« Elevé par la droite de Dieu, il a reçu du Père le Saint-Esprit qui avait été promis, et il l’a répandu, comme vous le voyez et l’entendez. » (Ac. 2.33.)
« Jean a baptisé d’eau, mais vous, dans peu de jours, vous serez baptisés du Saint-Esprit » (Ac. 1.5). Par le rappel de cette prophétie de Jean-Baptiste, Jésus a identifié clairement le baptême de l’Esprit et l’événement de la Pentecôte.
Cet événement unique dans le cours de l’histoire du salut nous est raconté avec beaucoup de détails au début du livre des Actes, puisqu’il inaugure une ère nouvelle dans l’histoire spirituelle de l’humanité : l’ère du Saint-Esprit. Il se situe à un point précis de la ligne du temps : après la mort, la résurrection et l’ascension de Jésus-Christ. Dieu ne pouvait pas envoyer son Esprit auparavant « car Jésus n’avait pas encore été glorifié » (Jn. 7.39).
« Nous ne pouvons comprendre la venue du Saint-Esprit que si nous gardons présente à l’esprit la succession des événements de l’histoire du salut racontés dans la Bible » (H. Brandenburg)1. Ces événements ont une valeur unique, mais pas forcément une valeur normative pour les chrétiens de la nouvelle alliance. Les disciples ont, en fait, vécu dans trois stades essentiels de l’histoire du salut : avant leur rencontre avec Jésus : dans l’ancienne alliance — avec Jésus : dans une ère intermédiaire particulière — à partir de la Pentecôte : dans la nouvelle alliance. Depuis lors, aucun chrétien n’a refait ce même chemin et passé par les mêmes expériences. Dans ce que nous racontent les évangiles et les Actes, il nous faut donc clairement distinguer entre ce qui est unique et ce qui est normatif.
1 Ich glaube an den Hl. Geist (23), p. 31.
« L’apogée et la fin du ministère de Jésus ne fut ni la croix, ni la résurrection, mais l’ascension et la Pentecôte. Plus exactement, comme l’ascension fut le point culminant du ministère de Jésus pour Jésus lui-même, ainsi la Pentecôte le sera pour ses disciples. Alors seulement, par le don de l’Esprit, les privilèges et les bénédictions que Jésus leur a acquis par sa mort, sa résurrection et son ascension, leur seront accessibles. » (J. Dunn)2
2 Baptism in the Holy Spirit (51), p. 44.
La Pentecôte était l’une des trois grandes fêtes juives :
a) Elle s’appelait « la fête des semaines », puisqu’elle était célébrée sept semaines après l’offrande de la gerbe des prémices de l’orge (Lé. 23.15 : cinquante jours, d’où le nom grec pentecosté). Deux pains étaient agités devant l’Eternel, le lendemain du sabbat (Lé. 23.11, 17 ss.). Elle complétait donc la fête de la Pâque.
b) C’était aussi la fête des prémices (Nb. 28.26 ; Lé. 23.17) : les deux pains et dix animaux (Lé. 23.18-19) étaient offerts comme prémices à Dieu.
c) C’était la fête de la moisson qui terminait le travail de l’année. On y faisait des offrandes volontaires à l’Eternel en reconnaissance pour les bénédictions reçues (De. 16.9-10).
d) C’était un jour de réjouissance, où l’on se souvenait avec joie de la délivrance accordée par l’Eternel lors de la sortie d’Egypte (De. 16.11-12).
e) Les rabbins y avaient rattaché la fête anniversaire du don de la Loi (Livre des Jubilés 1.1 ; 6.17), de l’alliance avec le peuple.
La Pentecôte chrétienne accomplit tous ces symboles : le don de l’Esprit complète l’œuvre rédemptrice du Christ à Pâques, elle lui apporte les prémices de l’humanité rachetée, la première moisson d’âmes sauvées après le « travail » de Jésus (Es. 53.11). C’est un jour de joie pour les disciples après la tristesse de la séparation, un jour de délivrance du joug du péché. Enfin, c’est le jour où le peuple de la nouvelle alliance est né (1 Pi. 2.9-10).
