Je veux t’aimer

Quatrième partie : ÉCHEC À L’INFIDÉLITÉ

ÉCHEC À L’INFIDÉLITÉ

« Quiconque regarde une femme pour la convoiter a DÉJA commis un adultère avec elle dans son cœur »

Matthieu 5.28

Notre monde occidental qui se croit d’avant-garde, ne condamne pratiquement plus l’infidélité. J’en ai constamment la preuve au cours de nombreux entretiens. On la tolère. Plus, on la justifie quand on ne l’exalte pas. Écrivains, journalistes, cinéastes ironisent sans vergogne : le trompé n’est qu’un malchanceux ridicule, un benêt dont on se gausse volontiers… tandis que l’Infidèle a tous les honneurs de la rampe. C’est tragique et cruel car innombrables sont les cœurs brisés et les foyers démantelés par ce fléau.

Hélas, les chrétiens ne sont pas en reste ! Certains, au demeurant sympathiques et zélés pour Dieu – mais est-ce possible ? – m’avouent avec désinvolture qu’ils ont des relations extra-conjugales, qu’ils se proposent même de se séparer de leur conjoint. Alors, je m’interroge : Ces gens-là sont-ils authentiquement nés de nouveau et leurs confessions sont-elles vraiment honnêtes ? En remémorant le passé, je revois tel mari effondré ou telle épouse écrasée sous un fardeau que ni l’un ni l’autre ne parviennent à lâcher. Que d’hésitations avant de passer aux aveux ! Qu’il fallait insister, questionner, harceler presque pour amener le coupable à avouer sa faute et à appeler le péché par son nom. Bref, à la confession qui libère. Les temps ont bien changé et l’esprit de l’Antichrist gagne notre planète. Du légalisme impitoyable d’autrefois on a glissé vers la licence. Les chrétiens « sous la loi » ont cédé la place à des chrétiens « sans loi » ce qui est loin d’être mieux. Ce trouble-fête – la loi – a été évacué sans égard. Aussi, nombre de gens d’église n’ont plus la crainte de Dieu ni la notion de sa sainteté. Avec légèreté, on sacrifie épouse et enfants à ses instincts en expliquant avec cynisme : « J’ai enfin trouvé la femme de ma vie » ! Résultats : des foyers anéantis, des cœurs blessés, des vies traumatisées et de beaux ministères définitivement ruinés.

Certes, les motifs d’infidélité abondent mais il n’en est aucun qui fasse « le poids ». On invoque des prétextes : la nature changeante de l’homme, l’incompatibilité d’humeur, le caractère difficile, un travers insupportable, la frigidité de l’autre, la monotonie qu’engendre l’habitude, la lassitude ou la déception, l’irrésistible attrait d’une jeune beauté. En réalité, tous ces motifs ne sont qu’arguments diaboliques.

Et l’on apprend – hélas trop souvent ! – qu’un croyant estimé est tombé dans le péché. Alors, de s’indigner :

– C’est navrant ! Le malheureux a été victime d’une mauvaise fille qui l’a embobiné. Une séductrice chargée d’anathème.

Halte-là ! Si nous devons éprouver « une pitié mêlée de crainte » (Jude 22) à l’endroit du coupable, j’affirme que le croyant le plus éclairé est toujours responsable d’avoir chuté. On ne se laisse pas tomber dans l’adultère, on y tombe bel et bien, lucidement et délibérément. Jamais on n’y cède par surprise ou inadvertance, Dieu merci ! Tout au contraire. Le fruit défendu avant d’être saisi et consommé, exige des semaines, voire des mois d’hésitations, de bonnes résolutions, de reculs, de luttes âpres … pour la simple raison que le Saint Esprit, de son côté, ne chôme pas. Qui est séduit, s’est laissé séduire, a pris plaisir à se laisser « ensorceler », en un mot a volontairement consenti et n’a rien fait pour échapper aux filets de la prétendue séductrice (à moins que le chrétien ne soit le séducteur). Quoi qu’il en soit, le croyant le plus éclairé est, des deux, le plus coupable. Infiniment.

