Un monde en flammes

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DES FLAMMES QU’ON NE PEUT MAÎTRISER

Il y a quelques années, un incendie de forêt se déclara sur la montagne qui se dresse derrière notre maison. Les flammes furent aperçues par des gardes forestiers qui, d’une colline avoisinante, surveillent jour et nuit la région. L’incendie prenait des proportions immenses et s’avançait rapidement vers notre maison quand on nous avertit de nous préparer à évacuer. Les pompiers vinrent et nous combattîmes le feu toute la nuit, jusqu’à ce qu’il fût maîtrisé.

Le monde est en feu, et l’homme sans Dieu ne sera jamais capable de maîtriser cet incendie. Les démons de l’enfer sont lâchés. Les flammes de la passion, de l’envie, de la haine et de la convoitise sont en train de ravager le monde. Nous nous avançons follement, tête baissée, vers Harmagédon.

Peu de temps avant sa mort dans un accident d’avion, il y a de cela déjà bien des années, je rencontrai M. Dag Hammarskjöld dans son bureau des Nations Unies. Il me parut très déprimé durant notre entretien. Regardant la ville de New York par sa fenêtre, il dit calmement : « Je ne vois aucun espoir de paix permanente pour le monde. Nous avons essayé avec tellement d’acharnement et nous avons échoué si misérablement. » Il s’arrêta un moment, me regarda et poursuivit : « Si le monde ne passe pas par une nouvelle naissance spirituelle durant les quelques années qui viennent, la civilisation est condamnée. »

Notre génération passera par le feu, elle est dans la tourmente, et elle est destinée à vivre au sein des crises, du danger, de la crainte et de la mort. Nous sommes semblables à un peuple condamné à la peine capitale et attendant que la date de son exécution soit fixée. Nous sentons que les choses ne peuvent continuer à aller au train où elles vont et qu’un événement va se produire. L’histoire est engagée dans une impasse. Nous ne pouvons éviter la collision. Quelque chose va céder.

Jean-Paul Sartre a dit qu’il n’y avait pas d’issue au dilemme humain. Sir Winston Churchill a parlé du dilemme mondial en ces termes : « Nos problèmes nous dépassent. » Les flammes rampent dans le monde entier — le toit va s’effondrer — l’homme est pris dans un incendie dont la rage ne peut être maîtrisée.

Quelles sont quelques-unes de ces flammes qui nous menacent de destruction ?

Les flammes de la démographie

L’explosion de la population mondiale nous déconcerte et nous effraie. L’éminent historien anglais Arnold Toynbee a dit que si une guerre nucléaire éclatait, il ne resterait pas assez d’hommes pour maintenir la civilisation, mais que si une telle guerre n’avait pas lieu, la trop grande quantité d’êtres humains vivant sur la terre y rendraient la vie intolérable et impossible. Les statistiques nous déroutent en nous montrant la rapidité avec laquelle le taux des naissances augmente par rapport à celui des décès.

La population du monde, au début de l’histoire écrite, fut estimée à 125 000 personnes. Au temps où Christ était sur la terre, il y avait environ 130 millions d’hommes sur notre planète. La population a crû si rapidement depuis, que trois pour cent de tous les êtres humains qui ont vécu depuis le début de l’histoire sont en vie aujourd’hui. A la fin du siècle, en l’an 2000, la population mondiale aura dépassé six milliards et demi. A partir de l’an 2000, les statistiques s’égarent.

Les résultats de cet accroissement sont fantastiques. Dans six générations par exemple, si l’augmentation actuelle continue, les Etats-Unis auront neuf milliards d’habitants, soit trois fois la population mondiale actuelle. Le pays entier ne sera plus qu’une grande ville, Les savants parlent maintenant d’œcuménopolis, ou de métropole mondiale ! Nous pouvons nous imaginer, la nature humaine étant ce qu’elle est, quel terrible avenir nous attend si cette explosion de population ne se ralentit pas.