« La Pentecôte, nous dit J. Stott, a différentes significations distinctes : c’est le dernier événement du ministère de Jésus, l’accomplissement de l’attente de l’Esprit qui parcourt tout l’Ancien Testament, mais aussi des promesses spéciales de Jésus faites dans la Chambre haute : c’est aussi le premier réveil. Pour toutes ces raisons, la Pentecôte ne peut pas être considérée comme une norme »3.
3 Baptism and Fullness né (178), p. 30.
a) Bruit de vent — feu — langues
Différents phénomènes exceptionnels ont marqué l’inauguration de l’ère nouvelle : un bruit comme celui d’un vent impétueux (Ac. 2.2), des langues semblables à des langues de feu se posant sur chacun des disciples (v. 3), chaque assistant entendait parler des merveilles de Dieu dans sa propre langue (v. 6, 8, 11).
Souvent dans l’Ancien Testament, le vent est associé à la présence de Dieu (1 R. 19.11 ; Job. 38.1). Le mot que Luc emploie ici (pnoé) est utilisé dans la traduction des Septante pour désigner le souffle créateur de Dieu (v. 42.5). L’Esprit se révèle ici créateur de vie nouvelle (cf. Jn. 3.8).
Le feu est aussi symbole de la présence de Dieu (Ex. 3.25s. ; 19.18), parfois associé au vent (Es. 29.6 ; 30.27 ss.).
Les langues comprises par les Juifs de tout le monde antique présents à Jérusalem (v. 9-10) montrent que la tâche de l’Eglise dans l’ère nouvelle qui commence, sera de renverser le cours de l’histoire inauguré à Babel et de proclamer aux hommes « de toute langue » la Bonne Nouvelle du salut en Jésus-Christ. À Babel, Dieu est descendu et a confondu les langages « afin qu’ils n’entendent plus la langue les uns des autres » (Ge. 11.7). A la Pentecôte, Dieu redescend dans le Saint-Esprit pour que, malgré la diversité des langues qui subsistera, les hommes se comprennent de nouveau, il crée l’unité entre des hommes de langues différentes. C’est là une des significations durables de l’événement de Pentecôte. « Toujours à nouveau, il amène des hommes à vraiment entendre et comprendre la proclamation (de l’Evangile) et il les unit dans la fraternité de l’Eglise » (W. de Boor)4. « Ce fut la première fois que Dieu s’adressait au peuple juif, si exclusif, dans la langue des païens » (M. Griffiths)5. « Ce groupe de frères louant Dieu dans les langues du monde entier représentait le monde entier qui, un jour, louera Dieu dans ses différentes langues » (Alexandre Maclaren).
4 Die Apostelgeschichte (Brockhaus, 1971), p. 55.
5 Mit anderen Zungen (75), p. 21.
La tradition juive prétendait que tous les peuples de la terre étaient présents au Sinaï quand Dieu a donné la Loi ; la voix de Dieu visible sous forme d’une flamme de feu, se serait divisée en 70 voix différentes, faisant comprendre dans 70 langues les exigences de Dieu. On comprend que les Juifs présents, familiers des symboles de l’Ancien Testament, de la signification de la Pentecôte et des traditions rabbiniques aient dû être impressionnés par ces phénomènes extraordinaires.
« D’une manière très réelle — mais non de la manière que les disciples attendaient — le Royaume est venu en puissance. Il est venu dans la puissance du Saint-Esprit le jour de la Pentecôte, et cette puissance n’a jamais été retirée, et ne le sera jamais. » (M. Green)6
6 I believe (72), p. 47.
Ces faits ne se reproduiront jamais, ni dans le livre des Actes, ni dans l’histoire de l’Eglise. Ils soulignent le caractère unique de l’événement de Pentecôte. Ils étaient destinés à attirer l’attention des disciples et des assistants sur la venue définitive de l’Esprit divin.
b) La prédication de Pierre relève le caractère unique de ce qui se passe sous leurs yeux : les « derniers jours » prédits par Joël ont commencé (v. 17). « Jésus a reçu du Père le Saint-Esprit qui avait été promis, et il l’a répandu comme vous le voyez et l’entendez » (v. 33). La Pentecôte était « la première venue effective du Saint-Esprit dans l’Eglise » (A. Kuyper)7. Or, le don de l’Esprit est, d’après les prophéties de l’Ancien Testament, la caractéristique distinctive de l’âge nouveau (Es. 32.15 ; Ez. 11.19 ; 36.26 ss. ; 37.3 ss.). C’est « le moment décisif du passage de l’ancienne à la nouvelle dispensation » (M. Desaedeleer)8, la réalisation de la promesse (Luc 24.49 ; Ac. 1.4).
