La foi

Religion humaine

Nous vivons maintenant, dans l’histoire du monde, au moment de la moisson. La Bible nous enseigne que ce temps est court. Nous devons travailler maintenant, car la nuit vient où personne ne peut travailler. Lorsque nous regardons le monde qui nous entoure, tendu et en effervescence, nous nous rendons compte toujours plus que la nuit approche où il ne sera pas aussi facile qu’aujourd’hui de proclamer le message de Christ et de Christ crucifié. Les chrétiens de partout devraient profiter de ce moment décisif de l’histoire pour annoncer Christ, par tous les moyens imaginables, à autant de personnes que possible.

Partout il y a des gens dans la confusion, frustrés et perdus. Des milliers d’hommes sont psychologiquement inadaptés ou désaxés. Beaucoup d’entre eux ont atteint le fond du gouffre d’où ils cherchent à tout prix à sortir. Ils s’accrocheraient à n’importe quoi pour être secourus dans leur misère.

Des multitudes d’autres hommes se sont adonnés à l’alcool ou à la drogue et, vivant dans un monde irréel, ils cherchent désespérément à échapper aux réalités de la vie.

Je me trouvais un jour dans un quartier luxueux de Miami en compagnie d’un homme d’affaires. Voici ses paroles : « Il y a plus de misère, de malheur et d’ennui dans cette ville riche que n’importe où ailleurs. » Des centaines de gens cherchent à fuir et deviennent prisonniers de leur fuite. Au lieu de regarder en face la réalité du péché et la faillite de leur vie, ils cherchent à se distraire dans un monde d’imagination et d’illusions.

La Bible dit qu’il n’y a pas moyen d’échapper. Tôt ou tard, nous devrons quitter notre monde de rêve et être mis en face de la réalité de Dieu, du péché et du jugement.

Une quantité de gens tentent d’échapper par le plaisir et la sexualité. Ils fuient dans la passion, les appétits et les désirs équivoques. Ces malheureux, frustrés et démunis, errent telles des bêtes effrayées dans une jungle de plaisirs factices d’où ils ressortent plus misérables que jamais.

La Bible nous dit qu’il est vain d’essayer de fuir Dieu par les plaisirs : « … leur fin, c’est la perdition ; leur dieu, c’est leur ventre ; ils mettent leur gloire dans ce qui fait leur honte ».1

1 Philippiens 3.19.

Des milliers de gens se suicident chaque année. Les Saintes Ecritures nous avertissent en ces termes : « Aucun d’eux n’échappera. S’ils pénètrent dans le séjour des morts, ma main les y arrachera ; s’ils montent aux cieux, je les en ferai descendre. »2 Il n’y a aucun moyen d’échapper aux responsabilités de cette vie et de la vie future.

2 Amos 9.2.

Certaines personnes s’adonnent aux stupéfiants pour oublier un moment la réalité. Plus l’ennui augmente, plus la vente des alcools et des drogues s’élève. Une célèbre journaliste a dit récemment : « Les cocktails sont réservés aux gens qui s’ennuient. »

Les statistiques qui donnent le nombre des personnes s’adonnant à l’alcoolisme ou aux stupéfiants étalent des échecs et non des réussites. Ces chiffres démontrent un manque de foi, une absence de but dans la vie et une capitulation de la force de caractère.

J’aimerais vous parler d’une certaine manière de fuir la réalité, à laquelle nous pensons rarement. Si des personnes se droguent et boivent pour oublier, d’autres se tournent vers la religion dans la même intention, pour se distraire de leurs angoisses et de leurs tensions.

Bien des gens, le dimanche matin, pénètrent pour une petite heure dans un sanctuaire pour se donner un coup de fouet religieux. Ce dernier perd vite de son effet, car le lundi matin les intentions religieuses sont mises de côté jusqu’au dimanche suivant. Ainsi, beaucoup de personnes croient décharger leur conscience en accomplissant ce qu’elles appellent leurs devoirs religieux et en présentant leurs respects à Dieu. Elles deviennent saintes pour quelques instants. Elles sont religieuses durant une heure, puis elles redeviennent ce qu’elles sont vraiment. Cette religion n’est pas celle de Jésus-Christ, elle est bien loin des exigences du Sauveur. Cette religion humaine est aussi éloignée des enseignements du Christ que l’orient est éloigné de l’occident.

