Le mot repentance est un mot biblique. En feuilletant une concordance1 nous voyons qu’il apparaît un grand nombre de fois dans l’Ancien et dans le Nouveau Testament.
1 Index de tous les mots des Ecritures avec toutes les références.
L’Ancien Testament proclame : « Convertissez-vous et détournez-vous de toutes vos transgressions, afin que l’impureté ne cause pas votre ruine. » (Ezéchiel 18.30.) « Si le méchant se détourne de tous les péchés qu’il a commis, s’il observe toutes mes lois et pratique la droiture et la justice, il vivra, il ne mourra pas. » (Ezéchiel 18.21.)
Avec insistance, le Nouveau Testament exhorte l’homme à se repentir : « Si vous ne vous repentez, vous périrez tous », a dit Jésus (Luc 13.3-5). « Repentez-vous donc et convertissez-vous pour que vos péchés soient effacés », a déclaré Pierre (Actes 3.19). « Détourne-toi donc de ta mauvaise intention et prie le Seigneur pour que, si possible, il te pardonne d’avoir eu une telle pensée. » (Actes 8.22.)
L’apôtre Paul a dit : « Dieu… appelle maintenant tous les hommes, en tous lieux, à se repentir. » (Actes 17.30.)
La Bible ordonne la repentance, elle est nécessaire à cause de notre méchanceté, la justice l’exige, Christ l’a prêchée et Dieu l’attend. La volonté divine est toujours la même. Dieu appelle maintenant tous les hommes, en tous lieux, à se repentir.
Mais que signifie ce mot repentance ? Pour préparer ce texte, j’ai feuilleté plusieurs livres de sermons pour chercher ce que d’autres prédicateurs avaient à dire à ce sujet. J’ai été très étonné de découvrir que ce thème proclamé dans la Bible avec tant d’insistance par les prophètes et les apôtres est très peu mentionné par les prédicateurs contemporains. La trompette appelant l’homme à la repentance est singulièrement silencieuse dans les chaires modernes.
Nous prêchons davantage sur la dignité de l’homme que sur sa déchéance. Nous parlons plus volontiers de sa bonté que de sa méchanceté. Nous nous sommes révoltés au lieu de confesser notre culpabilité.
Beaucoup considèrent la repentance comme une faiblesse et une démission !
Le banc des pénitents a disparu de même que les larmes Provoquées par le chagrin du péché, mais la joie dans le ciel pour les pécheurs qui reviennent à la maison du Père a elle aussi disparu.
Le mot pécheur n’existe pratiquement plus dans notre vocabulaire. L’ivrogne n’est plus considéré comme un homme égoïste et égaré ; n’ayant pas réussi à s’adapter à la société, il est un alcoolique et un malade. Le criminel n’est plus un hors-la-loi méprisé par la société : il est un psychopathe qui a besoin de traitement. Le délinquant juvénile n’est plus vu comme un incorrigible : c’est un enfant malheureux, victime de circonstances adverses.
Bien sûr qu’il y a une part de vérité dans tout cela. Mais, finalement, on en arrive à ne plus oser blâmer qui que ce soit pour ses péchés. Avec nos théories sur la dignité de l’homme, nous avons poussé tout le monde à la révolte. Nous n’avons plus condamné personne et nous fournissons une excuse pour chaque infraction à la loi. Ainsi, puisque tout criminel, ivrogne, délinquant et offenseur de la loi morale de Dieu est trouvé « non coupable » au tribunal de l’opinion publique, il n’y a donc plus besoin de repentance.
Cependant, ou bien c’est la Bible qui se trompe, ou bien c’est nous. Quand nous regardons les fruits de cette génération non repentante, je suis convaincu que nous avons besoin d’entendre sonner les trompettes de la repentance biblique.
Qu’est-ce que la repentance ? Il peut être intéressant tout d’abord de voir ce qu’elle n’est pas.
La repentance n’est pas la pénitence. La pénitence est une souffrance volontaire, une punition pour le péché ; mais elle n’amène pas nécessairement un changement de la personnalité ou de la conduite. L’Hindou qui se couche sur un lit de clous ou qui se jette la tête la première sur le sol fait pénitence, mais son acte ne signifie pas que sa culpabilité a été enlevée. J’ai vu des pèlerins qui avançaient sur les genoux pendant plusieurs kilomètres pour se rendre à un temple. Certains d’entre eux avaient des morceaux de cactus attachés autour des genoux pour augmenter leurs souffrances. Voilà une pénitence, mais ce n’est pas à cela que la Bible fait allusion quand elle parle de repentance.
