Le XXe siècle est, dit-on, le siècle de l’Eglise. Effectivement, de tous côtés, l’on entend parler de mise à jour, de réforme des structures, de communauté ecclésiale, de renouveau liturgique, d’engagement du laïcat, de dialogue interecclésiastique. Les tâches et la nature de l’Eglise, sa mission et ses rapports avec le monde, sont proposés à la réflexion des chrétiens.
Or souvent ceux qui sont, à juste titre, préoccupés par ces problèmes, se laissent guider par des opinions traditionnelles ou par un désir révolutionnaire de s’adapter à la mentalité contemporaine.
L’auteur du livre que nous avons l’honneur de présenter au public s’est mis résolument à la seule école de l’Ecriture Sainte. C’est dans les directives données par Jésus à ses apôtres, dans les renseignements que nous donnent le livre des Actes et les épîtres qu’il a cherché la norme à laquelle les églises de notre temps comme de tous les temps doivent se conformer. Que dit la Bible sur la structure des assemblées chrétiennes, sur leur organisation, sur les conditions pour en faire partie, sur les ministères, le culte, le baptême et la Sainte Cène ? C’est là ce qui compte, c’est à cela qu’il faut se tenir.
Il nous est toujours difficile de nous débarrasser de nos idées préconçues, Pour être dans la bonne voie, nous devons soumettre notre pensée et nos pratiques à la Parole de Dieu. Certains lecteurs ne seront peut-être pas d’accord avec toutes les conclusions de l’auteur, mais ils ne sauraient nier que celui-ci s’est honnêtement penché sur le message du Nouveau Testament pour le présenter dans toute sa pureté.
Il ne l’a d’ailleurs pas fait comme quelqu’un qui répudierait les vingt siècles d’histoire chrétienne. C’est à la Bible seule qu’il s’attache sans réserve, mais il se garde de mépriser ce qu’au cours des âges les croyants les plus divers ont pu dire, écrire ou faire. Les très nombreuses citations des Pères de l’Eglise, des Réformateurs, des théologiens contemporains ne sont pas l’une des moindres richesses de cet ouvrage. Si M. Kuen se montre résolument partisan du principe des églises de professants, on ne peut l’accuser d’avoir ignoré la position des multitudinistes. Il a mis en pratique l’exhortation de l’apôtre : « Examinez toutes choses, retenez ce qui est bon ». L’abondante bibliographie qui clôt chaque chapitre engage le lecteur à poursuivre personnellement des recherches en consultant les ouvrages les plus divers, en accord ou en opposition avec la pensée du livre.
Nous souhaitons que cet exposé soit lu par les fidèles des milieux dissidents. Cela les empêchera d’accepter les usages de leurs assemblées d’une manière irréfléchie et leur permettra d’acquérir des convictions appuyées sur une base solide. Cette lecture sera profitable aussi aux membres des églises officielles. Elle les renseignera sur la position, si souvent méconnue, de leurs frères, et les incitera, de plus, à voir quels ajustements seraient souhaitables dans leurs propres communautés.
Bref, ce volume bien documenté, bien équilibré, bien évangélique, mérite, dans toute l’abondante littérature consacrée au sujet de l’Eglise, une place d’honneur.
J. M. Nicole.