Histoire de l’Œuvre de la Rédemption

2.
De l’incarnation de Christ à sa résurrection

Après avoir montré comment l’œuvre de la rédemption s’est poursuivie durant la première période de la chute de l’homme à l’incarnation de Christ, j’en viens maintenant à la seconde période, le temps de l’humiliation de Christ, compris entre son incarnation et sa résurrection. C’est là la période la plus remarquable de toutes. Bien qu’elle n’ait été que de trente à quarante ans, il y a plus de choses faites pendant ce temps-là que depuis le commencement du monde jusqu’à l’incarnation. Nous avons fait remarquer que tous les événements, depuis la chute jusqu’à l’incarnation de Christ, étaient seulement destinés à préparer ce qui allait être fait ensuite. On peut remarquer aussi que ce qui fut fait avant le temps dans le conseil éternel, entre les personnes de la sainte Trinité, se rapportait principalement à cette période. Nous en venons donc à présent à considérer la seconde proposition.

Durant le temps de l’humiliation de Christ, de son incarnation à sa résurrection, eut lieu le rachat, ou la rédemption proprement dite.

Bien que beaucoup de choses eussent été faites en vue de l’œuvre de la rédemption, que des milliers de sacrifices eussent été offerts, toutefois il n’y avait eu rien de fait pour effectuer la rédemption avant l’incarnation de Christ. Il n’y avait eu rien de fait par rapport au rachat ; jusque-là aucun prix n’avait été offert. Mais aussitôt que Christ fut incarné, le rachat commença. Le moment du rachat embrassa tout le temps de l’humiliation de Christ, jusqu’au matin où il ressuscita d’entre les morts. Il fut alors entièrement achevé et complété. Rien n’avait été fait avant l’incarnation de Christ pour acquérir la rédemption, rien non plus ne fut fait après. Il n’y aura rien de plus de fait dans toute l’éternité. A l’heure même où la nature humaine de Christ cessa de rester sous le pouvoir de la mort, le dernier centime du prix du salut pour chaque racheté fut payé.

Mais, afin de mettre plus d’ordre et de régularité dans l’examen des grandes choses faites par Christ pour notre rédemption, nous parlerons d’abord de son incarnation, qui eut pour but de le mettre en état d’accomplir le rachat, et ensuite du rachat lui-même.

2.1 — De l’incarnation de Christ

Christ s’incarna ou, ce qui est la même chose, devint homme pour être en état d’accomplir notre rédemption ; car, bien que Christ, en tant que Dieu, fût parfaitement suffisant pour cette œuvre, il était cependant nécessaire, pour l’accomplir réellement, qu’il fût non seulement Dieu, mais aussi homme. Si Christ était resté seulement dans sa nature divine, il n’aurait pas été en état d’opérer notre salut, non par suite de quelque imperfection dans la nature divine, mais, au contraire, par suite de sa perfection absolue et infinie. Christ, en effet, en tant que Dieu, ne pouvait ni obéir, ni souffrir comme cela était nécessaire. La nature divine ne peut souffrir, elle est infiniment élevée au-dessus de toute souffrance. Elle ne peut pas non plus obéir à la loi donnée aux hommes. Il est aussi impossible que Celui qui n’est que Dieu obéisse à la loi donnée aux hommes, qu’il est impossible qu’il souffre les châtiments qui doivent tomber sur l’homme.

Il était donc nécessaire que Christ prît sur lui, non seulement une nature créée, mais notre nature. Il n’aurait pas suffi que Christ devînt un ange, et qu’il obéît et souffrît dans la nature des anges ; mais il était nécessaire, sous trois rapports, qu’il devînt homme.

1° Il était nécessaire, afin de satisfaire la loi, que la nature même à laquelle la loi avait été donnée obéit. La loi donnée aux hommes ne pouvait être observée que si un homme lui obéissait. Dieu insista là-dessus, que la loi qu’il avait donnée à l’homme devait être respectée et accomplie par la nature humaine, autrement les hommes n’auraient pas satisfait à la loi. Les paroles : « Tu n’en mangeras point, etc, » avaient été adressées à la nature humaine ; il fallait donc que la nature humaine les observât.