Le monde se trouve maintenant devant un problème biologique aussi bien que devant un problème politique. Sommes-nous capables de rassembler la volonté, la sagesse et la compassion nécessaires pour affronter le problème toujours plus grand de la surpopulation ? Aucun projet d’assistance sociale ou d’aide altruiste visant à partager les richesses ne peut, ni dans le présent ni dans l’avenir, avoir de grande signification si le nombre d’hommes excède les richesses à partager. Ainsi les hommes sont devenus une arme qui pourrait à la fin amener leur propre destruction. L’énergie sexuelle est une des flammes dont on a perdu le contrôle.

Les flammes de l’anarchie

La Bible dit : « Le péché est la transgression de la loi. » (1 Jean 3.4.) Le mot « transgression » pourrait se traduire par « anarchie ». Jésus a annoncé que lorsque la fin de l’histoire approcherait, une rébellion contre la loi et contre l’ordre établi jaillirait de partout. La révolte et le dérèglement existent maintenant à une échelle inconnue dans le monde jusqu’aujourd’hui. Les enfants s’élèvent contre leurs parents à un tel point que bien des parents ont peur de leurs enfants. Les adolescents s’insurgent contre leurs professeurs, les étudiants se révoltent contre les autorités administratives. On cherche d’une manière organisée à mépriser le policier, à se moquer de lui et à le rabaisser. Tout ceci marque un manque de respect général à l’égard de la loi et de l’ordre établi.

Nous devrions être choqués à la pensée que dans bien des pays le crime organisé est l’affaire qui rapporte le plus. L’un des plus grands escrocs américains a déclaré avec fierté il n’y a pas très longtemps : « Le crime organisé est plus puissant que le Gouvernement des Etats-Unis. »

Le crime organisé coûte un pourcentage énorme du revenu national de chaque pays, et il arrive à former un Etat dans l’Etat. Dans certains pays, la lutte contre les délits coûte davantage que les programmes d’éducation et d’assistance sociale réunis. Le crime organisé, avec ses syndicats, son milieu, ses escrocs et sa mafia, en arrive presque à diriger quelques-unes des plus grandes villes du monde. Et il y a encore le crime non organisé, qui est tout aussi terrible, s’il n’est pas pire. Le nombre des crimes augmente avec une telle rapidité que nous sommes maintenant à deux doigts de la rébellion et de l’anarchie ouverte. La nuit tombée, il est dangereux de parcourir les rues de la plupart des villes. Dans certaines régions, les gens vivent dans la crainte et la terreur. Tout se passe comme si une force sinistre et surnaturelle était déchaînée. Les rues de nos localités se changent en jungles où règnent la peur, le banditisme, le viol et la mort. Le fléau de la criminalité menace d’engloutir notre société; la fréquence des crimes s’élève et les fondements moraux du monde s’écroulent. Le chef de la police d’une grande ville m’a confié récemment : « Il est évident que le crime paie. » Il m’a dit aussi que plus de la moitié des délinquants de sa ville sont en liberté. La plupart d’entre eux ne sont jamais soupçonnés, et, contre ceux qui sont attrapés, la police a une peine immense à trouver des preuves qui satisfassent les tribunaux.

Quelle est la réponse au problème de la criminalité ? Est-ce une police renforcée, une éducation plus poussée ou des châtiments plus stricts ? Pourquoi les nations les plus riches ont-elles le taux de criminalité le plus élevé ?

Durant ces dernières décennies, nous avons prêché que la morale était relative, et maintenant nous récoltons ce que nous avons semé. Les tendances du système d’éducation, des tribunaux et des moyens de communications cherchent souvent à ignorer la victime d’un forfait et à protéger le criminel. Dans certains cas, nous faisons même un héros du criminel. La force publique se décourage, les policiers ont le sentiment que les tribunaux ne leur accordent pas toute leur coopération. Les statistiques relatives à la criminalité rapportent des chiffres astronomiques. La police n’a pas assez d’argent ni de personnel pour poursuivre les malfaiteurs. Personne ne semble donc posséder la réponse. Voilà encore une des flammes qui nous échappe !