La repentance n’est pas le remords. Judas a eu des remords d’avoir trahi le Fils de Dieu, mais ce remords est négatif, il mène au gibet plutôt qu’à Dieu.
Bien des gens inondent leur oreiller de larmes à cause de leur incapacité à surmonter le mal qu’il y a dans leur vie : mais le remords en lui-même n’a aucune vertu rédemptrice. Il dit au pécheur qu’il est dans le faux chemin, mais il n’offre aucun remède.
La repentance n’est pas non plus de l’auto-condamnation. Il est Possible que vous vous haïssiez à cause de votre état de péché, mais la condamnation de soi-même ouvre seulement plus largement les blessures de la culpabilité et du désespoir.
C’est notre péché que nous devrions haïr et non notre personne. Détestez vos mauvaises manières d’agir, vos pensées vaines, vos passions coupables, vos mensonges, votre cupidité, votre convoitise, mais ne vous haïssez pas vous-même. La haine de soi-même mène à l’autodestruction, et il est faux de détruire ce qui a été créé à l’image de Dieu. La repentance n’est donc pas la condamnation de soi-même.
Alors, qu’est-ce que la repentance ? Un dictionnaire dit que c’est un vif regret d’avoir fait ou de n’avoir pas fait une chose.
La repentance n’est pas une faiblesse, mais une puissance et une action. Elle n’est pas une émotion poussant à un effacement de soi, mais à une ferme résolution. C’est un acte qui brise les chaînes des pécheurs captifs et qui fait chanter le ciel.
La Bible dit : « Il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se détourne de ses péchés que pour quatre-vingt-dix-neuf personnes respectables qui n’ont pas besoin de changer de vie. » (Luc 15.7.)
Dans la vraie repentance, nous trouvons trois éléments :
Premièrement, une conviction de péché. Vous devez savoir ce qui est bon avant de savoir ce qui est mauvais. Si vous vous engagez sur une fausse route, vous ne le saurez que quand vous prendrez conscience que la bonne route existe ailleurs. Tout d’abord vous ne reconnaîtrez plus le paysage ni les signalisations connues, et soudain vous serez convaincu que vous vous êtes perdu. Vous ne faites pas demi-tour avant d’avoir la conviction de vous être trompé.
La conviction spirituelle est identique. C’est un panneau de signalisation qui annonce : « Arrêtez ! regardez ! écoutez ! danger ! » L’Esprit de Dieu, votre conscience et votre bon sens s’unissent pour vous avertir : « Vous êtes sur la mauvaise voie, changez de direction ! » Si vous avez cette conviction, soyez-en reconnaissant. Dieu agite un drapeau rouge, comme un gardien qui indiquerait qu’un pont est coupé et Il vous montre la bonne voie.
Tous les hommes ne sont pas capables, en fait, de vivre l’expérience d’une conviction donnée par Dieu. Certains ont une âme si endurcie qu’ils ne peuvent pas percevoir la voix de l’Esprit de Dieu. Prenez l’exemple du criminel endurci qui, lors de son arrestation, réagit en posant cette question étonnante : « Qu’ai-je donc fait ? » A force d’être pratiqué, le mal est devenu bien pour lui, le noir, blanc, le faux, juste. Il est incapable de repentance parce qu’il a perdu la possibilité de discerner le bien du mal.
La conviction de péché n’est cependant pas encore la repentance bien qu’elle en soit une partie : elle vous avertit du danger et s’installe en vous. De même que vous pouvez entendre votre réveille-matin sonner sans pour autant vous lever, de même vous pouvez être convaincu de vos péchés par le Saint-Esprit sans répondre à son appel.
La conviction de péché est donc un élément essentiel dans la repentance. Avant de pouvoir venir à la Croix de Christ et de se faire pardonner ses péchés, l’homme doit être convaincu qu’il est pécheur et cette conviction est provoquée par le Saint-Esprit.
