Quand la sonde Viking se posa sur Mars, tout le monde s’émerveilla : « Est-ce possible ! » On avait percé le secret de la mystérieuse planète rouge. Le rêve qui avait hanté de nombreuses générations d’hommes était réalisé, grâce à un robot ingénieux conçu par l’effort du cerveau de centaines de savants et au prix de milliards de dollars.
L’homme d’aujourd’hui veut explorer les grands mystères de l’univers, prédire les bizarreries de la nature, prévoir les tendances futures sociales ou politiques.
Dans le monde des affaires, les hommes cherchent à développer leur efficacité. On affiche dans les bureaux des recommandations telles que « Planifiez votre travail et travaillez vos plans » ou « Prévoyez ». A grands frais, on s’assure le concours d’experts capables d’améliorer la planification. L’économie, la politique et les affaires se modifient à un tel rythme qu’on peut assister en quelques jours à la transformation de l’orientation de tout un pays. Des sociétés ont appelé « Pensez usines » un projet prévoyant avec dix ans d’avance les usines nécessaires à la situation future de leur industrie.
Dans notre vie quotidienne, nous avons un agenda sur lequel nous notons soigneusement nos rendez-vous et le programme de nos journées. Si nous ne faisions pas de plans, nos enfants n’iraient pas chez le dentiste, notre vie sociale et politique serait impossible. Nous tentons sans cesse de simplifier notre vie pour qu’elle s’écoule plus facilement.
Mais que faisons-nous des grands problèmes de la vie et de la mort ? Dressons-nous des plans ? Pour permettre à notre vie d’être plus ordonnée, devons-nous chercher la réponse aux questions fondamentales dans le domaine moral et spirituel ? L’homme l’a toujours cru : la preuve en est nos philosophes, nos psychologues et nos théologiens. Pourtant, aujourd’hui, la plupart de ceux qui recherchent la science et l’épanouissement de l’homme dédaignent Dieu !
J’ai connu un jeune et brillant juriste qui ne semblait avoir aucun besoin de Dieu pendant le temps de ses études. Plus tard, il écrivit la biographie d’un homme célèbre. Pendant qu’il y travaillait, nous eûmes l’occasion de parler ensemble. Au cours de ces entretiens, je compris qu’il cherchait à résoudre un problème spirituel. Il le faisait en essayant de découvrir dans la vie de son héros l’épanouissement spirituel dont il avait lui-même besoin. Son héros croyait en Dieu et avait accepté le Christ dans son cœur, tout en ayant parfois des moments de doute.
Ce jeune homme, après avoir cherché longtemps, a enfin trouvé : il s’intéresse maintenant aux choses spirituelles. Au début de nos conversations, je le prenais pour un agnostique, uniquement intéressé par les problèmes juridiques. Je pense maintenant qu’il avait soif de Dieu sans le savoir pendant toutes ses années de formation.
On nous enseigne l’indépendance : nous sommes responsable de nous-même. Il nous arrive, en voyant quelqu’un, de dire : « En voilà un qui s’est fait lui-même ! » Nous le respectons et l’admirons : « Il s’est hissé en se tirant par les lacets de ses chaussures. »
Une de nos émissions télévisées a pour titre : « Dis, maman, laisse-moi faire ça tout seul. »
Et pourtant, en nous-même, nous ressentons profondément une frustration : « Je devrais être meilleur — je suis fait pour une vie plus vaste que celle-ci. Pourquoi ce vide ? »
De tels sentiments, souvent inconscients, nous poussent à lutter pour atteindre un but inconnu. Nous cherchons peut-être à nous évader de cette situation en fuyant vers un monde imaginaire ou en régressant vers des niveaux de vie inférieurs. Nous pouvons aussi hausser les épaules, avec dégoût, en nous disant : « À quoi cela sert-il ? Il me suffit de gagner ma vie, sans me faire de bile. » Mais une pression intérieure, profonde, nous pousse invariablement à reprendre la lutte.
C’est sans doute pour cela que les Américains ont été fascinés par le livre Roots1, écrit par Alex Haley après dix ans de recherches pour découvrir son identité. Mon ami Rod McKuen s’est senti déraciné et le cœur étrangement vide quand il s’est mis à la recherche de son vrai père. Le plus vieux livre de l’humanité est sans doute celui de Job, et ce patriarche un jour s’écria : « Oh ! si je savais où le trouver ! » (Job 23.3).