Les flammes du racisme

Le premier ministre de Chine, M. Chou En-lai a déclaré récemment dans une émission en anglais à Radio-Pékin : « Les gens de couleur dans le monde surpassent en nombre les hommes blancs dans la proportion de douze à un. Balayons-les ! » Un éminent sociologue m’a dit dernièrement qu’il pensait que nous allions être impliqués dans une terrible guerre raciale ces prochaines années. Des hommes de la trempe du Dr Martin Niemöller, un des présidents du Conseil œcuménique des Eglises, et de sir Hugh Foote, membre du Parti travailliste anglais, se sont joints aux avertissements qui s’élèvent devant le danger d’une guerre raciale.

A New York, un jeune Noir de dix-sept ans s’est fait récemment arrêter pour meurtre. On l’appelait le « Grand Géant ». Sa mère a dit qu’il avait été un garçon admirable mais que les nationalistes de couleur lui avaient fait haïr les Blancs. « Il avait reçu un vrai lavage de cerveau », disait-elle.

Il est indubitable que la tension raciale augmente partout dans le monde. Dans certaines parties de notre planète, elle couve déjà dans une guerre cachée.

Dans certains pays, naître avec la peau noire — ou naître juif — ou naître oriental — où blanc — implique un fardeau intolérable à porter, alors que ceux qui par hasard naissent selon la majorité dominante jouissent d’avantages qu’ils n’ont pas toujours mérités et qu’ils n’apprécient que médiocrement. Haïr, juger et infliger des restrictions à ceux dont l’apparence, la manière de parler, l’origine ou les façons d’agir sont différentes de la majorité est un trait humain constant et universel et qui dépasse les barrières nationales. Les préjugés raciaux ne sont pas la spécialité du sud des Etats-Unis ou de l’Afrique du Sud, je les ai observés presque partout dans le monde. Là où deux races vivent côte à côte, les préjugés surgissent. Ils existent entre les Israéliens et les Arabes, entre les Indonésiens et les Malais, entre les Blancs et les gens de couleur en général.

Je me trouvais une fois dans un pays prétendant avoir résolu ses problèmes raciaux. En effet, en surface, ce pays ressemblait à un paradis sur ce plan-là. Cependant, je me rendis compte que plus la peau d’un homme était foncée plus ses chances et ses avantages diminuaient. Certains clubs étaient fermés aux gens de couleur et ceux-ci ne pouvaient devenir officiers dans l’armée.

J’eus l’occasion de me rendre dans un autre pays affirmant aussi avoir résolu le problème racial. Les préjugés, il est vrai, semblaient y faire défaut, et on y critiquait constamment les luttes raciales des Etats-Unis, de la Guinée britannique ou de l’Afrique du Sud. En regardant de plus près, je me rendis compte que les habitants de ce pays n’appartenaient qu’à une seule race : on y pratiquait une politique stricte basée uniquement sur la race blanche.

La Grande-Bretagne s’est toujours vantée de ne pas montrer de préjugés raciaux. Cependant, lorsque des milliers de Noirs vinrent s’y établir, les Anglais découvrirent qu’en fait les préjugés ne leur manquaient pas. Même les élections en furent affectées. Le même fait est vrai également en Union soviétique. Le nombre d’étudiants africains vivant en Union soviétique est relativement peu élevé, et pourtant, beaucoup d’entre eux sont retournés chez eux, se plaignant d’avoir été les victimes de la discrimination raciale, Les préjugés raciaux sont un problème universel.

On aborde ces préjugés avec tant d’hypocrisie, qu’il est difficile de savoir par où commencer pour en parler. Christ a prêché la dignité de l’homme et la possibilité d’une fraternité des hommes en Lui.

La Bible dit clairement que Dieu ne fait acception de personne. Cette affirmation détruit donc la théorie de la suprématie d’une race par rapport à une autre et rend tous les hommes égaux aux yeux de Dieu. Cette position biblique tend à créer du mécontentement parmi ceux qui se sentent les victimes de la discrimination. Elle crée également un complexe de culpabilité parmi ceux qui ont un esprit de discrimination.

La Bible ne nous dit pas quelle est l’origine des différentes couleurs de la peau. Certains chrétiens pensent que les races se sont séparées avec les trois fils de Noé, mais nous n’avons aucun renseignement nous informant lequel de ces trois fils avait la peau foncée et lequel avait la peau claire.