Si vous vous sentez mal à l’aise dans vos péchés, le Saint-Esprit vous parle, remerciez-en Dieu parce que c’est là le premier pas dans la direction du Royaume de Dieu. Aucun être humain ne peut entrer dans le Royaume de Dieu s’il ne s’est pas repenti de ses péchés, et aucun homme ne peut se repentir à moins d’avoir été convaincu de péché par le Saint-Esprit.
Le second élément que nous trouvons dans la repentance, c’est la contrition. La Bible dit : « L’Eternel est près de ceux qui ont le cœur brisé, et il sauve ceux qui ont l’esprit dans l’abattement. » (Psaumes 34.19) La contrition est une prise de conscience du contraste qu’il y a entre la sainteté de Dieu et notre état d’impureté. Quand Esaïe se tint en présence du Dieu saint, il s’écria dans un élan de profonde contrition : « Je suis un homme dont les lèvres sont impures et mes yeux ont vu le Roi, l’Eternel des armées. » (Esaïe 6.5.)
La contrition ou « la tristesse » que Dieu utilise comme elle est appelée dans 2 Corinthiens 7.10 n’est pas un sentiment superficiel ni une émotion vide. C’est un regret sincère d’avoir péché et un désir sérieux de marcher dans un nouveau sentier de justice.
Dieu a fait une promesse spéciale à ceux qui témoignent d’une contrition véritable. La Bible dit : « Car ainsi parle le Très-Haut, dont la demeure est éternelle et dont le nom est saint. J’habite dans les lieux élevés et dans la sainteté, mais je suis avec l’homme contrit et humilié, afin de ranimer les cœurs contrits. » (Esaïe 57.15.)
La contrition est le second pas important dans l’acte merveilleux de la repentance. Quand nous nous tenons devant la Croix du Calvaire et que nous voyons ce que nos péchés ont coûté à Dieu, nos cœurs devraient se briser et être contrits et nous devrions nous écrier comme Thomas : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » (Jean 20.28.)
Après avoir renié son Seigneur, Pierre, cet homme rude qui avait de très bonnes intentions mais qui se trompait si souvent « sortit et pleura amèrement. » (Matthieu 26.75.) Jamais il ne fut davantage digne d’amour ni plus admirable que lorsqu’il se tint ainsi seul, loin de la foule, et que son grand corps fut secoué par des pleurs de contrition. Dans son cœur il y avait une noble résolution de vivre pour Celui qui allait mourir pour lui. Etre brisé et ressentir une sainte tristesse devant son péché, voilà le second pas vers la vraie repentance.
Avez-vous été brisé par le poids de vos péchés ? Les regrettez-vous ? Y a-t-il une vraie contrition en vous ? C’est le second pas de la repentance, et la Bible dit que nous devons tous nous repentir si nous voulons la vie éternelle.
Troisièmement : la repentance comporte l’idée de changement dans votre esprit, dans votre attitude et dans votre manière d’agir. La Bible déclare : « La tristesse que Dieu utilise produit un changement de vie qui conduit au salut. » (2 Corinthiens 7.10.) Si nous nous repentons vraiment, notre volonté entre en action et nous changeons de direction. Nous sommes prêts à accepter la vie éternelle que Dieu nous offre. En d’autres termes, la repentance produite avec l’aide de Dieu est le chemin que nous avons à parcourir pour recevoir la régénération et le salut que Dieu nous donne en Jésus-Christ.
Dieu a donné le Seigneur Jésus-Christ. Il est mort sur la Croix et a versé son sang pour nos péchés. Dieu l’a ressuscité des morts. C’est ce qui fait le fondement de notre salut. Le Saint-Esprit œuvre dans nos âmes mortes. C’est la première intervention de Dieu pour nous convaincre de péché. C’est Dieu qui doit encore nous aider à nous repentir, mais nous, nous devons y consentir. Nous devons être contrits de nos péchés, et accepter et décider de changer notre manière de vivre. C’est le mouvement de notre volonté par lequel nous disons à Dieu : « J’accepte de me repentir, si Tu m’y aides. »
Votre intelligence dit : « J’accepte Christ. » Vos émotions disent : « J’aime Christ » et votre volonté dit : « Je veux suivre Christ. » Dans la vraie repentance, toutes nos forces sont dirigées et canalisées par Christ. Ce n’est pas simplement donner son assentiment mental, ce n’est pas seulement une éclosion d’émotions, et ce n’est pas non plus un acte de volonté uniquement. Se repentir vraiment, c’est mettre tout son être — esprit, cœur et volonté — sous le contrôle de Christ.
