La puissance d'en haut

Chapitre 7: COMMENT GAGNER DES AMES

"Veille sur toi-même et sur ton enseignement; persévère dans ces choses, car, en agissant ainsi, tu te sauveras toi-même, et tu sauveras ceux qui t’écoutent". {1Ti 4.16}

Dans cet article, je désire ardemment faire à mes frères plus jeunes dans le ministère certaines suggestions sur la manière de prêcher l’Evangile, afin que des âmes soient amenées au salut. Ces suggestions résultent de beaucoup de recherches, de beaucoup de prière à propos de l’enseignement de la Parole de Dieu, et de nombreuses années d’expérience pratique.

Telle que je la comprends, l’exhortation reproduite au début de cet article concerne le thème, le déroulement, et le style de la prédication. Le problème est le suivant: Comment allons-nous gagner entièrement des âmes à Christ? Il est certain que nous devons parvenir à détacher les pécheurs d’eux-mêmes.

1. Les pécheurs sont des êtres moralement libres, rationnels et responsables.

2. Ils sont en rébellion contre Dieu et complètement aliénés.

Ils sont remplis de préjugés et entièrement engagés à combattre Dieu.

3. Ils sont entièrement engagés à satisfaire leurs désirs personnels. C’est le but de leur vie.

4. Ils sont en permanence plongés dans la dépravation morale. La source de leur péché est en eux-mêmes. Toutes leurs mauvaises actions en découlent par une loi naturelle. C’est leur "coeur mauvais" qui explique leur volonté de faire le mal. C’est lui qui a besoin d’être radicalement changé.

5. Dieu est infiniment bienveillant, mais les pécheurs inconvertis sont infiniment égoïstes. Ils sont donc radicalement opposés à Dieu. Ils n’ont qu’un seul désir: satisfaire leurs appétits et leurs passions, que la Bible appelle "les désirs de la chair." Ils "s’affectionnent" aux choses du monde, ce qui fait d’eux des ennemis de Dieu.

6. Cette opposition à Dieu est volontaire. Elle doit être vaincue, et ne peut l’être que par la Parole de Dieu, rendue efficace par l’enseignement du Saint-Esprit.

7. L’Evangile permet d’atteindre ce but. Quand il est présenté avec sagesse, nous pouvons avec confiance nous attendre à ce que le Saint-Esprit coopère efficacement avec nous. C’est cela que Jésus a voulu dire, en nous donnant cette mission: "Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde". {Mt 28.11}

8. Si nous manquons de sagesse et de logique spirituelle, si nous ne présentons pas l’Evangile dans son ordre naturel, nous ne pouvons aucunement prétendre à une aide divine.

9. Pour gagner des âmes, comme pour toutes choses, Dieu agit en accord avec un certain nombre de lois naturelles. Si donc nous voulons gagner des âmes, nous devons utiliser avec sagesse les moyens adéquats. Nous devons présenter les vérités de l’Evangile dans un ordre qui puisse être compris par les lois naturelles de l’intelligence et de la pensée. Si notre logique spirituelle est fausse, cela nous égarera beaucoup. Nous agirons dans l’ignorance et nous nous opposerons souvent à l’action du Saint-Esprit.

10. Il faut convaincre les pécheurs qu’ils sont ennemis de Dieu. Ils ne connaissent pas Dieu. Ils ignorent donc souvent que leur coeur est opposé à Dieu. "C’est par la loi que vient la connaissance du péché". {Ro 3.20} C’est par la loi que le pécheur se forme sa première idée véritable de Dieu. C’est par la loi qu’il apprend tout d’abord que Dieu est parfaitement bienveillant, et infiniment opposé à tout égoïsme. Il est donc nécessaire que la loi de Dieu soit opposée avec toute sa majesté à l’égoïsme et à l’inimitié du pécheur.

11. La loi produit une irrésistible conviction de sa justice. Aucun être moral ne peut en douter.

12. Tous les hommes savent qu’ils ont péché, mais tous ne sont pas convaincus de la culpabilité et des conséquences funestes du péché. La plupart sont insouciants. Ils ne ressentent pas le fardeau du péché, ni les horreurs et les terreurs du remords. Ils n’ont aucune conscience de leur condamnation ni de leur état de perdition.