La foi chrétienne entre souvent en contradiction avec la tradition. Le plus grand souci de Jésus a été les Pharisiens qui agissaient non par charité mais selon leurs traditions. De même les régions où la discrimination est la plus puissante sont ligotées dans les traditions.

Comment pouvons-nous venir à bout de ce problème mondial ? Même un insensé se rendrait compte qu’un tel problème ne peut se résoudre par des mesures législatives seulement.

En 1964, quelques jours après l’introduction de la loi des droits civiques aux Etats-Unis, M. Hubert Humphrey, alors sénateur, me dit : « Billy, la loi seule ne peut y arriver, il faut que la solution vienne du cœur. » Comme il avait raison ! Il faut de l’amour, de la compréhension, de la longanimité et de la patience des deux côtés.

Le problème racial ne peut se résoudre que d’une seule manière : une expérience personnelle et vitale avec Jésus-Christ, et cette expérience doit être vécue par les deux races antagonistes. En Christ, le mur de séparation a été anéanti. Il n’y a plus ni Juif, ni Gentil —ni Noir, ni Blanc, ni Jaune, ni Rouge. Nous pourrions être tous frères en Jésus-Christ. Cependant, tant que nous ne Le reconnaîtrons pas comme Prince de la paix et que nous ne recevrons pas son amour dans nos cœurs, les tensions raciales s’aggraveront, les revendications deviendront plus exigeantes et du sang sera versé. Le problème racial pourrait devenir une des flammes qu’on ne peut maitriser !

Les flammes rouges

Le communisme est un grand danger, non seulement pour l’Occident mais pour le Christianisme du monde entier. M. George Meany, président de la Fédération américaine du travail, a déclaré : « Le conflit opposant le communisme à la liberté est le problème de notre temps. Il éclipse tous les autres dilemmes. Il reflète notre époque — ses peines, ses tensions, ses soucis et ses devoirs. De l’issue du conflit dépend l’avenir de l’humanité entière. »

Dans le grand débat qui agite notre monde occidental au sujet du péril communiste, deux concepts se manifestent. L’un envisage le péril communiste comme quelque chose de presque entièrement extérieur et matériel, résultant d’une agression militaire et d’une expansion territoriale soit de la part de la Chine, soit de la part de la Russie. Ce point de vue s’appuie sur les progrès nucléaires rapides et terrifiants que fait la Chine. Certains experts pensent que quand la Chine aura la capacité de mener une guerre de missiles, elle prendra l’offensive. L’autre concept voit le péril communiste comme un fait interne, un danger de subversion et d’infiltration. Les deux périls sont réels. Si l’évidence historique peut nous enseigner des leçons pratiques, nous pouvons en déduire que la conquête communiste pourrait se manifester par une agression autre qu’une agression militaire. Plusieurs leaders communistes ont dit ouvertement qu’ils domineraient le monde en 1975. Il semble que leur plan actuel soit de s’emparer du monde par infiltration et par subversion tout en maintenant une pression militaire, et ils avancent dans bien des pays.

Quelle que soit sa méthode d’avance, le communisme est une réalité et un danger ! Les communistes croient en un triomphe final, ils font leurs plans et travaillent en conséquence. C’est ce que nous pourrions appeler l’aspect eschatologique du communisme. C’est cet aspect qui lie ses adeptes entre eux et qui les aide à supporter les désapprobations et les critiques de l’Occident. Leur sentiment de la destinée possède presque un sentiment religieux, une foi dans la possibilité de triompher. Motivés par un désir brûlant et fanatique de gagner, les communistes ne trouvent aucun sacrifice trop grand pour leur cause.

Pour eux, « la fin justifie les moyens », et même s’ils ont tort, ils ont un but, une intention et un sentiment de la destinée. Il est bien évident que nous ne pouvons venir à bout du communisme simplement en le craignant et en le haïssant. Nous devons retrouver notre propre sens du devoir, notre dévouement à une cause grande et une foi vitale, si nous voulons rivaliser avec succès contre un ennemi qui projette de nous ensevelir.

