La dernière chevauchée

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UN APPEL AUX ÉGLISES

Voyez la scène ! L’apôtre Jean est sur l’île de Patmos, prostré, là où il était tombé devant la présence du Seigneur ressuscité. Jean s’est sans doute protégé de la main contre cette lumière aveuglante. La grande silhouette aux yeux scintillants comme le feu, magnifiquement éclairée par les sept grands chandeliers, et le reflet du soleil dans la mer se fondaient en une seule et unique lumière éblouissante. Tout en essayant de comprendre ce qui se passait, d’en saisir toute la signification, Jean s’est sans doute frotté les yeux d’étonnement.

Nous ignorons la suite ; Jésus sortit peut-être de cette lumière pour prendre la main ridée de Jean et aider le vieil homme à se relever. Leurs regards se sont-ils croisés comme cinquante ans auparavant ? Dans cette remémoration éclair, au-delà de cette splendeur étincelante, Jean a probablement reconnu le Seigneur ressuscité. Ce même Jésus qu’il avait côtoyé sur les plages de Galilée ou dans les rues de Jérusalem, impossible de ne pas ressentir comme autrefois l’amour de celui dont il avait partagé la vie sur les chemins de Galilée et de Judée ! A-t-il senti la pression du bras de Jésus sur son épaule quand, passant près des palmiers, il le conduisait à sa cellule au bout de la grève. A-t-il trébuché dans sa demeure obscure pour chercher et allumer une lampe à huile ou étendant un nouveau morceau de parchemin, prêt à recevoir la pointe d’une plume aiguisée, trempée dans l’encre. Peut-être s’est-il assis devant les quelques restes d’épaves qui lui servaient de bureau et d’autel, attendant le message du Seigneur.

Vous pouvez avoir une autre interprétation de la vision de Jean, les détails ne sont pas importants. J’imagine Jean avec son Seigneur ressuscité, sous quelque forme que ce soit, – ou dans cette révélation très personnelle et très intime de notre Seigneur, accordée aux yeux spirituels de Jean, ou dans cette expérience très pragmatique de la plage de Patmos – vivre ces instants, voir ce qui se passa vraiment sur l’île ce jour-là, c’est réaliser le miracle et l’espoir de la révélation du Christ, à la fois les bonnes nouvelles et celles qui le sont moins.

Nous avons parlé de la vision de Jésus donnée à Jean. Devons-nous nécessairement attendre de Dieu une telle vision ?

Non, il nous a donné sa parole, la Bible. Désirez-vous vraiment connaître Dieu, profondément, intimement ? Aspirez-vous à découvrir sa volonté pour votre vie ? Si tel est votre cas, lisez et étudiez les Ecritures chaque jour.

Nous ne connaissons pas les détails, mais nous savons une chose : à cet instant précis, le Seigneur ressuscité s’adressa à Jean et lui demanda d’écrire. « Ecris » dit-il, « … le mystère des sept étoiles que tu as vues dans ma main droite et des sept chandeliers d’or. Les sept étoiles sont les anges (responsables ou pasteurs) des sept Eglises et les sept chandeliers sont les sept Eglises ». Il adresse alors une série de courtes lettres aux sept églises de la province romaine d’Asie (la Turquie actuelle) qui sont insérées dans les second et troisième chapitres du livre de l’Apocalypse. « A l’ange de l’église d’Ephèse », ordonne le Seigneur, « écris ».

Les détails précédents sont sans importance. Seules les paroles de Jésus comptent. Ce qui se passait sur Patmos en ce jour intègre le texte de ces sept courtes lettres à la Parole éternelle de Dieu, elles deviennent dignes de confiance et sont remplies d’autorité pour notre temps et celui de Jean. L’enseignement de ces paroles dépasse leur terminologie et se transforme en leçons divines qui sont l’essence même de la révélation.

Premier point : Dieu nous voit et se soucie de nous en tant qu’individus. Pensez-donc ! Il connaît chacun par son nom. Notre Seigneur prend soin de chaque chrétien intimement. Regardez les détails de chaque lettre. Il citait des noms, décrivait des événements, félicitait les églises de leurs succès, les reprenait pour leurs échecs. Affectueux et tendre, il les conseillait judicieusement. Quel espoir pour vous et moi ! Il nous connaît, comme la mère son enfant. Le Seigneur ressuscité ne se cache pas quelque part, aux extrémités de l’univers. Par son Esprit, il vit en chaque croyant, il le connaît par son nom et si nous sondons sa Parole et écoutons sa voix, il se révèlera en personne comme par le passé.

Second point : il nous voit, vivant avec d’autres croyants dans l’église. Chaque église des villes et villages d’Asie était chère à son cœur, et il n’avait pas dicté ces lettres pour de hauts responsables du monde entier ou des colloques du clergé. Il s’adressait aussi bien à des églises distinctes qu’à des petits noyaux de croyants, de dirigeants ou de disciples. Au cœur de ces lettres est la pensée de Dieu, que nous sommes appelés à vivre, travailler et adorer ensemble dans une église locale. Je crois que les frères et sœurs en Christ avec lesquels vous priez, étudiez la Bible, donnez et témoignez, ce noyau de croyants dont vous êtes, sont la base de départ utilisée par Dieu pour sauver le monde. Dieu prend soin de chaque église aujourd’hui comme autrefois. Il se préoccupe vraiment de notre relation avec lui, avec notre prochain, nos communautés et notre monde. Savoir qu’il s’occupe de chaque église (comme de ces sept églises autrefois) devrait nous donner des raisons d’espérer !

Troisième point : les thèmes alors abordés par le Seigneur seraient les mêmes s’il nous parlait aujourd’hui. Nous ne sommes pas les seuls à avoir des problèmes ; nos péchés, nos tentations, nos faiblesses, nos besoins ne sont pas différents de ceux des autres. Voilà pourquoi l’espoir est permis entre autres, dans sa révélation à Jean pour les églises d’Asie, Jésus prévoyait les combats futurs et nous donnait aussi un enseignement. Nous devons écouter l’appel et l’avertissement qui leur étaient adressés.

Quatrième point : bien que dans la forme chaque lettre soit pratiquement similaire, à savoir, une salutation, une caractéristique du Christ ressuscité, une parole de louange (sauf pour Laodicée), l’expression d’une critique (exception faite de Smyrne et de Philadelphie), un avertissement et la promesse, – le contenu de chaque lettre est très différent. Il savait que chaque église menait un combat particulier pour être le corps de Christ dans le monde, et pour cette raison, le message était différent. Ses conseils ne visaient pas la foule, voilà pourquoi nous espérons. Ses exhortations sont valables pour nous, même dans notre situation particulière. Il nous faut sonder la Bible pour y découvrir la parole qui, à ce moment précis, nous édifiera, sans oublier que parfois une partie du message ne nous concerne pas directement.

