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TOB – Luc 1

ÉVANGILE SELON LUC

INTRODUCTION

L'intention de l'auteur

(Lc 1.1-4)

L'Evangile de Luc est le seul à commencer par un prologue, à la manière de nombreux écrits grecs de cette époque. Il est adressé à un certain Théophile qui nous est inconnu. Le prologue du livre des Actes est dédié au même Théophile et renvoie explicitement à un « premier livre ». On en a conclu dès l'Eglise ancienne qu'il s'agit d'un seul ouvrage en deux parties, rédigé par le même auteur. Les études modernes ont confirmé cette opinion. La langue et la pensée des deux livres sont bien homogènes et le dessein y est continu : un premier temps conduit à Jérusalem où s'accomplissent les événements décisifs pour le salut ; puis la prédication rayonne à partir de Jérusalem jusqu'à Rome, la capitale du monde païen.

L'auteur se présente comme un historien qui s'est soigneusement informé avant d'exposer avec ordre les événements. Mais ce qu'il veut écrire, c'est l'histoire sainte, dans le prolongement de celle d'Israël.

Le contenu du « premier livre »

Le schéma est le même que celui de Matthieu et de Marc : une introduction, la prédication de Jésus en Galilée, sa montée à Jérusalem, l'accomplissement de sa mission dans cette ville par la Passion et la Résurrection. Mais Luc use de ce cadre avec une certaine liberté.

1. L'introduction (Lc 1.5 — 4.13) comporte deux sections fort différentes.

Les récits de l'enfance sont propres à Luc (Lc 1.5 — 2.52). Ils annoncent qui est Jésus dans une série de messages révélés, qui le proclament conçu de l'Esprit, saint, Fils de Dieu (Lc 1.35), Sauveur et Christ Seigneur (Lc 2.11), salut de Dieu et lumière des païens (Lc 2.30,32), et pourtant voué au refus de la masse de son peuple (Lc 2.34). Ces révélations constituent un prologue christologique comparable à celui de l'évangile de Jean (Jn 1.1-18).

Le prélude de la mission (Lc 3.1 — 4.13) comporte, comme chez Matthieu et Marc, la mission de Jean le Baptiste, le baptême de Jésus et sa victoire initiale sur le tentateur. Mais Luc y distingue nettement le temps de Jean et celui de Jésus (Lc 3.20). Il place ici la généalogie de Jésus, qu'il fait remonter jusqu'à Adam pour marquer son lien à l'humanité tout entière (Lc 3.23-38).

2. La première partie de la mission de Jésus (Lc 4.14 — 9.50) est toute située en Galilée. Elle s'ouvre, selon Luc, par une prédication dans la synagogue de Nazareth (Lc 4.16-30) qui préfigure toute la suite de l'évangile : annonce du salut, refus des auditeurs, allusion au salut des païens, menaces de mort.

Une première section (Lc 4.31 — 6.11) suit l'ordre de Mc 1.16 — 3.6. Elle présente Jésus face à la foule, aux premiers disciples, aux adversaires, dans les miracles et les controverses.

La deuxième section (Lc 6.12 — 7.52), pour laquelle Matthieu offre des parallèles dispersés, s'ouvre par l'appel des Douze et comporte avant tout l'enseignement de Jésus à ses disciples dans le discours de Béatitudes.

La troisième section (Lc 8.1 — 9.50), où Luc rejoint le récit de Mc 4.1 — 9.40, associe étroitement les Douze à la mission de Jésus (Lc 8.1). Ils sont envoyés proclamer le Règne de Dieu (Lc 9.1-6) et participent à la multiplication des pains (Lc 9.12). Jésus peut les mettre en demeure de se prononcer sur lui, et Pierre reconnaît en lui « le Christ de Dieu » (Lc 9.20). Cette première déclaration de foi est aussitôt complétée par le Maître, qui se définit comme le Messie voué à la mort (Lc 9.22), et par Dieu lui-même, qui proclame Jésus comme son Fils au cours d'une transfiguration (Lc 9.35).

