Nous essaierons, en nous appuyant sur les déclarations bibliques, de dégager sept aspects de la signification du baptême — sans prétendre, bien entendu, épuiser le sens du symbole.
« Nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, c’est en sa mort que nous avons été baptisés. Nous avons donc été ensevelis avec lui dans sa mort… si nous sommes devenus une même plante avec lui par la conformité à sa mort, nous le serons aussi par la conformité à sa résurrection… notre vieil homme a été crucifié avec lui… si nous sommes morts avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui » (Rm 6.3-8 passim).
« Ensevelis avec lui par le baptême, vous êtes aussi ressuscités en lui et avec lui… il nous a rendus à la vie avec lui » (Col 2.12-13) ; « baptisés en Christ » (Ga 3.27).
Le baptême est en premier lieu une union avec le Christ : « baptisés en Christ, crucifiés, ensevelis avec lui, ressuscités, ramenés à la vie en lui et avec lui ». Celui qui est baptisé est « plongé en Christ », identifié avec lui ; c’est parce qu’il suit le même itinéraire que lui à travers la mort et la résurrection qu’il est sauvé, tout comme les Israélites furent sauvés en suivant le même itinéraire que Moïse, en s’identifiant en quelque sorte à lui.
Le baptême est en premier lieu un signe et un rappel de ce que Dieu a fait pour nous en Christ. L’immersion nous rappelle que le Christ est mort et qu’il a été enseveli pour expier nos péchés, l’émersion hors de l’eau nous remémore qu’il est « ressuscité pour notre justification » (Rm 4.25). De même, Dieu, « nous a ressuscités ensemble avec Jésus-Christ » (Ep 2.6).
Dieu unit au Christ celui qui croit en lui.
Celui qui se fait baptiser s’identifie avec le Christ qui a pris sur lui nos péchés ; il devient, par cette identification avec sa mort, membre de son corps. C’est pourquoi le baptême a constitué, pour toutes les Eglises chrétiennes historiques, l’entrée dans la communauté.
« C’est en sa mort que nous avons été baptisés. Nous avons donc été ensevelis avec lui dans sa mort par le baptême… si nous sommes devenus une même plante avec lui par la conformité à sa mort », notre vieil homme a été crucifié afin que ce corps de péché soit anéanti et que nous ne soyons plus esclaves du péché ; car celui qui est mort est quitte du péché. Or si nous sommes morts avec le Christ… Ainsi vous-mêmes, regardez-vous comme morts au péché » (Rm 6.3-11 passim).
« Ensevelis avec lui par le baptême » (Col 2.12), « vous êtes morts, et votre vie est cachée avec le Christ en Dieu » (Col 3.3).
Dans les premiers versets de Rm 6, nous retrouvons seize fois les mots : morts, crucifiés, ensevelis ; il semble bien que ce soit là l’idée dominante de ce passage et l’une des significations essentielles du baptême : une identification au Christ dans sa mort.
L’immersion a certainement été choisie parce qu’elle représente de la façon la plus adéquate et la plus simple une mort et un ensevelissement. La mort par noyade est une des plus impressionnantes : non seulement le noyé passe en quelques instants de la pleine santé à la mort, mais il disparaît du même coup du monde des vivants. L’instant de sa mort coïncide avec celui de son ensevelissement.
Pourquoi mourir ? « Le salaire du péché, c’est la mort » (Rm 6.23). Mais dans sa grâce, Dieu offre à l’homme la possibilité de mourir : il oriente ses regards vers la croix où le Christ est « mort pour lui », à sa place. Par la foi, le croyant s’inclut dans cette mort.
Celui qui s’unit ainsi au Christ dans sa mort est mort aux yeux de Dieu. Le châtiment a passé sur lui. Sa vieille nature a disparu.
« Il est passé de la mort à la vie » (Jn 5.24).
Le baptême ne représente pas seulement la mort, mais encore l’’ensevelissement du croyant avec le Christ (Rm 6.4 ; Col 2.12). L’enterrement est la suite logique du décès, il le suit ; le baptême ne produit pas la mort, je me considère comme mort, c’est pourquoi je demande à être baptisé. Le décès est un fait individuel qui me concerne moi seul. L’enterrement est un acte de la collectivité qui entérine le fait de mon décès. Le baptême aussi rassemble la collectivité chrétienne qui constate mon décès et le publie au monde.
