La révélation

La révélation
Apocalypse 5

La vision de Jean se porte à nouveau sur celui qui est assis sur le trône. Il aperçoit dans sa main droite un livre écrit en dedans et en dehors, et scellé de sept sceaux.

Ce livre a une grande importance pour la compréhension de l'Apocalypse.

Quant à son importance tout court, elle est prodigieuse, comme le souligne le verset 3.

Mais avant de passer aux détails, rappelons seulement que les livres étaient tous des parchemins enroulés ; souvent, on n'écrivait que sur une seule face; quand on fermait le livre, c'est-à-dire quand on l'enroulait, on pouvait dire qu'il était écrit en dedans ; quand on écrivait recto verso, il était écrit en dedans et en dehors. C'est le cas de celui-ci.

Le fait qu'il soit scellé de sept sceaux montre l'importance que Dieu y attache. Je crois qu'il représente le titre de propriété du monde.

Pour mieux en comprendre l'image, il faudrait lire tout le chapitre 32 du livre de Jérémie. Mais voici en peu de mots ce qui s'est passé. Alors que Jérusalem allait tomber aux mains des Chaldéens, Dieu fait acheter par Jérémie un champ que son oncle est pressé de vendre avant l'occupation. Dieu promet à Jérémie qu'un jour viendra où l'occupation cessera et l'on achètera de nouveau des champs dans ce pays.

Jérémie fait écrire un contrat en bonne et due forme, le fait sceller devant témoins, le place dans un vase qui sera mis en lieu sûr de façon à ce que le titre de propriété soit retrouvé en temps voulu.

Ici il se passe un peu la même chose, mais la propriété, c'est le monde.

Et lorsque l'ange crie d'une voix forte « qui est digne d'ouvrir de livre et d'en rompre les sceaux », il ne se trouve personne ni dans le ciel, ni sur terre, ni sous la terre.

Tous les anges sont là, mais ils n'ont aucun droit et ils le savent.

Adam est là aussi, il sait que la propriété lui avait été confiée, mais il l'a perdue, par sa rébellion à Dieu.

Les patriarches sont là, impuissants.

Satan est là, usurpateur ; il a fait main basse sur la propriété, mais légalement, il sait qu'il ne peut y prétendre.

Alors Jean pleure beaucoup devant cette situation catastrophique où tout est perdu. Et l'un des vieillards s'avance et lui dit : Ne pleure pas, « voici le lion de la tribu de Juda, le rejeton de David a vaincu pour ouvrir le livre et ses sept sceaux ».

Jean regarde, et en guise de lion, il voit au milieu du trône un agneau qui était là comme immolé.

Dans ce verset 5 c'est la seule fois de toute l'Apocalypse où Christ est présenté comme un lion. Le lion parle de majesté, de puissance et de domination. Autrement dit c'est la deuxième venue de Christ qui est mentionnée ici. Il dominera suer les nations, et les paîtra avec une verge de fer ! Mais pour qu'à n'y ait pas de doute à son sujet, le verset nous montre bien que le lion qui va venir, n'est qu'une seule et même personne avec l'agneau qui est déjà venu ! Christ est venu une première fois s'offrir en sacrifice pour le rachat des hommes, et dans sa grande patience et sa miséricorde, il leur a laissé déjà près de 2000 ans pour faire leur choix. Mais ce temps de « miséricorde » ou de « grâce » va prendre fin. Alors Christ reviendra, mais cette fois en tant que roi et juge, il châtiera tous ceux qui n'ont fait aucun cas de son Amour, et de sa vie offerte pour leur rachat.

Alors ce sera pour eux « une chose terrible de tomber entre les mains du Dieu vivant » c'est ce que dit la Bible (Hébreux 10.31).

Mais pour ceux qui l'ont accepté quelle grâce et quelle gloire ! La promesse qui leur est faite, c'est de partager son règne en sa présence pour l'Éternité.

L'apôtre Paul qui avait saisi la valeur de cette promesse pouvait s'écrier avec joie (bien qu'il ait été lapidé, jeté en prison, battu de verge...) « nos légères afflictions du moment présent, produisent pour nous, au delà de toute mesure un poids éternel de gloire, parce que sous ne regardons pas aux choses visibles mais à celles qui sont invisibles ; car les choses visibles sont passagères mais les invisibles sont éternelles. » (2 Corinthiens 4.17).

