Dieu prépare ses héros et le temps viendra où ils apparaîtront et le monde se demandera d’où ils viennent.A. W. Tozer
Bien souvent, la pluie qui tombe ressemble plus à l’ouragan Hugo de 1989 qui détruisit la vie de milliers de personnes sur son passage. Ce n’est que dans les contes de fées que les gens vivent des vies sans problèmes. Il se peut que nous croyions que certaines personnes échappent à la règle, mais si nous tournons les pages de leur vie nous verrons la grenouille qui ne s’est jamais transformée en beau prince ou la personne qui semble “née pour les problèmes.”
Vous avez déjà entendu se lamenter un enfant : “Ce n’est pas juste !” Il y a ceux qui ont fait leur fortune en tirant parti du malheur des autres. La Bible n’a jamais promis que la vie serait juste. La vie chrétienne qu’on décrit comme une page de magazine sur la vie de château ne nous prépare pas à la réalité où il arrive souvent que rien ne va plus. Sur cette terre, nous sommes en guerre et personne ne peut être excusé du combat.
Tout en priant et en remerciant Dieu de ce que le Mur de Berlin soit tombé et que l’Europe de l’Est s’ouvre à la démocratie et à la liberté religieuse, nous devons aussi nous rendre compte que de nouvelles tyrannies menacent la foi chrétienne. Ne nous complaisons donc pas dans nos sanctuaires.
Je connus deux chrétiens d’un pays du Bloc de l’Est qui travaillaient dans une station de radio chrétienne. Quand on leur demanda comment c’était d’être persécuté pour sa foi, ils répondirent : “Nous pensions que c’était la vie chrétienne normale.” Ils avaient raison. C’est nous qui vivons une situation anormale – pour le moment.
Certaines églises et émissions de télévision chrétiennes font un effort pour rendre le christianisme populaire et toujours positif. Ces initiatives réconfortent peut-être ceux qui trouvent la réalité trop dure à accepter. Mais le Nouveau Testament ne donne aucune indication que les chrétiens devraient s’attendre à jouir d’un bonne santé, de la prospérité et du succès dans ce monde. Jésus dit : “Si le monde vous haït, sachez qu’il m’a haï avant vous” (Jean 15.18). Le Christ n’a jamais dit à ses disciples qu’ils obtiendraient un trophée pour leur performance, mais il les a bien prévenus de s’attendre à des difficultés.
Ce monde s’intéresse au succès, non à la souffrance. Nous pouvons nous identifier à Jacques et à Jean qui voulaient une position privilégiée dans le Royaume. Pourquoi ne pas demander aussi un fauteuil et de la musique douce ?
Notre Seigneur fut tourné en ridicule, insulté, persécuté et enfin tué. Malgré l’opposition, il continua à “faire le bien”. Même ses ennemis ne pouvaient trouver aucune faute en lui. Il devint le plus grand enseignant de valeurs morales que le monde a connu, mais après seulement trois années de ministère public il fut exécuté comme criminel.
Les “bonnes” gens n’échappent pas à la souffrance dans cette vie. La Bible énumère en Hébreux 11 les héros de la foi, Juifs et Gentils, qui furent torturés, emprisonnés, lapidés, déchiquetés, et tués par l’épée. Ils ne portaient pas le dernier jeans à la mode mais se vêtaient de peaux d’animaux, vivaient dans le dénuement et la persécution. Ces premiers croyants erraient dans les déserts, traversaient les montagnes et se cachaient dans les grottes. C’étaient les sans-abri de cette époque ; ils n’avaient même pas de carton comme toit.
En Amérique aujourd’hui, être chrétien est parfois identifié à avoir une bonne santé. Certaines publications populaires sur la nutrition et la psychologie recommandent une vie spirituelle forte pour maintenir la santé du corps. Plusieurs de ces auteurs ont en quelque sorte mêlé la pensée religieuse orientale à une psychologie humaniste, mais d’autres ont gardé une saine doctrine biblique. Je crois que l’exercice physique et de bonnes habitudes alimentaires sont très importants, puisque la Bible enseigne que le corps est le saint temple de Dieu, mais je ne pense pas que des corps athlétiques remplacent l’engagement de la vie chrétienne. Quelques-uns des plus grands saints que j’ai connus furent ceux qui avaient une infirmité physique.
