Ils sont nés deux fois

Dieu nous appelle

De la croix jaillit la lumière

Pandita Ramabaï

Pandita Ramabai (1858-1922), devint la mère des lépreux aux Indes. Elevée dans la religion hindoue, elle perdit père et mère à l’âge de quinze ans, au cours d’une famine. Elle gagna sa subsistance, ainsi que celle de son jeune frère, en donnant des leçons de sanscrit, langue sacrée des Indes qu’elle parlait couramment. Elle pouvait réciter en outre, par cœur, 18 000 vers de la Bhagavad-Gita, le texte sacré le plus vénéré de l’Inde. Un jour, elle trouve un évangile de Luc en bengali qui fait grande impression sur elle. Elle se met à étudier tout le Nouveau Testament et entreprend un voyage en Angleterre. Elle adopte la religion chrétienne, est baptisée à l’âge de vingt-cinq ans, mais plus tard elle confesse n’avoir eu aucune connaissance personnelle du Christ au moment de son baptême. Elle traverse l’Amérique et le Japon ; les divergences entre les nombreuses Eglises et sectes chrétiennes la troublent profondément. À son retour, elle décide de ne plus lire que la Bible seule. « J’étais parvenue aux frontières de mon être ; alors je capitulai sans conditions devant mon Sauveur. Je le priai de me faire grâce, d’être ma justification et ma sanctification et d’ôter tous mes péchés. Seul celui qui est parvenu ainsi à reconnaître ses péchés et à se voir comme Dieu le voit, peut comprendre le sentiment que j’éprouvai alors : ce fut comme si un fardeau insupportable avait été enlevé de mon cœur... Je pense à l’aveugle-né (Jn 9) qui avait erré pendant quarante ans dans les ténèbres. Il rencontra l’Unique, le Puissant, qui lui ouvrit les yeux. Qui pourrait décrire son enthousiasme lorsque soudain il découvrit la lumière, après avoir abandonné depuis longtemps tout espoir de la voir un jour ? Même l’évangéliste divinement inspiré y a renoncé. Je ne puis donner qu’une faible idée de ce que je ressentis lorsque, après avoir vécu jusque-là dans les ténèbres, je vis tout à coup une lumière resplendissante, lorsque j’acquis la certitude, quelques instants après avoir été encore consciente de me trouver dans le royaume et l’ombre de la mort, que la lumière s’était levée pour moi.

» Je regardai au Fils de Dieu, lui le Saint qui avait été élevé sur une croix et y avait subi la mort à ma place, afin que je sois délivrée de la servitude du péché et de la crainte de la mort, afin que la vie me soit donnée. Une nouvelle existence commença pour moi ».

Plus de mille jeunes filles se convertirent par son ministère. Elle put sauver des milliers de compatriotes de la famine et contribua puissamment au changement de la condition de la femme aux Indes.1

1 D’après N. Macnicol, Pandita Ramabai, Evang. Missions-Verlag, Stuttgart et H. Bruns, Pandita Ramabai, Brunnen-Verlag 1955.

chapitre précédent retour à la page d'index chapitre suivant