2° Il fallait, pour satisfaire à la loi, que la nature qui avait péché mourût. Ces paroles : « Tu mourras de mort, » concernent la nature humaine. La menace s’adressait à la nature même qui avait reçu le commandement.

3° Dieu voulut que le même monde qui avait été le théâtre de la ruine fût aussi le théâtre de sa rédemption. Il est souvent dit que Christ est venu dans le monde pour sauver les pécheurs, et que Dieu l’y a envoyé dans ce but. Il fallait qu’il vînt dans ce monde plongé dans le péché, rempli de misères, ruiné, afin de le restaurer et de le sauver. Il était nécessaire, pour le salut de l’homme, qu’il s’abaissât jusqu’à lui, qu’il vînt dans sa demeure et habitât avec nous. « La Parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous (Jean 1.14). »

Au sujet de l’incarnation, je ferai remarquer plusieurs choses :

2.1.1 – Conception et naissance de Jésus

L’incarnation elle-même, dans laquelle il y a deux choses à considérer :

1° La conception de Jésus, qui eut lieu dans le sein d’une femme, de sorte qu’il devint bien réellement le Fils de l’homme, ainsi qu’il est souvent appelé. Il fut de la postérité d’Adam, un fils d’Abraham, un fils de David, selon la promesse de Dieu. Toutefois, sa conception n’eut pas lieu de la manière ordinaire, mais par le pouvoir du Saint-Esprit. Christ fut formé dans le sein de la Vierge, de la substance de son corps, par le pouvoir de l’Esprit de Dieu. De sorte qu’il fut le fils immédiat de la femme, mais non le fils immédiat d’aucun homme. C’est ainsi qu’il fut la semence de la femme, le fils d’une vierge qui n’avait jamais connu d’homme.

Sa naissance. Bien que la conception de Christ fût surnaturelle, cependant, après cela, sa nature humaine se développa dans le sein de la vierge à la manière ordinaire, et sa naissance eut également lieu d’une manière naturelle. Mais comme sa conception fut surnaturelle et eut lieu par le pouvoir du Saint-Esprit, il fut conçu et il naquit sans péché.

2.1.2 – La plénitude des temps

La seconde chose à observer au sujet de l’incarnation de Christ, c’est la plénitude des temps dans lesquels elle eut lieu. Elle eut lieu après que tous les préparatifs eurent été faits à partir de la création, et lorsque tout fut prêt. Elle eut lieu dans le temps le plus propice et le plus convenable. « Mais quand l’accomplissement du temps est venu, Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme et soumis à la loi (Galates 4.4). »

C’était alors le temps le plus convenable sous plusieurs rapports. Une époque quelconque, avant le déluge, n’aurait pas été aussi convenable ; car alors le mal et la ruine, qui avaient été pour l’humanité la conséquence de la chute, n’étaient pas si visibles. La terre ne sentit pas aussi complètement les effets de la malédiction avant le déluge qu’après ; car, bien que la terre fût déjà maudite à plusieurs égards, cependant Dieu voulait qu’avant la venue de Christ, la malédiction fût mise en évidence par une destruction universelle, en quelque sorte, de la forme de la terre, afin que les effets de la chute fussent rendus bien visibles avant la délivrance. Quoique les hommes fussent mortels avant le déluge, cependant leur vie était de près de mille ans, ce qui est une espèce d’immortalité, comparé avec la longueur présente de la vie. Dieu voulut que la malédiction : « Tu es poudre et tu retourneras en poudre, » eût son entier accomplissement avant la venue du Rédempteur, pour acquérir une vie éternelle.

Le moment n’aurait pas été si favorable pour la venue de Christ avant Moïse ; car, jusque-là, l’humanité n’avait pas encore universellement abandonné le vrai Dieu ; les peuples n’étaient pas universellement envahis par les ténèbres du paganisme, et le besoin de Christ, la lumière du monde, n’était pas si évident. Les terribles conséquences de la chute, pour ce qui est de la mortalité de l’homme, n’avaient pas été non plus pleinement manifestées jusqu’alors ; car ce ne fut que vers le temps de Moïse que la vie fut raccourcie et réduite à sa longueur actuelle.

