Ray Davenport connaissait beaucoup de stars de cinéma et de personnalités éminentes. Il était considéré comme un membre-d’Eglise-modèle. Mais il n’avait encore jamais raconté à personne qu’il avait une terrible peur de la mort. Si un client venait à évoquer ce sujet, il perdait l’appétit. Si un plaisantin lançait une blague où il était question de mourir, il quittait la pièce.
Il était sur le point de partir pour un voyage d’affaire. « Où est donc ma Bible ? Au fond : pourquoi est-ce que je l’emporte ? » C’était comme un talisman. Depuis 27 ans, il l’emportait en souvenir de sa mère, mais ne l’avait jamais ouverte.
Elevé dans une ferme, il décida un jour d’émigrer en Californie. A l’âge de 25 ans, il se maria et fit son voyage de noces à Palm Springs au sud de Los Angeles. Ils décidèrent de s’y établir. Quelques stars de cinéma y avaient déjà construit des maisons. Il commença à louer des bicyclettes. Son affaire marcha bien. Au bout de cinq années, il avait 119 bicyclettes et un revenu annuel de 10 000 dollars.
Après la guerre, la Californie connut un boom économique sans précédent. Les prix des terrains grimpaient à vue d’œil. « Je crois que nous pourrions nous lancer dans l’immobilier, dit Ray à sa femme. Je pourrais aller à l’uni et apprendre la comptabilité. — Alors j’y vais avec toi ». Il travailla 90 heures par semaine, dimanche compris. Il se lia d’amitié avec quelques hommes d’affaire, dont certains étaient des chrétiens qui l’invitèrent à une série de réunions du jeune Billy Graham.
« J’étais l’un des agents immobiliers les plus importants de ma ville, considéré comme un bon citoyen, mais intérieurement, j’étais vide. Je savais que je décevais les autres et les autres me décevaient. Lorsque j’ai entendu Billy Graham, j’ai été effrayé. Jamais personne ne m’avait demandé d’accepter Jésus-Christ comme Sauveur personnel. Cet homme qui m’était totalement étranger parlait à mon cœur. Il citait la Bible ; sa conviction suscitait ma confiance. “Dieu n’a pas épargné les anges qui ont péché, mais les a exclus du ciel. Croyez-vous qu’il vous épargnera si vous ne voulez rien savoir de Jésus-Christ ? ». Ce soir-là, Ray Davenport savait qu’il devait livrer sa volonté, sa vie, ses péchés et son incroyance à Jésus-Christ et regarder à lui ».
Quelques jours plus tard, il étonna ses collègues en leur disant : « A partir de maintenant, mon bureau sera fermé le dimanche. — Mais c’est le meilleur jour pour les affaires ! Vous allez sûrement faire faillite ». Il dit à ses employés : « Ne prenez pas de rendez-vous d’affaire le dimanche. Allez à l’église le jour du Seigneur ». Peu de temps après, il avait tant à faire qu’il dut ouvrir une deuxième agence. Sa relation avec Dieu changea du tout au tout : « Maintenant, je pouvais parler à Dieu comme à un Père au ciel et je savais qu’il m’entend ». La peur de la mort qui l’avait paralysé avant sa conversion s’était évaporée.
Un jour, quelqu’un lui demanda : « Quel est ton secret, Ray ? Tu as certainement quelque chose qui manque à la plupart d’entre nous. — Ce n’est pas un secret. Lis la Bible, remets ta vie au Seigneur et laisse-le faire. — Je voudrais bien. Peux-tu m’aider ? » C’est ainsi qu’il prit la direction d’un cours biblique du soir. Pendant une année, il tint des discours d’évangélisation à la radio. Un jour, il prit 600 épaves du bas quartier de Los Angeles, les invita à dîner et put conduire 149 d’entre ces hommes au Seigneur. Il écrivit un livre sur l’évangélisation individuelle qui fut réédité six fois. Lorsqu’il part en voyage, il remet toujours une Bible dans sa valise mais c’est une Bible très usée. « La première année après ma conversion, je l’ai lue sept fois et le Nouveau Testament dix-sept fois. Des collègues me demandent : “Où trouves-tu le temps pour cela ?”. Je leur réponds qu’en tant qu’enfant, je me levais à quatre heures pour traire les vaches de mon père. Maintenant, je me lève pour les affaires de mon Père céleste. Je suis une règle très simple : “Pas de Bible, pas de petit déjeuner” et le principe de John Wesley : “Je la suis en toutes choses, dans les grandes et les petites” ».3
3 D’après Curtis Mitchell Die nach vorn kamen p. 142-148.
Le Dr Fred Smith était un scientifique honoré du prix Hudson et l’un des plus éminents biochimistes de l’Université du Minnesota. Un jour, il fut invité par un groupe de jeunes à une réunion de Billy Graham. « Cet homme qui parle comme une mitrailleuse à la radio ? Je ne peux pas le supporter. — Mais il fait partie de votre monde. Vous ne voulez pas essayer de comprendre votre monde ». C’est ainsi qu’il se trouva à Minneapolis dans une réunion de jeunes — qui parlaient beaucoup de Dieu. Mais que signifie Dieu pour un homme de science qui avait tout ce qu’il faut pour être heureux : une femme charmante, trois enfants, une belle maison, une voiture, tout et tout... De plus, il était diacre de son Eglise, sa femme et ses enfants allaient régulièrement au culte. « Mais je savais que l’intelligence ne pouvait pas résoudre tous les problèmes — ni les miens ni ceux des autres ».
Lors de cette réunion de jeunes, Billy Graham avait parlé de l’entretien de Jésus avec Nicodème. « Pendant qu’il prêchait, je m’identifiai complètement avec Nicodème. Ma recherche de la vérité me sembla être entrée dans une nouvelle phase. Je savais que je me livrai à la plus grande des expériences : je devais naître de nouveau. Sur le chemin du retour, une dame qui était venue avec nous dit : “Cette manière émotionnelle ne nous convient pas. Nous préférons aborder les problèmes par l’intelligence”. Elle ne savait pas que depuis des années, j’essayais de me rapprocher de la vérité par mon intelligence et que j’avais découvert que c’était un faux chemin. Les jours suivants, je me promenais dans mon jardin en réfléchissant aux paroles de Billy Graham. Je lus dans ma Bible. Je n’étais pas conscient de ce qui se passait en moi, mais c’est à ce moment-là que Dieu a dû intervenir dans ma vie. Un matin, en me rendant à l’université pour donner mon cours, je pris conscience que Jésus était le modèle que je cherchais pour ma vie, qu’il était mort pour mes péchés. Une profonde paix entra dans mon cœur. Je fus délivré de la peur, de cette peur qui est toujours là — même chez des hommes de science.
» Après être arrivé à la conclusion que Jésus est le Christ, je reconnus que nous autres scientifiques avions mené une fantastique “vie de foi”. Nous acceptons beaucoup d’informations par la foi. Nous croyons aux électrons, aux protons et à d’autres particules des atomes — que personne n’a jamais vus. Nous le croyons parce que nos manuels nous le disent, quoique nous sachions que ces manuels doivent sans cesse être révisés : seule la dernière édition est valable. Alors que la Bible est restée pratiquement inchangée depuis 2000 ans ».
Dans sa joie, le Dr Smith commença à inviter ses amis à des soirées de discussion chez lui. Son salon devint un petit sanctuaire dans lequel quarante-deux personnes trouvèrent le chemin du salut.4
4 D’après Curtis Mitchell Die nach vorn kamen p. 130-135.