Espoir pour le cœur troublé

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Son amour qui ne fait jamais défaut

L’unité jointe à l’infini ne l’augmente de rien, non plus qu’un pied à une mesure infinie. Le fini s’anéantit en présence de l’infini, et devient un pur néant. Ainsi notre esprit devant Dieu.
Blaise Pascal

Quand j’étais enfant et que je vivais dans le Sud, mon idée de l’océan était très petite. La première fois que je vis l’Atlantique je ne pouvais en croire mes yeux tellement c’était grand ! L’immensité des océans ne peut être saisie que lorsqu’on la voit. Il en est ainsi de l’amour de Dieu ; on ne peut le comprendre que lorsqu’on l’expérimente soi-même. Personne ne peut vous décrire ses merveilles.

Depuis des années, ma femme Ruth tente de faire relâcher les deux derniers membres d’une famille qui vivaient encore dans la République Populaire de Chine. La jeune veuve et mère de deux enfants était en Amérique mais son fils et sa fille n’avaient pu sortir de Chine.

En 1980, Ruth et ses deux sœurs accompagnées de son frère étaient sur le point de partir pour la Chine revoir leur vieille maison, mais avant leur départ, elle fit un dernier appel au département d’état pour voir si les arrangements pour leur voyage étaient terminés. Elle fut attristée d’apprendre qu’il n’y avait pas de bonne nouvelle pour la jeune mère à propos de ses enfants. On ne leur avait pas accordé de permis pour quitter leur pays et venir en Amérique.

Ma femme s’arrêta en Californie pour aller voir cette femme et d’autres membres de sa famille qui s’étaient échappés. C’est à ce moment que la jeune veuve lui raconta cette histoire.

Il y avait autrefois en Chine un gentil vendeur de cerises. Un petit garçon s’approcha de lui, et quand il vit les fruits ses yeux se remplirent de convoitise. Il n’avait pas d’argent, mais le vendeur lui demanda : “Veux-tu des cerises ?” Bien sûr qu’il en voulait. Mais il se renfrogna timidement.

Le gentil vendeur de cerises lui dit : “Etends les mains !” Mais le petit garçon gardait ses mains le long de son corps. Le vendeur reprit : “Etends les mains !” Le petit garçon figea. L’homme se pencha et prit doucement les mains de l’enfant. Il lui mit les mains en coupe et les remplit de cerises.

Plus tard la mère du garçon lui demanda : “Pourquoi n’as-tu pas étendu les mains lorsqu’il te l’a demandé ?” Le petit garçon répondit : “Parce que ses mains étaient plus grandes que les miennes.” Puis la mère sourit. “Ses mains sont plus grandes que les nôtres,” dit-elle. “Nous pouvons attendre.”

Cette famille est maintenant réunie et vit en Californie. En effet les mains de Dieu sont plus grandes que les nôtres, et il peut les remplir jusqu’à ce qu’elles débordent.

Dieu, comment est-il ?

Certains voient Dieu comme un père fouettard, qui se prépare à punir ses enfants à la moindre désobéissance. D’autres le perçoivent comme incapable de gérer le mal sur cette terre, ou alors indifférent à la souffrance que ce mal provoque.

Ne nous a-t-il pas créés parce qu’il voulait d’autres êtres faits à son image sur qui il pourrait déverser son amour et qui pourraient l’aimer en retour ? Ne voulait-il pas de plus que notre amour pour lui soit volontaire, sans contrainte ? Aussi nous a-t-il donné notre liberté de choix, la possibilité de dire oui ou non à cette relation avec lui. Dieu ne veut pas d’un amour machinal, du genre qui dit que nous devons aimer Dieu parce que nos parents le demandent et notre église le prêche. Non, seul l’amour volontaire peut satisfaire le cœur de Dieu.