L’adultère commence par … les yeux. Le premier regard, dit-on, n’est pas répréhensible, c’est le second, c’est-à-dire celui que l’on prolonge et soutient avec mauvaise conscience, le regard de convoitise chargé de désirs malsains (1 Jean 2.16). Et quand l’objet convoité n’est plus là, les pensées prennent le relais et l’imagination s’active à entretenir l’image et le souvenir de la personne désirée.

Alerte ! L’adultère est là. Déjà là : « Quiconque regarde une femme pour la convoiter a DÉJA commis un adultère avec elle dans son cœur » (Matthieu 5.28). Il importe donc de tuer dans l’œuf toute convoitise, avec la dernière énergie et sans pitié. Sur-le-champ. Confessons à Dieu toute pensée infidèle en la taxant d’adultère et acceptons « la purification par Son sang » (car il ne s’agit pas de se laisser inutilement culpabiliser). Puis, à l’instar du psalmiste, disons au Tout-Puissan : « Mets une garde » à mes yeux. Soyons vigilants comme Job qui déclarait à ses amis : « J’avais fait un pacte avec mes yeux et je n’aurais pas arrêté mes regards sur une vierge » (Job 31.1).

Quand l’homme éprouve un certain plaisir à entretenir des pensées de convoitise, quand la même personne vient constamment les occuper, alors la dégringolade s’amorce : Le simple regard se transforme ; il devient provoquant. Les yeux cherchent l’autre, les yeux de l’autre. L’infidèle en puissance multiplie les occasions de se trouver sur « sa » route, à l’Église peut-être, pourquoi pas ? Et si, de l’autre côté, on se montre sensible, si un intérêt se manifeste même timidement, alors les événements se précipitent. Des sourires de connivence on passe allègrement aux rendez-vous et bientôt l’acte d’adultère est consommé.

Disons-le avec force : L’adultère est un péché délibéré, calculé, concerté, obstiné. D’où son extrême gravité car le Saint Esprit avons-nous dit, ne reste pas inactif. D’abord attristé, il alerte la conscience et parle avec insistance une, deux, trois fois … et plus. Il utilise tous les moyens : La Bible, la prédication, la conscience, les événements, parfois la répréhension d’un frère, en tout cas les propos inquiets d’une épouse (ou d’un mari) qui soupçonne, les supplications des enfants … Peine perdue. Les avertissements sont étouffés et restent lettre morte. Même s’il a paru hésiter un instant, l’infidèle en réalité n’a jamais prononcé un : Non ! catégorique face à la tentation. Il n’a pas crié : « Arrière Satan ! » lorsque sont venues de telles pensées. Harcelé, il n’est pas allé chercher de l’aide auprès d’un ami sûr. En vérité, il n’a jamais été foncièrement déterminé à échapper à l’adultère parce qu’il … aimait son péché. Le mal est là.

Donc, pas de quartier à l’adultère.

DIALOGUE

1. — ELLE : Surtout ne demandez pas à votre mari : « Chéri, à qui penses-tu ? Ton cœur s’est-il attaché à une autre … ? » Non ! ce serait soupçonner le mal. Refusez d’imaginer un seul instant l’infidélité chez lui.

2. — ELLE et LUI : Dans un tête-à-tête silencieux, acceptez que l’Esprit saint passe au crible vos pensées. Et s’il vous donne de discerner là L’infidélité, humiliez-vous (en silence) en réclamant un attachement plus grand pour votre conjoint. Le meilleur remède à l’infidélité, c’est l’amour. Veillez à bien soigner cette plante fragile.

3. — ELLE et LUI : Bénissez Dieu pour le couple que vous formez et soyez assurés qu’il vous gardera de tout mal. Ensemble, demandez-Lui qu’il « mette une garde à vos yeux ».

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