3. La montée à Jérusalem (Lc 9.51 — 19.28) est la partie la plus originale de la construction de Luc. Un bon nombre de ses matériaux se retrouvent çà et là chez Matthieu et quelques-uns chez Marc, mais Luc est seul à les présenter dans le cadre d'un voyage.

Celui-ci est introduit par une phrase solennelle qui oriente la marche de Jésus vers l'événement pascal dont l'accomplissement est proche (Lc 9.51). Le Maître prend la route de Jérusalem, la cité sainte où doit se réaliser l'œuvre du salut. Tout au long de cette partie, la parole de Jésus prévaut sur les miracles et l'exhortation sur la présentation du mystère du Christ (sauf Lc 10.21-24 ; 12.49-50 ; 18.31-33 ; 19.12-15). Une large part de ces enseignements envisage une situation où Jésus ne sera plus présent, ce qui correspond à la perspective indiquée dès le début du voyage, celle de son « enlèvement » (Lc 9.51) ; le temps vient où les disciples auront à demander l'Esprit Saint (Lc 11.13), à confesser leur Maître devant les hommes (Lc 12.1-12), à attendre son retour (Lc 12.35-40 ; 17.22 — 18.8 ; 19.11-27), à prendre soin de leurs frères dans les communautés (Lc 12.41-48).

En finale, la parabole des mines prépare l'affrontement tragique entre Jérusalem et le roi qu'elle va refuser de reconnaître (Lc 19.11-27).

4. L'accomplissement du salut à Jérusalem (Lc 19.29 — 24.53) est inauguré par une entrée dans la ville, où Jésus se présente en roi et affirme son autorité dans le temple (Lc 19.29-48). Luc conclut son enseignement public par une exhortation à la vigilance dans l'attente du Fils de l'homme (Lc 21.34-36). Les récits de la Passion (22 — 23) et de la Résurrection (24) contiennent aussi quelques particularités. C'est ainsi que la Cène se prolonge par des enseignements aux Douze (Lc 22.34-38) et que, lors du procès puis de la crucifixion, sont soulignées à la fois l'innocence et la royauté de Jésus (par exemple Lc 23.4,14,22 et Lc 22.29 ; 23.37,38,42). Quant aux récits de Pâques, ils sont tous localisés à Jérusalem ; aucune mention n'est faite d'apparitions en Galilée. Jésus apparaît aux Douze pour triompher de leurs doutes (Lc 24.36-43) et les investir de leur mission de témoins (Lc 24.47-49). Et le livre s'achève avec un premier récit de l'Ascension.

Le temps de Jésus et le temps de l'Eglise

Luc marque la différence entre le temps de Jésus, qu'il raconte dans son évangile, et le temps de l'Eglise, dont il parlera dans le livre des Actes. Dans le premier livre, Jésus ne s'adresse qu'au peuple d'Israël ; c'est seulement le Ressuscité qui ordonne la mission aux païens (Lc 24.47-48).

Dès le début de l'évangile, Luc insiste pourtant sur le fait que le salut est pleinement donné « aujourd'hui » (Lc 2.11 ; 3.22 ; 4.21...). Et d'emblée, Jésus se présente comme le Sauveur des pauvres et des malheureux (Lc 4.18-21). En fait, Luc pense constamment à la portée du message de Jésus pour le temps de l'Eglise. Son enseignement est une règle pour « chaque jour » (Lc 9.23 ; 11.3 ; 17.4). Il insiste sur la conversion initiale (Lc 5.32 ; 7.36-50 ; 13.1-5 ; 15.4-32 ; 19.1-10 ; 23.39-43), sur la foi (Lc 1.20,45 ; 7.50 ; 8.12-13 ; 17.5-6 ; 18.8 ; 22.32 ; 24.25), sur la prière (Lc 11.1-13 ; 18.1-8 ; 21.36 ; 22.40-46) à l'exemple de Jésus (Lc 3.21 ; 5.16 ; 6.12 ; 9.18,28-29, etc.). Les exigences du Seigneur sont rigoureuses (Lc 5.11,28; 14.25-33), en particulier en ce qui concerne le renoncement aux richesses (Lc 6.24 ; 12.13-34 ; 16.1-13 ; 18.24-30) ; et pourtant, la joie éclate dans cet évangile plus que dans tous les autres : devant l'annonce du salut (Lc 1.14,28,41,44 ; 6.23 ; 8.13), devant les miracles (Lc 10.17 ; 13.17 ; 19.37), devant la foi des petits (Lc 10.21) et la conversion des pécheurs (Lc 15 ; 19.6), devant la Résurrection (Lc 24.52).