« Nous avons été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort, afin que, comme le Christ a été ressuscité d’entre les morts par la puissance glorieuse du Père, de même nous aussi nous menions une vie nouvelle. Car si nous avons été unis à lui par une mort semblable à la sienne, nous le serons aussi par une résurrection semblable à la sienne. Si nous sommes morts avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui. Car nous savons que le Christ ressuscité des morts ne meurt plus ; la mort n’a plus de pouvoir sur lui… il est vivant et c’est pour Dieu qu’il vit… Ainsi vous-mêmes regardez-vous comme… vivants pour Dieu dans l’union avec Jésus-Christ » (Rm 6 ; voir aussi chap. 8). « Vous avez été ensevelis avec le Christ par le baptême ; vous êtes aussi ressuscités dans l’union avec lui par la foi en la puissance de Dieu qui l’a ressuscité d’entre les morts. Vous qui étiez spirituellement morts par vos offenses et parce que vous étiez des incirconcis, Dieu vous a donné la vie avec le Christ » (Col 2.12-13). « Si donc vous êtes ressuscités avec le Christ… votre vie est cachée avec le Christ en Dieu (3.1, 3). « Dieu. nous a fait revivre avec le Christ… il nous a ressuscités ensemble et nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes en Jésus-Christ» (Ep 2.5-7). « Celui qui est uni au Christ est une nouvelle créature (ou création). Ce qui est ancien a disparu ; voici : ce qui est nouveau est déjà là » (2 Co 5.17). « Cette parole est certaine : si nous mourons avec lui, nous revivrons aussi avec lui » (2 Tm 2.11).
Dieu n’a pas laissé son Fils dans la tombe, il « l’a ressuscité, car il était impossible que la mort le retienne captif » (Ac 2.24). Puisque nous nous sommes identifiés au Christ et que Dieu, dans sa grâce, nous a incorporés « en lui », nous suivrons aussi le même itinéraire que lui. Comme il est ressuscité des morts, Dieu nous fait renaître à une vie nouvelle (Rm 6.4 ; Ep 2.5-7 ; Col 2.12-13).
C’est cet aspect capital de notre histoire spirituelle que représente, dans le baptême, le moment où le baptisé sort de l’eau. Un instant auparavant, on a vu disparaître le pécheur dans la tombe liquide, à présent on voit surgir de l’eau une nouvelle créature, comme les plantes jaillissent de la terre au printemps (voir 2 Co 5.17).
Dans Rm 6, l’apôtre Paul jette un coup d’œil vers le passé : « nous avons été ensevelis avec lui (le Christ) par le baptême », le présent: « nous sommes morts avec le Christ », et vers l’avenir : « nous croyons que nous vivrons aussi avec lui ». Notre union avec le Christ, enracinée dans l’acte historique de sa mort et sa résurrection en l’an 33, se vit aujourd’hui par le croyant et lui ouvre les perspectives d’une communion éternelle avec le Christ. « Il nous a fait naître à une vie nouvelle… pour nous donner une espérance vivante » (1 Pi 1.3).
Tout ce qui est représenté symboliquement par le baptême, le Saint-Esprit l’opère spirituellement dans le croyant : il nous plonge dans la mort du Christ. Il nous crucifie avec le Christ. Puis le même Esprit nous fait renaître avec le Christ.
« Et maintenant, pourquoi tardes-tu ? Lève-toi, fais-toi baptiser et sois lavé de tes péchés en invoquant son nom » (Ac 22.16 ; voir aussi 2.38). « Le Christ a aimé l’Eglise et a donné sa vie pour elle afin de la rendre digne de Dieu après l’avoir purifiée par sa Parole comme par le bain nuptial (litt. par le bain d’eau avec la Parole) » (Ep 5.26). « À moins de naître d’eau c’est-à-dire d’Esprit, personne ne peut entrer dans le Royaume de Dieu » (Jn 3.5). Il nous a sauvés en nous « faisant passer par le bain purificateur de la nouvelle naissance c’est-à-dire en nous renouvelant par le Saint-Esprit » (Tt 3.5). « Approchons-nous donc de Dieu avec un cœur droit, avec la pleine assurance que donne la foi, le cœur purifié de toute mauvaise conscience, et le corps lavé d’une eau pure » (Hé 10.22) ; « … débauchés, idolâtres adultères, etc. c’est là ce que vous étiez, quelques-uns d’entre vous. Mais vous avez été lavés, mais vous avez été purifiés du péché, mais vous en avez été acquittés au nom du Seigneur Jésus-Christ et par l’Esprit de notre Dieu » (1 Co 6.10-11, voir 2 Pi 2.22).