Il y a des années, un de mes amis se tenait sur le sommet d’une montagne de Caroline du Nord. Il aperçut deux voitures au loin qui se dirigeaient l’une vers l’autre sur une route sinueuse très dangereuse. Il comprit que ni l’un ni l’autre des conducteurs ne pouvait voir l’autre voiture s’approcher. Avec horreur, il vit une troisième voiture rejoindre la première et commencer à la dépasser au moment où les trois s’engageaient dans un virage très dangereux. Mon ami lança un avertissement bien qu’il sût qu’on ne pouvait l’entendre à cette distance. La collision fut fatale et nombreuses furent les victimes. L’homme au sommet de la montagne avait tout vu.

Dieu est un Dieu d’amour, et il ne ferme pas les yeux sur les circonstances difficiles que traverse l’homme. Il ne se tient pas sur sur le sommet d’une montagne à observer les catastrophes de notre vie sans nous lancer d’avertissement. Puisque l’homme a lui-même causé sa propre destruction par sa rébellion contre son Créateur, Dieu aurait pu l’abandonner à son sort.

Depuis les tout débuts de l’aventure humaine, Dieu avait un plan pour sa délivrance. Ce plan était grandiose parce qu’à la fin il élève chaque être humain qui l’accepte bien au-dessus des anges. L’amour dévorant de Dieu pour les hommes fut manifesté d’une manière décisive à la croix. Sa compassion pour les hommes habitait son Fils, Jésus-Christ. Ce mot “com-passion” vient de deux mots latins qui signifient “souffrir avec”. Dieu était prêt à souffrir avec l’homme.

Pendant ses trente-trois années sur terre, Jésus souffrit avec l’homme ; sur la croix il souffrit pour l’homme. “Car par le Christ, Dieu agissait pour réconcilier tous les hommes avec lui.” (2 Corinthiens 5.19). Un autre verset important à retenir : “Mais Dieu nous a montré à quel point il nous aime : le Christ est mort pour nous alors que nous étions encore pécheurs” (Romains 5.8).

L’amour de Dieu n’a pas commencé à la croix, mais dans l’éternité avant même que le monde ne soit fondé, avant que l’horloge des civilisations ne commence à se mettre en marche. Ce concept dépasse largement notre capacité de comprendre.

Peut-on imaginer ce que Dieu préparait quand la terre était “informe et vide” ? Il n’y avait qu’une profonde et silencieuse obscurité dans ce vaste espace, immense golfe devant la splendeur éclatante du trône de Dieu. Dieu concevait les montagnes et les mers, les fleurs et les animaux. Il pensait le corps de ses enfants et sa complexité.

Comment la création peut-elle être le produit du hasard ?

Bien avant la première aurore, il savait tout ce qui allait arriver. Dans son mystérieux amour, il a permis que cela arrive. La Bible nous parle de “l’Agneau qui a été immolé dès la fondation du monde” (Apocalypse 13.8 Version Segond). Dieu vit d’avance ce que son Fils allait souffrir. On a dit qu’il y avait une croix dans le cœur de Dieu bien avant que la croix soit érigée sur le Calvaire. En y réfléchissant, nous ne pouvons que nous émerveiller devant la grandeur et la profondeur de l’amour de Dieu pour nous.

Quel amour extraordinaire !

L’amour de Dieu libéra l’homme depuis le commencement pour qu’il puisse agir de lui-même, mais son choix entraînerait des bénédictions ou des conséquences désastreuses. Adam et Eve ont joui des bénédictions pendant un certain temps, mais ils ont fait subir à toutes les autres générations à naître les conséquences de leur désobéissance.

C’est l’amour de Dieu qui a mis les Dix Commandements dans les mains de son serviteur, Moïse. C’est son amour qui a gravé ces lois, non seulement dans la pierre, mais aussi dans le cœur de tout son peuple. Ces commandements sont devenus le fondement de toute loi civile, criminelle et morale et la base de la conscience. Ce même amour savait que les hommes seraient incapables d’obéir à ces lois et promit un Rédempteur qui sauverait son peuple de ses péchés.

