Espoir pour le cœur troublé

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Un monde en souffrance

Les cœurs troublés disent : “Notre foyer est un champ de bataille ! Ne me parlez pas de guerres internationales. Je veux savoir comment trouver la paix dans notre famille !”… “Je suis une victime de viol. Comment est-ce que je peux effacer ces mauvais souvenirs et surmonter mes horribles peurs ?”… “J’ai perdu mon emploi et perdrai peut-être ma maison. Ne me chantez pas de belles chansons !” … “Comment puis-je réussir à élever mes enfants alors qu’ils sont entourés de toutes sortes de mauvaises influences ?” … “Je m’inquiète plus de ce qui pollue l’esprit de mes enfants. Ce sont eux qui sont menacés d’extinction !” … “Nous avons une belle maison et des voitures – tout pour être heureux, quoi ! Mais je me sens vide. Je n’ai plus confiance en mon mari et je me sens si seule.”

“Cette génération passera par le feu. C’est la génération… sous le fusil. C’est la génération tourmentée, destinée à vivre au milieu de la crise, du danger, de la peur et de la mort. Nous sommes des condamnés à mort qui attendent qu’on fixe la date de leur exécution. Nous sentons bien qu’il va se passer quelque chose. Nous savons que ça ne peut plus continuer ainsi. L’histoire a atteint une impasse. Nous suivons la route qui mène à la collision. Quelque chose va céder.”

J’ai écrit ce texte en 1965.

A cette époque peu d’entre nous pensaient que le monde pouvait aller encore plus mal et survivre. J’avais tort. De plusieurs façons la situation s’est empirée, et nous avons survécu. Mais nous sommes un monde en souffrance — un monde qui souffre collectivement de la violence de la nature et de l’homme, et un monde qui souffre individuellement de douleurs personnelles.

A cause des communications instantanées, notre planète en a été réduite à un écran de télévision. Bien que maris et femmes, enfants et parents ont de graves problèmes de communication, nous pouvons regarder une guerre se dérouler devant nos yeux. Une pièce confortable peut se transformer en champ de bataille outre-mer ou en émeute de rue à la simple pression d’un bouton.

Nos enfants ont grandi et se sont mariés et, aux dernières nouvelles nous avions dix-neuf petits-enfants. Je ne peux leur promettre que le monde deviendra meilleur. De tout mon cœur, j’aimerais les protéger de la souffrance. Mais ce que je vois est un mal universel qui affecte la civilisation entière, me laissant peu d’espoir que l’homme par lui-même parviendra à changer le cours des événements pour rendre ce monde meilleur.

Il y a eu des réalisations extraordinaires depuis que mes enfants étaient petits. L’homme a marché sur la lune, et les missiles Patriots ont intercepté et détruit des missiles ennemis. Depuis les records du monde en sports jusqu’aux vidéocassettes et fours micro-ondes, cette période en a été une de grands progrès scientifiques.

Mais qu’avons-nous réellement accompli jusqu’ici ? Notre condition est-elle meilleure dans les années 90 que dans les années 60 ? En 1965 j’ai dit que la plupart des spécialistes, analystes, philosophes et hommes d’état de l’époque étaient d’accord pour dire que l’homme était malade. Quelques-uns croyaient même que sa maladie avait atteint le point de non-retour. La santé du patient s’est-elle améliorée ou est-il maintenant en phase terminale ?

Des guerres et encore des guerres !

Les historiens nous disent que la paix n’a jamais été réalisée pleinement à aucun moment de l’histoire. Depuis les débuts du dix-huitième siècle, le monde n’a eu que onze années où on ne rapporte aucune guerre. Même pendant ces onze années, il a pu y avoir des conflits mineurs dans des endroits plus isolés de la terre.

En 1982, on m’invita à prononcer un discours sur la paix à Moscou. Après un dur combat intérieur, sur le conseil de différentes personnes en qui j’ai confiance, mais surtout après avoir médité les Ecritures, je décidai d’y aller. Ce voyage m’attira beaucoup de critiques, mais Dieu se servit de cette occasion pour ouvrir plusieurs portes en Europe de l’Est, ce qui, je crois, contribua aux vastes changements qui ont transformé l’Union Soviétique. Le discours que j’y prononçai se fondait sur l’enseignement de l’Ecriture concernant la paix et la guerre et fut cité à maintes reprises dans le monde de l’Est.

Les Nations Unies proclamèrent 1986 l’Année Internationale de la Paix. Qu’arriva-t-il ensuite ? Le monde connut plus d’un millier de guerres, selon les chiffres donnés par le Centre d’information militaire de Washington.