Chez les Juifs, et en particulier dans les sectes dissidentes du Bas-Judaïsme, le baptême avait essentiellement la valeur d’un rite de purification.
Les textes cités ci-dessus qui emploient l’image de la purification par l’eau ne sauraient contredire les passages clairs de l’Ecriture ; le baptême n’est lié à cette purification que parce qu’il la symbolise.
« Vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu le Christ » (Ga 3.27).
Cette image du revêtement revient souvent sous la plume de l’apôtre Paul : « Revêtez-vous du Seigneur Jésus-Christ, et ne cherchez pas à satisfaire la nature pécheresse qui vous entraîne à convoiter » (Rm 13.14), « on vous a enseigné, à vous qui êtes chrétiens, ce qui est conforme à la vérité qui est en Jésus. Cela consiste à vous débarrasser de votre ancienne manière de vivre, celle de l’homme que vous étiez autrefois, et que les désirs trompeurs mènent à la ruine, à être renouvelés par le changement de ce qui oriente votre pensée, et à vous revêtir de l’homme nouveau, créé conformément à la pensée de Dieu, pour mener la vie juste et sainte que produit la vérité » (Ep 4.21-24). « Vous vous êtes dépouillés de l’homme que vous étiez autrefois avec tous ses agissements, et vous vous êtes revêtus de l’homme nouveau. Celui-ci se renouvelle pour être l’image de son Créateur afin de parvenir à la pleine connaissance. Ainsi, puisque Dieu vous a choisis pour lui appartenir et qu’il vous aime, revêtez-vous d’ardente bonté, de bienveillance, d’humilité, de douceur, de patience » (Col 3.10-12).
Avant de descendre dans l’eau, le néophyte d’autrefois enlevait ses habits de tous les jours, ces habits poussiéreux qui l’avaient accompagné partout dans sa vie passée, il revêtait la robe de baptême, blanche et propre, et, après le baptême, il mettait des habits neufs. Cette action extérieure symbolise ce qui se passe lors de notre régénération : le vieil homme, hardes sales et déchirées qui habillaient notre âme, a été déposé et nous avons revêtu l’homme nouveau créé par Dieu pour nous.
« Vous avez appris que, dans la communion avec le Christ, il vous faut quitter les vieilles hardes de votre ancienne manière de vivre et vous dépouiller de votre vieux Moi irrégénéré — votre conduite passée l’exige. C’était là votre vieille nature qui allait à sa ruine, se corrompant sous la poussée des désirs séducteurs en suivant les illusions décevantes qu’engendraient les passions… Habillez-vous de neuf ! Mettez les vêtements propres de la vie nouvelle dont Dieu a créé le modèle à son image » (Ep 4.22, 24, Parole vivante).
En comparant le baptême à un revêtement, l’apôtre pensait peut-être aussi à la parabole des noces du fils du roi (Mt 22.1-14) ou plus exactement à la dernière partie de cette parabole consacrée aux habits de fête, et que certains considèrent comme une parabole autonome. Tous les invités, sauf un, avaient revêtu l’habit de fête offert sans doute par le roi. En effet, on rapporte qu’en Orient, lorsque les monarques célébraient une fête, ils remettent à leurs hôtes des vêtements de prix. La Bible elle-même nous enseigne que les princes orientaux possédaient d’importants stocks de vêtements (Jb 27.16 ; Es 3.6 ; Jc 5.2 ; 2 R 10.22) qu’ils offraient en cadeau pour témoigner une faveur spéciale (Gn 41.42 ; 1 S 18.4 ; 2 R 5.5 ; 10.22 ; Dn 5.7 ; Est 6.8 ; 8.15), surtout à l’occasion d’un mariage.
En refusant l’habit, l’invité discourtois a donc témoigné de son mépris pour le roi et révélé ses dispositions intérieures : il estimait le sien assez bon pour cette fête.
Le jour de notre baptême, nous devrions changer d’habit, c’est-à-dire de comportement. Comme la recrue qui, à partir du moment de son incorporation revêt l’uniforme, c’est-à-dire l’habit du roi ou du gouvernement auquel elle a juré fidélité, ainsi le baptisé s’est enrôlé au service de Jésus-Christ et lui appartient. Il a renoncé à vivre comme les civils, selon ses désirs et ses fantaisies, pour accomplir désormais la volonté de son Chef et pour lui plaire (2 Tm 2.4).