7 The Work of the Holy Spirit (Funk and Wagnalls, New York, 1900), p. 115.
8 Thèse (47), p. 57.
Le miracle des langues n’avait encore convaincu personne (v. 12-13). Seule la parole claire et intelligible du message inspiré amènera les auditeurs à la foi. « Le don de l’Esprit dont l’Eglise a le plus besoin, n’est pas la prière en langues, maïs la prophétie. Car c’est seulement la proclamation limpide de l’Evangile dans la puissance de l’Esprit-Saint qui touchera les consciences, découvrira le véritable état de l’homme et conduira au salut et à la conversion. C’est pourquoi, ce qu’il y a de spécifique dans l’effet de l’effusion de l’Esprit le jour de la Pentecôte se révélera seulement dans la prédication de l’apôtre Pierre. » (W. de Boor)9
9 Die Apostelgeschichte (voir note 4), p. 56.
A la fin de son message, l’apôtre indique à ses auditeurs à quelles conditions ils pourront participer eux-mêmes à ce don du Saint-Esprit : « Repentez-vous et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ pour le pardon des péchés ; et vous recevrez le don du Saint-Esprit. » (v. 38). Et pour indiquer qu’il ne s’agit pas d’une « offre exceptionnelle » comme celles qui marquent certaines inaugurations actuelles, mais de l’ouverture d’une ère durable, il ajoute : « Car la promesse est pour vous, pour vos enfants et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera » (v. 39).
De quelle promesse s’agit-il ? Du « don du Saint-Esprit » que Pierre vient de mentionner. Mais cette promesse que nous transmet Joël dans la prophétie que Pierre a citée plus haut, associe le don du Saint-Esprit au salut : « Quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé » (v. 21) et Joël continuait : « Le salut sera sur la montagne de Sion et à Jérusalem » (3.5). Le don de l’Esprit n’est donc pas un supplément plus ou moins facultatif au salut, c’est le salut même.
Plus tard, l’apôtre Pierre appellera le don qu’ils ont reçu à la Pentecôte : « baptême de l’Esprit » (Ac. 11.16-17) ; il apparaît donc clairement que toutes ces expressions (salut (v. 21), pardon des péchés (v. 38), effusion de l’Esprit (v. 33), don du Saint-Esprit, baptême de l’Esprit.) se rapportent à la même réalité spirituelle.
c) La Pentecôte des 3000
Trois faits marquent la réponse des auditeurs :
1) Un certain nombre d’entre eux acceptent, par la foi, l’offre proposée. Un tri s’opère donc parmi les assistants.
2) « Ceux qui acceptèrent sa parole furent baptisés. »
3) Ils constituent une communauté caractérisée par la persévérance « dans l’enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain et dans les prières » (v. 42).
La venue de l’Esprit crée l’Eglise. La vie de cette Eglise telle qu’elle nous est décrite dans les pages suivantes (Ac. 2.43-44 ; 4.32 ss.) n’était possible qu’à partir du moment où l’amour de Dieu était répandu dans les cœurs par le Saint-Esprit (Ro. 5.5).
Le Saint-Esprit donnera aussi, comme Jésus l’a précisé dix jours auparavant, la puissance et le courage de rendre témoignage (cf. Ac. 2.23 ; 3.13-16 ; 4.10-12, 33 ; 5.21, 29 ; 7.51-53 ; 8.4…) En parlant plus tard de l’événement de la Pentecôte, Pierre dira que le Saint-Esprit est descendu sur eux (Ac. 11.15), qu’ils ont reçu le don du Saint-Esprit en croyant (v. 17).
Etaient-ils déjà convertis et nés de nouveau avant la Pentecôte ?
Jésus disait aux disciples : « Si vous ne vous convertissez et si vous ne devenez comme de petits enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux » (Mt. 18.3) et à Pierre, le jeudi saint : « Quand tu seras converti, affermis tes frères » (Lu. 22.32).