Il importait que le Messie ne vînt qu’alors que toutes les nations, excepté le peuple d’Israël, auraient été plongées pendant longtemps dans les ténèbres du paganisme, afin que, par une longue expérience, on eût pu se convaincre du caractère incurable de leur maladie et de la nécessité absolue du Médecin céleste.

Une autre raison pour laquelle Christ ne vint pas immédiatement après le déluge, ce fut probablement afin que la terre fût pleine de monde, afin qu’il pût avoir un royaume plus étendu qui mît en évidence les effets de sa lumière, de son pouvoir et de sa grâce, et que sa victoire sur Satan fût rendue plus glorieuse par la multitude de ses conquêtes. Il fallait aussi que la venue de Christ eût lieu plusieurs siècles après Moïse, pour que l’Église pût être préparée par les types, les prédictions et l’attente générale. Christ ne pouvait pas venir avant la captivité de Babylone, parce que le royaume de Satan n’avait pas encore atteint le plus haut point de sa puissance. Avant cela, le monde païen comprenait moins de royaumes. Dieu jugea bon que le Messie vînt dans le temps d’une des quatre grandes monarchies. Il ne pouvait venir sous la monarchie de Babylone, ni sous celle des Perses, ni sous celle des Grecs. Dieu voulut que son Fils fît son apparition dans le monde du temps de la monarchie des Romains, la plus grande et la plus puissante de toutes, qui constituait comme le royaume visible de Satan dans le monde. Ainsi, en la renversant, il remporterait une victoire plus éclatante sur le royaume de Satan au plus fort de sa force et de sa gloire, et obtiendrait un triomphe plus complet sur Satan lui-même.

Christ ne pouvait pas non plus venir avant la captivité de Babylone ; car, avant cela, les histoires nous font défaut sur l’état du monde païen, de sorte que nous ne pouvons pas nous former une idée des besoins qu’ils avaient d’un Sauveur. De plus, la science n’était pas très florissante, de sorte qu’on n’aurait pas eu occasion de voir l’insuffisance de la science et de la sagesse humaine pour réformer et sauver l’humanité. Ensuite, les Juifs n’étaient pas dispersés partout le monde, comme ils le furent plus tard ; et ainsi, sous ce rapport-là encore, les choses n’étaient pas prêtes pour la venue de Christ. La nécessité d’abolir la dispensation juive n’était pas alors aussi évidente qu’elle le devint plus tard, par suite de leur dispersion. La voie n’était pas non plus préparée pour la propagation de l’Évangile, comme elle le fut plus tard par suite de cette même dispersion. On pourrait citer encore beaucoup d’autres choses pour montrer qu’aucune autre époque n’était convenable, pour la venue de Christ, comme celle dans laquelle il fit son apparition.

2.1.3 – L’Incarnation, œuvre plus grande que la Création

Je remarquerai encore, au sujet de l’incarnation de Christ, la grandeur de cet événement. L’incarnation de Christ fut un fait plus grand et plus admirable qu’aucun de ceux qui l’avaient précédé. La création du monde fut un très grand événement, mais pas aussi grand pourtant que l’incarnation de Christ. Ce fut une grande affaire pour Dieu que de produire la création, mais une plus grande affaire encore pour le Créateur de devenir créature. Nous avons parlé de plusieurs grandes choses qui eurent lieu entre la chute de l’homme et l’incarnation de Christ, mais l’incarnation de Dieu, qui devint homme, fut plus grande que tout cela. Alors naquit le plus grand personnage qu’il y eût jamais eu ou qu’il y aura jamais.

