Lors d’un récent voyage en Europe, ma femme et moi-même avons lu la presse anglaise, française et américaine. Pas moins de vingt articles parus en deux semaines employaient les termes “apocalypse” ou “Harmaguédon”. Journalistes, reporters et éditeurs – hommes et femmes, spécialistes des media – tous semblaient subjugués par la fin du monde, telle que nous la concevons. Un best-seller sur la stratégie de la guerre nucléaire est sorti dernièrement sous ce titre “Les Sorciers d’Harmaguédon”. Le “Times” de Londres a publié un article intitulé “L’Ombre d’Harmaguédon”, avec pour thème le spectre menaçant d’une future guerre raciale en Grande-Bretagne. D’autres articles “à la une”, éditoriaux, nouvelles et courriers des lecteurs étaient empreints des grandes phobies de notre temps : guerre nucléaire, marasme économique, usage néfaste et épuisement des ressources naturelles de la terre, démission devant les responsabilités, violence dans la rue, virus nouveaux, étranges et meurtriers, terrorisme, variations démesurées des conditions climatiques, tremblements de terre, inondations, famines, catastrophes et mort. Partout, les hommes de ce monde, influents ou non, me posent cette même question fondamentale : « Reste-t-il un espoir ? ». Et la presse mondiale répond à cela par une clameur unanime : « Aucun espoir pour la terre ! ».
Je me promenais un matin dans les bois près de chez nous, un journal dans une main et la Bible dans l’autre, ouverte au livre de l’Apocalypse. Depuis l’île de Patmos, les écrits de ce prophète éclairé étaient destinés sans nul doute à notre époque. Ses visions sont un chant d’espoir. Bien qu’adressée aux sept églises de la province romaine d’Asie et plus précisément à la poignée de croyants constituant les églises locales, son épître nous concerne également. Le message qu’il apportait à sa génération et à la nôtre était rempli d’espoir, mais sa vision du futur immédiat ne l’était pas. C’est en toute honnêteté qu’il fit part à ses amis croyants des problèmes à venir et des moyens d’y faire face. Nous devons prendre ses paroles très au sérieux.
Toute ma vie, j’ai proclamé une vérité essentielle : il y a une bonne nouvelle pour la terre. Jésus-Christ est au centre de cette bonne nouvelle. Il est Dieu sous une forme humaine et le récit de sa vie, de sa mort et de sa résurrection est la seule bonne nouvelle à annoncer de nos jours. J’ai annoncé cette bonne nouvelle dans le monde entier, au coin de rues désertes ou dans des auditoriums pleins à craquer. Vous pouvez être pardonnés et vous réconcilier avec le Créateur. Par la foi en Jésus comme Sauveur et Seigneur de votre vie, votre passé ne compte plus, un avenir vous est assuré. C’est un plaisir d’être le messager d’une telle nouvelle, mais si je dois prendre au sérieux les visions de Jean sur l’île, impossible alors d’écrire les bonnes nouvelles en omettant les mauvaises. Jean était évangéliste aussi. Je suis sûr qu’il aurait aimé passer ses vieux jours à rédiger ses mémoires. Imaginez les récits inédits de la vie de Jésus qu’il aurait pu communiquer à ses contemporains, et à nous-mêmes par conséquent. En fait, Jean n’était plus très jeune. Les personnes âgées, dit-on, ont beaucoup de souvenirs. Il était capable d’écrire d’autres livres que l’Evangile selon Jean et probablement les trois épîtres de Jean, capable de couvrir son parchemin des souvenirs de jours merveilleux passés avec le Maître près de la Mer de Galilée et des collines entourant Jérusalem. Voir Dieu marcher sur la terre sous une forme humaine, guérir les malades, chasser les mauvais esprits et ressusciter les morts aurait donné matière pour un livre fantastique, plein d’espoir écrit par le témoin de ces scènes. Mais cela ne devait pas être. Jésus choisit d’arrêter Jean sur l’île de Patmos et lui dit de transmettre les nouvelles, bonnes ou mauvaises.
Pour comprendre les visions de Jean et saisir l’essentiel des nouvelles, bonnes ou mauvaises, pour voir l’étendue de la mise en garde, de l’espoir et du sens de ces visions, allons ensemble à Patmos. Promenons-nous sur les plages en compagnie du vieil homme, représentons-nous ses visions, cernons-les en couleur locale. Quel fut leur impact sur cette poignée de croyants éparpillés dans tout l’Empire ? Quel est leur impact sur nous-mêmes ?