Il y a des millions de personnes qui, étant membres d’église et pratiquant leur religion avec une certaine régularité, ne font en fait que « s’adonner à la religion ». Leur hypocrisie est criante, aussi grande que celle des pharisiens dont il est parlé dans la Bible. Christ a rencontré ce même problème il y a deux mille ans. Dans le vingt-troisième chapitre de l’Evangile selon saint Matthieu, il dénonce avec force les hypocrites et les pharisiens.

Tout d’abord, Christ condamne la religion d’apparence : « Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! parce que vous faites pour l’apparence de longues prières ; à cause de cela, vous subirez une condamnation particulièrement sévère. »3 Avoir une religion d’apparence, c’est s’adonner à la religion.

3 Matthieu 23.14.

La sincérité est la caractéristique de la foi chrétienne. Elle ne subsiste pas chez des demi-chrétiens ou chez des chrétiens dont le cœur est partagé. Une piété du dimanche n’existe pas dans la Bible, qui ne tolère pas un christianisme d’occasion.

Nous avons offensé le monde par notre manque de sincérité ; nous l’avons induit en erreur et découragé, Cette piété superficielle est le grand obstacle à l’évangélisation du monde aujourd’hui. Des foules de chrétiens de nom construisent de magnifiques églises, mais ils manquent de puissance spirituelle, d’esprit de sacrifice et de dévouement. Ils servent Christ du bout des lèvres, mais ils sont bien loin de lui par le cœur. Ils ne sont pas ce qu’ils prétendent être.

La Bible nous dit que le chrétien doit être différent des autres hommes. Il doit faire contraste avec la foule. Mais que se passe-t-il aujourd’hui ? Il y a bien peu de différence entre un chrétien et un incroyant, on ne peut bientôt plus les différencier. Et cela pousse les gens à douter de la possibilité d’une expérience spirituelle.

Bien des membres d’église ne sont jamais nés de nouveau, ils ne se sont jamais complètement convertis à Christ. Ils croient avec leur tête, mais leur cœur ne s’est pas donné à Dieu. Beaucoup de vrais chrétiens se sont refroidis et sont devenus mondains.

Jésus a aussi dit qu’une religion qui ne change pas l’intérieur de l’homme n’est qu’une forme de piété. « Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! parce que vous purifiez le dehors de la coupe et du plat, alors qu’en dedans ils sont pleins de rapine et d’intempérance… vous ressemblez à des sépulcres blanchis qui au dedans sont pleins d’ossements de morts et de toute espèce d’impuretés. »4

4 Matthieu 23.25-27.

Le cœur de l’homme est souillé, et il a besoin de la purification que seul Christ peut donner. Le cœur humain est coupable, et il a besoin du pardon que seul Christ peut accorder. Sans Dieu, l’homme le meilleur du monde est capable des délits les plus graves.

Chaque jour, nous lisons le récit de crimes commis par des hommes éduqués, de la bonne société ou de réputation irréprochable… leurs méfaits dépassent l’imagination. Beaucoup d’entre eux étaient en apparence de fidèles membres d’église.

Une apparence religieuse n’est pas suffisante, un vernis de piété ne l’est pas davantage. Nous avons tous besoin de la purification intérieure par le sang rédempteur et purificateur de Jésus-Christ. Un christianisme qui ne nous purifie pas intérieurement n’est rien d’autre qu’une façade religieuse. Christ pénètre jusqu’à la racine du mal, son sang couvre les souillures les plus profondes ; il purifie le cœur le plus souillé. Il nous donne une nouvelle qualité de vie, il nous communique sa vie même. Un merveilleux changement se produit dans notre cœur des l’instant où Jésus y entre. Laissez-moi vous dire qu’une foi qui ne change pas nos habitudes, notre attitude et nos désirs est aussi fausse qu’un billet de banque imité. C’est une religion contrefaite, ce n’est pas le christianisme du Nouveau Testament.

Christ nous dit encore qu’une religion que l’on ne cherche pas à propager n’est qu’une imitation du christianisme. Il a dit : « Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! qui fermez aux hommes le royaume des cieux ; vous n’y entrez pas vous-mêmes, et vous ne laissez pas entrer ceux qui le voudraient. »5

5 Matthieu 23.13.

J’ai visité des fumeries d’opium en Orient, où j’ai vu des hommes, étendus sur des planchers sales, acheter pour quelques pièces d’argent le privilège d’être inconscients de ce qui se passait autour d’eux. Je vois ainsi l’Eglise aujourd’hui, apathique et muette, silencieuse et inconsciente de ce qui se passe autour d’elle. L’Eglise parle beaucoup de problèmes sociaux, mais elle paraît étrangement indifférente devant les problèmes moraux qui nous préoccupent.