L’amour de Dieu a mis les mots de la promesse dans la bouche de ses prophètes, des siècles avant la venue du Christ sur cette planète. Cet amour a préparé les circonstances politiques avant sa venue. La Grèce, qui domina comme grande puissance pendant quatre cents ans avant la naissance du Christ, prépara la voie à son message en donnant une langue commune au monde civilisé de l’époque. Il fallait aussi résoudre le problème des voies de communication. Le grand Empire Romain prit la relève en construisant un réseau de routes et en élaborant un système de lois pour établir la paix et l’ordre. Ainsi en utilisant la langue commune et le système routier et légal de Rome, Dieu répandit sa parole par les premiers chrétiens. L’Ecriture dit que “quand le moment fixé fut arrivé, Dieu envoya son Fils” (Galates 4.4).

Je crois que Dieu dans son amour est en train de nous préparer au Retour du Christ et que ce jour est peut-être plus imminent que nous le pensons.

Tel Père, Tel Fils

Le plus grand hommage qu’un garçon puisse rendre à son père est de dire : “Quand je serai grand je veux être comme mon papa.” C’est une lourde responsabilité pour nous pères et grands-pères. Il n’y a pas si longtemps, je recevais une lettre manuscrite de mon plus jeune fils, Ned. Cette lettre sera toujours précieuse à mes yeux. Il y exprime son appréciation et son amour pour moi, son père ; il y partage aussi son espoir d’être un bon exemple pour ses deux fils et d’avoir la même influence sur eux que j’ai eue sur lui. Cette lettre m’a beaucoup encouragé parce que j’avais l’impression d’avoir échoué comme père à cause de mes absences prolongées de la maison. Mais Ruth était assez forte et spirituelle pour être à la fois le père et la mère lorsque les enfants en avaient besoin. Lorsque je rentrais à la maison, j’essayais de passer plus de temps avec eux. Maintenant je dois relever le défi d’être un bon grand-père pour dix-neuf petits enfants. Notre vie parle d’elle-même à ceux qui nous entourent, surtout aux enfants à la maison.

Le Fils de Dieu reflète la même compassion désintéressée pour les malades, les affligés, et les pécheurs que Dieu le père. C’est l’amour de Dieu qui a rendu Jésus capable de devenir pauvre, pour que nous devenions riches. Cet amour divin l’a aussi rendu capable de supporter la croix. Il l’a aussi retenu lorsqu’on l’a faussement accusé de blasphème et qu’on l’a conduit à Golgotha pour mourir avec des criminels.

Lorsqu’une brute s’en prend à un garçon, celui-ci peut faire appel à son grand-frère ou à son père. Quand j’étais à l’école, j’étais constamment la cible d’une brute qui devait mesurer un tiers de plus que moi. Ce garçon plus âgé finissait toujours par me donner une raclée presque tous les jours. Un jour, alors que nous montions dans l’autobus scolaire et qu’il me flanquait des gifles, un tout petit gars s’amena et le roua de coups ! Mon défenseur avait suivi des leçons de boxe, de lutte et de karaté, et il administra à mon agresseur une belle correction. Après ce jour, tous les trois nous étions devenus amis.

Je me souviens de mon frère, Melvin, quand il était petit et qu’il se faisait ennuyer par des garçons de notre village qui étaient plus vieux que lui. J’étais plus grand à l’époque et j’ai eu l’occasion de le défendre.

Jésus aurait pu faire venir des armées d’anges à sa défense. Ils auraient tiré leurs épées et l’auraient secouru en tout temps. Mais son amour l’a tenu sur la croix et l’a fait, à un moment de souffrance extrême, s’arrêter et donner espoir à un pécheur repentant et mourant qui avait dit : “Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras comme roi.” Jésus lui répondit : “Je te le déclare, c’est la vérité, aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis” (Luc 23.42-43).