2.1.4 – Circonstances remarquables de l’incarnation

Observez ensuite les circonstances remarquables de l’incarnation de Christ. Il naquit d’une vierge pieuse et sainte, mais pauvre, comme on le voit par l’offrande qu’elle présente à sa purification. « Et pour offrir l’oblation prescrite dans la loi du Seigneur, savoir, une paire de tourterelles ou deux pigeonneaux (Luc 2.24). » Ce qui fait allusion à Lévitique 5.7 : « Et s’il n’a pas le moyen de trouver une brebis ou une chèvre, il apportera deux tourterelles ou deux pigeonneaux. » Et cette vierge pauvre avait épousé un mari pauvre aussi. Bien qu’ils fussent tous les deux de la famille de David, qui était la plus honorable de toutes, et quoique Joseph fût l’héritier légitime de la couronne, toutefois la famille était dans des circonstances très difficiles, ce qui est représenté par l’image du tabernacle de Dieu renversé. « En ce temps-là, je relèverai le tabernacle de David qui sera tombé, et je réparerai ses brèches, et je refermerai ses ouvertures ; je le rebâtirai comme il était aux jours anciens (Amos 9.11). »

Il naquit dans la ville de Bethléhem, ainsi que cela était prédit (Michée 5.2) ; et Dieu, afin d’amener l’accomplissement de cette prophétie, intervint d’une manière remarquable, en faisant arriver le dénombrement du monde entier par César-Auguste. Il naquit dans une condition très humble, dans une étable, et fut placé dans une crèche.

2.1.5 – Évènements liés à l’incarnation

Observez ce qui accompagna ce grand événement.

Le retour de l’Esprit, qui, à la vérité, eut lieu un peu avant, mais qui cependant fut donné à l’occasion de sa naissance. J’ai déjà observé que l’esprit de prophétie cessa peu après Malachie. A peu près à partir de ce temps, les visions et les révélations immédiates cessèrent aussi ; mais, à cette occasion, elles sont renouvelées, et l’Esprit se montre de nouveau dans ses opérations. Nous avons le premier exemple de sa restauration dans la vision de Zacharie, le père de Jean-Baptiste ; le second, dans la vision qu’eut la vierge Marie ; le troisième, dans celle de Joseph. L’Esprit fut ensuite donné à Elisabeth. Il fut, après cela, donné à Marie, comme on le voit par son cantique. Après cela, il fut envoyé aux bergers ; et plus tard à Siméon ; ensuite à Anne et aux Mages ; enfin, il fut donné de nouveau à Joseph pour lui dire de fuir en Egypte, et ensuite pour l’en faire remonter.

L’incarnation de Christ fut très remarquée et dans les cieux et sur la terre. Les chants de joie que les bergers entendirent indiquent la sensation que cet événement produisit parmi les habitants des cieux. Ce fut là le plus grand événement providentiel dont les anges eussent jamais été témoins. Il est parlé de leurs chants de louanges quand ils furent témoins de la formation de ce monde inférieur. « Quand les étoiles du matin se réjouissaient ensemble, et que les fils de Dieu chantaient en triomphe (Job 38.7). » Ils font la même chose dans cette occasion beaucoup plus importante, la naissance du Fils de Dieu, qui est le Créateur du monde.

Les anges de gloire avaient tous depuis longtemps attendu ce grand événement ; ils avaient remarqué avec grand soin les prophéties et les promesses touchant ces choses ; car il nous est dit qu’ils cherchent à comprendre ce qui concerne la rédemption (1 Pierre 1.12). Ils avaient été les ministres de Christ pour cette œuvre dans ses développements divers, à partir de la chute de l’homme ; ainsi, par exemple, dans les rapports de Dieu avec Abraham, Jacob et les Israélites. Et il est hors de doute qu’ils avaient depuis longtemps attendu avec joie la venue de Christ ; mais à présent ils la voient réalisée ; aussi se réjouissent-ils beaucoup et chantent-ils des louanges à cette occasion.

L’attente d’Elisabeth et de la vierge Marie se porta sur cet événement avant la naissance de Christ ; on pourrait même dire que Jean-Baptiste en fut affecté avant sa naissance, lorsqu’il tressaillit, en quelque sorte, de joie dans le sein de sa mère, à l’ouïe de la salutation de Marie. Elisabeth et Marie, lorsqu’elles se rencontrèrent, louèrent Dieu ensemble pleines de joie à la perspective d’être mères, celle-ci de Christ, l’autre de son précurseur, rempli du Saint-Esprit. Et plus tard comme les Bergers se réjouissent de cet événement, ainsi que les fidèles Zacharie, Siméon et Anne ! Comme ils louent Dieu à cette occasion ! C’est ainsi que l’Église de Dieu, dans les cieux et sur la terre, s’unit pour se réjouir et chanter ses louanges.