Voyez la scène. « Au jour du Seigneur », écrivit-il à cette poignée de croyants, « j’entendis derrière moi une voix forte comme le son d’une trompette ». L’Ecriture dit que cette révélation de Jésus débuta « au jour du Seigneur ». Les geôliers romains de Jean, dans un élan de bonté, autorisaient peut-être ce juif à suivre l’ancienne coutume juive, à mettre à part un jour sur sept. Il se peut qu’ils aient ce jour-là groupé les autres prisonniers non-juifs mécontents pour les amener vers leurs quartiers surchauffés et laissé le vieil homme se promener le long de la Mer Egée. Je l’imagine psalmodiant les anciennes prières, chantant les vieux psaumes, récitant de mémoire de grands passages des paroles sages d’autrefois, se souvenant que Jésus avait insufflé une vie et une signification nouvelles à ces coutumes ancestrales.
Soudain Jean se lève et part se promener inquiet, sur la plage. L’avenir des croyants disséminés à l’intérieur des terres, à quelques kilomètres de là seulement, le préoccupe. Il aspire aux retrouvailles. Son cœur était celui d’un pasteur en définitive. Combien d’hommes, de femmes, de garçons, de filles assemblés dans ces sept églises Jean avait-il probablement amené à la foi en Christ par sa prédication ? Il se sentait responsable de leurs vies et de leur progression spirituelle. D’autres avaient contribué directement ou indirectement à fonder ces églises mais ces autres étaient morts : Paul, décapité par une épée romaine, Pierre, crucifié la tête en bas sur une croix de bois rugueux ; même le frère de Jean, Jacques, décapité par Hérode Agrippa ; et le jeune Marc, traîné dans les rues d’Alexandrie, brûlé, le corps meurtri et encore ensanglanté. Des nouvelles non confirmées de morts ou de disparitions d’amis proches de Jean ou de compagnons d’armes ont dû le rendre solitaire et encore plus anxieux quant à l’avenir des églises qu’ils avaient implantées ensemble.
Dans un premier temps, être chrétien dans un monde dominé par l’Empire romain n’avait pas été source de conflits ou dangers. Les César avaient même accordé des privilèges particuliers aux Juifs. Les premiers chrétiens étaient en majorité des Juifs qui bénéficiaient de ces privilèges. Sous la Pax Romana (la paix que Rome avait établie dans le monde par sa force et sa loi) l’église avait grandi. Les autorités romaines avaient même protégé la vie de Paul à Jérusalem, quand les soldats de César le délivrèrent d’une foule déchaînée par son enseignement. Pierre avait écrit aux premiers croyants de craindre Dieu et “d’honorer l’Empereur” malgré le caractère souvent satanique de celui-ci et la persécution naissante.
Mais, vers la fin du premier siècle, toute bienveillance avait disparu. Rome perdait son ascendant sur le monde. L’extravagance des empereurs et de leurs courtisans était devenue notoire ; après la trésorerie royale épuisée, le sénat romain prélevait de nouveaux impôts pour pallier le déficit de la balance commerciale. A la protestation et à la rébellion, Rome répondait par l’épée.
Rome éprouvait de sérieuses difficultés à maintenir un Empire constitué de tant de races, de religions et de cultures différentes. Les mouvements nationalistes, les conspirations politiques, le terrorisme et l’opposition ouverte allaient croissant jusqu’à menacer l’Empire de l’intérieur et de l’extérieur. La paranoïa évolutive de l’empereur pour conserver la puissance de Rome et garder le contrôle de ses sujets avait donné naissance à un test élémentaire de loyauté. Lors de fêtes ou de jours fériés, des rangées de loyaux sujets défilant devant le magistrat romain de l’endroit devaient jeter une pincée d’encens dans un feu allumé au fond d’une vasque dorée, à ses pieds et murmurer : « César est seigneur ».
En général, les citoyens romains payaient volontiers un tribut à l’empereur et à l’Empire qui leur avaient apporté cette période de paix. Mais le chrétien professait un autre serment de loyauté : « Jésus est Seigneur » et non César. Malgré leur reconnaissance envers l’Empire et l’empereur, malgré les exhortations de Paul et de Pierre à adorer Dieu et honorer l’empereur, adorer César était tout de même impossible. En refusant de mettre César avant le Christ, les croyants commencèrent à être persécutés.
William Barclay écrit : « Le but de l’acte d’adoration envers César ne fut jamais de supprimer les autres religions. Rome était un haut lieu de la tolérance. On pouvait adorer César et son propre dieu. Mais de plus en plus, l’adoration de César devint un test de loyauté politique ; elle devint… la reconnaissance de la domination de César sur la vie d’un homme, et …sur son âme ».
