui veut être gardé de l’erreur, des faux jugements et de la séduction du péché… fait tous ses efforts pour vivre en communion étroite avec le Christ. A Lui seul, la première place, toute la place.

La parole suivante, déjà citée, est à retenir et si possible à apprendre par cœur : « Que le Dieu de paix vous rende capable de toute bonne œuvre pour l’accomplissement de sa volonté et fasse en vous ce qui lui agréable, par Jésus-Christ auquel soit la gloire aux siècles des siècles » (Hébreux 13.20-21).

Donnons les rênes de notre vie au Seigneur.

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