Dieu à jugé utile de consigner sa révélation dans un livre (Ex. 17.14 ; Deut. 31.26 ; Mal. 3.16). Ainsi nous est-elle toujours accessible. La plupart des chrétiens du XXe siècle jouissent à cet égard d’un privilège incontestable : chacun peut posséder sa Bible et la lire à tout moment.
Avant de parler de l’étude et de la méditation de son contenu, voici quelques conseils pratiques concernant l’achat et l’utilisation de votre Bible.
Votre Bible est l’un de vos trésors les plus précieux. Si un jour vous deviez partir en n’emportant qu’un livre, c’est celui-là que vous prendriez. N’hésitez donc pas à dépenser quelques francs de plus pour disposer d’une bonne Bible d’étude. Utilisez l’ancien exemplaire à la recherche de références, à la méditation d’un sujet particulier en l’annotant de manière spéciale. Vous pouvez aussi le prêter ou le donner.
Choisissez une Bible de format moyen : trop petite, ses caractères sont difficiles à lire et il n’y a pas de place pour annoter ; trop grande, vous hésiteriez à l’emporter, elle se manie moins facilement (pour la recherche des références). Le bon format se situe entre 10 × 13 et 13 × 17 cm.
Ne vous laissez pas trop tenter par les Bibles minces si vous désirez mettre des annotations : le papier ne les supporterait pas. Choisissez un papier solide et opaque sur lequel vous pourrez écrire au stylo à bille sans risque de le trouer ou de rendre le verso illisible.
Achetez une Bible à la reliure solide. Sinon au bout de quelques années, ses pages ne tenant plus, vous serez contraints de remplacer cet instrument de travail précieux par vos annotations. Une Bible usagée se relie très difficilement : les dos des cahiers sont usés, les marges trop petites ne permettent pas de rogner le livre. Les Bibles reliées cuir sont plus résistantes que les autres. La couverture à rabats débordants protège la tranche, mais s’abîme plus vite.
Les onglets indiquant le début des différents livres bibliques rendent leur recherche plus rapide, surtout lorsqu’on n’est pas encore familiarisé avec la table des matières. Il y a mieux pourtant. Consacrez quelques minutes par jour, pendant une ou deux semaines, à apprendre par cœur la liste des livres bibli- ques (on connaît le procédé mnémotechnique employé pour inculquer la succession des épîtres de Paul aux enfants : Rococo Galéphico Thess Tititi Philémon). Au bout de peu de temps, vous trouvez les références aussi vite dans une Bible sans onglets et risquez moins de déchirer le bord du papier. D’autre part les échancrures rapetissent considérablement l’espace marginal utilisable pour les annotations.
Achetez tout de suite une Bible à parallèles, elle vous rendra de bien meilleurs services qu’une autre. Nous verrons dans cet ouvrage comment l’utiliser. Il existe deux Bibles à parallèles françaises : l’édition de la Maison de la Bible ou de la Société biblique où les parallèles sont groupés dans une colonne centrale et celle de l’Alliance biblique avec des parallèles moins nombreux à la fin des versets. Si vous achetiez d’abord une Bible ordinaire et une à parallèles plus tard, vous perdriez au moment du changement tout le bénéfice de la mémoire visuelle qui enregistre la place des pages qui vous ont frappé — et c’est bien pratique de pouvoir retrouver rapidement une parole biblique appropriée au cours d’un entretien ou d’une étude.
Prenez la version la plus courante : elle offre le plus grand choix de présentations, elle est la plus constamment citée. Les deux versions françaises les plus répandues sont celles de L. Segond chez les protestants et la Bible de Jérusalem chez les catholiques. La Bible à parallèles n’existe que dans la version Segond.
S’il est bon de se servir de la même version et de la même disposition typographique pour sa Bible d’étude, cela ne veut pas dire qu’il faille s’en tenir à une seule traduction. Au contraire, dans les passage difficiles il sera bon de consulter le plus grand nombre possible de versions différentes.
La Bible devient surtout ma Bible à partir du moment où je l’annote. Notre respect du texte sacré ne doit pas nous empêcher de le personnaliser en soulignant ce qui nous a particulièrement parlé. Annotons toutefois avec discrétion et méthode sans barioler le texte jusqu’à le rendre illisible. Utilisons des stylos à bille ou des crayons de couleur, mais pas de stylos feutres qui traversent généralement le papier bible. Nous donnerons plus loin quelques conseils sur la manière de souligner et d’annoter sa Bible.
Notez dans votre Bible un certain nombre de renseignements qu’il est utile d’avoir à disposition : références concernant le chemin du salut, liste de passages sur la prière, le Saint-Esprit, l’Eglise… dates de rédaction des différents livres, verset central, mot-clé, circonstances de rédaction, preuves d’authenticité, thèmes essentiels, plan du livre… Entre les lignes ou dans la marge, notez une traduction plus compréhensible d’un passage (trouvée dans une autre version ou dans un commentaire), l’explication d’un mot, le sens d’un nom propre, la date d’un événement, un parallèle supplémentaire… Il est évident que nous ne pourrons consigner ces renseignements que dans une Bible suffisamment grande, aux marges spacieuses.
Souvenez-vous enfin que votre Bible vous fera un long usage si vous la traitez avec soin et respect : la position couchée lui convient mieux que la station debout, sa reliure souffre moins. Ne la feuilletez pas avec des mains sales ou grasses : la sueur jaunit le papier. Rappelez-vous aussi que votre Bible craint l’humidité&nbso;: ne l’ouvrez pas sous la pluie et ne l’oubliez jamais — comme moi — sur un banc par une nuit d’orage. Ne vous en servez ni comme porte-documents, ni comme presse-fleurs. Les Huguenots du temps de la Réforme et les chrétiens derrière le rideau de fer auraient certainement beaucoup à nous apprendre sur la façon de manier la Bible.