Craignez-vous que nous n’abordions jamais le thème des quatre cavaliers de l’Apocalypse ? Quand entendrons-nous leurs sabots ? Pourquoi ces palabres à propos de Patmos, des perspectives plus ou moins heureuses et des sept églises d’Asie ? En voici la raison : ces sabots dans le lointain que l’on entend s’approcher de jour en jour, sont ceux des cavaliers qui veulent détruire la terre et ce qu’elle renferme. Pour tenir tête à ces cavaliers, lutter contre la mort et manifester une vie nouvelle – la vie en Christ – aux hommes de la terre, il faudra franchir quelques étapes préliminaires.

Les sept lettres adressées aux croyants d’Asie étaient une ébauche de la vision du Christ car il savait ce que l’avenir leur réservait. Il connaissait le prix qu’ils auraient à payer dans leur lutte contre le mal, un prix que les églises n’étaient pas prêtes à payer, car trop faibles encore pour affronter les cavaliers. A moins de consacrer leur temps et leur énergie à se préparer, elles allaient périr sous les coups de ces cavaliers de destruction et de mort. Les églises seraient vaincues sans nul doute si elles ne s’édifiaient pas selon la stratégie exposée dans ces lettres. Celles-ci sont remplies de prescriptions valables pour leur temps et le nôtre, tandis que ces cavaliers se dirigent vers nous au galop. On y trouve aussi les paroles puissantes du Christ pour nous aider à triompher du mal qu’ils veulent répandre sur toute la terre.

En clair, j’ai séparé les lettres en trois groupes. Quand vous aurez terminé ce chapitre, relisez les lettres correspondant à votre situation précise. Prenez maintenant le Livre de l’Apocalypse, chapitre 2, versets 1 à 7, puis chapitre 3, versets 14 à 22. Lisez les lettres que Jean reçut de la part du Christ pour les églises d’Ephèse et de Laodicée.

L’APPEL À UN SAINT AMOUR : ÉPHÈSE ET LAODICÉE

Ephèse était une grande cité maritime sur les bords de la mer Egée. L’apôtre Paul fut lui-même un des fondateurs de l’église dans ce grand centre commercial et religieux. Au cœur de la ville se dressait le temple de Diane (Artémis), une des sept merveilles de l’antiquité, un temple quatre fois plus grand que celui du Parthénon, d’Athénes. Paul a failli perdre la vie en prenant position contre l’adoration idolâtre d’Artémis. Il consacra deux années de sa vie aux gens d’Ephèse et à la jeune église grandissante, et cet investissement ne fut pas sans riches conséquences pour le royaume de Dieu. Ephèse devint le centre de rayonnement de l’Evangile du Christ vers l’Asie. L’église d’Ephèse était renommée dans tout l’empire pour sa ferveur et sa foi (elle comptait sans doute 50.000 membres !).

Vous rappelez-vous ce merveilleux moment du livre des Actes, quand les anciens de l’église d’Ephèse vinrent le saluer une dernière fois à Milet ? C’était son dernier voyage à Jérusalem, et de là vers Rome où il perdrait la vie. Les anciens serrèrent Paul dans leurs bras en pleurant pendant qu’il leur donnait ses derniers conseils. Le dernier jour, il les avertit : « Après mon départ, des loups cruels s’introduiront parmi vous et n’épargneront pas le troupeau… soyez sur vos gardes ! ».

Les paroles de Paul furent prises au sérieux, semble-t-il. Plus de cinquante ans plus tard, la lettre du Christ pour eux dans l’Apocalypse indiquait qu’il était satisfait de ce qu’ils avaient « éprouvé ceux qui se disent apôtres et qui ne le sont pas », et les avaient « trouvés menteurs ». De plus, à Milet, on les avait exhortés à aider les faibles, et dans l’Apocalypse, le Christ les avait félicités : « tes œuvres, ton dur labeur, ta persévérance ». Et cependant, malgré leur obéissance et leur endurance, quelque chose n’avait pas tourné rond. « Tu as abandonné ton premier amour », leur dit-il. « Souviens-toi donc d’où tu es tombé ! Repens-toi, et pratique tes premières œuvres ». Souviens-toi, repens-toi ou retire-toi.

LAODICÉE

En suivant le fleuve Méandre à l’est depuis sa source près d’Ephèse et emprunté le premier grand affluent de rive droite, à six kilomètres, vous auriez trouvé la ville de Laodicée. Cette ville était déjà prospère lors de l’exil de Jean. A mi-chemin de Rome et de ses provinces du Sud, Laodicée était devenue un centre financier et bancaire, célèbre aussi dans le monde entier grâce à son collyre pour les yeux. Des moutons noirs paissaient sur les collines entourant la ville. C’est là qu’on tissait les étoffes précieuses servant à confectionner les vêtements les plus coûteux et les plus élégants de l’empire. Quelle ironie dans le message adressé à Laodicée (et quelle perfection dans ce souci de précision de la part de notre Seigneur ressuscité !) « Tu es pauvre… misérable et nu ! ».

Nous ignorons les débuts historiques de la jeune église chrétienne de Laodicée. Christ devait sans doute apprécier leur potentiel de bâtisseurs car sa colère tomba sur cette église par la vision de Jean : « Parce que tu es tiède, ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche ». Mais il continue par l’un des appels les plus célèbres et émouvants de la Bible : « Moi, je reprends et je châtie tous ceux que j’aime. Voici je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui, je souperai avec lui et lui avec moi ».

Les chrétiens d’Ephèse et de Laodicée avaient perdu leur premier amour. La même chose s’était produite, à Jérusalem quand Jérémie le prophète écrivait : « La parole de l’Eternel me fut adressée. Je me souviens de ton amour lorsque tu étais jeune, de ton affection lorsque tu étais fiancée, quand tu me suivais au désert, dans une terre inculte ». En d’autres termes, à l’époque, les fidèles avaient aussi perdu leur premier amour et Dieu les avait réprimandés.

Le « premier amour » des Ephésiens s’était transformé en une sorte de fidélité à la doctrine pure et sainte. Ils étaient capables sans nul doute de détecter une hérésie ou un hérétique à des kilomètres à la ronde. Ils connaissaient probablement les lois par cœur et les transmettaient de génération en génération. Mais la lettre de Christ dit : « Repens-toi ! » Repentez-vous de l’indifférence de vos cœurs et de votre manque de zèle. Repentez-vous de votre manque d’amour et d’intérêt pour les autres.