Malgré les preuves accablantes que l’absence de paix serait plutôt la règle que l’exception, un journaliste écrivit en décembre 1989 : “La paix sur la terre semble plus possible maintenant que jamais depuis la Deuxième Guerre Mondiale.” Cette note d’espoir était douce aux oreilles d’un monde fatigué de la guerre, mais depuis nous avons eu la guerre du Golfe Persique et bien d’autres petites guerres.

Augustin, au quatrième siècle, croyait que la réalisation d’une paix totale et complète sur la terre était impossible et que la guerre y aurait toujours cours. Le poids de l’histoire appuie l’opinion d’Augustin plutôt que celle de ce journaliste optimiste.

La violence omniprésente

Les crimes violents, souvent associés à la guerre contre les drogues, ont accéléré leur montée. De toutes les villes du monde nous arrivent des histoires de tueries relatives à la drogue, d’assassinats et de crimes de toutes sortes. Un médecin d’un hôpital de Détroit a déclaré que les pertes les plus désolantes sont les enfants.

“Nous avons toute une génération d’êtres humains dans ce quartier urbain qui pourrait être si productive et utile à l’humanité mais elle est perdue. Nous avons des adolescents de treize et quatorze ans qui sont aussi endurcis que des détenus de pénitencier. Remarquez leurs yeux vitreux, leur regard froid et vide, dénué de tout sens moral.”1

1 Time, 3 décembre 1990, 45.

A Los Angeles, la police effectue un nombre record d’arrestations relatives à la drogue : plus de mille par semaine, et elle estime ne toucher qu’au quart de ce qui se passe vraiment.

“Malgré le passage de lois sévères anti-drogues et les descentes de police, la violence des rues, souvent reliée à la drogue, continue à augmenter. Le pourcentage national de criminalité s’est accru de 10% dans les six premiers mois de 1990. Les meurtres ont grimpé de 8% pendant cette même période tandis que les vols à main armée ont grimpé de 9%.”2 Un rapport du FBI indique que dans les quelques dernières années, les arrestations pour abus de drogues ont augmenté dramatiquement et dangereusement.

2 Ibid. 46.

J’aime New York et j’y ai plusieurs amis, mais les histoires que j’y entends sont à vous briser le coeur. On y relève 500 000 cas de personnes adonnées à la drogue, un nombre presque égal à celui de la population de Boston. En 1952, la ville comptait 8757 vols. En 1989, ce chiffre s’élevait à 93 387 ! Le U.S. News & World Report déclare en 1990 : “Vingt et un chauffeurs de taxi ont été assassinés cette année, des filles ont été violées puis balancées du haut des toits, un garçon a été attaché puis brûlé, et quatre jeunes enfants ont été abattus dans la guerre des drogues en moins de trois semaines.”3

3 U.S. News & World Report, 24 septembre 1990, 37.

La violence ne se limite pas aux rues des grandes villes. La plupart des agents de police disent que leurs sorties les plus dangereuses sont pour les querelles domestiques. La violence, le viol et le meurtre se produisent aussi derrière les jolies clôtures blanches de nos maisons de banlieue et de nos villages.

La violence gratuite, sans raison ni provocation, arrive partout. Personne n’est en sécurité. Nous sommes une nation qui vit derrière les clôtures et les barreaux — et pas seulement en Amérique, mais aussi dans le Royaume-Uni, au Brésil, et dans bien d’autres pays.

L’économie en déroute !

La corruption et la fraude s’’infiltrent dans tous les milieux. Dans le monde financier, ces fraudes affectent nos porte-monnaies. Lorsqu’une grande institution financière de prêts et d’épargne fait faillite, les contribuables américains finissent par payer la somme approximative de 2 milliards de dollars en taxes additionnelles. La valeur des propriétés connaît tellement de hauts et de bas que les institutions financières se retrouvent avec des prêts difficiles à administrer. Y a-t-il encore des doutes que nous sommes une nation endettée ?

Nous accumulons des dettes parce que nous confondons désirs et besoins. Ce qui était hier un luxe devient aujourd’hui une nécessité.

L’un des plus célèbres financiers de Wall Street exprime bien cette idolâtrie matérialiste dans son discours aux diplômés d’une Haut École de Commerce lorsqu’il déclare : “La cupidité est bonne pour vous.” Ce ne fut pas le cas pour cet homme, qui s’est retrouvé la cible des tribunaux fédéraux qui l’accusent de fraude.

