Avant de quitter ses disciples, Jésus leur a laissé deux actes symboliques résumant l’essentiel du message qu’il voulait leur faire transmettre au monde : le baptême et la cène.
Deux paroles du Seigneur assignent au baptême une place seconde, immédiatement après les éléments primordiaux : « Allez dans le monde entier, faites des disciples parmi tous les peuples, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et apprenez-leur à obéir à tout ce que je vous ai prescrit » (Mt 28.19-20). « Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné » (Mc 16.16). Croire en Jésus, devenir son disciple : voilà ce qui est primordial. C’est le manque de foi — et non de baptême — qui est cause de condamnation. Partout dans le Nouveau Testament, le salut est lié à la repentance et la foi (Mt 18.3 ; Jn 3.3-7 ; Lc 24.46-47 ; Ac 3.19 ; 10.42-43 ; 13.32-39 ; Ep 2.8-9). Le baptême n’est que l’expression publique de cette repentance et de cette foi. Mais celui qui se repent et qui croit est appelé à se faire baptiser. Les apôtres devaient baptiser ceux qui étaient devenus disciples du Christ. Et ils l’ont fait.
Le jour de la Pentecôte, l’apôtre Pierre a conclu sa prédication en lançant cet appel solennel : « Changez de vie et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus-Christ, pour que vos péchés vous soient pardonnés. Alors vous recevrez le don du Saint-Esprit » (Ac 2.38, cf. 8.12, 38 10.48 16.15, 33 18.8…).
Le baptême fait donc partie des dernières volontés du Christ. Il fut le premier acte constitutif de l’Église. Il restera longtemps le premier geste de ceux qui veulent obéir à « ce qu’il a prescrit ». Les écrivains du Nouveau Testament en parlent souvent (une centaine de passages s’y rapportent ou y font allusion). Ils le lient à la conversion comme à la sanctification. « Toutes les principales doctrines de la foi chrétienne sont associées dans un certain sens au baptême » (FF. Torrance, J. Heron). L’auteur de l’épître aux Hébreux classe la doctrine des baptêmes parmi les « fondements » de la foi (Hé 6.12).
Mais le baptême donné aux disciples du Christ comme signe et symbole de leur unité, est devenu, pour les chrétiens, un des principaux sujets de division. Au 16e siècle, c’est sur la question du baptême que s’est divisé le puissant fleuve de la Réforme : d’un côté, les Réformateurs, après avoir découvert le baptême des croyants dans la Bible, ont décidé de maintenir le baptême des enfants hérité de la chrétienté médiévale, de l’autre, les adeptes de la « Réforme radicale » ont voulu rétablir le baptême biblique des seuls croyants. Les deux types de Réformes ont engendré deux types d’Églises : les Eglises de multitude et les Eglises de professants.
La première partie de ce livre s’adresse essentiellement à ceux qui voudraient avoir un premier aperçu de ce qu’enseigne la Bible sur la question du baptême et à ceux qui envisagent de se faire baptiser et qui souhaitent comprendre la signification et la valeur de l’acte auquel ils désirent se soumettre. Toutes les questions de controverse (Est-il un sacrement indispensable au salut ? Aspersion ou immersion ? Le baptême et la foi, l’évolution du baptême dans l’histoire, les différents arguments en faveur du baptême des enfants, baptême et œcuménisme, baptême et Eglise, la question du rebaptême, le baptême des croyants et les enfants de l’Eglise, modalités d’une réforme du baptême) ont été traitées dans le livre Le baptême hier, et aujourd’hui ; ceux qui aimeraient approfondir l’un ou l’autre de ces aspects pourront s’y reporter en suivant les renvois (« voir BHA pp… »).
Avant de mourir, le Seigneur Jésus a institué un repas symbolique qui devait résumer pour ses disciples l’essentiel de son enseignement et leur rappeler la signification de la mort qu’il allait endurer pour eux.
Partout et de tout temps, l’Eglise chrétienne a célébré, sous une forme ou une autre, le repas du Seigneur. Cette unanimité témoigne de l’importance que les Eglises chrétiennes ont depuis toujours attachée à cet acte. « L’essentiel de l’Evangile est contenu dans la cène du Seigneur, dont la richesse apparaît infinie » (E. Gaugler, 43 p. 95).
Comme le baptême, la cène a subi, au cours des siècles, bien des modifications dans sa forme et sa signification. Elle est aussi devenue une pomme de discorde entre chrétiens catholiques et protestants, et même entre les différentes Eglises issues de la Réforme. Un auteur anglais a écrit deux livres&nsp;: The water that divides (L’eau qui divise : l’eau du baptême divise la vie en deux : avant — après, mais elle divise aussi les différentes fractions de la chrétienté), The meal that unites ? (Le repas qui unit ? : sa fonction était d’unir les disciples du Christ en un seul corps ; le point d’interrogation à la fin du titre rappelle toutes les controverses suscitées par ce repas, de sorte qu’il est devenu plutôt un sujet de division que d’union.
« Dans une deuxième partie, nous avons souligné ce qu’implique la décision de se faire baptiser, c’est-à-dire un renouvellement total de sa vie.
La troisième partie voudrait aider les chrétiens troublés par les divergences au sujet de la sainte cène à voir un peu plus clairement la signification de cet acte symbolique d’après la Bible ; elle souhaite les encourager à profiter de l’immense privilège que nous fait le Seigneur en nous invitant à sa table.