Nous considérons le communisme comme un défi au christianisme, et idéologiquement parlant, cela est vrai ; mais aucun système ne peut être ébranlé sérieusement par un ennemi « du dehors » s’il n’a pas été affaibli par un ennemi « du dedans ». Si je suis diamétralement opposé au communisme pour lui-même, je suis davantage inquiet du manque de ferveur du christianisme que du zèle et des intentions du communisme.

Le communisme ne peut vaincre que si le christianisme échoue. Lénine a dit une fois : « La religion est une sorte de gin spirituel dans lequel les esclaves du capital noient leur forme humaine et leur revendication à une vie humaine décente. » La faute de Lénine fut d’ignorer l’histoire et de ne pas chercher à apprendre les enseignements de la Bible. L’Eglise russe sous le règne des tsars n’a donné à Lénine et à ses disciples qu’une caricature du vrai christianisme. Ainsi, sa déclaration est en partie vraie si on la considère dans le contexte du lieu et de l’époque dans lesquels il vivait.

Combien de chrétiens professants, en Europe et en Amérique, considèrent Christ et l’Eglise, non comme une nécessité vitale, mais comme une injection, administrée lors d’une brève visite à l’église le dimanche matin ? Cette visite devient alors un devoir et souvent un devoir pénible, semblable à un rendez-vous chez le dentiste ; le patient pousse alors un soupir de soulagement quand le pasteur prononce l’« amen », mettant un point final au traitement hebdomadaire. Bien que Lénine n’ait pas, et de loin, brossé une peinture correcte, il avait raison de dire que pour bien des gens la religion est un cocktail spirituel aidant à adoucir la souffrance de la vie. A moins de mettre Lénine en tort en montrant une consécration renouvelée qui égale ou dépasse le dévouement des communistes, nous nous engageons dans une partie perdue d’avance.

Le but des communistes est de balayer la religion, car ils pensent que celle-ci est un produit du système capitaliste. Voilà encore une autre erreur du raisonnement communiste. La religion chrétienne a été commencée par Jésus-Christ qui ne ressemblait en rien à un riche Européen ou Américain. C’était un pauvre charpentier du Moyen-Orient. La Bible dit : « Vous connaissez la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, qui pour vous s’est fait pauvre, de riche qu’il était, afin que par sa pauvreté vous fussiez enrichis. » (2 Corinthiens 8.9.) Il naquit dans une étable empruntée. Il n’avait pas de maison qui fût sienne. Il a déclaré : « Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l’homme n’a pas où reposer sa tête. » (Luc 9.58.) Il a célébré son dernier repas dans une chambre louée. Il est entré dans Jérusalem sur un âne qu’on Lui avait prêté. Il fut crucifié sur une croix qui ne Lui appartenait pas et Il fut enseveli dans le tombeau d’un autre.

Il refusait d’opposer les classes sociales entre elles, et pourtant nous lisons que les gens simples L’écoutaient avec plaisir. Il s’occupait aussi bien des bourgeois que des prolétaires. Il consacra autant de temps au jeune homme riche qu’au mendiant aveugle, et Il s’inquiéta autant de Nicodème que du pauvre boiteux de la piscine de Béthesda. Un pasteur d’Allemagne orientale m’a parlé des souffrances des chrétiens de son pays. Il m’a dit : « Beaucoup d’entre nous avons appris le trente-septième psaume par cœur. » Ce psaume déclare : « Les méchants seront retranchés, et ceux qui espèrent en l’Eternel posséderont le pays… Le méchant forme des projets contre le juste, et il grince des dents contre lui. Le Seigneur se rit du méchant, car il voit que son jour arrive… J’ai vu le méchant dans toute sa puissance ; il s’étendait comme un arbre verdoyant. Il a passé, et voici, il n’est plus. »

Si le péril communiste est réel, l’avenir chrétien lui aussi est réel. Le communisme ne possède pas la réponse dernière et l’espérance finale. Quelque vigueur et quelque effort que déploie le communisme dans sa lutte contre les problèmes des masses déshéritées du monde, il n’a pas la solution du véritable problème de l’homme — le problème de l’esprit humain à la recherche de Dieu. C’est une des raisons pour lesquelles le communisme échouera finalement.

