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TOB – Job 27

DIXIÈME POÈME DE JOB

27 Alors Job continua de prononcer son poème et dit :

Serment d'innocence

2 Par la vie du Dieu qui me dénie justice,
par le Puissant qui m'a aigri le cœur, [Dieu me dénie justice Jb 34.5,12.
— le cœur aigri Jb 7.11.]

3 tant que je pourrai respirer
et que le souffle de Dieu sera dans mes narines, [Jb 33.4 ; Gn 2.7 ; Ps 104.30 ; voir Jb 4.9 ; Es 11.4.]

4 je jure que mes lèvres ne diront rien de perfide
et que ma langue ne méditera rien de fourbe. [Jb 6.28-30 ; 42.7-8 ; Es 59.3.]

5 Quelle abomination, si je vous donnais raison !
Jusqu'à ce que j'expire, je maintiendrai mon innocence.

6 Je tiens à ma justice et ne la lâcherai pas !
Ma conscience ne me reproche aucun de mes jours. [Jb 13.18 ; 17.9 ; voir Ps 143.2 ; Rm 3.10.]

7 Qu'il en soit de mon ennemi comme du méchant,
de mon adversaire comme du malfaiteur !

8 Ne dites-vous pas : « Quel profit peut espérer l'impie
alors que Dieu va le dépouiller de la vie ? [Lc 12.20.]

9 Dieu entendra-t-il son cri
quand la détresse le surprendra ?

10 S'il s'était délecté auprès du Puissant,
il aurait invoqué Dieu à tout moment. » [Jb 22.26.]

La thèse conformiste

11 Je vais vous la prouver, la maîtrise de Dieu,
je ne cacherai pas la pensée du Puissant.

12 Puisque vous tous l'avez constatée,
pourquoi vous être évanouis en vanité ?

13 Voici le lot que Dieu réserve à l'homme méchant,
la part qu'un tyran recevra du Puissant : [Jb 20.29.]

14 « Si ses fils se multiplient, ce sera pour le glaive,
et ses descendants manqueront de pain.

15 Ses survivants seront enterrés par la male mort,
sans que ses veuves puissent les pleurer. [Jb 18.13 ; Jr 15.2 ; Ap 6.8.]

16 S'il amasse l'argent comme de la poussière,
s'il entasse les vêtements comme de la glaise,

17 qu'il entasse, c'est le juste qui s'en vêtira,
quant à l'argent, c'est l'homme honnête qui le touchera.

18 Il a bâti sa maison comme le fait la mite,
comme la hutte qu'élève un guetteur. [La comparaison avec la mite, qui détruit, doit montrer le caractère précaire de cette construction.]

19 Riche il se couche, mais c'est la fin ;
il ouvre les yeux : plus rien.

20 Les terreurs l'atteignent comme un flot.
En une nuit, un tourbillon l'enlève. [Jb 6.4.]

21 Le sirocco l'emporte et il s'en va,
le vent l'arrache de chez lui. [Vent du sud-est, chaud et sec.]

22 Sans pitié on tire sur lui,
et il s'efforce de fuir la main de l'archer. [Jb 33.18 ; 36.12.]

23 On applaudit à sa ruine,
de sa propre demeure on le siffle. »

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