Les premières prières ardentes des Laodicéens s’étaient, semble-t-il, métamorphosées en des prières traditionnelles de reconnaissance. Christ ironisait quant à leurs prières : « Parce que tu dis : je suis riche, je me suis enrichi et je n’ai besoin de rien et parce que tu ne sais pas » les avertissait-il, « que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu ».

Pendant une période de vacances, Ruth et moi avions été invités chez de riches amis. Ils avaient rassemblé leurs voisins de vacances pour une soirée et m’avaient demandé de prendre la parole. Je leur expliquai alors l’évangile simplement et brièvement, leur rappelant que le plaisir et les richesses ne durent pas - que seule la personne qui connaît Jésus-Christ en tant que Sauveur peut connaître le vrai bonheur. Alors que je concluais, une jeune femme élégante, jolie et connue pour sa légèreté et sa grande aisance, se mit à rire gaiement. « Mais, Billy » protesta-t-elle, «que dire à ceux d’entre nous qui sont parfaitement heureux ? ».

Au regard de Dieu, cette femme était spirituellement une épave misérable, pauvre, aveugle et nue, comme les années à venir allaient le prouver. Christ s’adresse à de telles personnes et dit : « Repentez-vous ! ».

Pour les églises d’Ephèse et de Laodicée, il s’agissait d’un problème d’attachement spirituel : « Tu as abandonné ton premier amour » écrit Jean aux Ephésiens. « Tu n’es ni froid, ni bouillant » écrit-il aux Laodicéens. L’engagement passionné des premiers temps pour le Christ et son œuvre s’était peu à peu refroidi. Nous ne disposons pas de détails, juste ces quelques éléments historiques de l’Apocalypse, mais notre expérience personnelle peut nous aider à actualiser la scène.

Je me souviens de la première fois où j’ai vu Ruth. Pour moi, ce fut le coup de foudre. Le souvenir encore vivace de ces sentiments passionnés, la première fois où je lui tenais la main, l’émotion du premier baiser, nos yeux brillants d’un amour commun, mon estomac qui se nouait, mon cœur qui battait la chamade, mon sang bouillonnant pendant notre lune de miel et pendant des années encore… Le premier amour est merveilleux mais les premières flammes de l’amour physique se transforment inévitablement.

Notre amour a été imprégné d’engagement. « Aimer » est un verbe actif et non passif. Il ne devrait pas être réduit à son aspect physique. C’est une vie d’engagement. Ruth et moi pouvons nous asseoir sous notre porche par un soir d’été sans échanger une parole, mais nous sommes en communion parfaite l’un avec l’autre. La passion est même plus intense. Mais nous avons connu tant de personnes qui ne s’étaient pas engagées spirituellement envers l’autre. Leur amour n’était qu’un amour physique. Les premières ardeurs de la lune de miel s’étaient inévitablement épuisées et la routine journalière s’était installée. La passion du premier amour s’était éteinte et avec elle, toutes ses caractéristiques.

Vous souvenez-vous du moment où vous avez entendu parler de Christ pour la première fois et que vous avez cru en lui comme Seigneur et Sauveur de votre vie ! Et quand vous vous êtes agenouillé près du lit de vos parents, ou au pied de l’autel d’une église ou dans le calme d’une forêt, ou quand vous vous êtes avancé à l’appel lors d’une campagne d’évangélisation. Vous rappelez-vous de la chaleur de l’église qui vous a accueilli, de votre baptême et de la joie éprouvée dans cet acte de foi !

Quel souvenir émouvant la première fois que vous avez témoigné et conduit l’un de vos proches au Christ ! Les temps précieux passés à étudier la Parole ou à répandre votre cœur dans la prière ! (Quand j’ai accepté le Christ, quelqu’un me tendit un petit livre intitulé : Trésors de la Bible. Il contenait des versets à mémoriser et même des cantiques. Je me revois en train de traire les vaches dans la ferme de mon père, chantant ces cantiques et mémorisant ces versets). Vous rappelez-vous votre premier engagement envers l’église, ou le petit groupe de frères et sœurs vous donnant la main, chantant « Grâce merveilleuse » ou le feu de l’action pour les pauvres et les opprimés de votre voisinage ? Vous souvenez-vous de votre « premier amour » et de tous ces actes d’adoration, de témoignage, de service ou de fraternité qui se multipliaient spontanément à l’époque de votre premier amour ?

Le Christ demandait aux Ephésiens et aux Laodicéens d’abandonner leur religion respectable, confortable, fade et tiède. Il désirait un engagement total de leur part, une disponibilité totale. Il les exhortait à revenir à une passion sainte et à la joie du premier amour. Au lieu de cela, en eux s’étaient installés une respectabilité purement théologique et un confort matériel. Christ voulait qu’ils soient vivants, dépendants, prêts à s’investir, remplis de fougue à nouveau. Car c’est dans cet engagement du « premier amour » qu’ils puiseraient la force de combattre les cavaliers.

Jean s’adressait bien sûr aux croyants d’Ephèse et de Laodicée qui avaient perdu leur premier amour. Permettez une petite interruption pour poser une question encore plus fondamentale. Peut-être n’avez-vous jamais connu le Christ personnellement comme Sauveur et Seigneur, peut-être ne l’avez-vous jamais aimé de cette façon, ou connu le miracle du pardon du Christ pour vos péchés ou la joie d’être pardonné. Avant de continuer ce livre, vous pourriez vivre toutes ces choses maintenant.

Vous pouvez demander « Que dois-je faire ? » D’abord : admettez votre besoin (« je suis pécheur »). Ensuite : soyez prêt à rejeter les péchés (le repentir). Enfin : croyez que Jésus-Christ est mort pour vous sur la croix et qu’il est ressuscité des morts. En définitive, recevez Jésus-Christ comme maître de votre vie, comme Sauveur et Seigneur. C’est si simple. Dieu vous aime. Christ est mort pour vous. Vous vous repentez de votre péché. Vous recevez le pardon et vous découvrez la joie de ce « premier amour ».

J’ai rencontré récemment un avocat connu, dans un avion. Il buvait tout ce que lui donnait l’hôtesse, pour noyer son chagrin. Cela n’y faisait rien. Il me disait qu’il était membre d’une église très en vue, mais il déclarait : « J’ai besoin de clarifier ma situation. J’aimerais vraiment servir Dieu ». Je compris tout de suite qu’il ne connaissait même pas le Seigneur. Je le confiai alors à mon associé T.W. Wilson, assis de l’autre côté, car j’avais une soirée importante après le voyage. Il lui expliqua le chemin du salut. L’homme repartit dans son église locale et demanda s’il pouvait dire quelques mots un dimanche soir. Il avoua à toute l’assemblée qu’il avait été hypocrite. Il les avait ensuite fixés et avait dit : « Beaucoup d’entre vous êtes de la même nature hypocrite que la mienne. J’ai clarifié ma situation. J’ai fait la paix avec Dieu ». Il a dernièrement, paraît-il, rendu témoignage dans une autre église. Il a trouvé pour la première fois son « premier amour », malgré son appartenance à une église pendant de longues années.