Il y a une consolation dans les paroles du Christ : « Sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle. » (Matthieu 16.18.) Si l’Eglise reste forte, vivante, chaleureuse et remplie du Saint-Esprit, nous avons la promesse de notre Seigneur nous assurant que même les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle ; mais si nous laissons notre foi chrétienne s’adultérer par le matérialisme, s’altérer par le sécularisme et se mélanger d’humanisme, nous ne pourrons résister à un système qui s’est juré de nous anéantir.

L’Eglise va-telle donc changer sa prédication et son enseignement en une lutte ouverte contre le communisme ? Ce n’est ni la mission ni la tâche de l’Eglise. Au temps de Christ et de l’Eglise primitive, le grand péril pour le christianisme était l’empire romain et les vagues successives des envahisseurs goths et mongols, mais l’Eglise ne rassembla pas pour autant ses forces pour combattre ces ennemis. Elle avait pour le monde une mission distincte, une mission qui n’était ni nationale, ni idéologique, ni politique : sa tâche était de rendre témoignage de Jésus-Christ. Ce témoignage ne devait se servir d’aucune puissance d’Etat ni recevoir aucune aide de gouvernement. Il ne devait ni prendre l’épée ni employer la force. Il devait prêcher l’Evangile de la grâce de Dieu qui peut transformer les choses et employer ce qui aujourd’hui encore soulagerait les besoins de l’homme. Nous les chrétiens, devons vivre et exercer notre ministère sous toutes les formes de gouvernement — et mourir pour notre foi si cela est nécessaire.

Il est possible que Dieu se serve du communisme comme d’un jugement contre l’Occident. Les péchés du monde occidental sont si grands que le jugement est inévitable si une repentance générale ne se produit pas. Dieu a déjà agi de la sorte auparavant. La Bible dit : « L’Eternel, le Dieu de leurs pères, donna de bonne heure à ses envoyés la mission de les avertir, car il voulait épargner son peuple et sa propre demeure. Mais ils se moquèrent des envoyés de Dieu, ils méprisèrent ses paroles, et ils se raillèrent de ses prophètes, jusqu’à ce que la colère de l’Eternel contre son peuple devint sans remède. Alors l’Eternel fit monter contre eux le roi des Chaldéens. » (2 Chroniques 36.15-17.) Nous voyons là que Dieu permet à un gouvernement pernicieux, impie et athée, d’amener le jugement sur le peuple même de Dieu. Le peuple élu avait péché et Le jugement devait avoir lieu.

Nous voyons une situation semblable dans le monde aujourd’hui. L’Europe occidentale et l’Amérique sont lancées dans une course effrénée à l’argent et au plaisir. D’une manière générale, on ignore Dieu ou on s’en moque. Les membres des Eglises, dans bien des cas, ne sont que des chrétiens tièdes. Le jugement va venir. Il se pourrait que Dieu se serve du communisme athée pour exercer son jugement. Ainsi le grand danger du communisme n’est pas le communisme lui-même, mais l’apathie spirituelle du monde occidental. Pendant ce temps, la flamme communiste devient toujours plus dangereuse — et dans certaines parties du monde, il n’est déjà plus possible de la maîtriser.

Les flammes de la science qui nous échappe

C’est une ironie de penser que la science, qui a pour but de résoudre nos problèmes, en soit devenue un elle-même. La science nous a donné la lumière électrique, l’automobile, l’avion, la télévision et le cerveau électronique, mais elle nous a aussi donné la bombe à hydrogène. Nous pouvons employer nos voitures d’une manière profitable, pour nos transports ou pour notre plaisir, mais l’envers de la médaille nous montre les dizaines de milliers de personnes qui chaque année meurent d’accidents. Les savants ont fait éclater l’atome et ont découvert la puissance nucléaire : la première fois que l’on se servit de ce grand progrès scientifique, ce fut pour faire pleuvoir la souffrance et la mort sur Hiroshima et Nagasaki.

