L’archéologie confirme la Bible

PRÉFACE

Je me souviens, avec joie, d’avoir travaillé pour notre frère Alfred Kuen quand Emmaüs préparait une nouvelle édition du Nouveau Dictionnaire Biblique à la fin des années 1980. Monsieur Kuen m’avait demandé de mettre à jour les articles touchant à l’archéologie dans l’ancienne édition du dictionnaire. J’enseignais alors la discipline qu’on appelle ‘archéologie biblique’ à l’Institut Biblique Belge. Le besoin de la mise à jour était grand car les fouilles archéologiques se poursuivent constamment — surtout au Proche-Orient, pour la Bible — et de nouvelles découvertes se multiplient.

Depuis la ré-édition du Nouveau Dictionnaire Biblique en 1992, le besoin d’un nouveau livre s’est fait sentir. Notre frère Alfred, auteur infatigable, a relevé le défi en commentant les deux Testaments là où l’archéologie vient confirmer leur véracité historique. Il a également eu à cœur de dévoiler les fausses conclusions de la haute critique qui voudrait à la fois imposer aux lecteurs de la Bible des dates de rédaction de ses livres beaucoup plus récentes, et créer de nouveaux auteurs des livres bibliques déjà « signés ». Et puisqu’il est impossible de découvrir les noms de ces auteurs supposés, la critique se sert de lettres (dont J, E, D, P. sont les plus connues).

Reconnaissons que les inventeurs des hypothèses documentaires ont a priori des idées préconçues au sujet de la Bible. Le peuple hébreu, croient-ils, voulant laisser des traces de ses origines, aurait inventé les parties historiques de l’Ecriture. Aussi les textes bibliques ne constituent-ils pas pour eux un document authentique et digne de confiance. Ce que nous aurions, ce serait au mieux la manière dont le peuple d’Israël a imaginé ses origines — une manière parfois bien noble, reconnaissent-ils, mais aussi très primitive.

Nous aussi, dans la mouvance protestante évangélique, nous avons un a priori : nous croyons à l’inerrance de la Bible que nous appelons volontiers la Parole de Dieu c.-à-d. que nous l’estimons être sans erreur. Pour nous, son auteur, le Saint-Esprit, ne saurait mentir. Aussi, acceptons-nous d’office que la Bible est un document fiable, aussi du point de vue historique et géographique — à condition toutefois d’être comprise et interprétée correctement. Et l’archéologie nous a grandement aidés pour arriver à cette conviction.

Les biblicistes doivent discerner dans la Bible les divers genres littéraires et comprendre la transcription des noms propres des personnages historiques et des lieux géographiques d’une langue ancienne du Proche-Orient dans la langue hébraïque. Ensuite, il faut en même temps comprendre que la Bible est d’abord l’« histoire du salut » (une ‘Heilsgeschichte’), comportant principalement le message divin de la rédemption de l’homme, c.-à-d. sa sotériologie. Les écrivains divers des livres de la Bible, inspirés par le Saint-Esprit, ont donné à Israël et à l’Eglise les textes essentiels pour amener les lecteurs à vivre une relation personnelle avec leur Créateur et pour alimenter leur foi en Lui afin de les aider à progresser dans les voies divines.

Sur une tapisserie bien connue, conservée à Bayeux en Normandie, la reine Mathilde raconte l’expédition de son mari, Guillaume le Conquérant, pour vaincre et dominer l’Angleterre. C’était en 1066. Mais au haut et au bas de la trame de l’expédition se trouvent divers motifs décoratifs empruntés à des détails de la vie champêtre de l’époque. Ils nous aident à comprendre l’arrière-plan social et rural des habitants qui ne sont pas partis pour la guerre.

Cette tapisserie nous fait penser à la Bible. Celle-ci présente principalement les étapes du plan de Dieu et son œuvre pour Israël, pour l’Eglise et pour l’humanité entière. Là où l’histoire rapporte des contacts du peuple hébreu avec d’autres nations, là où elle évoque des événements historiques et certains lieux (régions, fleuves, mers) ou des titres de noblesse, les archéologues nous ont fait mieux comprendre le contexte dans lequel vivaient les Hébreux. C’est là qu’apparaît l’exactitude des textes bibliques et l’on ne peut s’empêcher d’admirer la précision des auteurs inspirés.

C’est pourquoi dans son livre, Monsieur Kuen s’appuie continuellement sur les travaux des spécialistes des langues anciennes du Proche-Orient, souvent des professeurs d’université, titulaires de chaires, qui ont une confiance éclairée dans les documents bibliques. Parfois certaines découvertes, comme celle de la stèle de Mescha, roi de Moab, confirment d’un seul coup l’historicité de tout un chapitre (2 Rois 3).

D’autre part, les découvertes archéologiques rendent bien plus vivants certains textes de la Bible. L’analyse — présentée dans ce livre — de la lettre adressée à l’Eglise de Laodicée (voir l’Apocalypse, chapitre 3, versets 14 à 22) en est un exemple. La connaissance de la géographie, de l’histoire et de la vie sociale de la ville à la fin du premier siècle de notre ère, permet une compréhension bien plus profonde du message de la lettre.

Les travaux et les découvertes de tant d’archéologues nous donnent le droit d’accepter pleinement la parole de l’apôtre Pierre (dans 2 Pierre 1.16 à 21) : Nous ne suivons pas « des histoires habilement inventées » lorsque nous « tenons pour certaine la parole prophétique » qu’est l’Écriture, c.-à-d. les soixante-six livres de la Bible.

Pierre Wheeler

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