Mais, heureusement, il y a quand même des chrétiens engagés qui reconnaissent que l’Eglise a besoin de renouveau et qui font tout pour l’obtenir.

Karl Marx parlait probablement de la foi stérile quand il disait que la religion était l’opium du peuple. Une religion fausse est, en fait, un opium, et si elle n’est capable que d’endormir la conscience une heure le dimanche matin sans rendre les hommes meilleurs pendant le reste de la semaine, elle ne peut, même avec un effort d’imagination, s’appeler christianisme.

Enfin, Christ a déclaré qu’une religion qui s’attache aux formes et néglige les choses importantes n’est pas authentique : « Vous payez la dîme de la menthe, de l’aneth et du cumin, et vous laissez de côté ce qu’il y a de plus important dans la loi : le droit, la miséricorde et la fidélité. »6

6 Matthieu 23.23.

Il ressort clairement de la Bible que Dieu ne se laisse pas toucher par les formes religieuses si celles-ci ne sont accompagnées d’une qualité de vie correspondante. Esaïe a dit de la part de Dieu : « Mon âme hait vos nouvelles lunes et vos fêtes ; elles me sont à charge ; je suis las de les supporter. Quand vous étendez vos mains, je détourne de vous mes yeux ; quand vous multipliez les prières, je n’écoute pas : vos mains sont pleines de sang. Lavez-vous, purifiez-vous, Ôtez de devant mes yeux la méchanceté de vos actions; cessez de faire le mal. »7

7 Esaïe 1.14-16.

Dieu n’est ni impressionné ni satisfait par nos pèlerinages hebdomadaires jusqu’à une église si nous ne pratiquons pas le droit, la miséricorde et la fidélité et ne connaissons pas la charité et la compassion de Christ. Du lundi au samedi, dans nos affaires, nous sommes âpres au gain, puis le dimanche nous mettons un masque pieux et nous nous rendons avec fierté en la présence de Dieu. Dieu ne voit pas le masque, mais ce qu’il cache. Il lit au travers du voile de notre apparence et voit nos âmes à nu. Alors, qu’y trouve-t-il ? Un cœur purifié par le sang de Christ ? Une vie conforme à son image ? Un cœur sincère en face de lui et sans hypocrisie ? Son œil, tel des rayons X, pénètre au travers de nous et voit ce que nous sommes véritablement.

Votre foi n’est-elle qu’une forme religieuse, une sorte de diversion qui brise la monotonie de la vie de tous les jours ? Est-elle simplement un moyen de fuir la réalité ? Ou bien dirige-t-elle votre vie, votre action, votre tout ? Christ est-il le Seigneur de votre vie ? Méditez-vous sa Parole jour et nuit ? Avez-vous soumis à son contrôle chaque domaine de votre vie ?

Jonathan Edwards, l’ancien directeur de l’Université de Princeton, a écrit : « Chaque homme devrait toujours et partout vivre de son mieux pour Dieu. Je m’efforcerai de le faire ; que Dieu me soit en aide. »

La réponse aux problèmes du monde, ce n’est pas une piété occasionnelle, mais une consécration complète à Christ. Le cours de l’histoire pourrait changer si tous ceux qui lisent cette brochure prenaient Christ au sérieux. Douze hommes ont transformé l’histoire du Ier siècle, et je suis sûr que si Christ pouvait aujourd’hui encore trouver des hommes consacrés, nos Eglises en seraient transformées, notre univers bouleversé. Avez-vous le courage d’être un de ces hommes ?


LETTRE DE SAINT PAUL À L’ÉGLISE DE CORINTHE :

Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n’ai pas l’amour, je suis un airain qui résonne ou une cymbale qui retentit. Et quand j’aurais le don de prophétie, la science de tous les mystères et toute la connaissance, quand j’aurais même toute la foi jusqu’à transporter des montagnes, si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien. Et quand je distribuerais tous mes biens pour la nourriture des pauvres, quand je livrerais même mon corps pour être brûlé, si je n’ai pas l’amour, cela ne me sert de rien.
L’amour est patient, l’amour est serviable, il n’est pas envieux ; l’amour ne se vante pas, il ne s’enfle pas d’orgueil, il ne fait rien de malhonnête, il ne cherche pas son intérêt, il ne s’irrite pas, il ne médite pas le mal, il ne se réjouit pas de l’injustice, maïs il se réjouit de la vérité, il pardonne tout, il croit tout, il espère tout, il supporte tout.

(1 Corinthiens 13.1-7)

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