Le titre de ce livre en a sans doute choqué plus d’un ; on était habitué à « être baptisé ». « Se faire baptiser » implique une démarche personnelle, un acte de volonté. Comment un petit enfant pourrait-il « se faire baptiser » ? N’y a-t-il pas, dans cette formulation, une torsion de la pensée biblique pour la faire appuyer la thèse du baptême des croyants ?
La réalité semble plutôt militer en sens inverse. En effet, la forme du verbe grec qui se rapporte au baptême dans le Nouveau Testament implique une démarche personnelle de la part de celui qui veut recevoir le baptême. Il semble donc plutôt que les versions qui ont conservé la forme passive (« que chacun soit baptisé. ils furent baptisés ») se soient laissées influencer par la pratique du baptême des nourrissons auxquels la formulation active ne pouvait évidemment pas s’appliquer. Heureusement, il y a suffisamment de versions ayant autorité qui ont rétabli la formulation correcte du grec pour nous attester que tel était bien le sens que les auteurs inspirés voulaient conférer à cette expression.2
2 Le jour de la Pentecôte, Pierre demandait à ses auditeurs : « … que chacun de vous se fasse baptiser ». C’est ainsi que le traduisent la Bible en français courant, Votre Bible (F, Amyot), la Bible de Jérusalem, la Bible du Centenaire (Goguel-Monnier), la Bible du Semeur. La Bible de La Pléiade (J. Grosjean) traduit encore plus littéralement : « faites-vous chacun immerger ». Dans Ac 8.12, l’accord sur cette forme est encore plus général : «quand ils eurent cru, ils se firent (se faisaient) baptiser (immerger), hommes et femmes&nsnp;» (BFC, Colombe, Osty, Pléiade, F. Amiot, Jérusalem, Goguel-Monnier, Lausanne, Semeur).
1. Parce que cela répond à une volonté expresse de Jésus-Christ. Dans les dernières instructions que Jésus a laissées à ses apôtres, le baptême est l’un des trois commandements donnés pour tous les temps, jusqu’à son Retour :
2. Toutes les Eglises chrétiennes ont pratiqué et pratiquent encore le baptême (sous une forme ou une autre). En me faisant baptiser, je m’insère donc dans la longue tradition historique des disciples du Christ. En refusant le baptême, je me place en dehors de cette lignée.
3. Toutes les Eglises font du baptême l’entrée dans l’Eglise. L’Eglise a été instituée par Jésus-Christ (Mt 16.18 ; 18.17). Refuser de faire partie de l’Eglise, c’est se considérer comme un franc-tireur. En faire partie sans être baptisé, c’est un peu comme vivre dans un pays sans papiers en règle.
Cependant, tout au long de l’histoire de l’Eglise, des disciples de Jésus-Christ qui voulaient rester fidèles à la volonté de leur Maître ont continué à baptiser les croyants comme le Seigneur l’avait ordonné et comme les apôtres et les chrétiens des premiers siècles l’ont pratiqué.
La cérémonie appelée « baptême des enfants » correspond à la « présentation » ou « bénédiction des enfants » pratiquée dans beaucoup d’Eglises évangéliques : les parents présentent leur enfant à Dieu pour qu’il le bénisse et l’accepte dans son « alliance de grâce », ils le présentent à l’Eglise en témoignage de reconnaissance envers Dieu qui le leur a confié, ils demandent à leurs frères et sœurs d’intercéder en sa faveur et s’engagent à l’élever selon les principes que Dieu nous a transmis dans sa Parole. Certaines Eglises laissent à leurs membres le choix entre les deux cérémonies. Si, dans une telle Eglise, deux couples se présentaient avec leur enfant, l’un pour le « présenter », l’autre pour le faire « baptiser », ce sont bien (dans le meilleur des cas) ces pensées qui seraient dans l’esprit des parents, de l’officiant et des assistants. Rares sont, en effet, ceux qui croient encore que ce rite a, par sa vertu propre, le pouvoir d’opérer en l’enfant la transformation spirituelle dont parlait Jésus à Nicodème (Jn 3) et qu’il appelait une « nouvelle naissance ». L’avenir montrera d’ailleurs qu’il n’y a aucune différence entre des enfants « baptisés » et des enfants « présentés » ni sous le rapport de la réceptivité à l’Evangile, ni sous celui de la résistance aux tentations ou de l’obéissance aux principes évangéliques.
Alors quelle différence entre les deux cérémonies ? Une simple différence de noms. Or, le mot baptême est ce qu’on nommerait ailleurs une « appellation contrôlée ». Car ce terme a d’abord été employé par Jean-Baptiste, par Jésus et les premiers chrétiens, et ils lui ont donné un sens que nous pouvons vérifier dans la Bible. Si la signification de la cérémonie que vous avez subie dans votre petite enfance correspondait à celle du baptême dans le Nouveau Testament, alors on pourrait de bon droit, lui appliquer le nom de baptême. Sinon, c’est par erreur que ce nom a été donné à ce rite et ceux qui l’ont subi ne sont donc pas baptisés selon le sens biblique de ce terme. Par conséquent, tout dépend de la signification du baptême dans le Nouveau Testament.