L'insistance sur le salut présent atténue la tension vers l'avènement final du Fils de l'homme (Lc 17.23 ; 19.11 ; 21.8-9), mais cette perspective demeure comme un motif de vigilance (Lc 12.35-48 ; 17.22-37 ; 18.8 ; 19.11-27 ; 21.5-36).

Modalités et circonstances de la rédaction de cet évangile

Luc utilise dans son évangile bon nombre de matériaux qui lui sont communs avec Matthieu et Marc, mais aussi beaucoup d'éléments qui lui sont propres, les récits de l'enfance, les miracles, les paraboles, les interventions d'Hérode, etc. Il y a aussi des rencontres entre les évangiles de Luc et de Jean, mais il s'agit moins de textes suivis que de traits communs ou semblables, comme le lien entre une pêche miraculeuse et la vocation de Pierre (Lc 5.1-11 et Jn 21.1-19), la triple reconnaissance de l'innocence de Jésus par Pilate (Lc 23.4,14,22 et Jn 18.38; 19.4,6), etc.

Sur tous les matériaux de la tradition, le travail de Luc est considérable. On l'a perçu dans « l'ordre » qu'il a adopté. Mais c'est aussi son vocabulaire qui est beaucoup plus varié que celui des parallèles de Matthieu et Marc. Et puis, quand il présente les paroles ou les actes de Jésus, Luc s'intéresse avant tout à leur sens; il manifeste parfois une indifférence profonde pour leur chronologie (4.16-30 ; 5.1-11 ; 24.51 et Ac 1.2-3,9) ou pour leur localisation (10.13-15 ; 13.34-35 ; 24.36-49) ; il ne craint pas de composer librement des scènes significatives (1 — 2 ; 4.16-30...). Son souci premier étant de proclamer l'histoire de Jésus en tant qu'histoire du salut, il se sent la liberté et même le devoir de déchiffrer les événements et d'en faire apparaître le sens caché à ses lecteurs.

Pour fixer la date de composition de l'évangile, on peut observer que Luc semble avoir connu le siège et la ruine de Jérusalem survenus en l'année 70 (19.43-44 ; 21.20,24). Les spécialistes actuels situent souvent la rédaction vers les années 80-90 ; plusieurs cependant lui attribuent une date plus ancienne.

Le livre paraît s'adresser à des chrétiens de culture grecque. Il y a de cela plusieurs indices : sa langue, ses explications sur la géographie de la Palestine (4.31 ; 8.26 ; 23.51) et sur les usages juifs (2.23-24 ; 22,17), son peu d'intérêt pour les discussions sur la loi, son souci des païens...

L'auteur lui-même semble appartenir au monde hellénistique. Il connaît mal certains usages palestiniens (5.19 ; 6.48-49 ; 9.12). Le nom de Luc lui est attribué par une tradition dont le plus ancien témoin connu est Irénée, à la fin du IIe siècle. Il s'agit du médecin que Paul nomme en Col 4.14 ; Phm 24 ; 2 Tm 4.11. Plusieurs ont cru trouver confirmation de cette identité dans la précision avec laquelle sont décrites les maladies ; mais on a montré que tout homme cultivé de l'époque pouvait en dire autant. Quant aux relations avec Paul, il n'est pas possible de les apprécier clairement dans l'évangile. On se reportera pour toute la question à l'introduction au livre des Actes.

Le témoignage de Luc

Luc est agréable à lire à cause de son goût de la clarté et de son souci d'expliquer, à cause de sa sensibilité et de son art. Il aide à approcher le mystère de Jésus : il montre le Fils de Dieu comme le Sauveur de tous les hommes, avec une attention particulière pour les petits, les pécheurs et les païens, comme le Maître de vie avec toutes ses exigences, avec aussi son accueil et sa grâce.