“Humeur Sombre” titrait le Wall Street Journal. L’infection se répand, et la crise se nourrit d’elle-même ; les peurs touchent tous les domaines, que ce soient les faillites de banque jusqu’à la panique financière globale.

L’échec des relations familiales

Aucun sujet n’est plus près de mon cœur que la famille. Quelquefois j’ai l’impression que mon cœur va éclater quand je vois les conséquences du divorce, de l’infidélité conjugale et de la rébellion. Le fondement moral de notre pays est menacé d’écroulement par les foyers brisés et la négligence des parents. N’est-il pas ironique que les gens applaudissent les couples qui ont plus de vingt-cinq années de mariage ? A une émission de télévision, j’ai annoncé que ma femme et moi étions mariés depuis presque cinquante ans, et que nous étions toujours amoureux l’un de l’autre plus que jamais. Les applaudissements étaient assourdissants. Les gens semblaient étonnés, parce que c’était si rare.

Les conséquences de la désintégration de la famille s’observent partout à la ronde. Les enfants s’enfuient de la maison, deviennent victimes d’abus ; on recourt à l’avortement. Le linge sale qui autrefois se lavait en famille pend maintenant devant la maison sans honte — étalé en grands titres dans les journaux et présenté comme prouesse à la télé et au cinéma.

L’une des conséquences de cet échec fut la perte du respect. Il n’y a pas d’exemple plus éloquent que la langue utilisée dans les films. Le langage ordurier s’utilise partout dans les films, à la télé, dans les spectacles et dans la vraie vie. Le magazine Time se demandait : “Les années 90 seront-elles la Décennie des Grossièretés ?”4

4 Time, 7 mai 1990, 92.

La plupart des honnêtes gens se demandent quel impact cette culture du langage ordurier aura sur la première génération qui grandit avec elle. Les spectacles de musique et les monologues comiques se moquent de façon si obscène des convenances qu’on en devient malade simplement à lire les revues à leur sujet.

Sommes-nous devenus insensibles aux scandales ? Les parents semblent encore capables d’exprimer leur consternation de vive voix, mais la jeunesse d’aujourd’hui ne se scandalise plus de rien. Ce fait en lui-même est scandaleux !

Un commentateur de nouvelles a dit :

“Depuis les traumatismes que l’assassinat de Kennedy et la guerre du Vietnam ont provoqués, beaucoup d’Américains ont graduellement fermé leur esprit à la nature même de l’atrocité. Ils font face aux horreurs de notre monde en se rendant insensibles à la douleur. Ils versent encore des larmes lorsqu’ils entendent une histoire tendre et touchante concernant une baleine emprisonnée dans les glaces ou d’un bébé tombé dans un puits, mais trop souvent tout le reste — de la promesse d’un politicien jusqu’au désastre de Chernobyl — n’est que du spectacle qui les laisse indifférents ou devient matière à dérision. Les enfants d’aujourd’hui sont élevés dans cette atmosphère. Si leurs parents sont devenus plus ou moins indifférents, comment peut-il en être autrement pour les enfants ?”5

5 Ibid, 99.

Notre planète ravagée

Les années 1990 semblent la décennie des préoccupations pour l’environnement. Après des années de pollution de l’air et de l’eau sans se soucier des conséquences, beaucoup maintenant se veulent les gardiens de la terre que Dieu leur a confiée. L’effet de serre, les trous dans la couche d’ozone, la pollution de nos réservoirs d’eau, les épaisses et étouffantes couches de smog au-dessus de nos villes et le trop-plein des dépotoirs ne sont qu’une petite partie des préoccupations.

Il y a vingt ans, à une époque où l’environnement ne signifiait rien d’autre que l’endroit où nous vivions sans aucune référence aux espèces menacées d’extinction, Francis Schaeffer écrivait dans son livre Pollution et Mort de l’homme : “C’est bien simple : si l’homme est incapable de résoudre ses problèmes écologiques, ses ressources vont disparaître… C’est donc sur la génération actuelle que pèse le fardeau du problème écologique.”6

6 Francis Schaeffer, La Pollution et la Mort de l’Homme (Wheaton, Illinois : Tyndale House, 1970. Edition française : Guebwiller France, LLB, 1974)

En effet le problème nous incombe. Nous avons fait quelques pas dans la bonne direction mais cette planète ravagée ressemble à la condition de ce fumeur invétéré qui a fumé toute sa vie sans trop subir de conséquences et chez qui, un jour, on découvre un cancer du poumon. Nos ressources naturelles ont été mal gérées depuis trop de générations et nous devons maintenant en payer le prix.