Joni Eareckson Tada en est un exemple vivant. Joni ne peut plus marcher et n’a qu’un usage limité de ses bras. Dieu l’a utilisée pour toucher des millions de vies, et cela grâce à son handicap. Elle est un plus grand témoignage à son amour que bien d’autres qui ont des corps solides. “Les exercices physiques sont utiles, mais à peu de choses ; l’attachement à Dieu, au contraire, est utile à tout” (1 Timothée 4.8).
La vocation de disciple ne se limite pas à ces douze hommes du premier siècle. Le Petit Robert dit que le disciple est la personne qui reçoit l’enseignement d’un maître, qui adhère aux doctrines d’un maître. Etre disciple de Jésus signifie apprendre de lui, le suivre. Il peut en coûter beaucoup.
Dans les premiers temps de son ministère, de grandes foules suivaient Jésus. Cependant, lorsqu’il commença à dire à ses disciples qu’ils devaient porter leur croix, “beaucoup de disciples se retirèrent et n’allèrent plus avec lui” (Jean 6.66).
La Bible prédit plusieurs sortes de souffrance. La liste ressemble au Livre des Martyrs de Foxes : persécutions pour la justice, injures et calomnies, fausses accusations, rejets, haine et mépris du monde et même de la famille, tentations, honte, emprisonnements, lapidation, coups, et la liste continue. Votre souffrance n’a peut-être rien à voir avec cette liste, parce que vous êtes unique et votre situation est unique aussi. Cette énumération vous a peut-être même troublé. Dans nos démocraties occidentales, peu de gens ont eu à subir de telles souffrances physiques à cause de leur foi. Cependant, il y a d’autres formes de souffrance.
Si vous avez déjà perdu votre emploi à cause de vos principes, vous connaissez une forme de souffrance. Si un ami ou un membre de votre famille vous a déjà accusé d’être un fanatique, vous vous êtes sans doute senti humilié. Si vous êtes adolescent et que vos meilleurs amis vous ont déjà exclu d’une fête à la plage, ce rejet vous a certainement fait beaucoup de peine.
Mais qu’en est-il du chrétien moyen ? Vivre pour Jésus-Christ est-il pour lui une priorité ? Malheureusement, il se peut que non. En Amérique, il est devenu à la mode d’aller à l’église, mais l’assistance aux réunions (ou aux croisades d’évangélisation) ne s’accompagne pas nécessairement de prières ferventes, d’étude biblique ou de changement dans la façon de vivre.
Le christianisme n’est pas un sport de spectateur ; il faut s’y engager pleinement. L’Ecriture dit : “Dès que quelqu’un est uni au Christ, il est un être nouveau : ce qui est ancien a disparu, ce qui est nouveau est là” (2 Corinthiens 5.17). Ceux qui croient devraient être différents de ceux qui les entourent. Ils sont devenus les membres de la société nouvelle, de la communauté nouvelle que Dieu a créée.
Trop d’émissions de télé et de radio chrétiennes cherchent à plaire, à divertir et à gagner la faveur des gens. La tentation est grande de compromettre l’Evangile, de le rendre plus attrayant et attirant.
A certaines occasions, lorsque nous faisions des campagnes d’évangélisation, j’ai regardé les caméras et j’ai pris conscience que plusieurs millions de personnes me regardaient. Je sais que j’ai dit bien des choses qui ont offensé certaines personnes, mais je ne peux me permettre de diluer l’Evangile. Comme Paul le dit en 1 Corinthiens 9.17 : “Je m’acquitte simplement de la charge qui m’a été confiée”, et c’est de prêcher le pur et simple Evangile dans toutes culture où je me trouve.
