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Bible de Jérusalem – Jacques 3

Contre l’intempérance du langage.

3 Ne soyez pas nombreux, mes frères, à devenir docteurs.e Vous le savez, nous n’en recevronsf qu’un jugement plus sévère,

e Ceux qui par ambition briguent cette charge estimée, Mt 23.8 ; Ac 13.1 ; 1 Co 12.28, doivent peser la responsabilité qui leur incombe. Tout le chap. 3 semble composé à leur intention.

f Var. (Vulg.) « vous n’en recevrez ».

2 car à maintes reprises nous commettons des écarts, tous sans exception.
Si quelqu’un ne commet pas d’écart de paroles, c’est un homme parfait, il est capable de refréner tout son corps.g

g Plusieurs comparaisons vont faire comprendre comment la maîtrise de la langue révèle une totale maîtrise de soi. Le thème était classique chez les moralistes grecs comme dans les livres sapientiaux.

3 Quandh nous mettons aux chevaux un mors dans la bouche, pour nous en faire obéir, nous dirigeons tout leur corps.

h « Quand »; var. « Voyez », cf. v. 4.

4 Voyez encore les vaisseaux : si grands qu’ils soient, même poussés par des vents violents, ils sont dirigés par un tout petit gouvernail, au gré du pilote. 5 De même la langue est un membre minuscule et elle peut se glorifier de grandes choses ! Voyez quel petit feu embrase une immense forêt : 6 la langue aussi est un feu. C’est le monde du mal,i cette langue placée parmi nos membres : elle souille tout le corps ; elle enflamme le cycle de la création,j enflammée qu’elle est par la Géhenne.

i Ou « une parure de mal ». — Autre ponctuation « La langue aussi est un feu, un monde de mal. »

j Expression qui doit provenir des mystères grecs orphiques et désigne le monde créé. — Var. (Vulg.) « le cycle de notre existence ».

7 Bêtes sauvages et oiseaux, reptiles et animaux marins de tout genre sont domptés et ont été domptés par l’homme. 8 La langue, au contraire, personne ne peut la dompter : c’est un fléau sans repos. Elle est pleine d’un venin mortel. 9 Par elle nous bénissons le Seigneurk et Père, et par elle nous maudissons les hommes faits à l’image de Dieu.

k « le Seigneur »; var. (Vulg.) « Dieu ».

10 De la même bouche sortent la bénédiction et la malédiction.l Il ne faut pas, mes frères, qu’il en soit ainsi.

l La formule antithétique « bénir-maudire » est fréquente dans l’AT, Gn 12.3 ; 27.29 ; Nb 23.11 ; 24.9 ; Jos 8.34. Mais le chrétien est incapable de maudire, cf. Lc 6.28 ; Rm 12.14 ; 1 P 3.9.

11 La source fait-elle jaillir par la même ouverture le doux et l’amer ?

12 Un figuier, mes frères, peut-il donner des olives, ou une vigne des figues ? L’eau de mer ne peut pas non plus donner de l’eau douce.

La vraie et la fausse sagesse.

13 Est-il quelqu’un de sage et d’expérimenté parmi vous ?m Qu’il fasse voir par une bonne conduite des actes empreints de douceur et de sagesse.

m Dans la communauté, la question sans doute vise d’abord ceux qui enseignent, 3.1. La sagesse se discerne à ses effets, cf. 1.22-25 ; 2.14-26.

14 Si vous avez au cœur, au contraire, une amère jalousie et un esprit de chicane, ne vous vantez pas, ne mentez pas contre la vérité. 15 Pareille sagesse ne descend pas d’en haut : elle est terrestre, animale, démoniaque. 16 Car, où il y a jalousie et chicane, il y a désordre et toutes sortes de mauvaises actions. 17 Tandis que la sagesse d’en haut est tout d’abord pure, puis pacifique, indulgente, bienveillante,n pleine de pitié et de bons fruits, sans partialité, sans hypocrisie.

n Vulg. ajoute « consentant à ce qui est bien ».

18 Un fruit de justice est semé dans la paix pour ceux qui produisent la paix.

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