L’histoire de Wesley Dickens est un autre exemple de la manière dont l’appel de Dieu peut devenir irrésistible. Il raconte : « J’allais à l’église parce que mes parents m’y obligeaient, mais je m’y ennuyais. Comme je jouais de l’orgue, j’entrai au Collège de la chorale de Westminster pour étudier la musique. Je fréquentai l’Eglise épiscopale où j’entendais des sermons sur la Trinité, la naissance virginale, la résurrection et le retour de Jésus. Je fus confirmé par l’évêque, mais cela ne fit que m’insuffler une peur du Saint-Esprit. Plus tard, je me représentais chaque soir qu’un ange venait me chercher pour me mener en enfer. J’étais paralysé par la terreur.
« Un soir, j’allai par curiosité écouter Billy Graham au Madison Square. À la fin du message, beaucoup de gens suivaient l’appel et se rendaient devant la tribune. “Non, me dis-je, je ne peux pas y aller. Mon pasteur croit que je suis déjà converti. Il sait que je veux devenir pasteur. Je me rendrais ridicule”. Deux semaines plus tard, j’emmenai deux amis à la réunion. “Pourquoi ne vous êtes-vous pas levés lors de l’appel ? — Nous attendions que tu y ailles”. Nous nous sommes mutuellement promis de retourner le lendemain à la réunion et de donner notre vie au Christ. Au moment de l’appel, j’encourageai Tom à s’avancer. Un conseiller nous reçut. Je lui murmurai à l’oreille : “Vous n’avez pas besoin de vous occuper de moi, je suis déjà chrétien. — Vous en êtes sûr ? — Tout à fait !”. En rentrant, j’aurais pu me gifler d’avoir laissé passer une si bonne occasion.
» Les trois semaines suivantes furent un véritable enfer pour moi. Chaque soir, je m’agenouillai devant le petit autel que j’avais fabriqué et j’essayai de prier Dieu de faire de moi un chrétien, mais chaque fois résonnait en moi la parole : “Celui qui me reniera devant les hommes, je le renierai aussi devant mon Père céleste”. Pendant ces trois semaines, d’autres personnes de mon Eglise se convertirent. J’en accompagnai plusieurs sur le chemin vers la tribune, mais devant le conseiller, je persistai toujours dans mon affirmation : “Je suis déjà chrétien”.
» Le 13 juillet, le thème de la prédication était “Une chose te manque encore”. J’étais au balcon avec trois jeunes filles. “L’une de vous ne veut-elle pas s’avancer ? — Non”. “Si je m’avance seul, nous allons manquer notre bus et les parents de ces filles vont m’accuser de les avoir retardées. Je peux donc revenir demain et me livrer au Christ”.
» La chorale avait cessé de chanter. Billy Graham se leva : “Excusez-moi, j’ai besoin de faire quelque chose que je n’ai jamais fait, mais je n’aurais pas la paix sans cela. J’ai le sentiment que l’un des auditeurs devrait se trouver là devant la tribune. Cet homme a besoin de Jésus ce soir. Il se cramponne à son siège pour ne pas s’avancer... Je crois que c’est un jeune homme, là-haut sur la tribune”, et il pointa son doigt dans ma direction. Je commençai à trembler de tous mes membres. “Ce jeune homme croit qu’il peut s’avancer un autre soir”, puis pointant toujours son index dans ma direction, il ajouta : “Jeune homme, je voudrais vous dire une chose : vous ne pouvez pas venir au Christ quand cela vous plaira. Vous pouvez seulement venir quand l’Esprit vous y pousse. Venez maintenant ! Je prie la chorale de reprendre une strophe de Presque converti”.
» C’était plus que ce que je pouvais supporter. Je m’adressai une dernière fois aux trois jeunes filles : “Aucune de vous ne veut s’avancer ? — Non ! — Alors excusez-moi : il faut que j’y aille”. Je courus vers la tribune. Personne d’autre ne s’avança. Des milliers de personnes me regardaient, mais cela ne me dérangeait plus. J’aurais presque crié : Seigneur Jésus, je viens.
» Le lendemain matin je rendis témoignage à l’église de ce que le Seigneur avait fait pour moi. J’appris que les deux amis que j’avais emmenés le premier soir ne s’étaient pas laissés induire en erreur par moi et ils ont prié pour moi ».2
2 D’après Curtis Mitchell Die nach vorn kamen p. 123-129.