chapitre précédent retour chapitre suivant

TOB – 2 Samuel 18

Défaite et mort d'Absalom

18 David passa en revue le peuple qui était avec lui et il mit à leur tête des chefs de millier et des chefs de centaine. 2 Puis David donna au peuple le signal du départ ; un tiers était confié à Joab, un tiers à Avishaï, fils de Cerouya, frère de Joab, un tiers à Ittaï le Guittite. Le roi dit au peuple : « Je tiens à sortir, moi aussi, avec vous. » [Guittite : voir 2 S 6.10 et la note.
— au peuple ou aux soldats.
— à sortir, c'est-à-dire ici à me mettre en campagne.]
3 Le peuple dit : « Tu ne dois pas sortir. Si, en effet, nous prenons la fuite, on ne ferapas attention à nous ; même s'il meurt la moitié d'entre nous, on ne fera pas attention à nous ; mais maintenant, il s'agit de dix mille comme nous. Donc, mieux vaut que tu puisses nous secourir depuis la ville. » [Les anciennes versions grecque et latine précisent le sens implicite de l'hébreu : mais toi, tu es comme dix mille d'entre nous.
— tu ne dois pas sortir 2 S 21.17.]
4 Le roi leur dit : « Je ferai ce qui vous plaira. » Le roi se tint près de la porte, pendant que tout le peuple sortait par centaines et par milliers. 5 Le roi donna cet ordre à Joab, à Avishaï et à Ittaï : « Par égard pour moi, doucement avec le jeune Absalom ! » Tout le peuple entendit le roi donner cet ordre à tous les chefs au sujet d'Absalom. [2 S 14.21 ; 18.12,29 ; 19.7.]

6 Le peuple sortit dans la campagne à la rencontre d'Israël, et la bataille eut lieu dans la forêt d'Ephraïm. [La localisation de la forêt d'Ephraïm est incertaine ; peut-être s'agit-il de la région à l'est du Jourdain, mentionnée en Jos 17.15. L'ancienne version grecque parle ici de la forêt de Mahanaïm (voir 2 S 17.24,27).]7 Là, le peuple d'Israël fut battu devant les serviteurs de David. Il y eut beaucoup de pertes ce jour-là, vingt mille hommes. [2 S 17.9.]8 Le combat s'éparpilla sur toute l'étendue du pays. Ce jour-là, la forêt dévora plus de gens parmi le peuple que n'en dévora l'épée. [dévora, c'est-à-dire fit mourir.
— l'épée qui dévore 2 S 2.26.]

9 Absalom se trouva par hasard face aux serviteurs de David. Absalom montait un mulet, et le mulet s'engagea sous la ramure enchevêtrée d'un grand térébinthe. La tête d'Absalom se prit dans le térébinthe, et il se trouva entre ciel et terre, tandis que le mulet qui était sous lui continuait. [2 S 13.29.]10 Un homme le vit et vint dire à Joab : « J'ai vu Absalom suspendu à un térébinthe. » 11 Joab dit à son informateur : « Ainsi tu l'as vu ! Mais pourquoi ne l'as-tu pas frappé et abattu sur place ? Je te devrais alors dix sicles d'argent et une ceinture. » [Voir au glossaire POIDS ET MESURES.]12 L'homme dit à Joab : « Et même si je soupesais maintenant dans mes mains mille sicles d'argent, je ne porterais pas la main sur le fils du roi, car c'est à nos oreilles que le roi t'a donné cet ordre, ainsi qu'à Avishaï et à Ittaï : “Prenez garde que nul ne touche au jeune Absalom.” 13 D'ailleurs, si j'avais commis cette forfaiture contre sa vie, rien n'échappe au roi, et toi-même, tu te serais tenu à l'écart. » [2 S 14.20.]14 Joab dit : « Je ne vais pas attendre ainsi devant toi ! » Il prit donc en main trois épieux et les planta dans le cœur d'Absalom, encore vivant au milieu du térébinthe. [2 S 3.27.]15 Puis dix jeunes gens, les écuyers de Joab, entourèrent Absalom et le frappèrent à mort. 16 Joab sonna du cor, et le peuple cessa de poursuivre Israël, car Joab retint le peuple. [2 S 2.28.]17 On prit Absalom et on le jeta dans la forêt, dans une grande fosse, et l'on érigea dessus un énorme tas de pierres. Tout Israël s'était enfui, chacun à ses tentes. [un tas de pierres Jos 7.26 ; 8.29 ; 10.27.
— à ses tentes : voir Jos 22.4 et la note.]