La richesse sans bonheur

On dit que les Etats-Unis ont plus de richesse, plus de familles qui ont deux voitures, plus de maisons, et écrivent plus de livres sur le bonheur que tout autre pays. Si nous vivions au Bangladesh ou dans les taudis de Calcutta, l’idée de souffrir en pleine abondance nous semblerait ridicule. Et pourtant en Amérique, où les standards de vie sont parmi les plus élevés au monde, le simple fait du confort matériel provoque une maladie spirituelle. Une lettre d’un des ouvriers de la Bourse du Samaritain, ministère qui apporte secours aux gens souffrants à travers le monde et que mon fils Franklin dirige, illustre bien la souffrance qu’apporte la richesse. Il écrit :

Un jour j’étais dans un de ces vastes camps où les ressortissants de l’Inde venus du Koweit étaient détenus en attendant leur rapatriement. Ces gens avaient voyagé pendant des jours à travers le désert brûlant dans des autobus. Je remarquai une dame qui avait de jeunes enfants avec elle et qui était très affligée. J’allai vers elle et j’appris qu’elle avait donné naissance à un bébé trois jours avant d’être évacuée du Koweit. Le bébé était si sale et sentait si mauvais. Je fus très heureux de pouvoir lui acheter le nécessaire pour son bébé et l’aider pour les soins médicaux les plus urgents. Cette mère était très reconnaissante, et au cours de notre conversation elle me révéla qu’elle avait déjà marché avec le Seigneur. La prospérité dont elle avait joui au Koweit s’était interposée entre elle et Dieu ; son amour s’était refroidi. Nous lui partageâmes que son Dieu était prêt à lui pardonner, elle put retrouver sa communion avec Lui et se réjouir de la consolation et des soins qu’il lui prodigue. Au moment de se quitter, une des dernières choses qu’elle partagea fut ceci : “Je remercie simplement Dieu d’avoir permis que ma famille perde tout au Koweit pour que je puisse Le retrouver.”

Ma femme parlait à une jeune chrétienne qui venait d’arriver dans ce pays, après avoir fui un régime hostile au christianisme. Cette femme souffrait d’un choc culturel. “Je pense,” dit-elle à Ruth, “qu’il est plus difficile de demeurer un chrétien engagé au milieu de la prospérité que sous la persécution.”

Le matérialisme peut accomplir ce qu’un ennemi extérieur ne pourrait jamais espérer accomplir — le matérialisme sape la nation de son énergie spirituelle.

La souffrance qu’on voit et celle qu’on ne voit pas

Dans chaque pays et chaque ville à travers le monde il y a des gens qui souffrent. Dans certains cas, on peut voir la cause de cette souffrance comme chez l’ancien combattant qui a perdu ses jambes à la guerre. Dans d’autres, cette souffrance est cachée, intérieure comme celle de cette femme qui vit avec le souvenir du viol depuis son enfance.

Dans mes voyages au cours des années, j’ai vu ce monde en souffrance. Certains semblent avoir écopé d’un plus lourd fardeau que d’autres. Beaucoup s’interrogent sur le pourquoi de leur souffrance.

Quand Aleksandr Soljenitsyne décrivait les horreurs de la torture et de la mort dans son livre L’Archipel du Goulag, une sorte d’étude du système carcéral en Union Soviétique au temps de Staline, il exprimait une question universelle pour tous ceux qui souffrent : “Les plus raffinés comme les plus rustres d’entre nous, en réfléchissant à toute l’expérience de leur vie ne peuvent que s’étonner et dire : “Moi ? Pourquoi moi ?”7

7 Aleksandr Soljenitsyne, l’Archipel du Goulag.

Moi ? Pourquoi moi ?

Quand la souffrance nous atteint personnellement, c’est le cri le plus fréquent. Pourquoi moi ? Pour quelle raison ?

Pour l’homme qui ne croit pas en un Dieu personnel, les réactions aux situations douloureuses peuvent varier. Dans un reportage à propos de leaders koweitiens expulsés de leur pays qui essayaient de reconstituer leur gouvernement en exil après l’invasion irakienne, on a rapporté le cas d’un médecin qui s’était enfui du Koweit en Egypte. Son ami, un autre exilé koweitien, raconta ceci : “Il verrouilla sa porte et se laissa pousser la barbe. Il ne sortait plus, restait étendu sur son lit à regarder le plafond, il ne parlait à personne. Sans doute voyait-il d’étranges choses. Quand nous retournerons au Koweit, je pense qu’il aura besoin d’une bonne centaine de psychiatres.”8