Imaginez un village dans la banlieue d’Ephèse ou de Laodicée. Des croyants sont au travail, teignent les tissus, moissonnent les récoltes, élèvent des familles, étudient les mathématiques et l’histoire – au culte, au travail ou pendant leurs loisirs. Quand soudain, on entend tout près le vacarme des sabots de chevaux qui remontent les rues pavées. Un centurion et sa garde d’honneur maintiennent leurs chevaux au pas. On déplie une table de camp en cuir sur laquelle on pose un brûleur d’encens qu’on allume. Des hérauts soufflent dans leur trompette. Pas d’endroit pour se cacher, trop tard pour décider. Les croyants doivent rejoindre leurs voisins dans cette file. En face d’eux, le maire du village jette de l’encens dans les flammes et proclame fièrement : « César est seigneur ». D’autres le suivent, la file diminue, le moment de la décision approche. Le croyant évitera-t-il le conflit pour protéger sa vie, sa sécurité par un simple acte d’obéissance ? Va-t-il murmurer « César est seigneur » et se faufilera-t-il vers la sûreté de la maison ? Ou cet acte sera-t-il à ses yeux le symbole d’une plus grande désobéissance, refusera-t-il l’encens et proclamera-t-il « Jésus est Seigneur » et paiera-t-il le prix de sa traîtrise envers l’Etat ?
Jean était-il parti se promener sur la plage de Patmos, en ce jour de Sabbat, pensant au Centurion, à l’encens et à la terrible décision de loyauté que devait prendre chaque croyant au bout du compte ? Qui sait ? Peut-être était-ce dans une telle file, qu’entouré de ses voisins et amis, Jean lui-même avait refusé le test de l’empereur et qu’en représailles, on l’avait exilé sur cette île. Nous ignorons les accusations portées contre l’apôtre, causes de sa disgrâce, mais nous connaissons avec certitude la raison de la présence de Jean là-bas : « Moi, Jean, votre frère, et qui ai part avec vous à la tribulation et au royaume et à la persévérance en Jésus, j’étais dans l’île appelée Patmos, à cause de la Parole de Dieu et du témoignage de Jésus ».
Etre croyant à l’époque n’était pas facile, aujourd’hui non plus. Vers la fin du 1er siècle, pendant l’exil de Jean, l’Empire Romain se mit à persécuter l’Eglise chrétienne. Aussi difficile de garder la foi à l’époque que maintenant. Que de moments pénibles et terrifiants, face à la fournaise ardente d’un centurion menaçant ! Que de troubles et de déchirements quand on cède aux attraits de ce monde en abandonnant le chemin du Seigneur, subissant toutes les tentations qui assaillent chacun, homme, femme ou jeune qui croit. Aucun chrétien n’est à l’abri de la tentation de s’abandonner aux passions ou aux plaisirs qui nous agressent tous.
Nous pensons que les croyants vivant sous des régimes athées ou totalitaires sont les seuls à devoir prendre position chaque jour. C’est faux. Tout croyant en pays totalitaire, démocratique ou plus libéral, prend chaque jour position : pour le Christ et le monde qu’il édifie ou pour le mode de vie et les valeurs du siècle présent.
Jean avait des craintes et pour cause. Les croyants de cette génération-là (comme la nôtre) devaient faire un choix constant et déconcertant. Ces nouveaux-nés dans la foi des églises d’Asie vivaient dans un monde semblable au nôtre où leur foi au Christ était source de conflit avec les autorités politiques, les réalités économiques et la vie en société. Chaque journée était l’occasion de choix difficiles et impérieux. De grandes souffrances pointaient à l’horizon. Garderaient-ils la foi ? Resteraient-ils inébranlables ou faibliraient-ils sous les pressions et les difficultés éprouvées par chaque disciple du Christ ? Chaque jour, comme ce fut le cas autrefois, le croyant devra prendre de nombreuses décisions. Laissera-t-il le matérialisme, les plaisirs égoïstes, les pratiques pernicieuses de ce monde gâcher sa vie ? Quelle attitude adopter face à de telles décisions ? Votre ferme désir est-il de faire la volonté de Dieu ou subissez-vous l’influence constante de votre entourage ? La Bible dit : « Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait ».