ÉVANGILE SELON LUC

Dédicace

1 Puisque beaucoup ont entrepris de composer un récit des événements accomplis parmi nous, 2 d'après ce que nous ont transmis ceux qui furent dès le début témoins oculaires et qui sont devenus serviteurs de la parole, [témoins oculaires Jn 15.27.
— la parole Ac 4.31 ; 6.2,7 ; 11.1.]
3 il m'a paru bon, à moi aussi, après m'être soigneusement informé de tout à partir des origines, d'en écrire pour toi un récit ordonné, très honorable Théophile, [Théophile Ac 1.1.]4 afin que tu puisses constater la solidité des enseignements que tu as reçus.

Annonce de la naissance de Jean le Baptiste

5 Il y avait au temps d'Hérode, roi de Judée, un prêtre nommé Zacharie, de la classe d'Abia ; sa femme appartenait à la descendance d'Aaron et s'appelait Elisabeth. [Selon l'usage grec, Luc désigne ici par Judée l'ensemble du pays des Juifs. Sur Hérode voir Mt 2.1 et la note.
— la classe d'Abia 1 Ch 24.10.
— Aaron, frère de Moïse, était considéré comme l'ancêtre des familles sacerdotales de Jérusalem.]
6 Tous deux étaient justes devant Dieu et ils suivaient tous les commandements et observances du Seigneur d'une manière irréprochable. 7 Mais ils n'avaient pas d'enfant parce qu'Elisabeth était stérile et ils étaient tous deux avancés en âge. [stérile Gn 11.30 ; 25.21 ; 29.31 ; Jg 13.2-3 ; 1 S 1.5.
— avancés en âge Gn 18.11.]
8 Vint pour Zacharie le temps d'officier devant Dieu selon le tour de sa classe ; 9 suivant la coutume du sacerdoce, il fut désigné par le sort pour offrir l'encens à l'intérieur du sanctuaire du Seigneur. [offrir l'encens Ex 30.7.]10 Toute la multitude du peuple était en prière au-dehors à l'heure de l'offrande de l'encens. [le peuple Lc 1.21,68,77 ; 2.10,32 ; 3.15,18,21,etc.]11 Alors lui apparut un ange du Seigneur, debout à droite de l'autel de l'encens. [la droite : voir la note sur He 1.3.
— l'autel de l'encens 1 R 6.20-21 ; 7.48.]
12 A sa vue, Zacharie fut troublé et la crainte s'abattit sur lui. [troublé Jg 6.22 ; 13.20,22 ; Dn 8.17-18 ; 10.7-8,11,16 ; Tb 12.16.
— crainte devant
a) les révélations Lc 2.9 ; 9.34 ;
b) les miracles Lc 1.65 ; 5.26 ; 7.16 ; 8.25,35,37 ; 24.5,37 ; Ac 2.43 ;
c) les autres interventions de Dieu Ac 5.5,11 ; 19.17.]
13 Mais l'ange lui dit : « Sois sans crainte, Zacharie, car ta prière a été exaucée. Ta femme Elisabeth t'enfantera un fils et tu lui donneras le nom de Jean. [sans crainte Mt 28.5 ; Mc 16.6.
— elle t'enfantera un fils Gn 17.19 ; Jg 13.3,5 ; Es 7.14.]
14 Tu en auras joie et allégresse et beaucoup se réjouiront de sa naissance. 15 Car il sera grand devant le Seigneur ; il ne boira ni vin ni boisson fermentée et il sera rempli de l'Esprit Saint dès le sein de sa mère. [devant le Seigneur 1 R 17.1 ; 18.15.
— ni vin ni boisson fermentée Nb 6.3-4 ; Jg 13.4,7,14 ; 1 S 1.11 (grec) ; Lc 7.33.
— dès le sein de sa mère Jg 13.5 ; 16.17 ; Jr 1.5 ; Es 49.1,5 ; Ga 1.15 ; voir Lc 1.41-44.]
16 Il ramènera beaucoup de fils d'Israël au Seigneur leur Dieu ; [Il ramènera Ml 2.6.]17 et il marchera par devant sous le regard de Dieu, avec l'esprit et la puissance d'Elie, pour ramener le cœur des pères vers leurs enfants et conduire les rebelles à penser comme les justes, afin de former pour le Seigneur un peuple préparé. » [Elie Mt 11.14.
— pour ramener le cœur des pères... Ml 4.5 (3.23-24) ; Si 48.10.
— former (ou préparer) pour le Seigneur un peuple... Ml 3.1 ; voir Es 40.3 ; Mc 1.3 ; Lc 1.76 ; 3.4.]
18 Zacharie dit à l'ange : « A quoi le saurai-je ? Car je suis un vieillard, et ma femme est avancée en âge. » [Objection de Zacharie Gn 18.11.]19 L'ange lui répondit : « Je suis Gabriel qui me tiens devant Dieu. J'ai été envoyé pour te parler et pour t'annoncer cette bonne nouvelle. [Gabriel Dn 8.16 ; 9.21.
— envoyé He 1.14.
— annoncer la bonne nouvelle Lc 2.10 ; 3.18 ; 4.18,43.]
20 Eh bien, tu vas être réduit au silence et tu ne pourras plus parler jusqu'au jour où cela se réalisera, parce que tu n'as pas cru à mes paroles qui s'accompliront en leur temps. » [Lc 1.45.]21 Le peuple attendait Zacharie et s'étonnait qu'il s'attardât dans le sanctuaire. 22 Quand il sortit, il ne pouvait leur parler et ils comprirent qu'il avait eu une vision dans le sanctuaire ; il leur faisait des signes et demeurait muet. 23 Quand prit fin son temps de service, il repartit chez lui. 24 Après quoi Elisabeth, sa femme, devint enceinte ; cinq mois durant elle s'en cacha ; elle se disait : 25 « Voilà ce qu'a fait pour moi le Seigneur au temps où il a jeté les yeux sur moi pour mettre fin à ce qui faisait ma honte devant les hommes. »[Gn 30.23.]