13. C’est pourquoi il leur est impossible de comprendre et d’apprécier le moyen de salut que leur présente l’Evangile. Nous ne pouvons demander ou accepter un pardon, de manière intelligente et sincère, que lorsque nous voyons et comprenons la réalité et la justice de notre condamnation.

14. Il est absurde de supposer qu’un pécheur insouciant, qui n’est pas convaincu de péché, puisse accepter avec intelligence et reconnaissance le pardon que lui offre l’Evangile, tant qu’il n’a pas compris que Dieu était juste en le condamnant. La conversion à Jésus-Christ est un changement intelligent. Il faut être convaincu des conséquences funestes du péché pour accepter la miséricorde de Dieu. Sans cette conviction, l’âme ne comprend pas son besoin de miséricorde, et l’offre divine sera rejetée. L’Evangile n’est pas une bonne nouvelle, pour un pécheur insouciant et non convaincu de péché.

15. Le caractère spirituel de la loi de Dieu doit être inlassablement présenté à la conscience du pécheur, jusqu’à ce que sa propre justice soit éliminée. Il faut qu’il puisse se tenir devant un Dieu saint sans rien avoir à Lui répliquer, et en se condamnant lui-même.

16. Certains hommes sont déjà convaincus de leur péché. Le prédicateur peut leur présenter Christ sans tarder, en espérant qu’Il sera accepté. Mais ces cas sont exceptionnels. La très grande majorité des pécheurs sont insouciants. Ils n’ont aucune conviction de péché. Il ne faut pas supposer qu’ils ont déjà cette conviction et qu’ils sont prêts à accepter Christ. Il ne faut donc pas les presser trop vite d’accepter le Seigneur. Ce serait mettre la charrue avant les boeufs. Notre enseignement serait inintelligible. Nous nous apercevrions que nous nous sommes trompés, quelles que soient les apparences, même si des décisions étaient prises. Cette présentation de l’Evangile peut donner un espoir aux pécheurs. Mais ce serait un faux espoir, à moins que le Saint-Esprit fasse Lui-même ce que le prédicateur a omis de faire. Il faut absolument passer par toutes les étapes de la présentation de la vérité.

17. Lorsque la loi a accompli son oeuvre, lorsqu’elle a éliminé toute propre justice, et acculé le pécheur à accepter la miséricorde divine, il faut alors lui faire comprendre qu’il court le grand danger de voir s’exécuter la peine attachée à la violation de la loi.

18. C’est à ce moment précis qu’il faut faire comprendre au pécheur qu’il ne doit pas espérer être pardonné sans que la justice de Dieu soit satisfaite, simplement parce que Dieu est bienveillant. Il faut que la justice divine soit satisfaite pour que la bienveillance de Dieu puisse pardonner le péché. Si la justice n’était pas satisfaite en même temps que s’exerce la miséricorde, cela signifierait que Dieu accepterait de sacrifier Sa justice universelle au bien d’un individu. Dieu ne fera jamais cela.

19. Cet enseignement va persuader le pécheur de la nécessité de trouver un moyen de satisfaire la justice universelle de Dieu.

20. C’est le moment de lui présenter l’expiation comme une réalité révélée, pour le persuader de considérer Christ comme Celui qui a été offert pour son propre péché. Il faut insister sur cette réalité révélée, et souligner que Dieu a accepté la mort de Christ à la place de la mort du pécheur. Cette vérité doit être reçue comme étant le témoignage de Dieu.

21. Le pécheur est déjà écrasé de contrition par la puissance de conviction de la loi. Il sera naturellement rempli de dégoût pour lui-même, en recevant la révélation de l’amour de Dieu manifesté dans la mort de Christ. Il éprouvera alors cette tristesse selon Dieu dont on n’a pas besoin de se repentir. Dans cette lumière, le pécheur ne peut plus se justifier lui-même. Dieu est saint et glorieux, tandis que lui n’est qu’un pécheur, sauvé par la grâce souveraine de Dieu.

Cet enseignement peut être plus ou moins formel en fonction des âmes auxquelles vous vous adressez, selon leur capacité de réflexion, leur intelligence et leur degré d’attention.

22. Ce n’est pas un hasard si la dispensation de la loi a précédé celle de la grâce. C’est dans l’ordre naturel des choses. Cela s’accorde avec les lois mentales de l’homme. Plus que jamais, la loi doit frayer le chemin à l’Evangile. Si vous négligez cette vérité lorsque vous instruisez des âmes, vous ferez naître presque à coup sûr de fausses espérances. Vous définirez de mauvais critères de vie chrétienne, et vous remplirez l’Eglise de convertis superficiels. Le temps vous le prouvera.