1 Racines : livre écrit par un Noir américain qui a réussi à retrouver sa généalogie jusqu’à son ancêtre esclave arraché à l’Afrique. (N.d.T.) Éditions Alta.
Cette recherche transcende la race, l’âge, la situation sociale, le sexe et l’instruction. Ou bien l’homme est parti de nulle part et cherche un lieu où aller, ou bien il vient d’un endroit précis et a perdu son chemin. En tout cas, il cherche. Aucun d’entre nous ne trouvera totale satisfaction tant qu’il n’aura pas découvert que ses racines se trouvent dans l’Eternité.
Un homme de science très connu, professeur d’une université de l’Est des Etats-Unis, a demandé à me voir. Un peu surpris, je l’ai rencontré dans une pièce tranquille de la Maison des Etudiants. Tout à coup, cet homme brillant, admiré par beaucoup et respecté comme un des meilleurs experts en son domaine, s’effondra devant moi. Quand il redevint maître de lui, il me dit : « Je suis sur le point de me supprimer… Mon foyer est un échec, je suis alcoolique en secret, mes enfants me méprisent, je n’ai jamais eu de principe directeur dans ma vie en dehors de mon ambition d’être un expert en physique. Je comprends maintenant que je ne connais pas les vraies valeurs — je vous ai vu à la télévision et je ne comprends pas grand-chose à ce que vous voulez communiquer, mais je crois que vous savez quel est le vrai sens de la vie. »
Il hésita, puis il me dit ce qui, j’en suis certain, fut très difficile à dire : « Je vous demande de m’aider. » C’était un cri de désespoir.
Dans chaque culture, chaque pays, chez tous les hommes, depuis les illettrés jusqu’aux lauréats du prix Nobel, nous constatons le même phénomène séculaire, le mystère de l’anthropos : « celui qui regarde vers le haut », de cet homme en recherche, qui veut découvrir la signification profonde et souvent cachée de la vie.
Des gens sont venus me trouver dans des hôtels, des aéroports, des avions, à travers le monde, pour me poser des questions sérieuses concernant leur famille détruite, leur santé délabrée ou leur ruine financière. Le plus souvent, ils laissent apercevoir un cœur vide. Je me souviens d’un compagnon de voyage, à bord d’un avion, qui me raconta sa vie. Un tissu de rêves évanouis, d’espoirs déçus, de vide. Avant de me quitter, il dit « oui » au Christ.
Un immense soulagement éclaira son visage, et il murmura : « Merci ! »
Après l’arrivée, je le vis embrasser sa femme et lui parler avec une grande volubilité. Je n’ai pas entendu leur conversation, mais la lumière qui brillait sur son visage me fait penser qu’il lui racontait comment il venait de rencontrer le Christ. Je m’imagine la surprise de cette femme en voyant la métamorphose de son mari qui m’avait confessé combien ses infidélités et ses colères avaient conduit son foyer vers le naufrage. Je ne sais pas si ce couple fut réconcilié, car je n’ai jamais eu de ses nouvelles, mais je sais que dans cet avion un nouveau départ fut pris.
Une des vedettes les plus connues du spectacle me pria de venir la rejoindre dans sa loge après une représentation à laquelle j’avais moi-même participé. Cet artiste me fit entrer et me dit : « Je fais rire les spectateurs., mais je souffre l’enfer à l’intérieur — j’ai été marié deux fois, chaque fois ce fut l’échec. Je pense que ce fut ma faute, et je ne veux pas tenter une troisième expérience si je n’ai pas d’abord une sorte de plénitude intérieure dont je n’ai pas le secret. »
Il s’arrêta pour me fixer : « Pensez-vous qu’il s’agit en réalité de ce que vous appelez Dieu. ? »
Sa fortune et ses succès n’avaient pas satisfait les besoins de son cœur.