Jean donne un conseil bien précis à ceux d’entre nous dont le « premier amour » a vieilli. Sous l’inspiration de l’Esprit, il écrit aux Ephésiens : « Souviens-toi donc d’où tu es tombé, repens-toi et pratique tes premières œuvres ». Les textes ne nous précisent pas la nature de ces premières œuvres, mais nous pouvons le comprendre de par nos expériences personnelles « du premier amour » dans les fiançailles et le mariage. Vous rappelez-vous votre désir de paraître à votre avantage, de plaire, d’être toujours en compagnie de l’autre ? Vous souvenez-vous de ce sentiment grandissant d’étonnement, d’émoi et de surprise ? Et de tous ces faits et gestes plus ou moins importants à cause de cet amour ?

« Tu ne m’envoies plus de fleurs », disait un amoureux à l’autre dont l’amour s’était refroidi, trahi par son oubli. « Comment avons-nous pu en arriver là ? », demandait une épouse désespérée à son conjoint, alors que l’anniversaire de mariage a été oublié, quand les sentiments solides ont disparu, le mariage va à la dérive et la période du « premier amour » n’est plus qu’un lointain souvenir. Christ considère son Eglise comme une épouse. L’Ancien Testament est rempli d’expressions enflammées illustrant la relation de Dieu avec son peuple. L’Eglise est l’épouse du Christ, dans la terminologie du Nouveau Testament.

Dans cette exhortation de l’Apocalypse, Christ se pose en époux jaloux, demandant aux Ephésiens et aux Laodicéens de retrouver, de renouveler leur « premier amour ». Il ne leur demande pas de revenir aux sentiments des premiers temps. Connaître à nouveau l’émotion physique du premier amour, vingt ou trente ans après la lune de miel, est impossible, mais vous pouvez refaire les gestes du « premier amour ». L’amour va au-delà des sentiments, c’est un engagement, un investissement personnel. « Car Dieu a tant aimé le monde » avait écrit Jean auparavant. « Mes petits enfants, n’aimez pas en paroles seulement, mais en actes ». Il est possible d’accomplir à nouveau les œuvres du premier amour et, ce faisant, de raviver l’intensité de cet amour.

Rappelez-vous autrefois. Que faisiez-vous tout spécialement lors de votre « premier amour » ? Par exemple, vous vous trouvez avec l’être aimé, lui parlez, l’écoutez. Je me rappelle ces moments passés dans le calme pour parler à Dieu, seul, pour marcher près de lui. Bien souvent, avant mes campagnes d’évangélisation, j’ai erré dans les bois ou les montagnes pour prier, pour parler et penser.

Avant la Campagne de Londres en 1954, je me revois à un certain moment dans l’entrée de la « Maison de Chapman », comme nous l’appelons à Montreat. Cette demeure avait abrité l’un des grands évangélistes d’une autre génération, J. Wilbur Chapman, et le célèbre cantique « Palais d’Ivoire » y avait été composé. J’aimais m’asseoir près de cette entrée pour déverser mon cœur devant le Seigneur… alors, il me parlait, m’assurant qu’il allait être à nos côtés pendant cette Campagne. Nous étions jeunes encore et sans expérience, mais nous tentions d’atteindre l’une des plus grandes villes de ce monde pour le Christ. A l’origine, la durée de la Campagne était fixée à un mois : nous devions y rester trois mois, et à la fin des dizaines de milliers avaient trouvé le Christ. Cette Campagne eut un impact sur le monde entier et encouragea les chrétiens de partout.

Et le souvenir de cette Campagne de New-York : seize semaines au Madison Square Garden ! Tant de problèmes rencontrés, de luttes avant même le début ! Combien j’ai arpenté les chemins près de ma maison pour dialoguer avec le Seigneur. Aux heures les plus sombres, il a posé sa main sur la mienne alors que j’essayais de sortir du tunnel.

C’était un retour au premier amour. Quand avez-vous mis récemment une après-midi à part pour être tout simplement seul avec le Seigneur, pour marcher et converser avec lui, comme vous le feriez avec votre meilleur ami ? Dès les premiers jours de ma vie avec Dieu, j’ai aimé lire, étudier et mémoriser la Parole. Je désirais plus que tout autre chose apprendre ce qu’il voulait de moi et j’obéissais promptement. Quand avez-vous, pour la dernière fois, fait taire les bruits qui peuvent anéantir sa petite voix calme, et quand avez-vous pris le temps de lire, d’apprendre les passages de la Bible qui apportent une nouvelle vie ?

Combien j’aimais partager ces moments d’adoration et de communion avec les frères et sœurs de mon église. C’est si facile de ne plus assister à un culte, de quitter votre région et votre église d’origine sans jamais trouver une nouvelle communauté de croyants pour la remplacer. Seul et coupé d’une église, notre intérêt disparaît rapidement et le premier amour s’éteint. Vous vous souvenez peut-être de cette joie de communiquer votre foi à l’époque, ou de travailler dans la rue pour aider les pauvres, ou d’enseigner, ou de donner. Qu’il est facile d’abandonner les œuvres du « premier amour »… Qu’il est facile de le laisser mourir !

« Souviens-toi donc d’où tu es tombé ! » écrit Jean sous l’inspiration. « Repens-toi et pratique tes premières œuvres ». Peut-être n’avez-vous pas envie de retrouver ce premier amour ; lire et mémoriser la Parole vous semble une corvée. Difficile aussi de mettre un temps à part pour être seul et prier. Gênant peut-être de trouver une église voisine et de vous y joindre. Peut-être résistez-vous à l’idée d’avoir à nouveau des responsabilités. Il est plus facile de se cacher pour éviter les appels au don de soi, à l’enseignement, au travail ou aux responsabilités. Mais, attention, vous avez reçu l’avertissement. A moins de décider de revenir au premier amour et aux œuvres l’accompagnant, vous courez le risque d’être enlevés et menacés par les cavaliers qui approchent dangereusement.