Après les terribles tortures que lui avait infligées l’homme dégénéré, poussé par l’amour, il élève la voix et prie : “Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font” (Luc 23.34).

De la Genèse à l’Apocalypse, de la plus grande tragédie de la terre jusqu’à son triomphe le plus éclatant, le drame des plus grandes misères de l’homme et de l’infinie grandeur de Dieu trouve écho dans ces simples mots : “Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que tout homme qui croit en lui ne meure pas maïs qu’il ait la vie éternelle” (Jean 3.16).

Son incompréhensible amour !

Sur le plan humain, nous aimons souvent ceux qui nous aiment. Sur le plan spirituel, les gens ne peuvent comprendre l’amour extraordinaire d’un Dieu saint, mais nous, nous pouvons le saisir en apprenant à le connaître à travers Jésus-Christ. Personne ne peut comprendre l’amour du Dieu de l’univers sans connaître son Fils.

Lloyd Ogilvie rapporte une conversation qu’il a eue avec un ami qui lui dit : “Lloyd, je suis un agnostique depuis un bon bout de temps maintenant. Avant j’étais sûr de ce que je croyais, mais maintenant je dois admettre que je savais des choses sur Dieu sans vraiment le connaître. J’ai tellement de questions sans réponses. Je suppose que mon intelligence est maintenant rendue au même point que mon cœur.”

Ogilvie continue : “L’agnosticisme est l’agonie silencieuse de notre époque. Ce ne sont pas les questions sur l’existence de Dieu qui troublent la plupart des gens, mais les questions à propos de sa personne et sur la façon de le connaître. Les questions sans réponses au sujet de Dieu, de sa personne, de sa volonté et de ses voies ont refait surface à la façon honnête mais peu satisfaisante d’un ‘Je ne sais tout simplement pas !’ Et cette incertitude trouble les gens aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’église.”1

1 Lloyd Ogilvie, Ask Him Anything (Dallas : Word Publishing, 1981), 13.

Parlez de l’amour de Dieu et nos visages s’éclairent, mais parlez de Dieu comme Juge, et aussitôt notre attitude change. Mais Dieu est bien le Juge de ce monde qu’il a créé ; nous lui appartenons comme créatures. C’est un Juge qui aime la justice et hait le péché et il est toujours juste.

S’il nous arrive par malheur de nous tenir devant un juge dans une cour de justice, nous espérons qu’il ou elle sera juste. Les jugements de Dieu se fondent sur sa sagesse, qui est plus sage que celle des humains.

Nous ressemblons un peu à l’auteur du Psaume 73 lorsqu’il voit la prospérité des méchants et se lamente : “Ces gens-là n’ont jamais d’ennuis, ils sont gros et gras, ils ne connaissent pas la peine des hommes.” Une question revient fréquemment : “Pourquoi les méchants prospèrent-ils et les bons souffrent-ils ?” Au dix-septième siècle, John Trapp écrivit : “N’envie à personne sa prospérité, pas plus que les fleurs sur une tombe.”

Dieu n’est pas indifférent au bien et au mal. Le jugement d’un Dieu saint fait partie intégrante de sa nature autant que son amour pour nous. Ce Jugement signifie qu’à la fin la volonté de Dieu sera parfaitement accomplie. Quelqu’un demandera : “Comment Dieu peut-il aimer quelqu’un comme moi qui ai vécu une vie si minable ?” Vous-mêmes avez peut-être des questions qui commencent de cette façon “Comment Dieu peut-il aimer… ?”

Quels que soient les péchés que nous avons commis, aussi terribles soient-ils, Dieu nous aime.

Ce que l’amour de Dieu ne peut faire

Dieu ne peut pardonner au pécheur qui ne se repent pas. La race humaine est invitée à travers la Bible à se repentir du péché et à retourner à Dieu. L’amour de Dieu peut être entièrement rejeté. Dieu ne forcera personne à venir à Lui. Quelqu’un peut entendre le message sur l’amour de Dieu et dire : “Non, ce n’est pas pour moi,” et Dieu le laissera continuer dans son péché et il passera l’éternité sans Dieu.

