Un des termes les plus populaires aujourd’hui est le mot NOUVEAU ou Néo. On parle d’une nouvelle orthodoxie, d’un nouveau libéralisme, d’un nouvel évangélisme, d’un nouveau fondamentalisme. A nous entendre chaque homme entre forcément dans l’une ou l’autre de ces catégories : c’est un fondamentaliste, c’est un libéral, il est ceci, il est cela. Je ne crois pas pouvoir me réclamer de l’une ou l’autre de ces tendances. Je suis tout simplement un chrétien. Salomon a dit autrefois :
— « Il n’y a rien de nouveau sous le soleil. »1
Les anciennes confessions de foi sont révisées aujourd’hui, et bien souvent elles sont réduites à peu de chose, pour être au niveau d’une foi qui est peu de chose. Une de nos grandes confessions chrétiennes avance à grands pas vers une nouvelle confession de foi. Un pasteur a suggéré que pendant toute une année on ne parle plus de Dieu, et un autre a surenchéri, disant que c’est pendant vingt ans qu’il ne faudrait plus prononcer le nom de Dieu !
Récemment, un pasteur baptiste a déclaré par écrit :
— « ll n’y a pas de Diable, le Diable n’existe pas. »
Quand je lis cela, j’ai l’impression de me trouver dans la situation du boxeur qui recevait de son adversaire une sévère correction. Au moment où ce boxeur se trouvait affalé sur les cordes sur le point de tomber, son entraîneur lui a crié :
— « Lève-toi ! il n’est même pas en train de te frapper. »
Le boxeur a répondu :
— « Eh bien ! il faut surveiller les arbitres, alors, parce que quelqu’un me frappe. »
S’il n’y a pas de Diable, alors quel est celui qui nous frappe ?
En étudiant quelques-uns de ces nouveaux livres et en lisant plusieurs des nombreux articles écrits sur ces problèmes, je dois reconnaître qu’ils posent des questions auxquelles il faut répondre. En étudiant quelques-unes de ces nouvelles idées, je m’aperçois qu’elles tournent autour de trois points :
Ayant remarqué cela, j’ai pensé en moi-même :
— « Mais cela n’est pas nouveau du tout. On le trouve exactement au début de la Bible. »
Ouvrons le troisième chapitre de la Genèse, et lisons les paroles du Diable à Eve :
« Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs que l’Eternel Dieu avait faits. Il dit à la femme : Dieu at-il réellement dit « Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin ? ». La femme répondit au serpent : Nous mangeons du fruit des arbres du jardin. Mais quant au fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin Dieu a dit : « Vous n’en mangerez point et vous n’y toucherez point de peur que vous ne mouriez ». Alors le serpent dit à la femme : Vous ne mourrez point, mais Dieu sait que le jour où vous en mangerez vos yeux s’ouvriront et que vous serez comme des dieux connaissant le bien et le mal. »
Trois fois le Diable demande : « Dieu a-t-il réellement dit ? ». Les chrétiens baptistes ont toujours cru à l’autorité de la Parole de Dieu, la Bible. Nous pouvons avoir des désaccords de détails quant à la manière dont la Bible a été inspirée, mais nous croyons à son autorité. Deux mille fois, dans l’Ancien Testament, les prophètes affirment que Dieu a parlé. Dans le Pentateuque, par exemple, nous trouvons des expressions comme celles-ci :
« L’Eternel dit à Noé »
« Dieu parla à Israël »
« Dieu dit »
« L’Eternel commanda ».
Dans les livres des prophètes, nous lisons ces mots :
« Ecoutez la Parole de l’Eternel »
« Ainsi parle l’Eternel »
« Je mets mes paroles dans ta bouche ».
La question est donc la suivante : ou bien Dieu a vraiment parlé à ces hommes, comme ils l’ont écrit sous son inspiration, ou bien ces hommes étaient les menteurs les plus persévérants que le monde ait jamais connus. Il me semble incroyable qu’ils aient pu dire et écrire plus de deux mille mensonges. Que dire de Jésus ? Nous a-t-il délibérément trompés, car, voyez-vous, Jésus a constamment cité l’Ancien Testament, et pas une seule fois il n’a dit :
— « Attention ! vous ne pouvez pas croire à cette parole. Vous ne pouvez pas faire confiance à cette autre. »
Il a cité Noé, Moïse, Jonas, trois des hommes de l’Ancien Testament dont les écrits paraissent difficiles à croire à beaucoup de gens aujourd’hui. Il a cité de nombreux textes de l’Ancien Testament, et les apôtres également ont constamment cité les Ecritures.