L’APPEL À LA JUSTICE
PERGAME, THYATIRE, SARDES

Au nord d’Ephèse, groupées aux abords de la vallée de l’Hermon, on trouve les trois villes mentionnées dans les lettres suivantes de l’Apocalypse. Pergame, ville côtière, était la capitale de la province romaine d’Asie ; ville aux temples païens nombreux et berceau du premier temple dédié au culte impérial de Rome, là même où l’on adorait le dieu César. Thiatire était à l’intérieur des terres sur le fleuve Lycus, centre des affaires située sur un axe commercial important. Bien des corporations avaient leur siège à Thyatire. Si l’on voulait travailler, il était indispensable d’être membre des corporations et l’immoralité des orgies des corporations était notoire et acceptée sans ambage. Sardes, riche cité commerciale, était également célèbre pour son style de vie luxueuse et dissolue. Malgré une citadelle bien fortifiée, construite pour protéger les citoyens des invasions, cette ville avait été prise deux fois par l’ennemi à cause de son relâchement.

Si les croyants d’Ephèse et de Laodicée étaient orthodoxes et bien à l’aise mais manquant d’ardeur spirituelle, les trois églises précitées étaient apparemment victimes de passions charnelles et fugitives qui conduisaient à l’idolâtrie et à l’immoralité.

Mais n’en tirons pas de conclusions hâtives. Dans la grotte, ce jour-là, le Seigneur de puissance inspira à Jean, son serviteur, la lettre aux chrétiens de Pergame. J’ai toujours remarqué avec intérêt qu’il félicitait la plupart de ces églises avant de les réprimander. A ceux de Thyatire, il dit par exemple : « Voici ce que dit le Fils de Dieu, celui qui a les yeux comme une flamme de feu et dont les pieds sont semblables à de l’airain ardent : Je connais tes œuvres, ton amour, ta foi, ton fidèle service, ta constance et tes dernières œuvres, plus nombreuses que les premières ». Malgré le peu de bonnes choses à dire à Pergame, il fit cette promesse : « A celui qui vaincra, je donnerai de la manne cachée et je lui donnerai un caillou blanc, et sur ce caillou est écrit un nom nouveau, que personne ne connaît, si ce n’est celui qui le reçoit ». En d’autres termes, il y avait à Pergame une petite minorité qui avait conservé son premier amour. Sardes reçoit un message similaire : «&nbs;Tu as quelques hommes qui n’ont pas souillé leurs vêtements ».

Le Christ avait décelé de bons éléments dans ces trois églises. Nous simplifions parfois les choses. Ces trois églises du premier siècle sont pour nous synonymes de chute, de péché, différentes de nos églises en toutes choses. Faux. Ces églises avaient quelques bons éléments, mais elles traversaient une période difficile (spécialement au regard des problèmes à venir) et elles ne le savaient même pas. Le rapprochement entre leurs églises et les nôtres pourrait être lourd de sens.

Jean écrit aux chrétiens de Pergame : « J’ai quelque chose contre toi, c’est que tu as là des gens attachés à la doctrine de Balaam, qui enseignait à Balak à mettre une pierre d’achoppement devant les fils d’Israël, pour qu’ils mangent des viandes sacrifiées aux idoles et qu’ils se livrent à la débauche. De même, toi aussi, tu as des gens attachés pareillement à la doctrine des Nicolaïtes ».

A ceux de Thyatire, il dit : « Ce que j’ai contre toi, c’est que tu laisses la femme Jézabel, qui se dit prophétesse, enseigner et séduire mes serviteurs pour qu’ils se livrent à la débauche et qu’ils mangent des viandes sacrifiées aux idoles ».

A l’église de Sardes, il écrit : « Tu es morte. Sois vigilante, affermis le reste… car je n’ai pas trouvé tes œuvres parfaites devant mon Dieu ».

Que voyons-nous ? Qu’y a-t-il de si grave à Pergame pour que le Seigneur ressuscité menace de les combattre lui-même avec l’épée de sa bouche ? Que firent les habitants de Thyatire pour mériter cet avertissement du Seigneur : « Je frapperai de mort ses enfants (les disciples de la fausse prophétesse de cette église) et toutes les églises connaîtront que je suis celui qui sonde les cœurs et les reins, et je rendrai à chacun selon ses œuvres » ?

Pourquoi dit-il à Sardes : « Si tu ne veilles pas, je viendrai comme un voleur, et tu ne sauras pas à quelle heure je viendrai te surprendre » ?

Les courtes lettres de Jean contiennent quelques indications quant à la mystérieuse colère du Christ envers ces trois églises. Balaam était un prophète de l’Ancien Testament qui fit dévier le peuple de sa marche vers la Terre Promise pour pénétrer au sein des villes et des pratiques de l’ennemi de Dieu, le peuple de Moab. Un spécialiste a qualifié Balaam d’exemple de compromis avec les fausses religions. Les Nicolaïtes étaient les disciples d’un semblable faux prophète, mais du premier siècle, qui enseignait au chrétiens à s’incliner devant les faux dieux de la cité (et leurs pratiques sexuelles immorales) afin de rendre l’évangile plus populaire.

Jézabel était une étrangère (une princesse phénicienne) qui des siècles auparavant, avait épousé un roi d’Israël et avait insisté pour rendre un culte à son faux dieu, Baal, en plus de l’adoration au Dieu d’Israël. Elle avait osé encourager le peuple d’Israël à adorer son faux dieu, et à marcher dans ses voies immorales. Quelqu’un de Thyatire, affublé par Jean du surnom de « Jézabel », exhortait maintenant ces chrétiens du premier siècle à adorer les dieux de la cité et à vivre selon leurs pratiques sexuelles dépravées. Les citoyens se tenaient à ses côtés, condescendants, lui obéissant même.

Imaginez la situation difficile de ces premiers chrétiens, habitant des villes où l’on adorait de nombreux dieux. Les maisons voisines étaient remplies d’autels consacrés à des dieux divers ; dans de petits coins comme dans de grands temples s’élevaient des statues et des symboles des dieux familiaux, dieux ancestraux, mythiques et le dieu moderne de Rome : César lui-même. Un chrétien ne pouvait pénétrer dans une maison voisine sans passer devant un autel païen, ni acheter de la viande qui n’ait été sacrifiée à un dieu païen. Il ne pouvait régler une affaire sans traverser le temple des dieux patrons de son syndicat ou de sa corporation. Au marché ou dans les affaires, il lui était impossible d’éviter les foules en dévotion, assemblées sur le parvis des temples de Diane ou d’Isis. On ne pouvait parcourir la ville sans passer devant les gardiens et les prêtres qui surveillaient le lieu d’adoration réservé au culte rendu à César.