8 Los Angeles Times, 12 octobre 1990, A13.

Ce médecin du Koweit me fait penser à plusieurs qui réagissent à la souffrance en se retirant dans leur propre monde sans chercher d’autres solutions. D’autres trouvent des moyens d’évasion assez bizarres. Après une opération délicate une actrice de Hollywood s’est vue conseiller par son médecin de méditer avec des morceaux de quartz en guise de thérapie pour réduire le stress.9

9 Russell Chandler, Understanding the New Age (Dallas : Word Publishing, 1988), 104.

Sans le secours de Dieu, notre réponse à la souffrance est une tentative futile de trouver des solutions à des situations qui ne peuvent se résoudre. Nous nous enfonçons dans un monde où, malgré les drogues miracle et les progrès médicaux, la souffrance devient de plus en plus intense. Toute souffrance, nous le savons, n’est pas physique. Aujourd’hui, plus que jamais, nous devons savoir où trouver l’énergie pour vivre notre vie à sa pleine mesure.

Le miroir du désespoir

La souffrance est avec nous depuis que Dieu a dit à Eve qu’elle enfanterait dans la douleur. Cependant, malgré les guerres et les calamités du passé, il n’y a jamais eu de moment où le miroir de notre monde n’a reflété autant de désespoir.

En 1965, j’écrivais que les flammes de la violence, des malaises raciaux, des problèmes politiques et de l’immoralité étaient déchaînées. Comment décrire le brasier d’aujourd’hui ? Il ressemble à ces puits de pétrole enflammés du Koweit. ‘C’est l’enfer !”, rapporte un témoin.

Si l’on compare avec ce qui se passe dans les années 90, la rébellion et l’agitation des années 60 paraissent presque fades et sans intérêt.

Rien ne semble pouvoir satisfaire. Ni la politique, ni l’éducation, ni les biens matériels. Certains qui refusent de tourner leur cœur vers Dieu ont créé le mouvement du Nouvel Age et toutes ses aberrations. Cette démarche n’est pas nouvelle mais n’est qu’une ultime tentative de l’homme qui cherche à mettre quelque chose d’autre que le Christ dans son cœur pour satisfaire ses besoins spirituels.

Se voulant indépendants de Dieu, hommes et femmes ont perdu le sens de leur vie. La valeur d’une personne en est réduite à ce qu’elle fait pour gagner sa vie. Aux yeux de Dieu, l’emploi d’une personne, sa position sociale ou son compte en banque ne sont pas importants.

Non seulement on ne connaît plus Dieu, mais ceux qui le connaissent n’écoutent que rarement sa Voix. Quelle tragédie que plusieurs parmi le peuple de Dieu se soient conformés au monde et à sa manière de penser, plutôt que de se laisser transformer par le renouvellement de l’intelligence ! Nous sommes devenus une nation d’analphabètes bibliques. Un sondage Gallup révèle que bien que 90% des Américains possèdent une bible, seuls 11% de chrétiens la lisent tous les jours.

Lorsque l’humanité regarde son reflet dans le miroir, quel triste spectacle !

Marcher au travers des décombres

Bien que la souffrance personnelle ne laisse aucun répit et que la souffrance collective de notre monde persiste, il y a ceux qui ont trouvé un refuge au travers des décombres. Quelle est la différence entre la femme paraplégique au sourire qui illumine toute une pièce et le millionnaire qui ne pense qu’au suicide ? Qu’est-ce qui fait qu’une personne accepte sa souffrance et garde son équilibre pendant les temps durs et qu’une autre ne cesse de pleurnicher et de s’apitoyer sur son sort ?

En dehors de la Bible, je ne peux offrir de solution véritable et infaillible. Je ne prétends pas être un psychologue à la mode et je ne ne donne pas de réponses toutes faites. Un vieil écrivain écossais a écrit : “L’église a bien des soucis et la souffrance n’en est pas le moindre. C’est le lot de tous et nul n’est épargné qu’il soit lui-même touché ou qu’il aide un autre à porter son fardeau.”10

10 Horatius Bonar, When God’s Children Suffer (Grand Rapids, Mich. : Kregel Publications, 1981), préface.

Chapitre 2

On peut réagir avec amertume et blâmer Dieu, comme certains le font ou on peut accepter la souffrance comme naturelle et faisant partie de la vie de ce monde. On ne peut éviter la souffrance, mais on peut changer sa manière d’y réagir.

Ma prière est pour que ceux qui ont le cœur troublé puissent trouver la paix dans ce monde de souffrance et l’espoir au milieu des situations désespérées.

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