Si la conversion était encore future pour eux, ils ne pouvaient donc pas être nés de nouveau puisqu’en parlant de Nicodème, Jésus emploie presque la même formule en remplaçant simplement la conversion par la nouvelle naissance : « Si un homme ne naît de nouveau… d’eau et d’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu » (Jn. 3.5).
a) L’œuvre du Saint-Esprit avant la nouvelle naissance
Rappelons-nous que, sous l’ancienne alliance, le Saint-Esprit pouvait revêtir un homme ou même le remplir pour un temps donné, en vue d’une mission spéciale. Le Seigneur prédit aussi une action du Saint-Esprit dans le cœur des incroyants (Jn. 16.8-11) ; cependant, les croyants de l’ancienne alliance qui étaient au bénéfice de l’action du Saint-Esprit n’étaient pas nés de nouveau — pas plus que ne le seront les incroyants en qui ce même Esprit produit la conviction de péché. Les disciples étaient certainement au bénéfice de ce ministère du Saint-Esprit pendant qu’ils suivaient Jésus. Mais le Saint-Esprit n’habitait pas encore en eux en permanence (Jn. 14.16 ; 17.20).
b) Pas de nouvelle naissance sans réception du Saint-Esprit
On ne peut pas être né de nouveau sans avoir reçu le Saint-Esprit : c’est l’Esprit qui fait naître de nouveau (Jn. 3.5-6, 8). « Si quelqu’un n’a pas l’Esprit de Christ, il ne lui appartient pas » (Ro. 8.9). L’Esprit nous fait « connaître les choses que Dieu nous a données dans sa grâce » (1 Co. 2.12) : il « habite en nous » (1&nsbp;Co. 3. 16 ; 6.19). Lorsque nous avons cru, nous avons été « scellés du Saint-Esprit » (Ep. 1.13). Baptême de régénération et renouvellement du Saint-Esprit vont de pair (Tit. 3.5).
Les disciples qui n’avaient donc pas encore reçu le Saint-Esprit — sinon Jésus ne leur promettrait pas cette réception avant de les quitter (Lu. 24.4 ; Ac. 1.4, 8) — n’étaient donc pas encore nés de nouveau.
c) Le témoignage de l’apôtre Pierre
D’ailleurs, l’apôtre Pierre lui-même, en rappelant, quelques années plus tard, le souvenir de cette journée, fait le parallèle entre l’expérience de Corneille et la leur : « Lorsque je me fus mis à parler, le Saint-Esprit descendit sur eux, comme sur nous au début. Et je me souvins de cette parole du Seigneur : Jean a baptisé d’eau, mais vous, vous serez baptisés du Saint-Esprit. Or, puisque Dieu leur a accordé le même don qu’à nous qui (ou : lorsque nous) avons cru au Seigneur Jésus-Christ… » (Ac. 11.15-17). Pour Pierre, ils ont vraiment « cru au Seigneur Jésus-Christ », ils ont été « baptisés du Saint-Esprit », ils ont « reçu le don du Saint-Esprit », l’Esprit est « descendu sur eux »… au « début », c’est-à-dire le jour de la Pentecôte. Ce jour a donc été, pour eux, le moment de leur nouvelle naissance.10
10 Pierre compare l’état spirituel des cent vingt disciples avant la Pentecôte, donc leur propre état spirituel, à celui de Corneille avant sa réception de l’Esprit. Quatre fois (Ac. 10.47 ; 11.15, 17 ; 15.8), il tire le parallèle entre les deux expériences. Il emploie, dans Ac. 11.17, l’expression « croire en » (pisteusai épi) à l’aoriste, qu’il utilise chaque fois pour parler de quelqu’un qui devient chretien (2.44 ; 9.42 ; 16.31), « Pentecôte ne peut jamais être répétée — car le nouvel âge a commencé et ne peut pas être introduit une nouvelle fois. » J. Dunn, op. cit. (51), pp. 51-53.