La Bible dit : “Ne vous coulez pas simplement dans le moule de tout le monde..Laissez-vous plutôt entièrement transformer par le renouvellement de votre mentalité” (Romains 12.2 La Parole Vivante). Charles Colson écrivait : “Si le christianisme est vrai – alors ça ne peut pas être un tiroir de classeur dans nos vies encombrées. Il doit être la vérité centrale autour de laquelle tournent toute notre conduite, toutes nos relations et toute notre philosophie”.1
1 Charles Colson, Against the Night (Ann Arbor, Mich. : Servant Book, 1989), 165.
Il est facile aux chrétiens de se laisser couler dans le moule du monde. Ce qui ne signifie pas qu’on doive rejeter la mode, porter des vêtements grossiers et vivre dans des taudis. C’est l’attitude du monde, plutôt que les apparences, qu’on ne doit pas adopter. Lorsque des non-croyants ne voient rien de différent dans la conduite des croyants, ils se demandent si leur profession de foi est sincère.
Notre rôle dans la vie n’est pas d’avoir du succès mais d’être fidèle. Beaucoup de chrétiens aimeraient entendre la foule dire d’eux “Quel type sensationnel” plutôt que le Maître dire “Bien fait, bon et fidèle serviteur”.
Dietrich Bonhoeffer était un brillant jeune pasteur allemand né d’une famille aristocratique, riche et bien éduquée. A l’âge de trente-sept ans, il fut emprisonné par le gouvernement nazi à cause de sa supposée complicité dans un complot pour assassiner Hitler. Il n’y eut aucun procès, mais deux années plus tard, vers la fin de la guerre, Bonhoeffer fut exécuté. Ses compagnons de prison qui survécurent rapportèrent un message qu’il envoya à un ami : “Dis-lui que pour moi c’est la fin mais aussi le commencement.” Bonhoeffer connaissait le prix à payer pour suivre Jésus.
Beaucoup de chrétiens veulent les avantages de leur foi, mais ils hésitent à en payer le prix. Redisons-le encore, il y a des choix à faire. Moïse avait le choix de suivre Dieu ou de jouir de la vie en Egypte. Héritier du trône de Pharaon, il pouvait avoir la belle vie ; il ne désirait nullement souffrir ni se sacrifier, pas plus que nous, mais il choisit de suivre Dieu. “Il préféra être maltraité avec le peuple de Dieu que de jouir du péché pendant quelque temps” (Hébreux 11.25).
Le salut est gratuit, mais il y a un prix à payer pour suivre Jésus. Il n’est jamais dit dans les Ecritures que nous pouvons avoir “Christ et …” ; c’est toujours “Christ ou …” Christ ou César, Christ ou le monde, Christ ou l’antichrist. Et vous, quelle est votre alternative : Christ ou … ?
Jésus dit : “Celui qui n’est pas avec moi est contre moi ; et celui qui ne m’aide pas à rassembler, disperse.” (Matthieu 12.30) Suivre Christ a été rendu trop facile. Il est aisé de le suivre lorsqu’on a la sécurité et le confort, la bonne santé, une famille unie, et trois repas (plus les goûters) par jour. Mais lorsque ce monde s’écroule, seule une foi solide peut nous soutenir.
Dans un pays où les chrétiens sont regardés avec soupçon et mépris, un leader du gouvernement m’a dit en clignant des yeux : “Les chrétiens semblent prospérer sous la persécution. Peut-être que si nous leur rendions la vie plus facile, alors ils disparaîtraient.”
Gretchen était une femme qui vit son monde s’écrouler presque d’un seul coup. Sans sa foi en Dieu, elle aurait pu demeurer le reste de sa vie cachée dans une chambre sombre.
Elle raconta son histoire, assise à sa terrasse en Californie ; le soleil éclatant accentuait son visage cruellement défiguré. En voyant l’orbite vide d’un de ses yeux, son nez reconstruit, sa peau marquée de cicatrices, et son bras manquant, on voyait tout de suite qu’elle avait dû être impliquée dans un accident terrible. Pourtant sa beauté transparaissait. L’éclat transcendant de sa force intérieure n’avait rien de fabriqué.
Avant ce jour terrible, Gretchen vivait une vie ensoleillée. Belle, riche, mariée à un homme attentif, elle semblait vivre le rêve de toute jeune fille. Dans le cauchemar qui l’attendait, elle allait tout perdre, mais aussi gagner beaucoup plus encore.
