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Amiot-Tamisier – Ecclésiaste 7

LA BONNE RÉPUTATION ♦ UTILITÉ DES CORRECTIONS ♦ AVANTAGE DE LA SAGESSE ♦ LES FEMMES SONT DANGEREUSES

7 La bonne réputation vaut mieux que les parfums précieux, et le jour de la mort que celui de la naissance. [1-3. Jésus enseignera plus tard que cette pensée des fins dernières doit s'allier avec la bonne humeur et la joie.] 2 Il vaut mieux aller à une maison de deuil qu'à une maison de festin ; car dans celle-là on est averti de la fin de tous les hommes, et celui qui est vivant pense à ce qui doit lui arriver un jour.

3 Le chagrin vaut mieux que le rire, parce que le cœur de l'affligé est réconforté par la tristesse qui paraît sur le visage. 4 Le cœur des sages est où se trouve la tristesse, et le cœur des insensés où la joie se trouve. 5 Il vaut mieux être repris par un homme sage que séduit par les flatteries des insensés ; 6 car le rire de l'insensé est comme le bruit que font les épines lorsqu'elles brûlent sous un pot ; et cela encore est une vanité.

7 L'oppression trouble le sage, et les présents corrompent le cœur. 8 La fin d'un discours vaut mieux que le commencement ; l'homme patient vaut mieux qu'un présomptueux. 9 Ne soyez point prompt à vous mettre en colère, parce que la colère repose dans le sein de l'insensé.

10 Ne dites point : D'où vient que les jours anciens étaient meilleurs que ceux d'aujourd'hui ?

11 Car cette demande n'est pas sage. La sagesse est meilleure que les richesses, et elle est profitable à ceux qui voient le soleil. 12 Car, comme la sagesse protège, l'argent protège aussi ; mais la science et la sagesse ont cela de plus qu'elles donnent la vie à celui qui les possède.

13 Considérez les œuvres de Dieu, et que nul ne sut redresser ce qu'il a courbé. 14 Jouissez des biens au jour heureux, et tenez-vous prêt pour le mauvais jour ; car Dieu a fait l'un comme l'autre, sans que l'homme ait aucun juste sujet de se plaindre de lui. 15 J'ai vu encore ceci pendant les jours de ma vanité : Le juste périt dans sa justice, et le méchant vit longtemps dans sa malice. [15. Cf. note sur I, 12-18.] 16 Ne soyez pas trop juste, et ne soyez pas plus sage qu'il n'est nécessaire, de peur que vous n'en deveniez stupide. 17 Ne vous affermissez pas dans les actions criminelles, et ne devenez pas insensé, de peur que vous ne mouriez avant votre temps. 18 Il est bon que vous souteniez le juste ; mais aussi ne retirez pas votre main de celui qui ne l'est pas ; car celui qui craint Dieu ne néglige rien.

19 La sagesse rend le sage plus fort que dix princes d'une ville. 20 Car il n'y a point d'homme juste sur la terre qui fasse le bien et ne pèche point. 21 Que votre cœur ne se rende point attentif à toutes les paroles qui se disent, de peur que vous n'entendiez votre serviteur parler mal de vous ; 22 car vous savez en votre conscience que vous avez vous-même souvent mal parlé des autres.

23 J'ai tout fait pour acquérir la sagesse, J'ai dit en moi-même : Je deviendrai sage ; et la sagesse s'est retirée loin de moi, 24 encore beaucoup plus qu'elle n'était auparavant. Ô combien est grande sa profondeur ! et qui pourra l'atteindre ?

25 Mon esprit a porté sa lumière sur toutes choses pour savoir, pour considérer, pour chercher la sagesse et les raisons de tout, et pour connaître la malice des insensés et l'erreur des imprudents ; 26 et j'ai trouvé que la femme est plus amère que la mort, qu'elle est le filet des chasseurs, que son cœur est un rets et que ses mains sont des chaînes. Celui qui est agréable à Dieu se sauvera d'elle, mais le pécheur s'y trouvera pris.

27 Voici ce que j'ai trouvé, dit l'Ecclésiaste, après avoir comparé une chose avec une autre pour trouver une raison, 28 que mon âme cherche encore sans l'avoir pu découvrir. Entre mille hommes j'en ai trouvé un ; mais, de toutes les femmes, je n'en ai pas trouvé une seule. 29 Ce que j'ai trouvé seulement est que Dieu a créé l'homme droit et juste, et qu'il s'est lui-même embarrassé dans une infinité de questions. Qui est semblable au sage, et qui connaît l'explication des choses ?

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