Annonce de la naissance de Jésus

26 Le sixième mois, l'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée du nom de Nazareth, [Jn 1.46.]27 à une jeune fille accordée en mariage à un homme nommé Joseph, de la famille de David ; cette jeune fille s'appelait Marie. [Joseph et Marie Mt 1.16,18 ; Lc 2.5.]28 L'ange entra auprès d'elle et lui dit : « Sois joyeuse, toi qui as la faveur de Dieu, le Seigneur est avec toi. » [Ex 3.12 ; Jg 6.12 ; Jr 1.8,19 ; 15.20 ; voir Gn 26.24 ; 28.15.]29 A ces mots, elle fut très troublée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. 30 L'ange lui dit : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. 31 Voici que tu vas être enceinte, tu enfanteras un fils et tu lui donneras le nom de Jésus. [Gn 16.11 ; Jg 13.5 ; Es 7.14 ; Mt 1.21-23.]32 Il sera grand et sera appelé Fils du Très-Haut. Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; [Fils (de Dieu) 2 S 7.14 ; Ps 2.7 ; 89.27.
— le Très-Haut Mc 5.7 ; Lc 1.35,76 ; 6.35 ; 8.28 ; Ac 7.48 ; 16.17 ; He 7.1.
— le trône de David Es 9.6 ; 2 S 7.12,13,16.
— Voir au glossaire FILS DE DAVID.]
33 il régnera pour toujours sur la famille de Jacob, et son règne n'aura pas de fin. » [famille de Jacob : c'est-...-dire le peuple d'Israël.
— règne sans fin Mi 4.7 ; Dn 7.14.]
34 Marie dit à l'ange : « Comment cela se fera-t-il puisque je n'ai pas de relations conjugales ? » 35 L'ange lui répondit : « L'Esprit Saint viendra sur toiet la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre ; c'est pourquoi celui qui va naître sera saint et sera appelé Fils de Dieu. [Ou l'enfant sera appelé Saint, Fils de Dieu.
— L'Esprit Saint viendra sur toi Mt 1.20.
— Fils de Dieu Lc 3.22 ; 4.3,9,34,41 ; 8.28 ; 9.35 ; 10.22 ; 22.70 ; Ac 9.20,22 ; voir Mt 14.33 ; Mc 1.1.]
36 Et voici que Elisabeth, ta parente, est elle aussi enceinte d'un fils dans sa vieillesse et elle en est à son sixième mois, elle qu'on appelait la stérile, 37 car rien n'est impossible à Dieu. » [Gn 18.14.]38 Marie dit alors : « Je suis la servante du Seigneur. Que tout se passe pour moi comme tu me l'as dit ! » Et l'ange la quitta. [Rt 3.9 ; 1 S 25.41.]