Elle resta dans le coma pendant six semaines après l’accident. Quand elle comprit finalement qu’elle n’aurait plus de visage, elle ne voulut plus voir personne. La télévision devint son compagnon et ce fut au cours de l’une de ses soixante-dix opérations ou plus qu’elle vit l’une de nos Croisades et donna sa vie à Christ.
Après sept années de réclusion, elle comprit qu’elle ne pouvait plus se cacher. Elle savait que Dieu l’avait sauvée pour quelque chose. Elle devint bénévole dans un centre de réhabilitation où ses propres infirmités lui donnaient de la crédibilité auprès de ceux qu’elle voulait aider. Lorsqu’on lui demanda quelle était sa plus grande joie, elle répondit : “C’est la joie de me réveiller chaque matin et de savoir que rien n’arrive par accident.”
Les marques de la croix ne doivent pas être confondues avec des mesures d’austérité qu’on s’impose à soi-même ou à une ascèse médiévale version modernisée. Nous ne devons pas délibérément rechercher la souffrance sous prétexte que nous pourrions gagner quelque mérite particulier auprès de Dieu. L’ascétisme n’est pas en soi une vertu.
Amy Carmichael écrivit :
La route étroite et resserrée il suivit,
“Entre dans ma joie,” dit Dieu.
Le triste ascète se rasa la tête,
“J’ai perdu le goût de la joie,” répondit-il.
Christ avertit ses disciples : “Quand vous jeûnez, ne prenez pas un air triste comme font les hypocrites : ils changent de visage pour que tout le monde voie qu’ils jeûnent” (Matthieu 6.16). Il les prévenait de ne pas se vanter des épreuves qu’il avaient en quelque sorte provoquées.
Porter notre croix ne signifie pas se vêtir de sacs et arborer un visage triste. Certaines personnes que nous rencontrons s’imaginent que le moindre mal de tête fait partie de leur Croix à porter. Elles prennent l’air de martyrs chaque fois qu’on leur fait quelque critique, ce qu’elles ont parfois bien mérité ! Notre bénédiction tient à ce que des gens disent faussement du mal de nous à cause de Christ.
On a écrit un livre sur moi qui contient de grossières erreurs. Au début, j’étais offensé, mais ensuite je me suis mis à rire parce que je venais de prêcher sur la bénédiction qu’on reçoit lorsqu’on est faussement accusé et Dieu me donnait une illustration très personnelle.
Les chrétiens devraient être une influence d’ailleurs, une minorité dans un monde païen. Nous sommes la “lumière du monde”, et la lumière expose le mal. Nous sommes le sel, ce qui ajoute de la saveur. Si nous sommes en paix avec le monde, c’est peut-être que nous avons perdu notre saveur en nous laissant aller à des compromis.
Dwight L. Moody a dit un jour : “Si le monde n’a rien à dire contre vous, prenez garde que Jésus-Christ n’ait rien à dire pour vous.”
Je ne suis pas en train de vous suggérer que nous devrions vivre en nous attendant à des difficultés à tous les détours. Certaines personnes passent tellement de temps à s’inquiéter de ce qui pourrait arriver qu’ils en oublient de vivre au présent. A chaque jour suffit sa peine. Après tout, aujourd’hui est le demain dont vous vous inquiétiez tant hier.
Jésus savait que ses disciples se faisaient du souci pour leur avenir, et lorsqu’il leur parla à la fin de son ministère, la veille même de sa mort, il leur dit : “Je vous ai dit tout cela pour que vous ayez la paix dans l’union avec moi. Vous aurez à souffrir dans le monde. Mais soyez courageux ! J’ai vaincu le monde” (Jean 16.33).
Les problèmes sont différents pour chacun de nous, qu’il s’agisse d’argent, de ménage, de santé, de solitude, de milieu. Jésus a dit à ses disciples qu’ils auraient des difficultés. Mais il a aussi promis sa présence avec nous, non pas pour nous délivrer de nos problèmes, mais pour être avec nous dans les difficultés et nous donner le pouvoir de surmonter tous les obstacles qui entravent notre chemin.
