Jeunesse

Un remède contre le souci

Se faire du souci est une mode universelle — les grands hommes se font du souci et les gens du commun s’en font aussi — les uns à propos de problèmes mondiaux, les autres à propos de leurs problèmes personnels.

J’ai parlé avec des chefs politiques et religieux de plusieurs continents et j’ai découvert en eux un grand pessimisme quant à l’état actuel du monde. Plusieurs d’entre eux sont inquiets, préoccupés et anxieux.

Certains m’ont dit que les forces du matérialisme vont gagner le monde, et qu’elles ne le feraient pas par la guerre mais par des moyens pacifiques. Ils pensent que nous nous sommes préparés pour une fausse guerre et que celle à laquelle nous nous attendons ne viendra jamais. La bataille que nous perdons, disent-ils, c’est la bataille psychologique, et intellectuelle, celle de la propagande idéologique. Ce qui trouble ces chefs, c’est que même si nous revenions en arrière et que nous changions notre tactique, il se pourrait qu’il soit déjà trop tard. Un chef d’Etat m’a dit franchement : « Je crains bien que c’en soit fait de nous, bien qu’il puisse encore se passer plusieurs années avant la capitulation. » Aussi, les chefs du monde se font des soucis pour le passé, le présent et l’avenir.

Des milliers de gens ne se préoccupent pas de ces grands problèmes internationaux, mais ils ont leurs propres anxiétés et leurs propres soucis. Le souci et l’anxiété ont hanté la race humaine depuis le commencement des temps, et l’homme moderne, avec toutes ses innovations, n’a pas trouvé de remède contre la peste du souci.

Les Grecs de l’antiquité, par exemple, décrivaient le souci comme un écartèlement de l’homme déchiré par des forces tirant chacune de leur côté. Les Saxons le représentaient comme un animal sautant à la gorge de l’homme, comme un loup étranglant un mouton.

Les gitans disent qu’un homme triste est un homme malade et que la maladie est le résultat de l’anxiété. C’est pourquoi, quand l’un d’entre eux tombe malade dans leur camp, ils lui font la sérénade avec leurs instruments, espérant arriver à le rendre heureux et à le guérir.

Ce que peut faire le souci

Les médecins nous disent que soixante-dix pour cent de toutes nos maladies sont d’ordre psychique, leur cause étant la détresse morale et le souci. En lisant les centaines de lettres qui m’arrivent provenant de gens chargés de problèmes spirituels, je suis convaincu que tout en haut de la liste il y a le souci. Il a été d’autre part reconnu par des médecins spécialistes du cœur que le souci est la cause principale de troubles cardiaques.

Les psychiatres nous disent que le souci engendre les dépressions nerveuses et les désordres mentaux. Le souci est plus apte que le temps à creuser des rides profondes sur nos visages, il est désastreux pour la santé, enlève sa vigueur à la vie, obstrue notre pensée constructive et créatrice et rend l’âme infirme.

Sir Walter Raleigh était oppressé par une grosse dette qu’il avait contractée. Son médecin lui dit un jour : « Sir Walter, si vous n’arrêtez pas de vous faire du souci, vous allez mourir. » Il leva la tête tristement et dit : « Je ne puis m’empêcher de me faire du souci, tant que cette dette est là devant moi. Cela me tuera peut-être, mais vous pourriez tout aussi bien demander à ma cuisinière d’empêcher l’eau qu’elle met sur le feu de se mettre à bouillir que d’ordonner à mon cerveau de ne pas se faire du souci. »

Avant de chercher un remède contre le souci, nous devrions tout d’abord reconnaître qu’une grande partie de la misère humaine ne vient pas de difficultés réelles, mais de leur anticipation. J’ai demandé une fois à une dame âgée, qui était clouée sur son lit, comment elle se sentait. Elle me répondit : « Je me sens très bien aujourd’hui, mais je le repaierai demain probablement. »

Aucune difficulté n’affecte autant l’esprit et ne porte autant sur les nerfs que celle qui n’est pas fondée. Le psalmiste a dit : « Ne t’irrite pas. » (Psaume 37.1.) Ce texte veut dire que l’irritation, les plaintes et les angoisses de l’esprit sont souvent fabriquées de toutes pièces et que souvent la meilleure manière de résoudre un problème est de changer d’attitude et de modifier sa pensée. Quelqu’un a dit : « Le souci est un vieillard à la tête courbée en avant, portant un fardeau de plumes qu’il croit être de plomb. »

La Bible dit : « A celui qui est ferme dans ses sentiments, tu assures la paix. » (Esaïe 26.3.) Une grande proportion de nos ennuis est causée par notre égocentrisme. L’esprit humain n’est pas censé être limité à une dimension si étroite. Il doit pouvoir s’envoler, rêver, espérer et se confier. Quand nos yeux sont tournés vers l’intérieur au lieu de regarder en haut, nous souffrons de myopie spirituelle.

