« Ta Parole est la vérité » (Jean 17.17). Pour un croyant, cette affirmation de Jésus est suffisante pour garantir la fiabilité de la Bible. Le Christ n’est-il pas pour lui l’autorité suprême ?
« Mais, diront d’autres, quelle vérité ? ». Vérité spirituelle, oui ; vérité psychologique, généralement ; vérité historique ??? « La Bible n’est pas un livre à vocation historique, m’écrit une amie, et l’Orient est célèbre pour sa littérature imagée sous forme de contes ou de paraboles (voir les Evangiles) ».
Il est vrai que l’Oriental est plus sensible que nous au symbolisme de toute réalité et que là où nous voyons des équations d’équivalence matérielle, il discerne les réalités spirituelles auxquelles la réalité matérielle fait allusion (« Je suis le chemin, la porte, la vigne, ceci est mon corps, mon sang ») et certains livres ne s’interprètent correctement que sur le plan symbolique (le Cantique des cantiques, Zacharie, l’Apocalypse). Mais il y en a aussi d’autres qui se présentent comme de l’Histoire, qui racontent ce qui s’est passé en tel lieu, à tel moment. Faut-il aussi les prendre pour des symboles ? Ce ne serait pas leur faire justice. Si la Genèse dit qu’Abraham a quitté Ur-en-Chaldée « sans savoir où il allait », on peut en tirer la leçon qu’il faut être prêt à lâcher sa sécurité matérielle pour suivre l’appel de Dieu — mais sans nier la vérité historique qui a servi de base à notre méditation et sans faire d’Abraham un mythe.
Or, c’est ce qui s’est produit au cours de ces deux derniers siècles : toutes les affirmations historiques de la Bible ont été contestées: Abraham est devenu un personnage légendaire, l’exode hors d’Egypte une invention tardive, David n’a jamais existé, tous les psaumes sont des compositions post-exiliques ; même l’existence de Jésus a été mise en doute, ses paroles lui auraient été attribuées par l’Église du 2e siècle, le personnage de Paul et ses lettres seraient des inventions de Marcion.. Ces affirmations ne datent pas d’un lointain passé révolu, elles se lisent dans des publications contemporaines (comme on le verra plus loin).
La foi du croyant peut-elle supporter de telles attaques ? Dira-t-il comme certains : « Peu importe que Jésus soit physiquement ressuscité ; l’essentiel est ailleurs : dans la vérité spirituelle que les premiers chrétiens ont voulu nous transmettre » ? Une telle schizophrénie mentale ne tiendra pas longtemps et, en fait, ceux qui la prônent ont abandonné la foi biblique.
En effet, pour Jésus, pour Paul et tous les apôtres, Abraham, Salomon et Jonas étaient des hommes ayant vécu à l’époque où les situent les livres de l’Ancien Testament, David fut l’auteur de psaumes, Esaïe a écrit tout le livre qui porte son nom. Pour les premiers chrétiens, l’autorité des écrits bibliques était liée à leur authenticité. Lorsqu’ils lisaient : « nous étions avec lui sur la sainte montagne (de la Transfiguration) » (2 Pierre 1.18), ils comprenaient que Pierre évoquait un souvenir personnel et non qu’un de ses lointains disciples voulait donner plus de poids à son écrit en le faisant passer pour une affirmation de l’apôtre. Mais peut-on trouver encore aujourd’hui un théologien critique qui ose affirmer l’authenticité de la 2e épître de Pierre ?
Il en est de même de la vérité historique des affirmations bibliques. Cependant, au temps même où ces vérités ont été niées, Dieu a permis que de nouvelles preuves surgissent du sol. Jésus a prédit que si ses disciples se taisent, « les pierres crieront » (Luc 19.40). Pendant que des théologiens contestaient les déclarations bibliques, des archéologues exhumaient des tells du Moyen-Orient des faits qui les contredisaient. De Mari, de Tell-el-Amarna, de Ras-Shamra sortaient les preuves qu’au temps des patriarches, on connaissait déjà toute une littérature, que les Hittites étaient un peuple réel et important, que la « maison de David » a bel et bien existé…
De beaux livres ont été écrits pour illustrer par de nombreuses photos les parallèles entre la Bible et les résultats des fouilles archéologiques. L’objectif de cette brochure est plus modeste : elle voudrait mettre entre les mains des croyants ébranlés dans leur foi par les affirmations d’une « science faussement ainsi nommée », quelques faits mis au jour par les fouilles archéologiques qui confirment la fiabilité historique de la Bible ou qui permettent de mieux comprendre son contexte. Ce faisant, nous voudrions aussi exprimer notre reconnaissance aux hommes et aux femmes qui ont consacré leur vie à gratter la terre pour en extraire ces preuves.1
1 Comme il existe tant de bons ouvrages ornés d’illustrations en quadrichromie des différentes découvertes archéologiques, nous n’avons pas voulu faire double emploi et nous nous contentons de renvoyer aux livres suivants : A. Millard : Trésors des temps bibliques (Méry s/Oise : Sator — Paris, Cerf 1986 )&nbs;; Id. Des pierres qui parlent (Cléon d’Andran, Excelsis 1998) ; Id. Images du monde biblique (Méry s/Oise, Sator 1987) ; Tièche — Grisier M. — Lenoir R. Bible et archéologie (Tièche — Grisier M. – Lenoir R. Valence, Ed. Ligue pour la lecture de la Bible 2009).
Pour situer les lieux des fouilles, voir Bible et archéologie p. 13 ; Des pierres qui parlent p. 8-10. Images du monde biblique p. 6-1.
A.K.