Pourquoi offenser les voisins en ignorant — ou pire en condamnant — leurs propres dieux ? Il suffisait d’une petite offrande, d’une orange placée sur l’autel d’une famille voisine ou une pincée d’encens au pied de la gigantesque statue de marbre de César. Il suffisait d’un signe d’allégeance : s’incliner pendant la prière ou chanter tout simplement le cantique dédié aux divinités des amis, voisins ou collègues si l’on se trouvait en société. Pourquoi être si strict ? Pourquoi ne pas adorer le seul vrai Dieu en privé, tout en saluant naturellement les faux dieux à chaque coin de rue ? Etait-ce vraiment de l’idolâtrie ?

Et pourquoi faire tant de tapage autour de l’immoralité ? La situation était délicate. Aux abords d’Antioche, là où fut établie la première église des Gentils, il y avait un sanctuaire beau comme un parc, appelé Daphné. On y voyait les temples dédiés à Diane et Apollon, entourés de vastes pelouses, de jardins de fleurs, de fontaines et de cyprès. Les citoyens en vue, les hommes d’affaires, les fonctionnaires de haut rang se rencontraient là pour un temps de repos ou d’affaires ou d’adoration. Ils avaient à leur disposition les prostituées du temple. Ce que Jean appelait immoralité sexuelle était pratique courante au début de notre ère – cela faisait même partie des dévotions pour l’incroyant. Les hommes avaient des épouses et des concubines. Les épouses élevaient les enfants, les concubines étaient là pour le plaisir. Chacune tenant son rôle.

Où était le problème ? Pourquoi le Christ ressuscité, par la bouche de Jean, était-il si courroucé de leur adultère occasionnel ? Il fallait bien satisfaire aux besoins de la chair. Il fallait bien que les commerçants chrétiens observent ces allures fanatiques, ou pire, stupides, lors des soirées de la corporation ou des initiations. Pourquoi les principes moraux du Christ, contenus dans l’Apocalypse, étaient-ils si durs, rigides et exigeants pour ces premiers chrétiens ? Et pourquoi l’idolâtrie (l’adoration des mondanités) est-elle si souvent liée à l’immoralité (une débauche des passions) ?

Reconsidérez l’histoire chaotique du peuple d’Israël. Dieu sauva cette foule hétéroclite d’esclaves juifs et les achemina vers la Terre Promise. Remplis de reconnaissance, ils « crurent à ses paroles et chantèrent ses louanges ». Mais cette reconnaissance devait disparaître, aussitôt remplacée par les murmures.

Pour l’enfant de Dieu, murmures et reconnaissance ne peuvent allez de pair. Soyez reconnaissants et vous ne murmurerez pas. Murmurez et vous ne serez pas reconnaissants. Le psalmiste écrit : « Ils oublièrent bientôt les œuvres. Ils n’attendirent pas l’exécution de ses desseins. Ils furent saisis de convoitise dans le désert ; et ils tentèrent Dieu dans la solitude ».

Quand le peuple d’Israël aimait Dieu, vivait de sa miséricorde, recherchait son conseil, obéissait à ses directives, il triomphait de ses ennemis. Mais lorsque son amour exclusif pour Dieu et sa volonté se volatilisait, c’était la défaite. Quand Moïse disparut au sommet du Mont Sinaï pendant un certain temps, ils revinrent tout de suite à l’idolâtrie et demandèrent à Aaron de faire un veau d’or avec les bijoux amenés d’Egypte. A son retour, Moïse les trouva en pleine orgie.

Pourquoi cela ? Une seule et unique passion peut nous aider à dominer toutes les autres passions, véritables fléaux : c’est celle de la connaissance de Dieu et de son obéissance. Quand cette passion première se refroidit, nous cédons aux tentations mineures. Si nous n’avons plus une relation intime avec Christ, nous essayons de combler ce vide douloureux et cette solitude par d’autres choses. C’est la matière première de nos journaux et du petit écran.

Un peu comme le fils prodigue qui essayait de remplir son estomac des carouges destinées aux cochons. Je rencontre chaque jour des personnes qui vont d’une soirée à l’autre : le jeu, la boisson, l’abus des drogues, la participation aux mille et une chose qu’offre notre monde. Mais rien ne les satisfait.

A l’heure actuelle, bien des gens, même dans nos pays soit-disant chrétiens, se tournent vers Satan pour essayer de combler cette attente que, seul, Dieu peut satisfaire. L’amour de l’homme ne peut satisfaire ce besoin de l’amour de Dieu ressenti par chacun. Au lieu de revenir à l’amour du Père, nous commençons une recherche folle, déséquilibrée du partenaire parfait. L’idolâtrie (adorer quelque chose ou quelqu’un d’autre que le vrai Dieu) est intimement liée à l’immoralité, dont elle est souvent une conséquence.

Sur Patmos, le Christ ressuscité mettait en garde les Eglises d’Asie. Il leur ordonnait de ne plus céder aux pressions de leur entourage pour se conformer aux mêmes principes. « Repens-toi ! » commande Jean, « Sois vigilant ! » avertit-il, « Tiens bon ! » clame-t-il. Et sa clameur résonne du fond des âges jusqu’à vous et moi.

Considérez l’institution du mariage dans le contexte actuel des foyers chrétiens et des églises. Le taux étonnamment élevé des divorces est à peu près le même chez les croyants et les incroyants. On me parle chaque jour de responsables d’église dont le mariage va à la dérive. Bien trop souvent, sur un plan spirituel ou matériel, on laisse le « premier amour » se refroidir (le problème des Ephésiens et des Laodicéens) et on cède aux principes de ce monde et à ses pratiques immorales (le problème des chrétiens de Pergame, de Thyatire et de Sardes).

Il est intéressant, sinon effrayant de comparer notre désir ardent de connaître Christ et sa volonté, à notre vie quotidienne ! Je remarque inévitablement que l’ardent disciple du Maître sera plus apte à maîtriser ses passions que celui dont le « premier amour » s’est éteint. Qui s’est engagé dans des pratiques irresponsables, destructrices, avilissantes est le premier à manquer d’amour pour le Christ, essayant de combler le néant par d’autres choses, tentant même de remplir le vide spirituel par une activité sexuelle. Cela ne pourra pas marcher. Seul l’amour de Dieu peut remplir nos vides. L’amour des hommes viendra toujours à manquer ou à décevoir – ni le sexe, ni le matérialisme ne pourront jamais remplacer l’amour du Créateur.