Anticiper des difficultés fait paraître les incidents plus grands qu’ils ne le sont et les ennuis qui n’arrivent jamais nous chargent d’un fardeau imaginaire qui broie l’esprit. Ce sont des spectres, manquant autant de substance qu’un cauchemar et nous dépensons la force que nous devrions réserver pour un travail constructif à lutter contre des problèmes qui n’existent même pas.

Dieu prend-il soin de vous ?

Mais j’aimerais vous parler de soucis réels et non imaginaires. En toute franchise, nous devons admettre que dans un monde noyé dans le mal, les tentations et la détresse, il y a de quoi se préoccuper et s’inquiéter.

Dieu nous a-t-Il donc laissés seuls pour nous débattre dans les épreuves et dans les tentations de la vie ? Non. Jésus-Christ, notre Seigneur et notre Sauveur, nous a dit très précisément ce que nous devions faire de nos soucis. La Bible nous offre une recette efficace contre les soucis et les inquiétudes.

L’apôtre Pierre, qui avait enduré de grandes difficultés et subi d’intenses persécutions, nous donne la première réponse : « Déchargez-vous sur lui de tous vos soucis, car il prend soin de vous. » (1 Pierre 5.7.) Quelqu’un a dit que nous portions tous trois fardeaux : le premier, c’est le passé qui est chargé de culpabilités, de souvenirs malheureux et de devoirs non accomplis. Le second, c’est le présent qui est submergé de soucis et d’inquiétudes à propos de la vie quotidienne. Le troisième, c’est l’avenir qui nous remplit de crainte, de terreur et d’épouvante.

Que devons-nous faire de ces inquiétudes passées, présentes et futures ? La Bible nous dit que nous devons nous en décharger sur Christ. Notre passé coupable, notre présent chargé d’inquiétude et notre avenir plein d’inconnues doivent être remis à Dieu. Tous les fardeaux et toutes les anxiétés de l’homme sont compris dans ces trois mots : passé, présent, avenir.

Pour la culpabilité du passé, Dieu dit : « Je t’ai racheté. » (Esaïe 44.22.) « Je t’aime d’un amour éternel. » (Jérémie 31.3.) « Le sang de Jésus, son fils, nous purifie de tout péché. » (1 Jean 1.7)

Pour le présent, Christ dit : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » (Matthieu 28.20.) Cette promesse devrait suffire à enlever toute anxiété du moment présent. Si celui qui porte les fardeaux est avec nous, pourquoi devrions-nous être écrasés par eux ? Il faut vraiment déposer le fardeau de nos soucis sur Dieu. Avez-vous déjà observé un camion qui se déleste de sa charge ? Il ne serait d’aucune utilité s’il portait son chargement sans jamais s’en débarrasser. Le chauffeur presse simplement sur un bouton où tire sur un levier et le lourd chargement se déverse à l’endroit voulu. Nous n’avons pas été créés pour être écrasés sous le poids de nos soucis. Nous devons presser le bouton de la foi ou tirer le levier de la confiance et décharger nos fardeaux sur Celui qui a dit qu’il les porterait. Déposez sur Lui votre inquiétude du moment présent, car Il prend soin de vous, dit la Bible.

Les soucis de l’avenir sont effacés par ses promesses : « Ne vous inquiétez donc pas du lendemain. Préoccupez-vous d’abord du Royaume de Dieu et de la vie juste qu’il demande, et Dieu vous accordera aussi tout le reste. » (Matthieu 6.33, 34) Cette promesse — si nous la saisissons — enlève toute humeur chagrine et donne un sens à la vie. Elle rétablit un équilibre et rend heureux. L’ennui, la tension, l’inquiétude se perdent dans la splendeur de sa grâce merveilleuse.

Quelle différence !

J’ai trouvé un jour le texte de cette prière que nous devrions prononcer : « Dieu, donne-moi la sérénité d’accepter les choses que je ne peux pas changer, le courage de changer celles qui peuvent être changées et la sagesse de les reconnaître les unes des autres. » Le doyen Eng a déclaré : « Les soucis sont les intérêts des difficultés payés avant l’échéance. » Déchargeons-nous de nos soucis sur Lui, nous souvenant qu’« Il est notre aide chaque matin et notre délivrance au temps de la détresse ! » (Esaïe 33.2.)