Visite de Marie à Elisabeth

39 En ce temps-là, Marie partit en hâte pour se rendre dans le haut pays, dans une ville de Juda. [Zone montagneuse centrale de la Judée.]40 Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Elisabeth. 41 Or, lorsque Elisabeth entendit la salutation de Marie, l'enfant bondit dans son sein et Elisabeth fut remplie du Saint Esprit. [Lc 1.15.]42 Elle poussa un grand cri et dit : « Tu es bénie plus que toutes les femmes, béni aussi est le fruit de ton sein ! 43 Comment m'est-il donné que vienne à moi la mère de mon Seigneur ? 44 Car lorsque ta salutation a retenti à mes oreilles, voici que l'enfant a bondi d'allégresse en mon sein. 45 Bienheureuse celle qui a cru : ce qui lui a été dit de la part du Seigneur s'accomplira ! » [Ou Bienheureuse celle qui a cru, parce qu'il y aura un accomplissement... ce qui a été dit...
— Bienheureuse ! Mt 5.3.
— celle qui a cru Lc 1.20.]
46 Alors Marie dit : « Mon âme exalte le Seigneur [Le cantique de Marie 1 S 2.1-10.]47 et mon esprit s'est rempli d'allégresseà cause de Dieu, mon Sauveur, 48 parce qu'il a porté son regard sur son humble servante. Oui, désormais, toutes les générations me proclameront bienheureuse, [1 S 1.11.]49 parce que le Tout Puissant a fait pour moi de grandes choses : saint est son Nom. [saint est son Nom Ps 111.9.]50 Sa bonté s'étend de génération en génération sur ceux qui le craignent. [Sa bonté... Ps 103.13,17.]51 Il est intervenu de toute la force de son bras ; il a dispersé les hommes à la pensée orgueilleuse ; [2 S 22.28.]52 il a jeté les puissants à bas de leurs trôneset il a élevé les humbles ; [les puissants jetés... bas Jb 12.19.
— les humbles élevés Jb 5.11.]
53 les affamés, il les a comblés de bienset les riches, il les a renvoyés les mains vides. [Renversement de situation 1 S 2.5.
— affamés rassasiés Ps 107.9.]
54 Il est venu en aide à Israël son serviteuren souvenir de sa bonté, [aide... Israël Ps 98.3.
— Israël son serviteur Es 41.8.
— Dieu se souvient Gn 8.1 ; 9.15 ; Ex 2.24, etc. ; Lc 1.72.]
55 comme il l'avait dit à nos pères, en faveur d'Abraham et de sa descendance pour toujours. » [Mi 7.20 ; Gn 17.7 ; 22.17.]56 Marie demeura avec Elisabeth environ trois mois, puis elle retourna chez elle.

Naissance et circoncision de Jean le Baptiste

57 Pour Elisabeth arriva le temps où elle devait accoucher et elle mit au monde un fils. 58 Ses voisins et ses parents apprirent que le Seigneur l'avait comblée de sa bonté et ils se réjouissaient avec elle. 59 Or, le huitième jour, ils vinrent pour la circoncision de l'enfant et ils voulaient l'appeler comme son père, Zacharie. [Lc 2.21 ; voir Gn 17.12 ; Lv 12.3 ; Ph 3.5.]60 Alors sa mère prit la parole : « Non, dit-elle, il s'appellera Jean. » [il s'appellera Jean Lc 1.13.]61 Ils lui dirent : « Il n'y a personne dans ta parenté qui porte ce nom. » 62 Et ils faisaient des signes au père pour savoir comment il voulait qu'on l'appelle. 63 Il demanda une tablette et écrivit ces mots : « Son nom est Jean » ; et tous furent étonnés. [étonnement devant les miracles Lc 8.25,56 ; 9.43 ; 11.14 ; Ac 3.10 ou d'autres interventions divines Lc 24.12,41 ; Ac 2.7.]64 A l'instant sa bouche et sa langue furent libérées et il parlait, bénissant Dieu. 65 Alors la crainte s'empara de tous ceux qui habitaient alentour ; et dans le haut pays de Judée tout entier on parlait de tous ces événements. 66 Tous ceux qui les apprirent les gravèrent dans leur cœur ; ils se disaient : « Que sera donc cet enfant ? » Et vraiment la main du Seigneur était avec lui. [1 R 18.46 ; 2 R 3.15 ; Ez 1.3 ; 3.14,22 ; 8.1, etc. ; Ps 80.18 ; Ps 139.5.]