23. Il faut prêcher la vérité aux personnes présentes. Il faut la présenter de telle manière que chacun se sentira personnellement concerné par ce que vous dites. Il faut qu’on puisse dire de vous: "Il ne prêche pas, mais il explique ce que les autres prêchent. Il semble s’adresser personnellement à moi!"

24. Cette manière de prêcher attirera l’attention de vos auditeurs, qui ne feront plus attention à la longueur de votre prédication. Ils se fatigueront s’ils ne voient aucun intérêt personnel dans ce que vous dites. Vous devez absolument les intéresser à ce que vous dites pour pouvoir les convertir. Quand leur intérêt est ainsi retenu, et qu’ils suivent avec attention votre sujet, ils se plaindront rarement de la longueur de votre sermon. Presque toujours, quand les gens se plaignent de la longueur d’un sermon, c’est parce que nous n’avons pas réussi à les intéresser personnellement à ce que nous disons.

25. Il peut y avoir plusieurs raisons pour lesquelles nous n’arrivons pas à retenir leur intérêt: nous ne nous sommes pas adressés à eux personnellement; nous manquons d’onction et de sérieux; nous manquons de clarté et de force; nous manquons en tout cas de quelque chose que nous devrions posséder. Il est indispensable que nous leur fassions comprendre que c’est Dieu qui leur parle en même temps que nous.

26. Ne croyez pas que votre piété personnelle suffira à vous permettre de gagner des âmes. Ce n’est que l’une des conditions de votre succès. Vous devez avoir du bon sens et de la sagesse spirituelle pour adapter les moyens au but recherché. Il faut employer avec sagesse tous les éléments vous permettant d’atteindre votre objectif: le sujet, la manière de le présenter, l’ordre des arguments, le temps et le lieu.

27. Pour convertir des âmes, Dieu peut parfois Se servir d’hommes qui ne sont pas spirituels, mais qui possèdent cette sagesse naturelle leur permettant d’adapter les moyens au but qu’ils recherchent. Mais la Bible nous indique clairement que ce sont des cas exceptionnels. Même s’il est spirituel, un chrétien sera incapable de gagner des âmes à Christ s’il ne possède pas cette sagesse, et s’il ne sait pas adapter les moyens nécessaires au but recherché.

28. L’instruction que vous donnez aux âmes doit être adaptée à leur intelligence. Quelques vérités simples, exposées avec sagesse et illuminées par le Saint-Esprit, suffisent à convertir des enfants. Je répète que ces vérités doivent être exposées avec sagesse, car les enfants sont aussi des pécheurs. Ils ont besoin d’être placés sous la loi, comme un précepteur, pour être amenés à Christ, et pouvoir être justifiés par la foi. On s’apercevra tôt ou tard que de soi-disant conversions à Christ étaient superficielles, parce que l’on a négligé le travail préparatoire de la loi. Jésus-Christ n’a pas été reçu comme le Sauveur du péché et de la condamnation.

29. Quant aux pécheurs éduqués et cultivés, qui, après tout, n’ont pas de conviction de péché et sont sceptiques dans leur coeur, ils ont besoin d’une présentation de la vérité bien plus approfondie et complète. Il faut que le filet de l’Evangile enveloppe entièrement ces professionnels, et qu’ils n’aient aucune possibilité de s’échapper. Quand on les traite de cette manière, plus ils sont intelligents, et plus on est certain de les voir se convertir. Je me suis rendu compte qu’une série de conférences s’adressant à des avocats, lorsqu’elles sont adaptées à leur manière de penser et de raisonner, constitue un moyen extrêmement sûr de les conduire à la conversion.

30. Si nous voulons réussir à gagner des âmes, nous devons savoir observer. Nous devons étudier les caractères des individus, et tenir compte des réalités de l’expérience. Nous devons exposer à la conscience des hommes de toutes classes les vérités observées et révélées.