La confiance est la seconde réponse à l’anxiété. Nous devons tout d’abord nous décharger de nos soucis sur le Seigneur et cela doit être une attitude continuelle. Mais nous ne devons pas seulement apporter nos anxiétés au Seigneur, nous devons aussi les y laisser. Une anxiété sans cause est contraire aux leçons de la nature.

Quelqu’un a écrit cette petite histoire : « Le rouge-gorge dit au moineau : J’aimerais vraiment bien savoir pourquoi les êtres humains sont inquiets, pourquoi ils courent en tous sens et se font tant de soucis. Le moineau lui répondit : Ami, je pense que c’est parce qu’ils n’ont pas comme nous de Père céleste qui prenne soin d’eux. »

Jésus a donné en exemple l’attitude insouciante des oiseaux pour illustrer le fait que l’inquiétude n’est pas naturelle. « Regardez les oiseaux qui volent dans les airs, ils ne sèment ni ne moissonnent, ils n’amassent pas de récoltes dans des greniers, mais votre Père qui est au ciel les nourrit ! » (Matthieu 6.26.) Puis Il parle des fleurs des champs. « Pourquoi vous inquiétez-vous au sujet des vêtements ? Observez comment poussent les fleurs des champs : elles ne travaillent pas et ne fabriquent pas de vêtements. Pourtant, je vous le dis, même Salomon, avec toute sa richesse, n’a pas eu de vêtements aussi beaux que l’une de ces fleurs. » (Matthieu 6.28 et 29.)

Oui au travail, non à l’inquiétude

Jésus ne nous dit pas de rester sans rien faire. Les oiseaux sont très actifs, ils se lèvent tôt le matin et cherchent la nourriture que Dieu leur fournit. Les fleurs s’épanouissent et sont merveilleusement parées, mais leurs racines s’enfoncent profondément pour atteindre les ressources que Dieu a mises dans le sol pour leur croissance.

Les Oiseaux nous rappellent que la nourriture ne devrait pas être notre souci principal et les fleurs des champs nous montrent que ce n’est pas la préoccupation que nous portons à notre apparence qui nous rend beaux. Remarquez aussi que Jésus a dit : « Les oiseaux qui volent dans les airs » et « les fleurs des champs ». Les oiseaux apprivoisés et les fleurs cultivées sont soignés par des mains humaines, mais les oiseaux et les fleurs sauvages sont l’objet des soins de Dieu Lui-même.

Deux forces contradictoires ne peuvent cohabiter dans le cœur humain. Là où règne le doute, la foi ne peut vivre. Là où la haine domine, l’amour est chassé. Là où l’égoïsme prime, la charité ne peut subsister. Là où l’inquiétude s’installe, la confiance ne peut demeurer.

Le meilleur remède pour bannir l’inquiétude se trouve dans le psaume 37 : « Recommande ton sort à l’Eternel, mets en lui ta confiance et il agira. » (Psaumes 37.5.) Recommander veut dire ici remettre, faire entièrement confiance.

Il y a quelques années, quelqu’un avait donné un dollar à mon fils. Il me l’apporta en disant : « Papa, garde-le-moi. » Mais, quelques minutes plus tard, il revint et me dit : « Papa, je crois que je ferais mieux de garder moi-même mon dollar. » Il le mit dans sa poche et sortit jouer. Peu après il revint, les yeux pleins de larmes : « Papa, j’ai perdu mon dollar, aide-moi à le retrouver. » Combien souvent nous remettons nos fardeaux au Seigneur puis nous ne lui faisons plus confiance et nous reprenons les choses en mains. Alors, lorsque nous avons tout gâché, nous prions : « Seigneur, aide-moi, je suis en difficulté. »

Doutons-nous de Dieu ?

Les trois étapes sont donc : premièrement, « recommande ton sort à l’Eternel » ; deuxièmement, « mets ta confiance en Lui » et, troisièmement, « Il agira ». En d’autres termes : « Amenez vos fardeaux au Seigneur et laissez-les là. »

Je sais que la vie moderne éprouve la foi des plus grands chrétiens, mais aucun de nous ne devrait douter que Dieu veuille nous donner une grâce suffisante pour traverser nos épreuves, et cela même au sein des tensions du XXe siècle. Dans toute l’agitation du monde, le chrétien ne devrait pas se tordre les mains de désespoir et dire : « Que faut-il faire ? » et il ne devrait pas être plus tendu nerveusement ou plus soucieux que d’autres. Le chrétien doit avoir confiance : il sait que Dieu règne toujours, qu’il est un Dieu souverain accomplissant toutes choses selon son dessein. Les Ecritures se réalisent de nos jours et si la situation du monde était autre, il y aurait de quoi se poser des questions. Dans le vingt-quatrième chapitre de l’Evangile de Matthieu, Christ a prédit que tous ces événements arriveraient.