Le monument d'Absalom

18 Or Absalom avait entrepris de se faire ériger, de son vivant, la stèle qui se trouve dans la vallée du Roi, car il s'était dit : « Je n'ai pas de fils pour perpétuer mon nom. » Il donna donc son nom à la stèle. On l'appelle encore aujourd'hui le monument d'Absalom. [la stèle ou la pierre dressée.
— La vallée du Roi, non identifiée avec certitude, se trouvait probablement aux environs de Jérusalem.
— le monument 1 S 15.12.]

David apprend la mort d'Absalom

19 Ahimaaç, fils de Sadoq, dit : « Permets-moi de courir porter au roi la bonne nouvelle que le Seigneur lui a rendu justice en le tirant des mains de ses ennemis. » 20 Joab lui dit : « Tu ne serais pas porteur d'une bonne nouvelle en ce jour-ci. Tu la porteras un autre jour, mais aujourd'hui même, tu ne porterais pas une bonne nouvelle puisqu'il s'agit de la mort du fils du roi. » [2 S 4.10.]21 Et Joab dit à un Nubien : « Va informer le roi de ce que tu as vu. » Le Nubien se prosterna devant Joab et partit en courant. [Ou un Ethiopien.]22 De nouveau, Ahimaaç, fils de Sadoq, dit à Joab : « Advienne que pourra ! Laisse-moi courir, moi aussi, derrière le Nubien. » Joab dit : « A quoi bon courir, toi aussi, mon fils, sans bonne nouvelle qui te vaudrait une récompense ? » — 23 « Advienne que pourra ! Je courrai. » Il lui dit : « Cours ! » Ahimaaç prit en courant le chemin de la plaine du Jourdain et il dépassa le Nubien.

24 David était assis entre les deux portes. Le guetteur se rendit à la terrasse de la porte, au rempart. Il leva les yeux et vit un homme qui courait seul. [entre les deux portes : sans doute un local aménagé dans l'épaisseur du mur d'enceinte de la ville, entre la porte extérieure et la porte intérieure.
— le guetteur 2 S 13.34 ; 2 R 9.17-20.]
25 Le guetteur cria pour en informer le roi. Le roi dit : « S'il est seul, c'est qu'il a une bonne nouvelle à annoncer. » Tandis que l'homme se rapprochait, 26 le guetteur en vit accourir un autre. Il cria au portier : « Voici un homme qui court seul. » Le roi dit : « Celui-là aussi apporte une bonne nouvelle. » 27 Le guetteur dit : « Je reconnais la façon de courir du premier : c'est celle d'Ahimaaç, fils de Sadoq. » Le roi dit : « C'est un homme de bien. Il vient pour une très bonne nouvelle. » [je reconnais 2 R 9.20.
— un homme de bien 1 R 1.42.]
28 Ahimaaç cria et dit au roi : « Tout va bien. » Il se prosterna face contre terre devant le roi et dit : « Béni soit le Seigneur, ton Dieu, qui a livré les hommes qui s'étaient insurgés contre mon seigneur le roi ! » 29 Le roi dit : « Tout va bien pour le jeune Absalom ? » Ahimaaç dit : « J'ai vu qu'on s'agitait beaucoup quand Joab a envoyé un serviteur du roi et ton serviteur, mais je ne sais pas pourquoi. » [2 S 18.5.]30 Le roi dit : « Ecarte-toi et tiens-toi là. » Il s'écarta et resta là. 31 Alors le Nubien arriva. Le Nubien dit : « Que mon seigneur le roi apprenne la bonne nouvelle : le Seigneur t'a rendu justice aujourd'hui en te tirant des mains de tous tes adversaires. » [1 S 24.16.]32 Le roi dit au Nubien : « Tout va-t-il bien pour le jeune Absalom ? » Le Nubien répondit : « Qu'ils aient le sort de ce jeune homme, les ennemis de mon seigneur le roi et tous les adversaires qui veulent ton malheur ! »

chapitre précédent retour chapitre suivant