Souvent, le Nouveau Testament mentionne le Saint-Esprit en lien avec le baptême : « Que chacun de vous se fasse baptiser… pour que vos péchés soient pardonnés, alors vous recevrez le don du Saint-Esprit » (Ac 2.38). « Peut-on refuser de baptiser dans l’eau ceux qui ont reçu le Saint-Esprit aussi bien que nous ? Et il donna ordre de les baptiser au nom de Jésus-Christ » (Ac 10.47-48). « Nous avons tous été baptisés dans un seul et même Esprit, pour former un seul corps, soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves, soit hommes libres ; c’est de ce seul et même Esprit que nous avons tous reçu à boire » (1 Co 12.13).
« C’est Dieu, en effet, qui nous a fermement unis avec vous au Christ et qui nous a consacrés à lui par son onction. Et c’est encore Dieu qui nous a marqués de son sceau, comme sa propriété, et qui a mis dans notre cœur son Esprit comme acompte des biens à venir » (2 Co 1.21-22). « Et en Christ, vous aussi, vous avez entendu le message de vérité, cet Evangile qui vous apportait le salut ; oui, c’est aussi en Christ que vous qui avez cru, vous avez obtenu de Dieu l’Esprit Saint qu’il avait promis et par lequel il vous a marqués de son sceau pour lui appartenir. C’est cet Esprit qui constitue l’acompte de notre héritage en attendant la délivrance du peuple que Dieu s’est acquis. Ainsi tout aboutit à sa gloire » (Ep 1.13-14). « Il nous a sauvés parce qu’il a eu pitié de nous, en nous faisant passer par le bain purificateur de la nouvelle naissance, c’est-à-dire en nous renouvelant par le Saint-Esprit » (Tt 3.5).
L’apôtre Paul compare la réception du Saint-Esprit à l’apposition d’un sceau. Dans le monde grec, lorsqu’un achat venait d’être conclu, on apposait sur la facture ou sur l’objet acheté un cachet ou un sceau qui donnait au contrat force de loi. Aussi longtemps que le sceau manquait, le marché pouvait être annulé. Avec ce cachet, l’objet vendu devenait propriété incontestable de l’acheteur. « Si quelqu’un n’a pas l’esprit du Christ, il ne lui appartient pas » (Rm 10.9). Le baptême, signe d’appartenance au Christ était par conséquent aussi un signe de la réception du Saint-Esprit.
Actuellement encore, l’huissier appose un scellé sur des objets saisis ; cela signifie que ces derniers appartiennent à un nouveau propriétaire et que l’ancien possesseur n’a plus aucun droit sur eux.
En Orient, les esclaves étaient également marqués d’un signe de propriété, une sorte de tatouage indélébile sur la peau (voir Ap 7 ; Ez 9). Peut-être l’apôtre avait-il aussi ce sceau présent à l’esprit, en parlant de la réception du Saint-Esprit.
Lorsqu’un personnage important faisait un achat, il n’apposait pas lui-même le sceau sur les objets achetés, mais chargeait ses hommes de confiance de cet office. Le sceau du Saint-Esprit nous est bien donné par le Seigneur même, mais il laisse à l’Eglise le soin de conférer l’acte visible symbolisant le sceau spirituel.
En fidèle intendante de Dieu, l’Eglise se doit de veiller au respect des conditions fixées par le Maître lui-même pour reconnaître un homme comme lui appartenant : qu’il croie en Jésus-Christ comme son Sauveur et Seigneur. C’est pourquoi, au moment d’apposer le sceau visible d’appartenance au peuple de Dieu, l’Eglise demande au néophyte de confesser sa foi (Ac 8.36-38). Les premières confessions de foi chrétiennes se rattachaient au baptême. Tertullien dit expressément que le baptisé confesse sa foi « en descendant dans l’eau ».
Dans 1 Pi 3.19-21, l’apôtre présente le déluge comme une figure du baptême. « Le Christ a été mis à mort dans son corps mais il a été ramené à la vie par l’Esprit. Par cet Esprit, il avait déjà prêché aux hommes maintenant prisonniers du séjour des morts qui, autrefois, s’étaient montrés rebelles, alors que Dieu faisait preuve de patience pendant que Noé construisait le bateau. Un petit nombre de personnes, huit en tout, furent sauvées à travers l’eau. C’est ainsi que vous êtes sauvés maintenant, vous aussi : ces événements préfiguraient le baptême. Celui-ci ne consiste pas à laver les impuretés du corps, mais à s’engager envers Dieu avec une conscience pure ».