d) Les preuves de la nouvelle naissance
La meilleure preuve de la nouvelle naissance des disciples le jour de la Pentecôte, c’est la transformation de leur vie à partir de ce moment-là. Les fruits de l’Esprit se manifesteront immédiatement : l’amour des frères (Ac. 2.44-46&nbso;; 4.32 ; 6.1…), la paix et la joie, même dans les persécutions (5.41 ; 7.59-60), la bonté envers les malheureux (3.6 ; 5.15), la fidélité à Christ (4.19, 29, 31 ; 5.29), la douceur (6.15), la maîtrise de soi (4.8-13). Il n’y a, pour ainsi dire, plus rien de commun avec ce que ces mêmes disciples étaient avant la Pentecôte. Il suffit de comparer Pierre avant (Luc 9.46 ; Mt. 19.27 ; 26.33-35, 56, 70, 74 ; Jn. 18.10) et après la Pentecôte (Ac. 2.14 ; 4.10, 19…)
Le jour de la Pentecôte, Pierre a ouvert la porte du Royaume de Dieu (Mt. 16.19), mais ceux qui sont entrés étaient tous des Juifs (ou des prosélytes juifs, Ac. 2.10). Or, le Seigneur, peu de jours auparavant, avait demandé aux disciples d’être ses témoins « à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre » (Ac. 1.8). Il indiquait par là que l’évangélisation du monde se ferait, en quelque sorte, en trois étapes : territoires juifs, samaritains et païens.
En bon historien grec, Luc, après avoir annoncé son plan par cette parole de Jésus, va décrire la percée de l’Evangile dans ces trois sphères : Jérusalem et la Judée (ch. 2-6), la Samarie (ch. 8), les païens (ch. 10). Ces deux derniers événements « peuvent être considérés comme des renouvellements de la Pentecôte, comme Pierre le dira lui-même explicitement dans le cas de Corneille » (10.47 ; 11.15).11
11 H. Berkhof : The doctrine of the Holy Spirit (10), pp. 87-88.
L’événement unique de la Pentecôte, c’est-à-dire la descente de l’Esprit sur l’humanité, peut donc être vu comme une entité fractionnée dans le temps suivant les différents groupes religieux composant cette humanité : Juifs, semi-païens (Samaritains), païens. Lorsque ces différentes catégories religieuses ont été atteintes, on peut considérer l’événement de Pentecôte comme achevé. Mais, bien entendu, sur le plan personnel et communautaire, la Pentecôte se continue et se répétera jusqu’au Retour du Christ : chaque fois qu’un homme naît de nouveau, l’Esprit est répandu sur lui et le joint aux frères pour le service du Seigneur.
Dans l’Eglise primitive, « le don du Saint-Esprit est chaque fois le signe décisif du fait que l’expansion du Royaume de Dieu a atteint l’étape suivante (Ac. 2.8 ; 10) et, chaque fois, c’est en liaison immédiate avec les apôtres. »12 L’apôtre Pierre joue un rôle décisif à chacune de ces trois étapes. « C’est lui à la Pentecôte ; c’est lui qu’on doit attendre à Samarie ; c’est lui que Dieu fait chercher par les gens de Corneille. Après cela, il ne sera plus guère question de lui dans le livre des Actes. A la mémoire remonte alors une promesse de Jésus : « Je te donnerai les clés du Royaume des cieux » (Mt. 16.19). Son privilège de « majordome » de la maison du Seigneur, Pierre ne l’a-t-il pas exercé dans sa mission historique d’ouverture ? Oui, il a ouvert la porte du Royaume : aux Juifs, puis aux Samaritains, puis aux païens » (H. Blocher).13
12 Traugott Böker : Die Taufe im Heiligen Geist (19), p. 36.
13 « L’Esprit donné aux Samaritains » ICHTHUS n° 24 (juin 1972), p. 12.
« A Samarie, Césarée et Ephèse, trois communautés avec des problèmes particuliers, qui constituaient un danger pour l’unité de l’Eglise, ont été intégrées d’une manière évidente dans l’Eglise » (Bridge-Phypers).14 Nous examinerons ces différents épisodes, ainsi que les autres textes des Actes invoqués parfois pour appuyer la thèse d’une réception de l’Esprit en deux étapes, après avoir dégagé l’enseignement des Ecritures des textes didactiques du Nouveau Testament.
14 Spiritual Gifts (24), p. 125.