Le problème de la science réside dans le mauvais emploi qu’on en fait. La bénédiction de la connaissance devient une malédiction lorsque ce savoir est perverti. Parce que l’homme est ce qu’il est, les progrès scientifiques sont souvent employés d’une manière destructive plutôt que constructive. Parce que notre moralité n’atteint pas le niveau de notre intellectualité, le mauvais emploi de la science peut l’emporter sur son bon emploi. Tant que les progrès moraux de l’homme n’atteindront pas ses progrès intellectuels, nous ne pouvons espérer résoudre le problème que pose la science, et bien qu’elle ait atteint le stade ultime de la destruction, elle est encore inadéquate et insuffisante devant les grands problèmes de la vie.

Notre civilisation occidentale peut mourir malgré toutes ses réalisations politiques, économiques, sociales, et scientifiques. En effet ces dernières peuvent devenir la cause de sa mort. Notre génération a produit le DDT pour tuer les parasites, le 2,4—D pour tuer les mauvaises herbes et l’équation E = MC2 pour anéantir les populations.

« Les progrès scientifiques doublent la somme des connaissances tous les dix ans. En considérant l’avenir, les experts s’inquiètent des possibilités mauvaises qui pourraient découler de l’application de leurs découvertes. Déjà, la recherche biologique est en effervescence, créant et promettant des méthodes d’interférence avec les processus naturels capables de détruire ou de transformer tous les aspects de la vie humaine auxquels nous attachons de la valeur. » (Gordon Wolstenholme, Editions Man and his Future, Boston ; Little, Brown, 1963.)

Dans le monde entier, le désir de paix qui résume tous nos problèmes est constamment menacé par une guerre nucléaire. Le général Omar Bradley a dit : « Notre situation est critique, et chaque effort que nous faisons pour l’améliorer par des progrès scientifiques ne fait qu’aggraver le péril dans lequel nous nous trouvons. Les missiles produiront des antimissiles, et les anti-missiles produiront des anti-antimissiles, mais inévitablement ce château de cartes électronique va atteindre un point au-delà duquel on ne pourra plus construire. N’avons-nous pas déjà été trop loin dans la recherche de la paix en accumulant les menaces ? » Puis il ajoute : « Si nous voulons nous protéger des instruments de notre propre intelligence, nous devrons bientôt nous ressaisir et faire du monde un endroit où nous puissions vivre en sécurité. »

M. Guy D. Newman, président du College Howard Payne, a fait cette remarque : « La connaissance de l’homme a surpassé sa sagesse, et il a peur de ce qu’il sait. » Notre époque d’automation menace chaque aspect de la dignité, de la personnalité et de l’individualité de l’homme. Voilà encore une flamme que nous ne pouvons maîtriser.

Les flammes des dilemmes politiques

Un homme d’Etat européen a dit récemment : « Si le diable pouvait fournir une panacée pour les problèmes du monde, je le suivrais volontiers. » Voilà précisément ce que la Bible prédit. Quand le monde ne pourra plus résoudre ses problèmes, le grand Antichrist apparaîtra, dévoilant une séduction et une intelligence inconnues jusqu’aujourd’hui. Le monde entier le suivra et même l’adorera.

La politique moderne, pendant ce temps, est dominée par les événements et les changements qui se produisirent après la première guerre mondiale. Cette époque fut marquée par la chute des monarchies ; les démocraties commencèrent à se multiplier et les dictatures apparurent également. Nous nous souvenons tous des paroles du président américain Franklin D. Roosevelt promettant d’assurer au monde les Quatre Libertés : expression, culte, propriété, sécurité, et pourtant aujourd’hui il y a moins de liberté que jamais. L’instabilité caractérise le climat politique de notre planète et notre monde est en pleine effervescence. Chaque jour des émeutes, des démonstrations et des révolutions se produisent à un endroit ou à un autre. Même dans les pays occidentaux les gens ont pris l’habitude de manifester et de se mettre en grève pour obtenir ce qu’ils désirent !