L’Ecriture précise que notre « premier amour » doit toujours aller à notre Seigneur. La véritable église de Christ s’appelle « épouse de Christ ». On trouve cette analogie dans toute l’Ecriture.. Beaucoup sont déroutés par la poésie passionnée du Cantique des Cantiques, de Salomon. Ils ne comprendront jamais ce livre, à moins de se rendre compte qu’il est une histoire d’amour entre le Christ et son églises, ou dans l’Ancien Testament, entre Dieu et Israël. J’ai entendu dire que, si un livre méritait le titre de livre le plus sanctifié de l’Ancien Testament, c’était bien le Cantique de Salomon. C’est le Saint des Saints de l’Ancien Testament.

A l’intention des adorateurs en puissance du seul vrai Dieu, le commandement est précis : « Tu n’auras pas d’autres dieux devant ma face ». Les directives de Dieu concernant l’éthique sexuelle sont tout aussi claires. L’Ancien et le Nouveau Testament prônent la pureté. L’épître aux Hébreux déclare : « Que le mariage soit honoré de tous et le lit conjugal exempt de souillures, car Dieu jugera les impudiques et les adultères ». Paul écrit aussi : « Fuyez l’impudicité… Celui qui se livre à l’impudicité pèche contre son propre corps. Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit qui est en vous… et que vous ne vous appartenez plus à vous-mêmes ? Vous avez été rachetés à un grand prix. Glorifiez Dieu dans votre corps ». L’adultère (relations sexuelles extra-conjugales) et la fornication (relations sexuelles hors de l’engagement à vie du mariage) sont clairement interdits ; car ils détruisent, en la déshumanisant et en l’abaissant inexorablement, la création de Dieu. La parole de Dieu prédit que l’immoralité sexuelle, bien que source temporaire de plaisir physique et d’évasion émotionnelle, conduira à la longue à la déception, aux cœurs brisés et même à la mort. La Bible est claire : « Tu ne commettras point d’adultère ».

Il me semble que toutes les distractions, les publicités même, véhiculent un message diamétralement opposé, nous disant de jouir du moment présent, de soigner notre vie sur terre et d’ignorer la vie future. Nous sommes maintenant habitués aux expressions : « Vous ne vivez qu’une fois ! », « Vous n’avez qu’une seule existence : ici-bas ! ». On a cité Richard Pryor récemment disant : « Jouissez au maximum de la vie. Même si vous vivez jusqu’à quatre-vingt-dix ans, cela n’est pas très long, si l’on considère la durée de votre mort ».

Dans notre monde déchu, on perçoit des influences sataniques à tous les niveaux, nous incitant à l’idolâtrie (louange des valeurs de ce siècle et de ses faux dieux) et à l’immoralité sexuelle. Il n’est pas facile de vivre selon un code moral juste et droit. Cela exige des choix difficiles, cela demande un oubli de soi-même. Cela peut parfois créer des tensions car nos désirs pour Dieu et pour les autres ne coïncident pas avec nos aspirations personnelles. Dans ce combat ardu pour vaincre les difficultés, amis et parents viendront peut-être à notre aide, ainsi que des pasteurs, des conseillers et amis chrétiens. Se fixer des objectifs, adopter une discipline, édifier de nouveaux centres d’intérêt, distractions, créer de nouvelles priorités pour changer d’attitude - tout est concevable. Mais, dans cette lutte pour un chemin droit, rien n’est plus utile que d’entretenir une relation intime avec le Christ par son Esprit – et être résolu à trouver et à faire sa volonté dans nos vies.

Parmi les enfants d’Israël, ceux qui abandonnèrent le droit chemin laissèrent leur « premier amour » s’éteindre, cédèrent aux principes de ce monde : ceux-là ne virent jamais la Terre Promise. La Bible dit : « ils périrent dans le désert ».

Quand nous laissons ce « premier amour » s’éteindre, le prix à payer pour les vies brisées et les rêves détruits va bien au-delà de l’imagination si nous commençons à céder aux valeurs et aux habitudes païennes immorales. Dans ces conditions d’appauvrissement spirituel et d’immoralité, nous ne pouvons en aucune façon affronter ces cavaliers qui, non seulement, menacent notre bien-être mais celui de nos familles, ainsi que l’avenir de notre monde. Cependant, nous avons la promesse glorieuse, pour celui qui triomphera, d’avoir un « nom nouveau ».

Peut-être devez-vous admettre à la lecture de ces lignes que vous avez péché contre Dieu, et que vous avez besoin de son pardon. Peut-être avez-vous commis le péché de la chair et vous avez laissé les désirs et les plaisirs mondains envahir votre cœur et votre esprit. Jésus dit : « Je vous dis que quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère avec elle dans son cœur ». Quel que soit votre péché, vous avez besoin de vous repentir et de vous tourner vers Jésus-Christ dans la foi pour le pardon et la vie nouvelle.

LE PROBLÈME DE LA SOUFFRANCE
SMYRNE ET PHILADELPHIE

Smyrne, appelée désormais Izmir, en Turquie, était et est l’un des grands centres d’échanges commerciaux de cette partie du monde. Presque deux siècles avant le Christ, Smyrne accueillait Rome et servait César avec une loyauté indiscutable. C’était sans doute la plus belle ville de la région. Beaucoup de cultes religieux y étaient célébrés, en plus du culte à César. Malgré la demande de onze autres villes, le sénat romain construisit un temple à l’Empereur Tibère à Smyrne. Une minorité de notables et puissants juifs y résidaient ; ils épaulèrent Rome pour rendre la vie difficile aux chrétiens d’origine juive ou étrangère.

A l’est de Smyrne, Philadelphie était construite sur un plateau surplombant la vallée du fleuve Gogamus. Cette ville prospère était connue sous le nom de « Porte de l’Orient » et les caravanes transitaient par ses portes, à l’aller et au retour de Rome, capitale de l’Empire. Jean leur dit : « J’ai mis devant toi une porte ouverte ». La synagogue de la ville était puissante et hostile à la jeune église chrétienne. Nous ignorons tout de ces deux églises de Smyrne et Philadelphie, à part ces deux courtes lettres dictées à Jean par le Christ ressuscité sur l’île de Patmos.

Nous sommes sûrs que ces deux églises étaient fidèles. On ne peut trouver une seule critique dans les lettres aux chrétiens de ces églises. Jean était à Smyrne : « Je connais ton affliction et ta pauvreté (bien que tu sois riche) ». Et à Philadelphie, il dit : « Parce que tu as peu de puissance, et que tu as gardé ma parole et que tu n’as pas renié mon nom… ». Ces deux églises étaient petites, semble-t-il ; sans grandes ressources économiques ; face à des environnements hostiles (juif lui-même, Jean fait une allusion cinglante à la « Synagogue de Satan », dans les deux lettres). Et pour elles, les temps à venir sont encore plus troubles.