Francis Schaeffer écrivit : “Les gens pensent si souvent que le christianisme est mou, une sorte d’amour à l’eau de rose qui aime le mal avec le bien. Ce n’est pas ce qu’affirme la Bible. La sainteté de Dieu se manifeste avec son amour.”2

2 Francis Schaeffer, La Marque du Chrétien (Downers Grove, Ill : Inter-varsity, 1976).

Quand je pense à l’amour de Dieu, j’ai tendance à m’attarder sur les bonnes et grandes choses qu’il a faites pour moi. Puis ensuite je m’arrête et je prends conscience que même si les circonstances actuelles ne me semblent pas très brillantes, l’amour de Dieu, lui, continue à resplendir. Je ne peux me cacher de son amour, ni le fuir.

Peu de temps après que l’amie de ma mère, Rose Adams eut perdu son mari, Mère lui écrivit cette note : “Chère et précieuse amie, lorsque sera passée cette tempête, la lumière pour laquelle il te prépare apparaîtra sans nuage et ce sera Lui-même.”

Nulle part où se cacher

Le désir d’évasion semble être à l’ordre du jour. On s’évade en voyageant, en allant dans une autre ville ou un autre pays où la vie semble meilleure. On s’évade dans la drogue ou l’alcool, pour chasser l’amertume de vivre. La télé, le travail ou les hobbies peuvent aussi servir de moyens d’évasion. La réalité est trop dure.

Nous ne pouvons nous évader de la présence de Dieu. Dans le Psaume 139.1-5, David s’écrie : “Seigneur, tu regardes jusqu’au fond de mon cœur, et tu sais tout de moi : tu sais si je m’assieds ou si je me lève ; longtemps d’avance tu connais mes intentions. Tu remarques si je suis dehors ou chez moi, tu es au courant de tout ce que je fais. Je n’ai pas encore prononcé un seul mot, que tu sais déjà tout ce que je vais dire. Tu es derrière moi, devant aussi, tu poses ta main sur moi.”

L’amour de Dieu est appelé par ce terme théologique omniscient. David ne pouvait expliquer comment opère cette sorte d’amour pas plus que nous ne le pouvons. Il pouvait cependant dire comment cet amour affectait sa vie : “Que tu me connaisses à ce point est trop merveilleux pour moi” (v. 6). Puis il reconnaît que Dieu est partout. “Où pourrais-je aller loin de toi ? Où fuir loin de ta présence ? Si je monte au ciel, tu es là ; si je me couche parmi les morts, t’y voici” (v. 7-8).

Si quelqu’un escaladait les plus hautes montagnes ou descendait dans les gouffres les plus profonds, il ne pourrait échapper à la présence du Dieu Tout-Puissant. C’est ce que l’omniscience et l’omniprésence de Dieu signifient en termes pratiques pour nous. “Si je m’envole jusqu’au soleil levant, ou si je vais m’établir au soleil couchant, même là ta main me saisit, ta main droite ne me lâche pas” (Psaume 139.9-10).

Chaque jour je lis un psaume qui me donne l’énergie pour entreprendre ma journée et me fait prendre conscience de la puissance de l’amour de Dieu. Son amour m’a soutenu à travers la maladie, le découragement et la frustration. Il m’a aussi soutenu pendant les moments de déception et de confusion. Je n’ai pourtant jamais expérimenté les terribles épreuves que d’autres chrétiens ont connues. Je n’ai jamais été incarcéré ou torturé à mort pour ma foi, mais j’en ai connu qui l’ont été.

