La souffrance et le mal pourquoi ?

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La souffrance vaincue

« Il a souffert »

La souffrance sous sa forme la plus dure a été endurée par le Fils de Dieu lui-même. Il est venu sur cette terre partager les souffrances avec nous : il est né dans une étable. Peu après, ses parents ont dû se réfugier en Egypte ; plus tard, il a vécu de la vie rude d’un artisan campagnard. A trente ans, il a parcouru les routes de la Palestine pour prêcher ; il a connu la faim, la soif, la fatigue et l’incompréhension des siens. En réponse aux bien faits qu’il a répandus partout, il a souvent récolté l’ingratitude et la haine de ceux qu’il dérangeait. On a comploté son arrestation et sa mort. Il a été trahi par l’un de ses disciples, abandonné par tous les autres, livré entre les mains d’une soldatesque cruelle, condamné sur la déposition de faux témoins, on s’est moqué de lui jusque sur la croix où il a expiré après d’atroces souffrances.

Il reste, certes, bien des points d’interrogation dans le problème de la souffrance, mais, comme disait Paul Claudel : « Il y a au moins quelque chose que nous ne pouvons pas dire à Dieu : ‘Vous ne savez pas ce que c’est’ » (que de souffrir). « Dieu n’est pas venu supprimer la souffrance. Il n’est même pas venu l’expliquer. Il est venu la remplir de sa présence. Oui, il est venu l’assumer, la transcender, la glorifier. Et, par sa résurrection nous assurer que l’acceptation de la croix est le gage de notre délivrance ».

« Un père dont le fils avait été tué au Viêt-nam posait la question : ‘Où était Dieu quand mon fils a été tué ?’ Son vieux pasteur, avec bonté, lui répondit : ‘Là-même où il était quand son propre fils a été tué au Calvaire’ » (P. J. Lindell, 79 p. 29).

Ruben Saillens termine ses méditations sur Le Mystère de la souffrance par un chapitre sur « La souffrance divine » : souffrances à la croix, « mais les souffrances de ce corps très saint ne furent que la partie la moins douloureuse de sa Passion » : ingratitude des hommes, mépris et insultes, abandon de ses disciples, abandon de Dieu lui-même furent bien plus douloureux. (27 p. 24).

« En effet, Dieu, qui a créé tout ce qui existe et pour qui sont toutes choses, voulait conduire beaucoup de fils à participer à sa gloire. Il lui convenait pour cela d’élever à la perfection par ses souffrances celui qui devait leur ouvrir le chemin du salut » (Hébreux 2.10). « Car, puisqu’il a lui-même été éprouvé dans ce qu’il a souffert, il peut secourir ceux qui sont éprouvés » (2.18). « En effet, nous n’avons pas un grand-prêtre qui serait incapable de se sentir touché par nos faiblesses. Au contraire, il a été tenté en tous points comme nous le sommes, mais sans commettre de péché » (4.15). « Bien qu’étant Fils de Dieu, il a appris l’obéissance par tout ce qu’il a souffert » (5.8).

« Il est infiniment plus facile de souffrir par obéissance à un ordre humain que d’accepter la souffrance en tant qu’homme libre et responsable. Il est infiniment plus facile de souffrir avec d’autres que de souffrir seul. Il est infiniment plus facile de souffrir comme un héros public que de souffrir dans un coin et dans l’ignominie. Il est infiniment plus facile de souffrir une mort physique que d’endurer une souffrance spirituelle. Le Christ a souffert en tant qu’homme libre, seul, dans un coin et dans l’ignominie, dans son corps et son esprit ; et depuis ce jour, beaucoup de chrétiens ont souffert avec lui » (D. Bonhœffer).6

6 Lettres et écrits de prison (Letters and Papers from Prison) Collins Fontana 1959.
Résistance et soumission : Lettres et notes de captivité Genève Labor & Fides 1963.

« Par ses souffrances, nous sommes guéris »

Parce que Jésus a souffert, dans sa vie terrestre et sur la croix, nous pouvons être guéris de la maladie du péché et de toutes les souffrances inutiles. Nous serons même guéris un jour de nos corps et nos âmes sujets à la souffrance. « Dieu essuiera toute larme de leurs yeux… il n’y aura plus ni deuil, ni plainte, ni souffrance. Car ce qui était autrefois a disparu » (Apocalypse 21.4).

James Packer demande : « Est-ce que l’existence du mal – la méchanceté, la souffrance inutile et la dégradation du bien – ne fait pas penser que Dieu le Père n’est pas tout-puissant après tout ? Car certainement, il éliminerait tout cela s’il le pouvait. Oui, il l’éliminera, et il est en train de le faire ! Grâce au Christ, des gens méchants comme vous et moi sont déjà en train d’être rendus bons ; de nouveaux corps, exempts de souffrance et de maladie sont en train d’être préparés et, avec eux, un univers reconstruit. L’apôtre Paul nous assure ‘qu’il n’y a aucune commune mesure entre les souffrances de la vie présente et la gloire qui va se révéler en nous’ et que ‘la création elle-même sera délivrée de la puissance de destruction qui l’asservit pour accéder à la liberté que les enfants de Dieu connaîtront dans la gloire’ (Romains 8.8, 19-23). Si Dieu élimine plus lentement que nous ne le désirerions le mal de ce monde pour introduire l’ordre nouveau, c’est afin d’étendre davantage son dessein plein de grâce et d’y inclure plus de victimes du mal de ce monde que cela n’eût été possible autrement ».7

7 J. I. Packer I Want to be a Christian Kingsway Publications 1978 p. 30-31.

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