Tom Phillips fut appelé à jouer un rôle considérable dans la vie de Charles Colson, ce collaborateur de Nixon dont on a beaucoup parlé au cours de l’affaire du Watergate. Dans son livre Born again, Colson répète ces paroles de Phillips :
« Ce n’est pas facile à comprendre, mais rien ne comptait plus. Tout paraissait superficiel. Toutes les choses de la vie sont sans importance si l’on ne découvre pas ce qui se cache en dessous…
» Un soir que j’étais à New York pour mes affaires, je vis que Billy Graham faisait une croisade au Madison Square Garden. J’y suis allé par curiosité, croyant peut-être avoir des réponses à certains de mes problèmes. Ce que dit Graham ce soir-là remit tout en place. J’ai vu ce qui me manquait : une relation personnelle avec Jésus-Christ — je n’avais jamais pensé à orienter ma vie vers lui et à lui demander de me prendre en charge. Cet acte, je l’ai fait, ce soir même, à la fin de la réunion1. »
2 Charles Colson : Born again (Old Tappan, N.J., 1976), p. 110.
Un homme, ce soir-là, fut conduit à examiner sa vie.
Un jour, dans un autre pays, je fus invité à dîner par un homme ayant tout ce que le monde peut donner. En fait, il me précisa qu’il était capable d’acheter tout ce qu’il pouvait désirer. Il avait beaucoup voyagé pour ses affaires et semblait changer en or ce qu’il touchait. Il était un véritable potentat et pourtant il me dit : « Je suis un vieil homme malheureux, condamné à mort. Si l’enfer existe, j’y vais tout droit. »
Je voyais, à travers les magnifiques fenêtres de son vieux palais, la neige tomber silencieusement sur ses pelouses manucurées et je me mis à penser à tous les autres qui, comme lui, m’avaient fait des aveux semblables en me parlant de leur impression de vide — sans Dieu, ces gens ont tout pour vivre, mais ne vivent pour rien. Puis mon attention revint à mon interlocuteur et j’entendis ces paroles : « Je vous ai demandé de venir pour vous entendre lire la Bible et me parler de Dieu. Est-ce trop tard ? Mes parents croyaient en Dieu et ont souvent prié pour moi. »
Le texte de Matthieu 4.4 surgit en ma mémoire : « L’homme ne vivra pas de pain seulement. » Et Luc 12.15 ajoute : « La vie d’un homme ne dépend pas de ses biens, fût-il dans l’abondance. »
Chaque jour nous entendons parler de gens riches, célèbres, pleins de talent qui sont déçus. Beaucoup d’entre eux se tournent vers l’occultisme, la méditation transcendantale ou les religions de l’Extrême-Orient. D’autres se tournent vers le crime. Les questions supposées résolues demeurent sans réponse : Qu’est-ce que l’homme ? D’où vient-il ? Pourquoi se trouve-t-il sur cette planète ? Où va-t-il ? Dieu existe-t-il ? Et, s’il existe, s’est-il révélé à l’homme ?
Les hommes et les femmes qui font partie de l’intelligentsia désirent comme les autres comprendre le sens de leur vie, et « s’accomplir », mais beaucoup sont freinés par leur orgueil. Ils veulent se sauver par leurs propres moyens, car leur orgueil les pousse à penser qu’ils peuvent se passer de Dieu.
L’écrivain anglais célèbre et philosophe Bertrand Russell a publié de nombreux ouvrages d’éthique, de morale, de sociologie, pour prouver ce qu’il appelait les erreurs de la Bible. A propos de l’orgueil intellectuel, il écrivit : « Tout homme veut être Dieu, si c’est possible ; quelques-uns trouvent difficile d’admettre que c’est impossible 3. »
3 Bertrand Russell : Power : A New Social Analysis (New York, 1936), p. 11.
Dès le commencement du temps, l’homme a dit, comme le roi de Babylone : « Je serai semblable au Très-Haut » (Esaïe 14.14).
La recherche continue. Le cœur a soif de plénitude et la plupart des intellectuels en arrivent au point où leur communauté scientifique, leur activité sociale ou politique ne les satisfont plus.
Un brillant analyste de la situation sociale actuelle écrit : « L’homme, être humain, cherche désespérément à s’évader de la logique de sa situation et part à la recherche de son identité, de son humanité, de sa liberté, même s’il ne peut y arriver que par un total irrationalisme ou un mysticisme sans fondation4. »
4 2. H.R. Rookmaker : Modern Art and the Death of a Culture (Londres, 1970), p. 196.