Jean entendit soudain la voix résonner “comme une trompette”. Nous abordons ici un domaine mystérieux. J’ignore comment les visions furent révélées, ou si le prophète les reçut sous une forme réelle ou symbolique. A la lecture du début de la révélation de Jean sur Patmos, j’essaie de visualiser la scène. On ne précise pas si Jean “ravi en esprit” était simplement assis sur la plage, recevant les visions en pensée. La tradition dit que l’Esprit de Dieu vint sur Jean dans sa sombre prison et le transporta en quatre endroits différents comme Jésus fut emmené par le diable au sommet de la montagne lors de la tentation au désert. Peut-être les visions se sont-elles concrétisées sous les yeux du prophète – plus encore que les graffiti lumineux de la maison hantée de Disneyland où les spectres traversent les murs en dansant et où jeunes et vieux contemplent bouche-bée les apparitions vivantes de réalité.
Je crois vraiment que Jean a bien vu ce qu’il décrit, que tout ce qu’il a vu venait de Dieu, que chaque vision est aussi importante, remplie de signification et d’actualité pour notre temps, pour vous et moi, que pour ces sept églises d’Asie. Venez à Patmos avec moi. Jean intercédant avec ferveur pour les églises dont il a la charge. Soudain une voix lui parle, aussi claire qu’une trompette. Le récit biblique ne nous donne pas les premiers termes du message. Peut-être était-ce une simple salutation, rappelant celle de l’Ange à Marie avant de lui annoncer la bonne nouvelle ou alors la gloire du Seigneur illuminant l’espace ou une légion d’anges célestes semblables à ceux qui effrayèrent les bergers avant de leur annoncer la nouvelle. La Bible ne mentionne pas les paroles de l’ange, mais la première réaction de Jean fut la terreur.
Se retournant pour localiser la voix, il fut aveuglé par la lumière de sept chandeliers immenses. Les yeux étincelants, la tête et les cheveux “blancs comme la laine”, un homme se tenait debout dans la lumière. Ses pieds étaient “semblables à de l’airain ardent et sa voix était comme le bruit des grandes eaux”. De sa main droite partaient sept étoiles, de sa bouche sortait une épée à double tranchant et son visage était “comme le soleil lorsqu’il brille dans sa force”.
Jean tomba à ses pieds “comme mort”, étourdi et terrassé par ce spectacle. Cet homme (debout dans la lumière, vêtu d’une longue robe, “ayant une ceinture d’or sur la poitrine”) était Jésus. Jean ne reconnut cependant pas son Maître, ce même Jésus, d’abord apparu à Jean près de la mer de Galilée. Malgré trois ans passés à ses côtés, Jean ne le reconnaissait pas. Ce même Jésus, apparut à Jean et aux autres dans une chambre haute fermée, dans un corps ressuscité, transformé, mais portant encore la marque des plaies aux mains, aux pieds et au côté à cause des clous de la croix et d’une épée romaine cruellement lancée. Il avait voulu aussi prendre une nature humaine pour souffrir comme l’humanité, ressentir ses faiblesses, ses tentations et la délivrer du mal. Disciple de longue date, ami intime, proche collaborateur, Jean n’avait pas le moins du monde reconnu son Seigneur ressuscité sous les traits de cette gigantesque silhouette rayonnante.
Ensuite, comme une mère calme un enfant au sommeil agité, la forme se pencha tendrement vers Jean, pris de panique, toucha son épaule et dit : « Ne crains point ! Je suis le premier et le dernier, et le vivant. J’étais mort et voici, je suis vivant aux siècles des siècles. Je tiens les clefs de la mort et du séjour des morts ».
Que se passa-t-il alors ? Quels furent les sentiments de Jean selon vous ? Craignait-il pour l’avenir de l’église avant de faire cette mystérieuse rencontre ? Le Christ ressuscité apparaît soudain en personne pour donner un message aussi nécessaire aujourd’hui qu’il y a presque vingt siècles. Peut-être le prophète s’était-il demandé si les fidèles et lui-même disposeraient d’une assez grande puissance pour affronter les jours difficiles, quand, brusquement, le Créateur et le Soutien de l’univers déclarera posséder seul la solution à tous les problèmes et l’autorité sur les hantises de l’humanité : la mort et la condamnation éternelle ?
« Ecris, Jean ! » ordonna le Seigneur tout-puissant. Il indiqua ensuite précisément à qui la lettre devait être envoyée : aux responsables d’églises. (“les anges des sept églises” – ce qui veut dire littéralement “pasteurs”) et aux membres des églises qui propageraient cette nouvelle pour éclairer le monde entier (“les sept chandeliers”). « Ecris.. ce que tu as vu », ordonna la silhouette éclatante comme le soleil. « Ecris ce que tu vois maintenant et ce qui se passera plus tard ».