Si vous ne vous êtes pas détourné de vos mauvaises manières d’agir, s’il n’y a pas eu un changement notoire dans votre attitude, vous ne vous êtes jamais vraiment repenti, car la repentance provoque un changement.
La Bible est un livre rempli de panneaux d’indication. Voici ce qu’elle dit : « Détournez-vous de vos idoles. » (Ezéchiel 14.6.) « Que les hommes reviennent tous de leur mauvaise voie. » (Jonas 3.8) « Tournez-vous pour écouter mes réprimandes ! » (Proverbes 1.23.) « Pourvu qu’ils (les hommes) ne retombent pas dans la folie » (Psaumes 85.9.) « Reviens à ton Dieu. » (Osée 12.7.) Ce sont là des invitations à la repentance. Dans l’Ancien Testament, le mot « tourner » contient la notion de repentance.
Vous êtes-vous repenti ? Avez-vous changé ? Votre vie est-elle différente de ce qu’elle était auparavant ? Les commandements de Dieu qui appellent à la repentance ne sont pas un caprice de sa part. Ce n’est pas qu’Il désire voir des hommes ramper devant Lui, dans la soumission, mais c’est le bien et le bonheur de l’homme qu’il a en vue quand Il lui lance son appel impératif à la repentance. « Car la tristesse que Dieu utilise produit un changement de vie qui conduit au salut. » (2 Corinthiens 7.10.)
La repentance est un pas nécessaire sur le chemin du salut.
C’est un cœur repentant que Dieu peut utiliser. Pierre se repentit et devint un roc solide dans la structure de l’église. David se repentit et sa joie éclata dans la musique des psaumes. Jonas se convertit et une grande ville entendit l’Evangile et se tourna en masse vers Dieu. Jacob se repentit et Dieu fit de lui l’ancêtre du Messie, le Seigneur du monde. Paul se repentit et Dieu l’utilisa pour apporter la lumière de l’Evangile au monde païen.
J’ai vu des centaines et des milliers de vies changées par la puissance de Christ. Quand les hommes et les femmes montrent une sincère repentance et une foi confiante, leur vie, leur famille, leurs affaires — tout est changé. Le cœur pénitent hait le péché, le confesse puis l’abandonne.
La repentance accomplie avec l’aide de Dieu est votre part. Quand vous faites ce pas, montrant par là votre volonté de vous repentir, Dieu agit. La Bible dit : « Changez donc de vie et tournez-vous vers Dieu, pour qu’il efface vos péchés. » (Actes 3.19.) Quand vous vous repentez sincèrement, Dieu vous convertit et efface vos péchés.
Si jamais le monde a eu besoin d’un réveil, c’est bien maintenant ! La destinée des nations et des individus a été transformée quand des hommes ont osé se repentir de leurs péchés et se sont tournés vers Jésus-Christ par la foi. Le péché a détruit des dizaines de civilisations et il menace de détruire la nôtre maintenant.
Il y a un espoir, mais c’est en Dieu seul qu’il se trouve. Le pardon existe, mais il ne peut être obtenu qu’au pied de la Croix où Christ est mort pour nos péchés. « Changez donc de vie et tournez-vous vers Dieu, pour qu’il efface vos péchés. Alors le Seigneur pourra faire venir des temps de repos et vous envoyer Celui qu’il avait Choisi d’avance pour vous, c’est-à-dire Jésus. » Voilà la promesse d’Actes 3.19.
La repentance et la foi vont de pair. Vous ne pouvez connaître une repentance qui produise le salut sans qu’elle soit accompagnée de la foi au Seigneur Jésus-Christ le Sauveur. Vous devez recevoir Christ par la foi.
Vous êtes-vous repenti de votre péché et avez-vous reçu par la foi le Seigneur Jésus-Christ ? Sinon, vous pouvez le faire aujourd’hui. Votre vie peut être transformée, vos péchés pardonnés. Vous pouvez vivre une vie nouvelle et avoir l’assurance que si vous mourez maintenant, vous irez au ciel. Voulez-vous vous repentir maintenant ?