En 1948 un pasteur roumain chrétien fut fait prisonnier par les Communistes. Pendant seize années on le transporta d’un camp à l’autre, en le rouant de coups, le droguant et le torturant. Il dut subir un lavage de cerveau des plus diabolique mais sa foi tint ferme. Après des années de prison, il avait presque atteint la limite. On remit des cartes postales aux prisonniers pour qu’ils invitent leur famille à venir les visiter. Ils reprirent espoir en se rasant, lavant et revêtant les chemises propres qu’on venait de leur donner. Heure après heure il attendit dans sa cellule, mais personne ne vint. Il ne savait pas que les cartes n’avaient jamais été envoyées.

La nuit venue, les haut-parleurs clamèrent : Personne ne vous aime maintenant … Personne ne vous aime maintenant … Il se mit à pleurer. Puis les haut-parleurs reprirent : Ils ne veulent plus vous connaître … Ils ne veulent plus vous connaître …

Il commença alors à croire ce qu’ils lui avaient dit pendant tous ces mois, que le christianisme était vraiment mort. Il écrivit :

La Bible prédit un temps de grande apostasie, et je crois que c’est arrivé. Puis je pensai à Marie de Magdala, et peut-être que cette pensée, plus que toute autre me sauva du poison psychique qu’on m’avait injecté au dernier et plus terrible stage du lavage de cerveau. Je me souvins comment elle était demeurée fidèle au Christ même lorsqu’il s’était écrié sur la croix : “Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?” Et quand il reposait dans la tombe, elle pleurait non loin de là et attendait qu’il ressuscite. Alors quand j’ai cru à la fin que le christianisme était mort, je dis : “Qu’importe ?, j’y crois et je pleurerai sur sa tombe jusqu’à ce qu’il reprenne vie, ce qu’il ne manquera pas de faire.”3

3 Richard Wurmbrand, In God’s Underground (New York : Fawcett World Library, 1968), 249.

Après sa libération il écrivit : “Les années de prison ne m’ont pas paru trop longues, puisque j’ai découvert, seul dans ma cellule, qu’au-delà de la foi et de l’amour on peut se réjouir en Dieu : une extase profonde et extraordinaire de bonheur qui ne se compare à rien ici-bas.”

Maintenant les paroles de ce pasteur, écrites il y a vingt-trois ans, se sont réalisées. Le christianisme a connu un regain de vie en Roumanie et dans plusieurs autres pays de ce coin du monde. Il faut cependant ajouter qu’il n’y était pas complètement éteint, puisque Dieu n’était pas mort dans le cœur des croyants. Son amour ne meurt jamais.

Dieu n’est pas aveugle. Il sait à votre sujet et connaît vos problèmes. Il connaît ceux qui souffrent de la perte d’un être cher, ceux qui se savent en phase terminale, ceux qui se souviennent des abus de leur enfance, ceux qui traversent une crise financière. Il connaît aussi votre souffrance particulière. L’amour qu’il a pour ses enfants ne leur fera pas défaut au temps du malheur.

Lew Wallace s’est distingué comme major général dans l’armée de l’union pendant la Guerre Civile. Cet avocat a pris part à la cour martiale qu’ont dû subir les assassins d’Abraham Lincoln, et il a aussi présidé la cour militaire lors du procès du surintendant de la prison d’Andersonville prononcé coupable de cruauté parce qu’il avait permis la mort des prisonniers de l’Union. Wallace était un homme fort, intelligent, mais ne connaissait pas l’amour de Dieu. Toutefois, quand on lui lança le défi de lire la Bible pour nier l’existence de Dieu, son cœur fut au contraire transformé presque instantanément et il mit sa foi en Jésus-Christ. Plus tard il écrivit l’un des best-sellers du roman chrétien, Ben Hur, dont la version cinématographique est devenue l’un des plus grands films de tous les temps, mettant en vedette Charlton Heston.

Wallace, le dur héros de la guerre, écrivit ces mots : “Les richesses s’envolent, les conforts disparaissent, l’espérance tarit, mais l’amour demeure avec nous. Dieu est amour.”

Avant de pouvoir découvrir quelque sens à la souffrance, nous devons nous reposer sur son amour qui ne nous fait jamais défaut.

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