Pendant les trois décennies qui se sont écoulées depuis la parution de La Paix de Dieu, ce monde tourmenté semble avoir définitivement perdu sa fragile sérénité. Pour la première fois dans l’histoire, une génération entière de jeunes gens et de jeunes filles vivent dans la crainte que — sous la forme d’un holocauste nucléaire — le temps ne s’arrête avant qu’ils atteignent l’âge adulte. Cela explique en partie pourquoi un nombre tragique d’entre eux, au faîte de leur jeunesse et de ses promesses, cherchent des échappatoires diverses à la vie. Nous sommes devenus une génération d’artistes en fuite. Pendant que j’écris ces mots, des conflits armés font rage dans plusieurs endroits du globe et les rues de plus d’une grande ville résonnent de coups de feu. Depuis que ce livre a été écrit, un président américain a été assassiné, un ministre de la justice et un leader des droits civils ont subi le même sort en Amérique. Un président égyptien et un célèbre chanteur rock anglais ont aussi péri, assassinés. Un autre président a été la victime d’une tentative d’assassinat, des otages ont été pris dans quantité d’endroits et un avion coréen a été abattu. Et nous ne pouvons même plus nous tourner vers nos foyers pour trouver la paix intérieure, car un grand nombre d’entre eux n’existent même plus : près de la moitié des mariages se terminent par un divorce. Ces conflits effrénés qui ravagent le monde entier ne sont qu’un reflet des conflits qui agitent les cœurs des individus.
Des millions d’hommes et de femmes ont lu ce livre dans sa version originale. Il a été traduit en plus de trente langues, et des milliers de personnes nous ont écrit pour nous dire comment leur vie ou celle d’une connaissance a été transformée par cette lecture. On nous a dit que c’était le livre religieux le plus répandu et le plus lu dans les pays de l’Est. Un directeur des douanes d’un de ces pays trouva un exemplaire de La Paix avec Dieu dans les bagages d’un chrétien visitant son pays. Le touriste lui dit qu’il le lui donnerait volontiers, mais qu’il l’avait promis à un ami. « Alors, lui demanda le douanier, accepteriez-vous d’attendre pendant que je le lis ? » Ainsi, notre ami attendit — une demi-heure, une heure, deux heures. Finalement, et sans commentaire, le livre lui fut rendu et remis dans sa valise, puis le touriste put passer la douane.
En relisant l’original, j’ai été surpris de constater à quel point il était encore actuel, et pourtant quelques détails demandaient à être mis à jour.
Cette édition revue — comme l’édition originale de La Paix avec Dieu — indique le chemin, Le seul chemin vers une paix personnelle et authentique dans un monde en crise. Depuis sa publication, il y a plus de trente ans, des millions de lecteurs partout dans Le monde ont suivi ses étapes claires et simples et ont découvert la nouvelle vie offerte par celui qui fut alors un obscur Galiléen. Parmi ceux-ci, des hommes vivant dans le couloir de la mort, attendant leur exécution… et même un de mes gendres.
On demanda à une journaliste couvrant notre campagne d’évangélisation à Bristol, en Angleterre, si elle avait été active dans une église avant de venir à Bristol, et elle répondit : « Oh ! oui, je suis chrétienne, je me suis convertie par le moyen de Billy Graham en 1954. » A dix ans, alors qu’elle était loin de la maison, dans un internat, elle se rendit à une vente de quartier. Sur une table, elle remarqua une pile de livres, et parmi eux un exemplaire de La Paix avec Dieu. La fillette fut immédiatement intriguée, l’acheta pour six pence — tout ce qu’elle avait sur elle — et passa la nuit à le lire à la lueur d’une lampe de poche dans sa chambre de l’internat. Comme résultat de sa lecture, elle accepta Christ. Bien qu’ayant été élevée dans l’Eglise, elle n’avait jamais rencontré quelqu’un qui ait pu lui expliquer le message simple de l’Evangile, ni lui dire comment elle pouvait répondre à Christ.
Ma prière est que cette édition revue fasse son chemin dans les cœurs d’un monde perdu, confus et errant, car je me rends compte que maintenant, même plus encore que lors de la parution du livre, les hommes, Les femmes et les jeunes, partout dans le monde, ont soif de paix avec Dieu.
Je suis profondément reconnaissant à tous ceux qui m’ont conseillé pour la préparation de cette nouvelle édition. Je remercie spécialement ma femme, Ruth, qui a travaillé bien des heures à cette révision, ma fille aînée Gigi Tchividjian et ma secrétaire Stéphanie Wills. Que Dieu utilise ce livre pour toucher encore des millions d’hommes et de femmes de cette nouvelle génération.
Billy Graham