La paix personnelle

Des cheminots des chemins de fer britanniques ont trouvé un jour le nid d’une grive construit sous un rail, Dans ce nid, la femelle couvait paisiblement, indifférente au fracas des trains qui passaient au-dessus et autour d’elle. La Bible dit : « A celui qui est ferme dans ses sentiments, tu assures la paix, la paix parce qu’il se confie en toi. » (Esaïe 26.3.) Croyez-moi, la grâce de Dieu est plus que suffisante pour notre temps. Jour après jour, dans ma vie, j’apprends à garder mon esprit centré sur Christ, et les soucis, les inquiétudes et les anxiétés du monde s’éloignent et seule une paix parfaite demeure.

Dieu a pris la responsabilité de nos soucis et de nos inquiétudes. Qui de nous ne s’est pas demandé, dans des moments de chagrin et de difficultés, si Dieu se préoccupait de lui ? Le psalmiste a exprimé nos sentiments quand il a dit : « Tout refuge est perdu pour moi, nul ne prend souci de mon âme. » (Psaumes 142.5.) Marthe, trop occupée par ses devoirs domestiques, a dit à Jésus : « Seigneur, cela ne te fait-il rien ? » (Luc 10.40.) Combien de mères de famille dévouées et aimantes n’ont-elles pas dit alors qu’elles étaient écrasées par le poids de leurs responsabilités maternelles : « Seigneur, cela ne te fait-il rien ? » Les disciples, balancés sur la mer déchaînée, se sont écriés : « Maître, ne t’inquiètes-tu pas de ce que nous périssons ? » (Marc 4.38.)

Cette question a reçu une réponse à tout jamais dans ces paroles rassurantes de Pierre : « Il prend soin de vous. » (1 Pierre 5.7.) Voilà la Parole de Dieu, et le monde prendra fin avant qu’elle ne soit modifiée. Vous pouvez être absolument certain que Dieu prend soin de vous, et s’il prend soin de vous, Il a promis de porter vos fardeaux et vos soucis, alors plus rien ne doit vous désespérer.

Un exemple de confiance

On raconte l’histoire d’une petite fille qui traversait la première fois l’Atlantique à bord d’un avion dont son père était le pilote. Durant la nuit, l’avion dut traverser de graves turbulences. L’hôtesse réveilla la fillette et lui demanda d’attacher sa ceinture. La petite fille ouvrit les yeux, vit les éclairs qui s’allumaient tout autour de l’avion et demanda : « Est-ce papa qui est aux commandes ? » — « Oui, répondit l’hôtesse, ton père est dans la cabine de pilotage. » La fillette sourit, ferma les yeux et se rendormit paisiblement.

Dieu est dans la cabine de pilotage. Il conduit nos vies. Nous pouvons avoir la paix et la joie au sein des soucis et des anxiétés de la vie si nous mettons notre confiance en Lui.

Mais la question que je désire vous poser à vous qui êtes accablés par les soucis et les inquiétudes est celle-ci : « Etes-vous un enfant de Dieu ? Etes-vous à Christ ? Avez- vous placé votre vie entre ses mains ? Si vous ne l’avez pas fait, alors vos craintes et vos difficultés sont justifiées, car il n’y a aucune sécurité ni pour maintenant ni pour l’avenir en dehors de Lui. »

Mettre les choses à leur place

Nous devons nous décharger de nos péchés sur Christ avant de pouvoir nous décharger sur Lui de nos soucis. Il nous faut tout d’abord dire : « Pardonne-nous nos offenses » avant de pouvoir prier : « Délivre-nous du mal. » C’est l’ordre divin des choses. Nous devons être à Christ avant de pouvoir nous décharger sur Lui de nos fardeaux.

La Bible dit : « Jésus-Christ est le même hier, aujourd’hui et pour toujours. » (Hébreux 13.8.) Il est le Sauveur de notre passé, pardonnant notre culpabilité. Il est le Christ d’aujourd’hui, partageant nos chagrins et portant nos fardeaux, et Il est le Christ de l’avenir, notre Alpha et notre Omega, notre joyeux commencement et notre glorieux couronnement.

Ne regardez pas au passé avec chagrin, il ne reviendra pas. Avec sagesse, améliorez le présent en remettant votre péché et vos fardeaux au Sauveur. Puis, avec Lui, avancez à la rencontre de l’avenir avec confiance, parce qu’il est Lui, le Dieu de l’avenir.

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