Psaume prophétique de Zacharie

67 Zacharie, son père, fut rempli de l'Esprit Saint et il prophétisa en ces termes : [prophétiser est... comprendre ici au sens large de parler sous l'inspiration de Dieu.]68 « Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël, parce qu'il a visité son peuple, accompli sa libération, [Béni soit le Seigneur ! Ps 41.13 ; 72.18 ; 106.48 ; 2 Co 1.3 ; Ep 1.3 ; 1 P 1.3.
— Dieu visite Gn 21.1 ; 50.24-25 ; Ex 3.16 ; Jr 29.10 ; Ps 65.10 ; Ps 80.15 ; 106.4 ; voir Ex 32.34 ; Es 10.12, etc. ; Lc 1.78 ; 7.16 ; 19.44 ; Ac 15.14.
— libération Ps 111.9 ; 130.7-8 ; Es 63.4 ; Lc 2.38 ; 21.28 ; 24.21.]
69 et nous a suscité une force de salutdans la famille de David, son serviteur. [une force (corne) de salut Ps 18.3.
— dans la famille de David Mt 1.1.
— Voir au glossaire FILS DE DAVID.]
70 C'est ce qu'il avait annoncé par la bouche de ses saints prophètes d'autrefois : 71 un salut qui nous libère de nos ennemiset des mains de tous ceux qui nous haïssent. [Ps 106.10.]72 Il a montré sa bonté envers nos pèreset s'est rappelé son alliance sainte, [bonté et alliance Ps 106.45-46.
— souvenir de l'alliance Ps 105.8-9 ; Gn 17.7 ; Lv 26.42.]
73 le serment qu'il a fait à Abraham notre père : il nous accorderait, [Gn 22.16-17.]74 après nous avoir arrachés aux mains des ennemis, de lui rendre sans crainte notre culte 75 dans la piété et la justicesous son regard, tout au long de nos jours. [la piété et la justice Tt 2.12.]76 Et toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut, car tu marcheras par devant sous le regard du Seigneur, pour préparer ses routes, [Es 40.3 ; Ml 3.1 ; Mt 3.3.]77 pour donner à son peuple la connaissance du salutpar le pardon des péchés. [Mt 26.28.]78 C'est l'effet de la bonté profonde de notre Dieu : grâce à elle nous a visités l'astre levant venu d'en haut. [Ml 4.2. (3.20)]79 Il est apparu à ceux qui se trouvent dans les ténèbres et l'ombre de la mort, afin de guider nos pas sur la route de la paix. »[Illumination de ceux qui sont dans les ténèbres Es 9.1 ; 58.8 ; Es 60.1-2 ; Mt 4.16.
— la paix Es 9.5-6 ; Mi 5.4 ; Lc 2.14,29 ; 7.50 ; 8.48 ; 10.5-6 ; Lc 11.21 ; 19.38,42 ; 24.36.]

Jeunesse de Jean le Baptiste

80 Quant à l'enfant, il grandissait et son esprit se fortifiait ; et il fut dans les déserts jusqu'au jour de sa manifestation à Israël. [l'enfant grandissait Lc 2.40 ; voir Gn 21.8,20 ; Jg 13.24-25 ; 1 S 2.21,26 ; 3.19.
— dans les déserts Mt 3.1 ; Lc 3.2,4 ; 7.24.]

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