Jésus lui-même donne le temps d’avant le déluge comme une image du temps de la fin (Mt 24.37-38). L’arche de Noé est une figure du salut qui nous est offert aujourd’hui pour échapper au jugement, et ce salut trouve son expression visible dans le baptême.
Comme l’arche a sauvé Noé et sept personnes de sa famille, ainsi le baptême nous sauve « au travers de l’eau » et nous fait passer à un monde nouveau, nous intégrant à l’humanité nouvelle. Chaque baptême est aussi une occasion de prêcher — par le même Esprit du Christ — et d’annoncer à la fois le jugement qui attend l’humanité, le changement d’attitude intérieure que Dieu demande pour y échapper et le salut qu’il a préparé.
Le baptême est le signe de notre décision de renoncer au monde et d’accepter le salut de Dieu — il en est la manifestation publique et il implique :
« Le Christ nous a délivrés du pouvoir des ténèbres et nous a transportés dans le royaume de son Fils bien-aimé » (Col 3.13).
L’image du passage à un monde nouveau, découle également du rapprochement fait par l’apôtre Paul entre le baptême et la traversée de la mer Rouge : «nos ancêtres ont tous, en quelque sorte, été baptisés par Moïse dans la nuée et dans la mer… Malgré cela, la plupart d’entre eux ne furent pas agréés par Dieu, puisqu’ils périrent dans le désert » (1 Co 10.1-2).
Beaucoup d’Israélites ont été disqualifiés et n’ont pas gagné la course (voir 9.24-27). Pourtant, ils avaient passé par une sorte de baptême, unis à Moïse pour traverser la mer Rouge. Ces faits doivent nous avertir de ne pas tolérer en nous de mauvais désirs (v. 6), de ne pas être idolâtres (v. 7), ne pas nous laisser entraîner à l’immoralité (v. 8), etc. Le baptême ne nous sauve donc pas du jugement et de la colère de Dieu s’il n’est pas suivi d’une vie qui correspond à ce que le baptisé promet au moment de son baptême (cf. Rm 6.1-11).
Les « baptisés dans la mer » étaient ceux qui avaient cru aux paroles de Moïse qui leur avait demandé d’asperger les linteaux de leur porte du sang de l’agneau pascal sacrifié.
Cependant, la mer Rouge ne devient passage que pour ceux qui la traversent « en Moïse » c’est-à-dire avec lui. L’eau, moyen de salut pour les Israélites, est, pour les Egyptiens, un moyen de Jugement et de mort.
Le « Père vous a rendus capables d’avoir part à l’héritage qu’il réserve dans son Royaume de lumière à ceux qui lui appartiennent. Il nous a arrachés au pouvoir des ténèbres et nous a fait passer dans le Royaume de son Fils bien-aimé » (Col 1.12).
« Il nous a fait naître à une vie nouvelle pour nous donner une espérance vivante. Car il a préparé pour nous un héritage qui ne peut ni se détruire, ni se salir, ni perdre de sa beauté. Il le tient en réserve pour nous dans les cieux » (1 Pi 1.4).
« Voyez combien le Père nous a aimés pour que nous puissions être appelés enfants de Dieu ! Et nous le sommes… et ce que nous serons un jour n’a pas encore été rendu manifeste ; mais nous savons que lorsque le Christ paraîtra, nous serons semblables à lui » (1 Jn 3.1-2).
« Le jour où le Christ apparaîtra, lui qui est votre vie, alors vous paraîtrez vous aussi avec lui et vous partagerez sa gloire » (Col 3.4), et non seulement sa gloire, mais encore son règne : « les saints du Très-Haut recevront le royaume… Le règne, la domination et la grandeur de tous les royaumes qui sont sous les cieux seront donnés au peuple des saints du Très-Haut » (Dn 7.17-27). « Ne crains pas petit troupeau, car votre Père a trouvé bon de vous donner le royaume » (Lc 12.32). « Celui qui vaincra, je le ferai asseoir avec moi sur mon trône comme moi j’ai vaincu et me suis assis avec mon Père sur son trône » (Ap 3.21), « ils régneront sur la terre » (5.10), « ils régneront avec le Christ » (20.4-6).
Le baptême marque l’engagement solennel dans les rangs de cette nouvelle humanité, celle qui régnera avec le Christ dans le monde futur.