Quel encouragement pour les chrétiens ! Sommes-nous affligés à cause de notre fidélité à Christ ? Au lieu d'être abattus élevons nos regards vers lui, et considérons le poids de gloire qu'il met en réserve pour notre éternité.

Ce lion c'est Lui ! L'Agneau qui a terrassé le Dragon par son sacrifice. Lui, le Christ, le Fils de Dieu, qui est venu prendre une forme humaine dans la descendance de David et la tribu de Juda. C'est lui ce dernier Adam dont parle la Bible dans 1 Corinthiens 15.45  :

Ce que le premier Adam a perdu, le dernier l'a racheté.

Il n'y a aucune contestation ; tous reconnaissent en Lui le vrai propriétaire.

Il y a sept cornes et sept yeux qui sont les sept esprits de Dieu envoyés par toute la terre.

Les sept esprits représentés par les lampes nous parlent de la lumière de Dieu, et du Saint-Esprit qui éclaire tout homme qui veut recevoir Christ comme son sauveur ; les cornes nous parlent de puissance et de royauté; les yeux de l'omniscience et omniprésence ; et les sept nous parlent des sept différentes dispensations ou périodes pendant lesquelles Dieu, par son Saint Esprit, a agi de manière propre à chacune.

Le fait que l'Agneau ait les sept prouve qu'il est effectivement Dieu, et qu'il était présent et agissant dans chacune d'elle.

Il prend le livre de la main de celui qui est assis sur le trône, et aussitôt, les quatre êtres vivants et les 24 vieillards se prosternent devant lui, tenant des harpes et des coupes d'or pleines de parfums, et ces parfums sont les prières des Saints.

Dans la Bible, lorsqu'il est parlé de Saints, il ne s'agit jamais de personnes canonisées par les hommes, ce qui ne représente strictement rien sinon que quelqu'un s'octroie le droit de décider à la place de Dieu, ce qui bien entendu ne prouve pas que Dieu soit d'accord.

Au sens biblique, les saints sont tous ceux qui croient que Christ est leur sauveur personnel (qu'ils soient petits ou grands, riches ou pauvres, cléricaux ou laïques).

Ce texte nous montre l'importance que Dieu accorde à nos prières, elles ont pour lui la valeur d'un parfum de grand prix. Je ne pense pas une seconde que toutes les prières ont ce prix là. Certaines ne dépassent pas le plafond du lieu où nous sommes et je ne parle pas de celles-là. Mais parmi les prières que Dieu écoute, celles d'adoration et d'action de grâce, sont des offrandes, et donc un parfum par excellence.

Si chaque chrétien pouvait se souvenir de cela, je crois que la vie des églises changerait rapidement. L'adoration fait partie des choses impérissables ; elle est conservée devant le trône de Dieu, dans des coupes en or ; elle est de ces œuvres qui résistent à l'épreuve du feu.

Cette compagnie d'adorateurs chante un cantique nouveau en l'honneur de l'Agneau immolé qui a racheté par son sang des hommes de toute tribu, toute langue, tout peuple et toute nation. Ces cachetés règneront sur la terre.

Il faut distinguer deux types de règne, et deux peuples différents :

Les versets suivants nous montrent à quel point la remise du livre à l'Agneau est un évènement important. Car outre les quatre êtres vivants et les 24 vieillards, des centaines de millions d'anges se joignent à l'adoration, suivis en cela par toutes les créatures qui sont dans le ciel sur la terre, sous la terre, sur la mer, et tout ce qui s'y trouve.

En un mot, toutes les créatures ont été créées par Dieu, et reconnaissent la souveraineté de d'Agneau.

Puisque la remise du livre constitue un tel évènement, prenons le temps de voir comment se présente le livre.


Le livre fermé et scellé


Complètement ouvert, le livre se présente comme ceci, écrit en dedans (recto)


Écrit en dehors (verso)

Le fait de visualiser le livre aide beaucoup à la compréhension de l'ouverture des sceaux, et du déroulement des évènements.

Les chapitres 6 à 11 nous montrent l'ouverture des sept sceaux, donc de la totalité du livre, au tout au moins la totalité du recto (écrit en dedans).