Une grande portion de l’univers remarque avec joie l’incarnation de Christ. Les cieux remarquent cet événement, et ses habitants chantent de joie. Dans ce monde inférieur, les Juifs et les Gentils le remarquent. Dieu honora son fils en poussant, d’une manière miraculeuse, quelques-uns des plus sages d’entre les Gentils à entreprendre un long voyage pour le voir et l’adorer à sa naissance. Ils furent conduits par une étoile miraculeuse, représentant la naissance de ce personnage glorieux, qui est l’étoile brillante du matin ; elle alla devant eux et les conduisit au lieu même où était le jeune enfant. Quelques-uns pensent qu’ils furent instruits par la prophétie de Balaam qui habitait en Orient et qui prédit la venue de Christ sous l’image d’une étoile qui sortirait de Jacob. Ils peuvent aussi avoir été poussés par l’attente, générale à cette époque, de la venue du Messie, par suite des prophéties à son sujet, que les Juifs, dans leur dispersion, avaient portées avec eux dans toutes les parties du monde.

3° Une autre chose qui accompagna la venue de Christ, ce fut sa circoncision ; mais nous parlerons de ce sujet dans un autre endroit.

4° Une autre circonstance, ce fut sa première visite dans le second temple, encore enfant, à l’occasion de la purification de la bienheureuse vierge Marie. Nous lisons dans Aggée 2.7 : « Le Désiré de toutes les nations viendra, et je remplirai de gloire cette maison (ou temple), a dit l’Éternel des armées. » Et dans Malachie 3.1 : « Le Seigneur que vous cherchez entrera dans son temple, l’ange, dis-je, de l’alliance, lequel vous souhaitez. » C’est alors que cette prophétie s’accomplit pour la première fois.

5° Une autre circonstance à mentionner, c’est que le sceptre se départit de Juda à la mort d’Hérode-le-Grand. Le sceptre ne s’était jusque-là jamais complètement départi de Juda. Le sceptre de Juda avait beaucoup perdu de son pouvoir lors de la révolte des dix tribus du temps de Jéroboam, et le sceptre se départit d’Israël ou Ephraïm du temps de la captivité des dix tribus sous Salmanazar ; mais il se maintint dans la tribu de Juda, sous les rois de la maison de David. Et quand les tribus de Juda et de Benjamin furent conduites en captivité par Nébucadnetzar, la domination de Juda cessa pour quelque temps jusqu’au retour de la captivité sous Cyrus. Et à partir de là, bien qu’ils ne fussent plus un gouvernement indépendant, comme ils l’avaient été précédemment, et qu’ils dussent hommage aux rois des Perses, cependant ils se gouvernaient eux-mêmes, d’après leurs propres lois, et ils avaient le pouvoir de vie et de mort ; de sorte que Juda eut « un législateur d’entre ses pieds » durant la monarchie des Perses et des Grecs. Vers la fin de la monarchie des Grecs, le peuple fut gouverné par ses propres rois de la famille des Machabées pendant environ cent ans, après quoi ils furent subjugués par les Romains ; mais les Romains leur permirent de se gouverner selon leurs propres lois et d’avoir un roi d’entre eux, Hérode-le-Grand, qui régna environ cinquante ans. Il fut revêtu de toute l’autorité royale, n’ayant qu’à rendre hommage aux Romains ; mais il mourut peu de temps après la naissance de Christ, comme cela est rapporté dans Matthieu 2.19, et Archélaüs lui succéda ; mais celui-ci fut bientôt après renversé par l’empereur romain, et alors le sceptre se départit de Juda. Il n’y eut plus de rois de Juda à partir de ce temps, le peuple n’eut plus le droit de choisir son gouverneur d’entre les siens ; mais ils furent gouvernés par les envoyés des Romains, et ils cessèrent d’avoir pouvoir de vie et de mort entre eux. Aussi les Juifs disent-ils à Pilate : « Il ne nous est pas permis de faire mourir personne (Jean 18.31). » C’est ainsi que le sceptre se départit de Juda à la venue de Scilo.

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