31. Assurez-vous de bien expliquer les termes que vous employez. Avant ma conversion, je n’ai jamais entendu quelqu’un m’expliquer d’une manière intelligible les termes de repentance, foi, régénération, et conversion. On m’a expliqué que la repentance était un sentiment. La foi m’a été présentée comme un acte ou un état intellectuel, et non comme un acte volontaire de confiance. La régénération m’a été présentée comme une sorte de changement physique dans ma nature, produit directement par la puissance du Saint-Esprit, alors qu’il s’agit en réalité d’un changement volontaire dans les préférences ultimes de l’âme, changement produit par l’illumination du Saint-Esprit. Même la conversion m’a été présentée comme étant l’oeuvre du Saint-Esprit, mais en cachant le fait qu’il s’agit d’une décision personnelle du pécheur, lorsqu’il est persuadé par le Saint-Esprit.

32. Insistez bien sur le fait que la repentance implique une renonciation volontaire à tout péché, et qu’elle est un changement radical de notre attitude devant Dieu.

33. Insistez aussi sur le fait que la foi qui sauve est une confiance en Christ qui vient du coeur, qu’elle est agissante par l’amour, qu’elle purifie le coeur, et qu’elle triomphe du monde. Si notre foi manque de l’un de ces attributs, ils ne s’agit pas de la foi qui sauve.

34. Il faut demander au pécheur de faire un certain nombre d’opérations mentales. Il doit comprendre lesquelles. Si notre manière de penser est mauvaise, cela conduit dans l’erreur, et peut tromper d’une manière fatale l’âme qui cherche la vérité. Les pécheurs sont souvent conduits sur des voies de traverse. On essaye de leur faire sentir quelque chose au lieu de les inciter à prendre les décisions de leur volonté qui s’imposent. Avant ma conversion, personne ne m’a expliqué de manière intelligible quelles étaient les opérations mentales que Dieu exigeait de moi.

35. Le caractère trompeur du péché rend l’âme qui recherche la vérité extrêmement exposée à être séduite. Il faut donc que ceux qui enseignent la parole de Dieu aillent droit au but, et explorent soigneusement tous les recoins où le pécheur pourrait se cacher pour y trouver un refuge trompeur. Soyez aussi complet et précis que vous le pourrez, pour qu’il soit pratiquement impossible, pour l’âme qui cherche, de s’accrocher à un faux espoir.

36. Ne craignez pas d’aller au fond des choses. Ne faites preuve d’aucune fausse pitié, et ne mettez pas d’emplâtre sur une plaie qui a besoin d’être nettoyée en profondeur. Ne craignez pas de décourager le pécheur, lorsqu’il est convaincu de péché. N’ayez pas peur de le faire fuir en le sondant jusqu’à la moelle de ses os. Si le Saint-Esprit oeuvre en lui, plus vous sonderez le pécheur, et mieux vous lui couperez toute retraite. Il ne pourra plus continuer à pécher tranquillement.

37. Si vous voulez conduire une âme au salut, n’épargnez aucune main droite, aucun oeil droit, aucune idole chérie. Veillez bien à ce que le pécheur renonce à toute forme de péché. Insistez sur le fait qu’il doive demander pardon à tous ceux qu’il a offensés. Demandez-lui de faire une restitution complète à tous ceux qu’il a pu léser, autant qu’il lui sera possible. Ne manquez pas d’expliquer les enseignements de Christ sur ce sujet. Quelle que soit la personnalité du pécheur, faites-lui clairement comprendre qu’il ne peut pas être un disciple de Christ s’il ne renonce pas à tout ce qu’il possède. Dites-lui bien qu’il doit totalement se consacrer à Dieu, avec toutes les capacités de son corps et de son intelligence, avec tout ce qu’il possède, et avec tout ce qu’il est. Montrez-lui clairement qu’il doit, pour être accepté par Dieu, renoncer totalement à lui-même et à toutes choses, et qu’il ne s’appartient plus.

38. Vous devez vous-même comprendre que la foi et la repentance véritables impliquent tout ce qui vient d’être dit. Sans cela, il n’y a aucune véritable consécration. Si vous le pouvez, faites-le comprendre au pécheur.

39. Rappelez constamment au pécheur qu’il a affaire à Christ en personne. Montrez-lui que c’est Dieu en Christ qui cherche à le réconcilier avec Lui-même, et que la condition de cette réconciliation est qu’il abandonne entre les mains de Dieu sa volonté personnelle et son être tout entier. Il ne doit pas en garder une miette pour lui.