L’ironie de ces deux lettres transparaît tout de suite. Dans les temps à venir – ou, comme l’écrit Jean à Philadelphie, dans « ce temps d’épreuve qui va toucher le monde entier pour tester les habitants de la terre » – une église (Smyrne) traversera de grandes souffrances. L’autre (Philadelphie) en sortira indemne. Toutes mes hypothèses au sujet de la souffrance sont remises en cause par ces deux petites lettres. Les deux églises ont une égale fidélité. Cependant, l’une souffrira « même jusqu’à la mort ». L’autre ne souffrira pas du tout.

Mais cette apparente inégalité a des précédents dans l’Ecriture. Le chapitre 11 de la lettre aux Hébreux nous donne une longue liste de personnes délivrées par Dieu. Puis au 35ème verset, l’écrivain dit : « d’autres furent torturés et n’acceptèrent point de délivrance ». Dans le livre des Actes, Jacques, par exemple, fut décapité alors que Pierre fut délivré.

Ces passages et les autres nous rappellent que la souffrance résulte de composantes mystérieuses et inconnues. Jean suppose également que la souffrance fait partie intégrante de la foi chrétienne. Il ne met pas en question la souffrance d’une église et la protection de l’autre. Il ne s’attend pas que Dieu sauve Smyrne de la souffrance, pourtant il croit à la protection divine de Philadelphie face à la souffrance qui la menace.

Jean transmet à Smyrne les nouvelles inquiétantes avec simplicité : « Le diable jettera quelques uns d’entre vous en prison, afin que vous soyez éprouvés, et vous aurez une tribulation de dix jours. Sois fidèle jusqu’à la mort », et il transmet les bonnes nouvelles à Philadelphie : « Je te garderai aussi à l’heure de la tentation ». La souffrance est une réalité et le conseil du Christ à ces deux églises est simple. Jean écrit à Smyrne : « Sois fidèle jusqu’à la mort, et je te donnerai la couronne de vie ». Et à Philadelphie, il écrit : « Retiens ce que tu as, afin que personne ne prenne ta couronne ».

Il est des hypothèses que nous ne devons pas négliger pour les jours difficiles annoncés. Tout d’abord, attendez-vous à la souffrance. Ne soyez pas surpris ou abasourdi ou arrogant ou effrayé. La souffrance fait partie de la vie chrétienne. Ensuite, ne considérez pas les autres pour le fardeau qu’ils n’ont pas à porter ; les comparaisons démoralisent toujours. Enfin, reconnaissez qu’il ne suffit pas d’être très riche ou influent pour être fidèle (notez le peu de moyens financiers dont disposaient ces églises), mais patience et fermeté sont indispensables. Souvenez-vous que l’un des fruits de l’esprit est la patience. De plus, n’oubliez pas qu’un jour toute souffrance terrestre cessera et que la seconde mort, la mort éternelle de l’esprit ne nous atteindra pas. En conclusion, sachez que lorsqu’un être souffre et reste fidèle, Dieu est glorifié et honoré. Les serviteurs de Dieu affligés seront honorés d’une façon toute spéciale et gratifiés d’un nom nouveau que « personne ne connaît, excepté celui qui le reçoit ». Christ a dit à l’église de Philadelphie : « Celui qui vaincra, je ferai de lui une colonne dans le temple de mon Dieu. Et il n’en sortira plus ; j’écrirai sur lui le nom de mon Dieu ».

Il y a quelques années, le grand photographe canadien, Yousuf Karsh, m’envoya un album de ses photos. Sur l’emballage, le douanier avait apposé le cachet : « Sans valeur ». En dessous de cela, avait été écrit : « Dédicacé par l’auteur ». A l’intérieur, il m’était dédicacé, personnellement.

Notre valeur réside dans le fait que Dieu va nous marquer de son sceau.

Je ne comprends pas les raisons de la souffrance ou de la persécution. J’ignore pourquoi les églises d’une partie du monde doivent supporter de grandes souffrances et des privations, face à d’autres églises, riches, heureuses et bénies. Je ne sais pas pourquoi certains des jeunes évangélistes rassemblés à Amsterdam en 1983 portaient des cicatrices de brûlures et de coups pour avoir témoigné du Christ, alors que je n’ai jamais connu la persécution physique. J’ignore pourquoi Corrie ten Boom a vu sa sœur mourir en prison, ou la raison de la paralysie de Joni Eareckson, moi qui n’ai jamais passé une nuit en prison et qui parcours plages et montagnes en toute liberté.

Vous n’avez peut-être pas compris la douleur et la souffrance qui vous ont atteint. Peut-être en voulez-vous à Dieu d’avoir permis ces choses alors que d’autres en sont exempts. Mais ne laissez pas les aigreurs de l’amertume vous détruire. Au lieu de cela, apprenez le secret : mettre votre confiance en Christ en toute circonstance. Dites avec Paul : J’ai appris à être content de l’état où je me trouve. Je sais vivre dans l’humiliation et je sais vivre dans l’abondance. En tout et partout, j’ai appris à être rassasié et à avoir faim, à être dans l’abondance et à être dans la disette. Je puis tout par celui qui me fortifie ».

Je voyageais récemment dans un pays de l’Europe de l’Est. Le prêtre orthodoxe, qui m’y accompagnait, me dit : « Chaque croyant à une croix à porter. Je connais la nôtre. Mais je me demandais quelle était la vôtre ». Et regardant la foule des reporters, il dit simplement : « Je sais maintenant ».

Ce que je retiens de ces courtes lettres de l’Apocalypse est ceci : le Christ nous ordonne de Vaincre ! » par la force que lui seul procure quand nous nous tournons vers lui dans la foi, confiant dans ses promesses.

« A celui qui vaincra ! » proclame le Sauveur ressuscité depuis l’île de Patmos – et dans le lointain, j’entends les sabots des quatre cavaliers chevauchant dans notre direction, messagers de destruction et de mort. « A celui qui vaincra ! » écrit Jean à la fin de chaque lettre adressée aux sept églises et à notre génération qui, comme autrefois, sera bientôt appelée à souffrir pour le Christ et son royaume.

« A celui qui vaincra ! » disent les responsables spirituels des sept églises à leurs troupeaux qui, ensuite, se joignent aux saints et aux martyrs connus et inconnus au travers des siècles. Ceux-ci ont entendu l’appel à la souffrance et l’ont pris au sérieux.

« A celui qui vaincra ! ». La Parole trouve un écho favorable dans nos cœurs pour que nous nous identifions à ceux que l’on a critiqués, ignorés, humiliés, déchirés, accusés injustement, emprisonnés, battus, torturés, et tués.

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