Au début de mon ministère de prédicateur il y a quelques années, je me posais beaucoup de questions et j’avais des doutes au sujet de ce livre. Intellectuellement, je n’arrivais pas à en sortir. Savez-vous ce que j’ai fait ? Un jour en 1949 j’ai ouvert ma Bible et j’ai dit :
— « Oh ! Dieu, je ne comprends pas tout ce qu’il y a dans ce livre. Il y a des problèmes que je suis incapable de résoudre. Mais, ô Dieu, à partir d’aujourd’hui je vais accepter ce livre par la foi comme l’autorité de ma vie et de mon ministère. »
Je vous le dis, mon ministère s’est transformé du jour au lendemain. Je me suis rendu compte que je tenais une épée dans ma main. Aujourd’hui j’affirme avec Job :
— « J’ai attaché plus de prix aux paroles de sa bouche qu’à ma nourriture même »2.
2 Job 23.12.
La Bible n’est pas un livre de science. Ne vous attendez pas à y trouver tout ce que l’on trouve dans un manuel scientifique pour université. C’est un livre de rédemption, un livre qui nous parle de Dieu. C’est un livre qui nous parle de l’homme. C’est un livre qui nous parle du salut, un livre rempli d’autorité, inspiré par le Saint-Esprit.
La seconde chose que le Diable a déclarée à la femme était :
— « Vous ne mourrez pas. »
A. C. Dixon a dit un jour :
— « Si nous parlions davantage de l’enfer dans nos églises, il y aurait moins d’enfer dans notre société. »
L’Evangile nous rapporte que les gens d’un village où Jésus avait guéri un homme, vinrent le trouver pour lui dire :
— « Laisse-nous tranquilles »3.
3 Marc 5.17.
Aujourd’hui encore les hommes disent la même chose parce qu’ils ne veulent pas entendre parler de la mort, du jugement, et de l’enfer. Trop souvent nous nous imaginons Dieu sous la forme d’un vieillard indulgent, avec une longue barbe blanche, assis sur un nuage, disant d’un ton sentimental à tous les hommes :
— « Amour, amour, amour… »
Dieu aime, c’est vrai ! Dieu EST amour. Mais cette même Bible nous dit que Dieu est un Dieu de jugement. Il faut que ceci soit bien clair : le jour du jugement vient, un jour où chaque homme perdu sans Christ sera jugé. Le jour vient où chaque croyant en Christ devra rendre compte, répondre de chacune de ses actions, de chacune de ses pensées, de chaque intention de sa vie. Vous et moi nous devrons faire face à un Dieu saint et juste. Le livre des Actes, au chapitre 17 et au verset 31 déclare : « Dieu a fixé un jour où il jugera le monde selon sa justice par l’homme qu’il a désigné ».
La troisième chose que le serpent a dite à la femme était :
— « Vous serez comme des dieux. »
C’est cela l’humanisme ; aujourd’hui l’humanisme a envahi les universités d’un bout du monde à l’autre. Le but de l’’humanisme est de remplacer la religion par une philosophie rationnelle de progrès naturel dont l’homme est le centre. L’humanisme c’est tout simplement l’adoration de l’homme. « Gloire à l’homme dans les lieux très hauts » chante l’humaniste, car l’homme est le maître de toutes choses. C’est cela qui est devenu l’idolâtrie de notre époque — le culte de l’homme. Et ce culte est d’autant plus dangereux qu’il se présente sous une forme civilisée et polie. Et il envahit l’Eglise.