40. Affirmez-lui que Dieu lui a donné la vie éternelle, et que cette vie est dans Son Fils. Dites-lui que Christ a été fait pour lui "sagesse, justice, sanctification et rédemption." Rappelez-lui que c’est en Christ qu’il trouvera un plein et complet salut.

41. Quand vous serez sûr que l’âme a compris et accepté cet enseignement, et que Christ lui a été révélé, rappelez-lui qu’il lui faut absolument persévérer jusqu’à la fin. C’est encore une condition du salut. Vous devrez à présent travailler avec ardeur à empêcher une âme de rétrograder. Vous devrez l’aider à vivre dans une sanctification permanente, pour qu’elle soit définitivement scellée pour la gloire éternelle.

42. N’est-il pas vrai que lorsque des convertis rétrogradent, cela indique très souvent un grave défaut dans l’enseignement qu’ils ont reçu sur ce sujet? Pourquoi tant d’heureux convertis, quelques mois à peine après leur conversion apparente, perdent leur premier amour, perdent toute ferveur spirituelle, négligent leurs devoirs, et vivent comme ceux du monde, en n’étant plus que des chrétiens de nom?

43. Un prédicateur réellement efficace est celui qui non seulement gagne des âmes à Christ, mais aussi les garde à Christ. Il doit s’occuper non seulement de leur conversion, mais aussi de leur sanctification permanente.

44. Rien n’est plus clair dans la Bible que la promesse d’une sanctification permanente. "Que le Dieu de paix vous sanctifie lui-même tout entiers, et que tout votre être, l’esprit, l’âme et le corps, soit conservé irrépréhensible, lors de l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ! Celui qui vous a appelés est fidèle, et c’est lui qui le fera". {1Th 5.23-24} Il s’agit là, sans l’ombre d’un doute, d’une prière de l’apôtre pour que nous soyons conservés dans une sanctification permanente dans cette vie. Cette prière est assortie d’une promesse expresse que c’est Celui qui nous a appelés qui le fera.

45. Les Ecritures nous enseignent que nous ne sommes scellés du Saint-Esprit promis qu’après avoir cru. Ce scellement constitue un gage de notre salut. "En lui vous aussi, après avoir entendu la parole de la vérité, l’Evangile de votre salut, en lui vous avez cru et vous avez été scellés du Saint-Esprit qui avait été promis, lequel est un gage de notre héritage, pour la rédemption de ceux que Dieu s’est acquis, à la louange de sa gloire". {Eph 1.13-14} Ce scellement, ce gage de notre héritage, est ce qui nous assure notre salut. C’est pourquoi l’apôtre dit, dans Eph 4.30: "N’attristez pas le SaintEsprit de Dieu, par lequel vous avez été scellés pour le jour de la rédemption." Il ajoute, dans 2Co 1.21-22: "Et celui qui nous affermit avec vous en Christ, et qui nous a oints, c’est Dieu, lequel nous a aussi marqués d’un sceau et a mis dans nos coeurs les arrhes de l’Esprit." Nous sommes ainsi affermis en Christ, et oints du Saint-Esprit. Nous sommes aussi scellés par le gage de l’Esprit dans notre coeur. Notez bien que nous recevons cette bénédiction après avoir cru, comme nous le dit Paul dans l’Epître aux Ephésiens déjà citée. Il est donc d’une extrême importance d’apprendre aux convertis à ne se satisfaire de rien d’autre qu’une sanctification permanente, étant scellés et affermis en Christ par cette onction spéciale du Saint-Esprit.

46. Frères, il est donc nécessaire que nous sachions aussi ce que cela représente dans notre propre vie et que nous l’ayons nous-mêmes expérimenté. Sinon, nous ne pourrons pas conduire des convertis dans cette expérience. Nous échouerons lamentablement dans notre enseignement, en laissant de côté ce qui constitue la richesse et la plénitude de l’Evangile.

47. Il faut comprendre que si une telle expérience est rare parmi les prédicateurs, elle sera discréditée dans les Eglises. Il sera ensuite presque impossible à un prédicateur isolé de surmonter l’incrédulité de son Eglise et de lui faire accepter cette doctrine. Elle mettra en doute cet enseignement, car il y en a si peu qui le prêchent et qui le croient. Si son pasteur insiste, l’Eglise dira que l’expérience personnelle de ce dernier n’est due qu’à son tempérament particulier. L’Eglise ne pourra pas recevoir cette onction à cause de son incrédulité. Dans ces circonstances, il est d’autant plus nécessaire d’insister beaucoup sur l’importance et le privilège de la sanctification permanente.