Nous voyons les fruits de cette recherche de son identité véritable dans les expériences mystiques, les sectes nouvelles et la « Nouvelle Conscience ». « L’homme veut faire l’expérience de Dieu — le mot clé n’est pas foi ou connaissance, mais expérience5. »
5 Rookmaker, op. cit., p. 202.
Quand ce besoin d’expérience grandit, on accepte les fausses philosophies et les faux dieux. Un intellectuel européen a écrit : « Depuis des siècles on cherche à atteindre l’idéal que les Grecs appelaient Ataraxia, le calme absolu, l’épanouissement intérieur, au-delà de l’agitation, des frustrations et des tensions de la vie quotidienne. Beaucoup ont voulu l’atteindre par la philosophie ou la religion, mais on a toujours tenté de découvrir des raccourcis parallèles6. »
6 O.S. Guinness : Dust of Death (Downers Grove, Ill., 1973), p. 233.
Un savant américain a dit : « Tandis que l’homme cherche avec toujours plus d’insistance de nouvelles expériences, de nouvelles idoles, de nouveaux espoirs, on voit augmenter le désir de trouver une autre route pour aborder l’avenir qui paraît sombre7. »
7 Hal Lindsey : The Terminal Generation (Old Tappan, 1976), p. 83.
Les hommes ont désespérément besoin de paix, mais la paix de Dieu n’est pas l’absence de toute tension, c’est une paix qui subsiste au milieu des tensions et des tempêtes.
En Inde, à Calcutta, j’ai voulu voir cette femme exceptionnelle que le monde connaît sous le nom de mère Thérésa. Je suis arrivé chez elle au début de la soirée. Les sœurs ne voulaient pas déranger mère Thérésa, car trois malades étaient morts dans ses bras ce jour-là et elle venait de se retirer dans sa chambre pour y prendre un peu de repos. Pourtant la personne qui m’avait amené envoya un billet à mère Thérésa, qui arriva au bout de quelques minutes. Immédiatement, cette sainte femme me fit l’impression de posséder la paix au milieu de la tempête. C’est une paix qui surpasse toute connaissance et toute méconnaissance aussi.
Nous avons terriblement besoin de cette paix-là au moment où le monde est déchiré par ses tensions internes. Les journaux nous distillent cet aspect négatif de notre monde sans espoir. Les maladies dont nous souffrons sont le terrorisme, la violence, les bombes, le suicide, le divorce, le pessimisme généralisé — leur cause est notre refus orgueilleux de Dieu.
L’intellectuel sincère, toutefois, dont l’esprit reste ouvert, peut faire une découverte qui bouleversera son cœur. Le professeur Rookmaker a dit :
« Nous ne pouvons comprendre Dieu pleinement, ni même son œuvre — mais il ne nous demande pas de le croire les yeux fermés. Bien au contraire, Dieu nous demande de regarder autour de nous, et de constater que ce qu’il nous dit à travers son Fils, ses prophètes et ses apôtres est vrai, réel et concerne ce monde, ce cosmos qu’il a créé.
» Ainsi notre foi ne sera jamais irrationnelle — ce n’est pas le sacrifice de notre intelligence, si nous en croyons l’Histoire, telle que la Bible la conçoit8. »
8 Rookmaker, op. cit., p. 213.
Un des films récents d’épouvante se nomme Earthquake (« Tremblement de terre »). Quand le séisme a lieu, deux héros du film se réfugient dans une solide carrosserie de voiture au milieu des murs qui s’effondrent et de la nature en furie. En cet instant, ils ne cherchent pas à savoir la raison du cataclysme et ils n’échafaudent pas de projets d’avenir : ils ont besoin d’être à l’abri.
Celui qui se trouve réduit à la dernière extrémité a besoin d’un secours immédiat. Peu importent les voies et les moyens, ce qui compte, c’est le salut.
Quand il s’agit de catastrophes internes, certains intellectuels désirent tout connaître de la nature et de l’origine du secours qui leur est porté. Ils se sont constitué un système cohérent de croyances qui se suffisent à elles-mêmes. D’autres acceptent à l’aveuglette les contrefaçons si elles sont présentées au moyen de conceptions et de vocabulaires conformes à des modèles dont le refus serait preuve d’ignorance. Ils auraient du mal à confesser : « Je n’y comprends rien, cela me paraît faux. »
Pourtant nombreux sont les chercheurs intellectuels qui ont ouvert leur esprit et leur cœur à l’Evangile et ont trouvé une vie nouvelle.