En tant que baptiste nous avons toujours cru au péché de l’homme et à sa condition perdue. Les baptistes croient à la dignité de l’homme et à la liberté de la volonté humaine. Mais nous avons aussi toujours cru que l’homme est pécheur et s’est révolté contre Dieu, que son péché a pénétré dans tous les départements de sa vie, dans sa volonté, sa conscience, toute sa personnalité humaine. Qui que vous soyez, devant Dieu vous êtes un pécheur.
Il vaut la peine de remarquer que le Diable n’a pas changé de tactique. Il sait que nous nous laissons toujours berner et tromper. Nos esprits sont obscurcis par le péché, et il n’a pas besoin de changer de méthode. Il se sert encore des trois mêmes mensonges qu’il a proférés dans le jardin d’Eden.
J’ai beaucoup de sympathie pour ces personnes qui cherchent une nouvelle méthode pour communiquer l’Evangile au vingtième siècle. Je suis loin de prétendre, par exemple, qu’il faut enfermer le message de l’Evangile dans la langue anglaise du seizième siècle qui est celle de la Bible officielle. Mais nous ne devons pas non plus mettre de côté la vérité simplement parce qu’elle est ancienne.
Pouvez-vous imaginer un mathématicien déclarant en considérant la table de multiplication :
— « Bah ! tout ça, c’est des vieilleries ? Deux et deux : quatre, c’est vieux comme le monde ; j’ai appris ça quand j’étais à l’école. Vous n’avez pas quelque chose de nouveau à nous dire ? »
Quand j’étais à l’école, j’ai appris que l’eau bout à cent degrés au niveau de la mer, et qu’elle gèle à zéro degré. J’ai appris ça il y a vingt-cinq ans, à l’école. Est-ce que je dois le mettre de côté parce que c’est une vieille histoire ? L’eau bout toujours à cent degrés ; l’eau gèle toujours à zéro degré. Et cela ne changera jamais.
Dans le monde spirituel, comme en mathématiques, il y a des vérités qui sont constantes, fixes, fermes. Dieu est constant. L’Ecriture déclare :
— « Je suis le Seigneur, je ne change pas »4.
4 Malachie 3.6.
La Parole de Dieu est constante. Jésus a dit :
— « Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront pas »5.
Notre Seigneur Jésus-Christ est constant ; « Jésus-Christ le même hier, aujourd’hui et éternellement »6.
6 Hébreux 13.8.
Le chemin du salut est constant : « Il n’y a de salut en aucun autre, Car il n’y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés »7.
7 Actes 4.12.
Ce sont là des vérités fermes et immuables. Personne ne peut les changer. Personne ne peut les transformer.
Dans un journal de Los Angeles, à la suite de la Campagne d’’évangélisation que j’ai conduite dans cette ville il y a deux ans, un pasteur local a écrit dans un journal que j’avais ramené l’Eglise cinquante ans en arrière. J’ai répondu au journaliste :
— « Je suis déçu. Mon espoir était de la ramener deux mille ans en arrière. »
Des baptistes fidèles ont eu une influence profonde sur le monde entier. Que notre position soit celle de John Bunyan, Roger Williams, Charles Spurgeon, William Carey8, Lee Scarborough, George Truett, celle de tous les grands héros du passé. Croyons ce qu’ils ont cru :
8 Nous recommandons la biographie parue à nos éditions : « Willlam Carey » par Robert Farelly, Paris 1961.
« Je crois en Dieu le Père Tout Puissant, Créateur du ciel et de la terre, et en Jésus-Christ son Fils unique, notre Seigneur, qui a été conçu du Saint-Esprit, et qui est né de la Vierge Marie ; il a souffert sous Ponce Pilate, il a été crucifié, il est mort, il a été enseveli, il est descendu aux enfers ; le troisième jour il est ressuscité des morts, il est monté au ciel, il siège à la droite de Dieu le Père Tout-Puissant, il viendra de là pour juger les vivants et les morts. Je crois en l’Esprit Saint. Je crois la sainte Eglise universelle, la communion des saints, la rémission des péchés, la résurrection de la chair et la vie éternelle. Amen. »
C’est là notre foi ! Tenons-nous fermement à cette foi, croyons-la et portons-la tout autour du monde. Osons confesser à nouveau notre foi dans ces constantes qui étaient celles de nos pères et des premiers apôtres.