48. Le péché est causé par une mentalité charnelle. Pécher, c’est obéir aux désirs de la chair et des pensées charnelles. La sanctification permanente est une consécration totale et permanente à Dieu. Elle implique le refus d’obéir aux désirs de la chair ou des pensées humaines. Quand nous sommes baptisés et scellés par le Saint-Esprit, nous pouvons vaincre la puissance des désirs charnels. Nous sommes fortifiés dans notre volonté de résister à l’impulsion de nos désirs. Nous pouvons demeurer en permanence dans une offrande complète de tout notre être à Dieu.

49. Si nous restons silencieux sur ce sujet, on peut naturellement en conclure soit que nous sommes dans l’ignorance à ce propos, soit que nous ne sommes nous-mêmes jamais passés par cette expérience. Cela sera inévitablement une pierre d’achoppement pour l’Eglise.

50. Il s’agit indéniablement d’une importante doctrine, clairement enseignée par l’Evangile. Nous y trouvons en vérité la richesse et la plénitude de l’Evangile. En omettant d’enseigner cette doctrine, nous privons l’Eglise de son héritage le plus riche.

51. Le témoignage donné par l’Eglise dans ce domaine a été lamentable. Il en est de même, dans une grande mesure, pour le témoignage donné par les ministères. L’Eglise a été privée de cet héritage. Est-il donc étonnant qu’elle rétrograde? Il est vrai qu’un petit nombre de chrétiens fidèles continuent, ça ou là, à insister sur cette doctrine. Mais leur témoignage est presque réduit à néant par le contre-témoignage et le silence coupable de la grande masse des témoins de Christ.

52. Chers frères, quand je parle de sanctification permanente, mes convictions sont fermes et mes sentiments profonds. Je ne vous cache donc pas que, pour moi, le peu de succès de la prédication de l’Evangile, je le crains, est dû au fait que les prédicateurs eux-mêmes ne sont pas passés par cette expérience, pour beaucoup d’entre eux. Je ne vous le dis pas comme un reproche, ce n’est pas mon intention. Il n’est pas étonnant que beaucoup d’entre vous ne soient pas passés par cette expérience. C’est votre formation spirituelle qui a été défectueuse. On vous a conduits à adopter un autre point de vue sur ce sujet. Pour beaucoup de raisons, vous avez fini par rejeter cette doctrine bénie de notre glorieux Evangile. Vous ne l’avez pas crue. Bien entendu, vous n’avez donc pas pleinement reçu Christ dans votre coeur. Peut-être que cette doctrine de la sanctification permanente a représenté pour vous une pierre d’achoppement. Mais je vous supplie d’abandonner vos idées préconçues. Osez vous tourner à présent vers Christ en Le considérant comme votre sagesse, votre justice, votre sanctification et votre rédemption. Vous verrez s’Il ne vous donne pas infiniment au-delà de tout ce que vous pourrez demander ou penser!

53. Nous ne devons permettre à aucun homme, qu’il soit chrétien ou pécheur, de vivre en paix en pratiquant un péché quelconque. Autant que nous le pouvons, nous ne devons permettre à personne d’espérer entrer un jour au ciel, s’il continue à pratiquer un péché quelconque. Notre exigence et nos exhortations doivent être sans cesse: "Soyez saints, car Dieu est Saint!" "Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait!" Rappelons-nous comment Christ a conclu Son remarquable Sermon sur la Montagne. Après avoir exposé à Ses auditeurs ces vérités extraordinairement profondes, Il leur a demandé d’être parfaits, comme Son Père céleste est parfait. Puis Il a conclu en leur affirmant que personne ne pouvait être sauvé sans accepter Ses enseignements, ni sans leur obéir. Au lieu d’essayer de faire plaisir à ceux qui vivent dans leur péché, nous devons continuellement nous efforcer de les persuader d’en sortir! Frères, faisons-le, si nous ne voulons pas avoir nos vêtements tachés par leur sang. Si nous persévérons dans cette attitude, si nous prêchons constamment avec onction et puissance, et si nous demeurons dans la plénitude de la doctrine de Christ, nous pouvons nous attendre avec joie à nous sauver nous-mêmes, et à sauver ceux qui nous écouteront!

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