Une jeune hindoue qui poursuivait des études de médecine nucléaire à l’Université vint à une de mes réunions. A la fin de la rencontre, elle a accepté Jésus-Christ comme son sauveur et passa par la nouvelle naissance.
Un chirurgien brillant m’entendit affirmer un jour que si notre salut éternel dépendait de nos bonnes actions je n’irais jamais au paradis. Or il avait consacré sa vie au service de l’humanité. Il comprit alors que ses années d’étude, ses nuits de veille au chevet de ses patients, son amour pour sa profession, son dévouement ne lui donnaient pas le droit d’aller chez Dieu. Ce médecin qui avait assisté à tant de naissances apprit qu’on peut naître une seconde fois.
Bien des gens s’imaginent que le Christ ne s’adresse qu’aux enfants ou aux débauchés. Une des plus importantes rencontres que Jésus fit pendant son ministère fut son entretien avec un intellectuel. Cet homme, nommé Nicodème, avait construit un système rigide philosophique et religieux au centre duquel se trouvait Dieu. Pourtant ce système excellent avait été structuré sans tenir compte de la nouvelle naissance, possible seulement en Jésus-Christ !
Que pouvait dire Jésus, le charpentier du village de Nazareth, à ce savant docteur juif ? Il lui dit en quelque sorte : « Nicodème, je suis désolé de ne pas pouvoir te dire le “comment” des choses. Tu as constaté un fait que tu ne peux intégrer à ton système. Tu admets que je suis plus qu’un homme ordinaire, car j’agis avec la puissance de Dieu. Tu n’y comprends rien, et je ne puis rien t’expliquer parce que ton système ne me donne au- cun point de départ. Nicodème, cela n’est pas logique à tes yeux. Cela n’a pas de sens dans tes conceptions. Avant de naître spirituellement, tu ne peux avoir de perspective spirituelle. Il te faut naître de nouveau. »
Nicodème en fut stupéfait : « Comment un homme déjà vieux pourrait-il naître une seconde fois ? Pourrait-il retourner dans le sein de sa mère pour naître encore une fois ? » (Jean 3.4).
C’est la question que se pose l’intellectuel : « Comment peut-on naître de nouveau ? »
S’il veut trouver la réponse, il doit abandonner presque la totalité de sa façon de penser pour se plonger dans le nouveau système. Il découvrira que ce qu’il jugeait impossible devient possible.
« C’est pour cela que seule une foi “impossible” — avec un Dieu vivant, s’incarnant de façon terrestre et historique, et un salut dont le but est contraire à la nature humaine et une résurrection faisant éclater la finalité de la mort — peut fournir une alternative à l’arbitrage universel de la mort définitive, en ouvrant la porte à la vie nouvelle par une nouvelle naissance9. »
9 Guinness, op. cit., p. 392.
Près de chez moi, dans les montagnes, un petit avion s’est perdu avec quatre personnes à bord. En même temps, une adolescente de quinze ans s’égara à peu près au même endroit, dans le massif des monts Great Smoky. La population de la région en fut bouleversée, car les quatre passagers furent tués et la jeune fille ne fut jamais retrouvée.
Ma femme parla un jour de ces faits divers à un de nos amis. Ce dernier lui raconta alors une histoire qui lui était arrivée. Né et élevé dans ces montagnes, il était certain de ne jamais s’y perdre, car il y avait joué et chassé dans tous les coins. Un jour, pourtant, il se trouva empêtré dans des buissons épais, au milieu de grands rochers, si bien qu’il ne savait plus où il était. Il s’efforça de retrouver son chemin et finalement eut la chance de tomber sur un vieil homme vivant dans un chalet. Il dit à ma femme : « Jamais je n’oublierai le conseil de ce vieux montagnard : “Mon garçon, si tu es perdu en montagne, ne descends jamais : il faut toujours grimper vers le haut. Au sommet, tu y vois clair et tu peux retrouver la bonne direction.” »
Dans la vie, nous pouvons être en perdition. Deux solutions s’offrent à nous : descendre — et c’est la dépression, le vide, la confusion, la drogue — ou monter toujours plus haut. De notre choix dépendra la suite des événements et si nous trouvons notre identité ou non.
Dans cette époque de recherche, la plus importante est celle qui nous concerne en face de la vie et de Dieu. Cette recherche ne nous conduira dans la seule direction bonne que si nous prenons le bon chemin : celui de la nouvelle naissance.