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Bible en français courant – Ésaïe 63

Le terrible vendangeur

63 Quel est ce voyageur
qui arrive d'Édom,
de Bosra, la capitale,
les vêtements tachés de rouge ?
Drapé dans son manteau,
il marche la tête haute
et conscient de sa force.

« C'est moi, dit le Seigneur,
je viens rendre la justice
et m'en prendre aux nations
pour sauver mon peuplex. »

[x Édom : au sud de la mer Morte. Les Édomites furent considérés par Israël comme ses ennemis héréditaires, surtout après la ruine de Jérusalem en 587 avant J.-C. (Ps 137.7 ; Lam 4.21-22 ; Ézék 25.12 ; 35.5,12,15 ; 36.5 ; Abdias 10-15 ; voir aussi És 34.5 et la note). — En hébreu les noms d'Édom et de Bosra évoquent respectivement la couleur rouge et la vendange. — m'en prendre aux nations ou quereller les nations : d'après plusieurs versions anciennes ; avec une autre voyelle, le texte traditionnel a compris riche (pour sauver...)]

2 « Mais pourquoi ce rouge à ton manteau
et ces taches à tes vêtements ?
On dirait que tu as travaillé
à fouler du raisin au pressoir. »

3 « Oui, j'ai travaillé au pressoir, et seul,
sans personne d'aucun peuple avec moi.
Dans ma colère et ma fureur
j'ai piétiné des gens,
je les ai foulés aux pieds.
Leur sang a giclé sur mes habits,
j'ai taché tous mes vêtementsy.

[y j'ai piétiné : comparer Apoc 14.20 ; 19.15. — habits tachés de sang : comparer Apoc 19.13.]

4 C'est que j'avais à cœur
de prendre aujourd'hui ma revanche ;
le moment était venu
de libérer mon peuple.

5 J'ai cherché quelqu'un du regard,
mais personne pour m'aider !
Je suis resté surpris
que personne ne m'assiste.
Alors j'ai décidé
d'y mettre la main moi-même ;
ma fureur m'en a donné la forcez.

[z Voir 59.16.]

6 Dans ma colère
j'ai écrasé des gens,
je les ai enivrés de ma fureur,
j'ai répandu leur sang à terre. »

Histoire de la bonté du Seigneur

7 Je voudrais rappeler
les bontés du Seigneur
et nos motifs de le louer :
tout ce qu'il a fait pour nous,
et sa générosité
envers la nation d'Israël,
tout ce qu'il a fait par amour,
dans son immense bonté.

8 Il a dit des gens d'Israël :
« Mon peuple, c'est eux,
ils sont pour moi des fils
qui ne me décevront pas. »
Et il a été leur sauveur.

9 Dans toutes leurs détresses
il n'a délégué personne
pour leur venir en aide,
mais il les a sauvés lui-mêmea.
Dans son amour et sa pitié,
c'est lui qui les a libérés,
c'est lui qui s'est chargé d'eux
et les a portés à bout de bras
tout au long de leur histoire.

[a il n'a délégué... lui-même : d'après l'ancienne version grecque ; avec d'autres voyelles, la tradition juive a compris Dans toutes leurs détresses, qui étaient une détresse pour lui, l'ange de son visage les a sauvés.]

10 Mais ils ont été rebelles,
ils ont déçu son Esprit saint.
Il s'est donc fait leur ennemi
et il s'est mis à les combattre.

11 Alors son peuple s'est rappelé
l'histoire ancienne, avec Moïseb :
« Qu'est-il donc devenu,
celui qui a fait monter son peuple de la mer,
son troupeau avec ses bergers ?
Qu'est-il donc devenu,
celui qui, par son Esprit,
était présent parmi les siens ?

[b avec Moïse : Ex 14.15-23.]

12 A la droite de Moïse,
c'est lui qui avança
son bras majestueux.
Il fendit les eaux devant les siens
et s'est acquis ainsi
un éternel titre de gloire.

13 C'est lui qui les fit avancer
sur le fond de la mer,
comme un cheval en liberté,
sans qu'ils fassent un faux pas.

14 On aurait dit un troupeau
qui descend dans la vallée.
L'Esprit du Seigneur
les conduisait vers le repos. »

C'est donc ainsi, Seigneur,
que tu conduisais ton peuple
et que tu te faisais
un splendide titre de gloire !

Prière de supplication

15 Du haut du ciel, regarde ;
de ta splendide demeure divine,
vois ce qui nous arrive :
Que sont donc devenus
ton amour si ardent,
ta vaillance au combat
et tes sentiments de tendresse ?
Seigneur, ne t'es-tu pas retenu
de montrer ton affection à ton peuplec ?

[c de montrer à ton peuple ou de me montrer (c'est le peuple d'Israël qui parle ici).]

16 Car c'est toi qui es notre père,
Abraham, notre ancêtre, nous ignore,
et Jacob ne nous connaît pas ;
mais toi, Seigneur, tu es notre père,
toi qu'on nomme depuis toujours
“notre Libérateur”.

17 Pourquoi, Seigneur, nous as-tu laissés
nous égarer loin de ta route,
et nous obstiner à rejeter ton autorité ?
Reviens, pour l'amour de nous
qui sommes tes serviteurs,
le peuple qui est ta propriété.

18 Nous, le peuple qui t'est consacré,
n'avons pas eu bien longtemps
la propriété du pays ;
ton saint temple a été piétiné
par nos ennemis.

19 Il y a si longtemps
que nous ne sommes plus
le peuple sur lequel tu règnes,
le peuple qui porte ton nom !
Ah ! sid tu déchirais le ciel,
et si tu descendais !
Devant toi les montagnes
seraient ébranlées !

[d Certaines éditions font commencer ici le chap. 64. Les v. 64.1,2,3, etc. y sont alors numérotés 64.2,3,4, etc.]

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