Une fois tous les sceaux ouverts, et après avoir pris connaissance du recto, on peut retourner le livre et découvrir le verso (écrit en dehors).

Les chapitres 12 à 19 inclus y sont consacrés et reprennent dès le début la description de la même période et des mêmes évènements vus sous un angle différent.

De même que les quatre Évangiles traitent de la même période et des mêmes évènements, vus sous des angles différents (ce qui a fait dire à certains que dans les Évangiles, il y a des détails qui sont contradictoires, alors qu'ils sont complémentaires), de même dans l'Apocalypse, les descriptions recto et verso sont complémentaires. Et sans que cela soit encore une certitude, j'ai l'impression que le recto est vu du ciel (par l'église) et le verso vu de la terre (par ceux qui traverseront la tribulation).

La première partie donne par conséquent une vision plus générale de toute la terre ; la seconde une vision des événements en relation avec le peuple d'Israël.

Avec cette mise au point concernant le livre remis à l'Agneau, nous en aurons fini avec le chapitre 5.

Mais avant de continuer, je crois qu'il est nécessaire de consulter une révélation donnée à Daniel pour situer la période décrite dans les chapitres 6 à 19 de l'Apocalypse : Daniel 9.20-27

Avant d'explorer ce texte, une mise au point s'impose concernant la traduction.

La plupart des traducteurs ont interprété un mot par manque d'équivalence, et ont traduit par « semaine » ce qui dans l'original est « septaine ; » la semaine est un groupe de sept jours, la « septaine » est un groupe de sept. Cela peut être n'importe quoi ; au même titre que la douzaine est un ensemble de 12 ; on ne doit pas traduire douzaine par une année, sous prétexte qu'il y a douze mois dans l'année. C'est cependant ce qui a été fait pour les « septaines ». Rares sont les traductions qui ont résisté à la tentation.

Donc l'ange qui est venu ouvrir l'intelligence de Daniel, lui annonce que 70 « septaines » ont été fixées sur le peuple et la ville Sainte (verset 24) :

Autrement dit, toutes ces choses seront accomplies à la fin des 70 « septaines ».

La septaine dont il est question ici est un ensemble de sept ans, soit 70 × 7 = 490 ans.

Il y a de nombreux recoupements qui le prouvent, nous les verrons au fur et à mesure du déroulement de la prophétie.

Au verset 25, l'ange décompose le temps imparti :

– « Depuis le moment où la parole a annoncé que Jérusalem sera rebâtie jusqu'à l'Oint, au Conducteur, il y a sept septaines » (49 ans).

Pour fixer la date de sortie de la Parole qui annonce la reconstruction, il suffit de lire le deuxième chapitre de Néhémie : Il dit que c'est la vingtième année du roi Artaxerxès.

– « Dans 62 septaines (434 ans), les places et les fossés seront rétablis, mais en des temps fâcheux ».

Effectivement, les temps ont toujours été difficiles, luttes incessantes au dedans comme au dehors ; la fin se situe sous la domination romaine.

– « À la fin de ces soixante-deux septaines, un Oint sera retranché et il n'aura pas de successeur ».

Qui est ce Oint qui reste sans successeur ?

Celui dont parle le prophète Zacharie : Zacharie 9.9

Dans l'Évangile de Luc, au chapitre 19 et à partir du verset 30, chacun peut lire l'accomplissement de cette prophétie. Christ rentre à Jérusalem, assis sur un ânon, le petit d'une ânesse, et la foule l'acclame en disant :

« Béni soit le roi qui vient au nom du Seigneur. Paix dans le ciel et gloire dans lieux très hauts ! »

La semaine suivante, la foule crie :

« Crucifie-le, crucifie-le ! Et encore : Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants ! »

Ainsi l'Oint a été retranché et n'a pas eu de successeur.

Le temps d'Israël a été interrompu à ce moment, alors qu'il reste encore une septaine qui n'a pas été accomplie. Cette dernière septaine aura lieu après l'enlèvement de l'église quand le temps d'Israël reprendra son cours ; et c'est elle qui scellera l'accomplissement la prophétie.

C'est d'elle également qu'il va être question dès maintenant, et jusqu'au chapitre 19.

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