L’histoire montre d’une manière criarde qu’aucun Etat ni aucun gouvernement établi par un homme ne peut prospérer à toujours. Il est vrai aussi que, comme l’a dit Will Durant : « Aucune grande nation n’a jamais été vaincue sans s’être détruite elle-même. » Les républiques, les royaumes et les empires vivent d’une vie incertaine puis meurent. Dans certains pays, nous sommes sur le point de voir le principe démocratique se désagréger. La liberté est devenue licence et les lois morales courent le danger d’être bafouées même par les tribunaux. Dans quelle mesure pouvons-nous compter sur une immunité à l’égard de la loi inévitable du recul qui se manifeste quand un pays défie les lois de Dieu ?

Voici donc la scène internationale moderne, avec ses problèmes démographiques, moraux, racistes, scientifiques et politiques. Ils compliquent l’existence actuelle et font du monde dans lequel notre jeunesse devra vivre un endroit où les libertés personnelles sont entravées par toutes sortes de règles contraignantes. Le monde rétrécit et nos problèmes grandissent. Nos libertés disparaissent et les dangers que nous courons augmentent. Les ennemis et le péril nous attendent. La jeune génération actuelle ne peut s’attendre à autre chose qu’à des crises, des effusions de sang, des guerres, de la haine, de la cupidité, de la luxure et des luttes alors que le monde cherche son équilibre dans l’agitation.

Le monde moderne se meut au milieu de ses dilemmes déroutants. Bien que nous connaissions mieux aujourd’hui les problèmes et les données économiques, il y a plus de pauvreté et de famine que jamais. Les programmes spatiaux préparent des vols vers la lune, et nous n’avons pas encore résolu les problèmes essentiels de la terre. La menace de la guerre et de la révolution est suspendue au-dessus de nos têtes comme une épée de Damoclès. La psychiatrie et la psychothérapie nous promettent des personnalités complètes, mais il y a plus de maladies nerveuses et mentales que jamais.

Qu’y a-t-il donc ? Quelle est la réponse à nos problèmes ? Sans Dieu l’homme est dans une situation pire que celle d’une fleur coupée de sa tige. Nous oublions que nous sommes limités. Nous avons fait étalage de notre arrogance jusqu’au bord du précipice d’une fin tragique. Notre problème est maintenant de savoir si nous pouvons nous ressaisir, libérer nos esprits, retrouver notre sang-froid et changer notre direction avant qu’il ne soit trop tard.

La plupart des experts actuels, des analystes, des historiens, des savants, des philosophes et des hommes d’Etat s’entendent pour dire que l’homme est malade. Avons-nous dépassé le point où il est encore possible d’être sauvés ? Notre situation est-elle au-delà de toute espérance ? Quelques-uns des plus grands esprits de notre temps s’accordent pour penser que nous avons déjà dépassé la limite au-delà de laquelle aucun retour n’est possible.

Ceux qui se posent ces questions et qui expriment ces craintes sont des experts. Dans une culture allant à son déclin, il est caractéristique que le commun des mortels ne se rende pas compte de ce qui se passe. Seuls ceux qui connaissent et savent distinguer les signes de la décadence se posent ces questions qui jusqu’à maintenant n’ont pas trouvé leurs réponses. Monsieur tout-le-monde se trouve à l’aise et satisfait. Il ne se pose aucune question car ses avantages sociaux lui procurent une fausse sécurité. C’est là sa tragédie et son problème. L’homme moderne est devenu un spectateur des événements qui se passent dans le monde, suivant ceux-ci sur l’écran de sa télévision sans y participer lui-même. Il observe les tragédies de notre siècle en se délectant d’une bière, assis dans un fauteuil. Il ne semble pas se rendre compte de ce qui lui arrive. Il ne comprend pas que son monde est en flammes et qu’il est sur le point de brûler avec lui.

Dans cette cacophonie de voix du destin, voici que se fait entendre la Parole de Dieu. La Bible dit qu’il n’est pas trop tard, Je ne crois pas que nous ayons dépassé la limite au-delà de laquelle tout retour est impossible. Je ne crois pas que tout soit noir et sans espérance. Nous avons encore le temps de revenir aux principes moraux et spirituels qui ont fait la grandeur de notre monde occidental. Dieu peut encore intervenir. Mais le moment viendra où cela sera trop tard, et nous nous rapprochons rapidement de ce moment-là !

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