Nancy Bate, l’une de nos recherchistes, est un exemple éloquent de cette vérité. Elle a un très bon sens de l’humour et c’est un véritable plaisir d’être avec elle. Nancy a été heurtée par une voiture lorsqu’elle avait dix-sept ans et elle a eu le dos fracturé. Elle est paraplégique. Et c’est une chrétienne “contagieuse”.
Quand l’apôtre Jean rapporta le message de Christ à l’église de Smyrne, il écrivit : “N’aie pas peur de ce que tu vas souffrir. Ecoute : le diable va vous mettre à l’épreuve en jetant plusieurs d’entre vous en prison; vous aurez à souffrir. Sois fidèle jusqu’à la mort, et je te donnerai la couronne de vie” (Apocalypse 2.10).
Après avoir été prisonnière à Ravensbruck, ce fameux camp de concentration pour femmes, Corrie voyagea à travers le monde pour raconter son histoire de souffrance et de joie. Pendant trente-trois années, elle n’eut pas de résidence permanente. A quatre-vingt-cinq ans, ses amis lui offrirent une jolie maison en Californie. C’était un luxe qu’elle n’avait jamais rêvé avoir.
Un jour, son ami et cinéaste, le feu Jimmy Collier lui dit au moment de quitter sa maison : “Corrie, Dieu n’a-t-il pas été bon de vous avoir donné cette belle maison ?”
Elle reprit avec fermeté : “Jimmy, Dieu était bon aussi quand j’étais à Ravensbruck.”
Aucune souffrance que l’un des siens endure à cause de Lui n’est jamais en vain. Vivre pour Christ, marcher dans ses voies, ne sera pas une route facile. Le chemin de la croix est dur, mais Jésus n’a jamais dit qu’il serait aisé.
Les principes bibliques concernant la souffrance n’ont pas changé depuis qu’ils ont été écrits pour nous dans la Parole de Dieu. Quelques-uns d’entre nous mourront peut-être ou du moins souffriront pour leur foi. Le vingtième siècle a vu plus de gens torturés et tués pour le Christ que tout autre siècle. Notre génération a connu ses martyrs, comme Paul Carlson, le missionnaire du Congo qui fut tué en tentant d’en sauver d’autres. Jim Elliot a été tué, avec quatre de ses amis, en essayant d’apporter l’Evangile aux Indiens Auca en Ecuador. L’évêque Luwum, l’archevêque de l’Eglise anglicane de l’Ouganda, fut abattu à bout portant dans la tête.
Festo Kivengere parlait à Asheville, en Caroline du Nord, et dit au sujet du martyre de Luwum : “Quand un homme a vécu pour Dieu, prêché l’Evangile sans crainte, s’est opposé à la cruauté, à l’injustice et à l’oppression avec courage, et a cependant exprimé la vérité avec grâce et dans l’amour, quand cet homme scelle son témoignage avec son sang, ce n’est pas tragique, c’est glorieux !”
Lorsque Ruth était en Suède, son interprète, Gunvar Paulson lui raconta que lorsqu’elle était dans l’Armée du Salut en Rhodésie, des insurgés firent irruption et assassinèrent plusieurs personnes. Ses collègues furent tués. Elle seule fut épargnée, mais malgré de nombreuses opérations, elle n’a plus qu’un usage limité de son bras gauche. Spontanément, Ruth lui dit : “Quel honneur pour moi de m’asseoir près de vous ; je n’ai jamais eu à souffrir pour le Seigneur.”
Mlle Paulson reprit : “Croyez-moi, en dépit de tout ce qui se passait autour de moi, j’avais un sentiment si fort de la présence de Dieu que c’était une pure joie !”
Quand David Livingstone revint à son Ecosse natale après seize années difficiles comme missionnaire en Afrique, son corps était émacié par les ravages des vingt-sept différentes fièvres qui avaient circulé dans ses veines pendant ses années de service. L’un de ses bras pendait inutile à son côté ; un lion l’avait mutilé. Il parlait aux étudiants de l’Université de Glasgow et l’essentiel de son message à ces jeunes gens était ceci : “Vous dirais-je ce qui m’a soutenu au cours de l’adversité et de la solitude de mon exil ? C’était la promesse de Christ : “Je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin.”
Cette promesse est pour nous aussi.