Voici la bonne nouvelle. Mettez-vous à la place de Jean. Le voilà un instant préoccupé par l’avenir de ses amis croyants luttant pour survivre par ces temps difficiles aux choix délicats et aux persécutions sanglantes. A l’instant suivant, le voilà debout devant le Seigneur de l’Histoire qui l’assure par sa présence même qu’il est encore aux commandes de l’humanité. Il a encore des plans pour son peuple et va nous confier son plan de rédemption et de renouveau pour cette terre. Peut-être avez-vous en ce moment un problème précis, désespéré même. Christ vient donc à vous maintenant et vous dit : « Je suis le Seigneur ! ma puissance va au-delà des circonstances et tu peux me faire confiance ». Sans tarder, les mauvaises nouvelles succèdent ensuite aux bonnes. L’ironie de la suite, des paroles transmises à Jean me rappellent ma dernière visite en Californie. Cet Etat venait de subir l’hiver le plus rigoureux de mémoire d’homme. Les vents s’étaient déchaînés, abattant des lignes électriques et plongeant les villes dans l’obscurité. Les eaux avaient malmené et secoué les villages du bord de mer, entraînant maisons et grèves, parcs et autoroutes dans un flot de boue épais. Des inondations avaient provoqué la mort de personnes, d’animaux, recouvrant des villes entières et des terres arables. C’était une sombre période et les media diffusaient une foule de remèdes divers pour pallier, la tempête du moment.
Et pourtant la première page du Times de Los Angeles annonçait des périodes encore plus difficiles à venir. Des savants de l’Institut de Technologie californien conseillaient à toute la population de l’Etat de se préparer à affronter un tremblement de terre aux proportions alarmantes. Les recommandations étaient claires. On préconisait des listes de vivres pour état d’urgence. On décrivait comment les stocker pour un retrait rapide. On indiquait nettement les mesures à prendre quand la terre tremblerait. « Eloignez-vous des immeubles aux parois vitrées. Restez sous une arcade solide ou précipitez-vous vers un endroit découvert. Ne sortez pas de vos demeures sans vous méfier des chutes de tuiles pesantes ou de morceaux de plâtre. Ecoutez la radio SOS urgences. Rassemblez vos réserves de médicaments et aidez votre voisin – à cause des routes bloquées et des ambulances en panne, il se peut que vous attendiez de l’aide pendant plusieurs jours ».
Imaginez ce pauvre Américain, pataugeant dans les ruines inondées de sa maison en bord de mer, apprenant que, bientôt, un séisme plongera les décombres dans la mer. Tel était le remède à double tranchant proposé aux croyants des sept églises d’Asie : c’est la mauvaise nouvelle indissociable de la bonne. Ils devaient déjà affronter des jours mauvais. C’est une réalité tangible et un avertissement communiqué aux églises par sept lettres individuelles. L’avenir ne sera pas plus rose, bien au contraire. Ce deuxième avertissement est donné par l’écho des sabots de chevaux des cavaliers de l’ Apocalypse, lorsque les sceaux seront ouverts et le futur révélé.
Savoir que Dieu a un plan pour sauver le monde est une bonne nouvelle. Mais, tout d’abord, le prophète conseille à son peuple de mettre sa vie en ordre. C’est le premier conseil qu’il prodigue, à court-terme, complet, avec des directives spécifiques quant à la marche à suivre. Jean fait un relevé de leurs péchés et les avertit des conséquences. Il les exhorte à triompher du mal. (Dans le chapitre suivant, nous étudierons ces sept lettres de recommandations aux croyants des premiers siècles, et leur actualisation pour vous et moi).
En second lieu, le prophète annonce des temps difficiles. Nous devons nous y préparer. C’est l’avertissement à long terme des quatre cavaliers de la mort et de la destruction chevauchant vers ces églises et vers nous. (La suite de ce livre sera centrée sur ces cavaliers, leur importance pour l’église du premier siècle et nous-mêmes). Savoir que nous pouvons à présent surmonter le péché, la faiblesse et la souffrance est une bonne nouvelle, ce faisant, nous devenons assez solides pour faire face à toutes ces choses futures.
Les parents de ma femme étaient missionnaires en Chine. Depuis sa tendre enfance, elle était donc bien placée pour voir comment Dieu prépara son église pendant ces temps troublés, pour résister aux tribulations à venir. Et les croyants chinois n’ont pas seulement survécu aux années de crises et de conflits, mais ils se sont multipliés et affermis au cours de ces périodes délicates de lois répressives et de souffrance. Ces bonnes et mauvaises nouvelles contiennent donc un grand espoir pour l’avenir. Les visions de Jean sur l’île de Patmos sont des signes indicateurs qui nous serviront de guide sur le chemin de cette vie.