Espoir pour le cœur troublé

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La souffrance au paradis

La redécouverte du sens du péché est essentielle au christianisme.
C. S. Lewis

Où commença la souffrance ?

Dieu aurait-il pu créer un monde sans souffrance ?

Oui, il aurait pu, et il l’a fait.

Il y a des millénaires, il fut un temps où l’univers et ses galaxies étaient dans un état de parfaite harmonie avec leur Créateur. Cette existence dépasse notre compréhension trop limitée ; nous ne pouvons imaginer qu’un monde soit plus vieux que ce que nous pouvons concevoir et qui exista sans le moindre indice de souffrance à venir. Toutefois, dans ce Paradis entra Satan, probablement l’être le plus mal compris de l’univers. Avant Satan, il n’y avait pas de péché, et avant le péché il n’y avait point de souffrance.

Qui est Satan ? On le sous-estime et le caricaturise fréquemment. Certains pensent qu’il n’est qu’une force spirituelle, d’autres l’ont imaginé en gobelin ou l’ont écarté comme un mythe. Aujourd’hui, cependant, alors que le culte de Satan augmente à un rythme alarmant, nous ferions mieux de prendre conscience de son existence, de connaître ses origines, ses buts, ses pouvoirs et ses limites.

Satan était autrefois une créature merveilleuse. Le prophète Ezéchiel l’appela “le modèle de perfection avec sa grande sagesse et son incomparable beauté” (28.12). Cette incroyable personne fut autrefois l’un des “fils de Dieu” (Job 38.7).

Le premier pécheur commet le premier péché

Lucifer (qui signifie “étoile du matin” en hébreu) était un ange créé pour glorifier Dieu, mais ce n’était pas le rôle qu’il voulait avoir. Le désir de son cœur était d’avoir la suprême autorité ; il voulait s’asseoir sur le trône de Dieu et régner sur l’univers. Esaïe 14.12-14 nous dit :

“Comment est-ce possible ? Te voilà tombé du haut du ciel, toi l’astre brillant du matin ! Te voilà jeté à terre, toi le vainqueur des nations ! Tu te disais : “Je monterai jusqu’au ciel, je hisserai mon trône plus haut que les étoiles de Dieu, je siégerai sur la montagne où les dieux tiennent leur conseil, à l’extrême nord. Je monterai au sommet des nuages, je serai l’égal du Dieu Très haut.”

Quand Lucifer affirma son désir d’être égal à Dieu, une grande révolution eut lieu dans l’univers. Beaucoup d’anges se joignirent à Lucifer et devinrent son armée rebelle. Lorsque Dieu jugea les crimes de Lucifer, il changea aussi bien sûr son nom pour Satan, le Malin et le condamna à l’exil éternel.

Satan ne perdit aucune de ses manières séduisantes en devenant le prince déchu. Il utilisa ses charmes, ses ruses et ses artifices sur nous. Quand il prit la décision de combattre Dieu jusqu’à la mort, il amena son groupe d’anges rebelles avec lui comme soldats. Son champ de bataille, c’est la Terre.

Comme c’était avant

Avant que le grand pollueur ne répande son poison à travers ce nouveau territoire, Dieu choisit d’embellir cette planète avec de la lumière et de l’obscurité, des mers et des cieux, de la terre et de la végétation, du soleil, la lune et les étoiles, l’air, et les animaux de la terre.

Puisque nous nous préoccupons beaucoup aujourd’hui de notre terre polluée, ne sommes-nous pas curieux de savoir comment était le paradis ? Toute fleur qui poussait était parfaite ; aucune flétrissure en elle. Les fertilisants et les insecticides que nous gardons dans nos remises de jardin n’étaient pas nécessaires. Imaginez un arbre fruitier rempli de belles pommes juteuses ou de poires, exemptes de vers ou d’insectes. Regardez ce ciel si pur et si clair qu’on peut voir chacune des galaxies et constellations. Aucune ordure, aucune odeur déplaisante, nul déchet. Les lacs avaient une eau si limpide qu’on distinguait la couleur de chaque poisson. Dieu avait préparé ce jardin terrestre glorieux pour ses enfants parfaits. Quand Adam et Eve furent créés, ils ajoutèrent la beauté humaine à un monde déjà parfait.

La première relation parfaite

Dieu voulait quelqu’un avec qui il puisse entrer en communion. Alors il créa Adam et Eve. Depuis, aucun couple ne connut l’union idéale que ces deux amants avaient.

Au milieu du jardin se trouvaient deux arbres, l’arbre de la vie et l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Le Seigneur Dieu dit à l’homme : “Tu peux manger les fruits de n’importe quel arbre du jardin, sauf de la connaissance de ce qui est bien ou mal. Le jour où tu en mangeras, tu mourras” (Genèse 2.16-17). Une autre traduction donnerait : “Ta condamnation est mort !”

Un fleuve coulait hors d’Eden, se divisant en quatre bras, dont deux étaient le Tigre et l’Euphrate. Le jardin d’Eden se trouvait donc quelque part en Iraq. L’agitation et la guerre que cet endroit a connues récemment eurent lieu à l’endroit même où Dieu établit la première civilisation parfaite.

Il devint la coutume journalière de Dieu de marcher avec l’homme dans le jardin à la fraîcheur du jour (Genèse 3.8). Quelle existence idyllique ! Qu’est-ce qu’on pourrait vouloir de plus ? Et pourtant ce couple en voulait plus.

Dieu donna à Adam et à Eve plus que la beauté et un environnement idéal. Il leur donna l’une des choses les plus précieuses que l’homme puisse avoir : la liberté. John Milton dit : “Quand Dieu donna à Adam sa raison, il lui donna la liberté de choisir … autrement, il aurait fait de lui un être artificiel, une marionnette de spectacle.” Adam et Eve auraient pu être créés de façon à marcher où Dieu les dirigerait, à dire les paroles que Dieu leur donnerait à dire — comme des marionnettes. Non, Dieu leur a donné, comme à nous, la liberté de choix.

La tactique de Satan

Satan entra dans le jardin sous forme de serpent. On ne peut qu’imaginer comment c’est arrivé, mais nous savons qu’il était aux aguets, recherchant le moyen de détruire Dieu dès son expulsion du ciel. Et voilà l’occasion qu’il cherchait de frapper deux personnes chères au cœur de Dieu. Il commença de la même façon subtile dont il se sert encore aujourd’hui.

Il met en doute ce que Dieu a dit. C’est ainsi qu’il s’attaqua à Eve en disant : “Dieu a-t-il réellement dit … ?” (Genèse 3.1). La stratégie suivante fait appel à l’orgueil. Il dit à Eve qu’elle ne mourrait pas quand elle mangerait de l’arbre, mais qu’elle serait simplement comme Dieu. Alors Eve prit la bouchée fatale et en offrit à Adam qui en mangea. Ce geste amena la Chute de l’homme, qui n’a fait que tomber encore plus bas depuis ce temps. Dieu dit à Adam : “Aurais-tu goûté au fruit que je t’avais défendu de manger ?” (Genèse 3.11). Adam répond en disant : “C’est la femme que Tu m’as donnée pour compagne ; c’est elle qui m’a donné ce fruit, et j’en ai mangé” (Genèse 3.12).

Depuis ce temps, l’homme cherche à faire porter le blâme aux autres. Un garçon commet un péché ; on blâme ses parents. Une personne est tuée, c’est l’environnement qui est responsable. Quelqu’un triche, c’est la faute du système. Rejeter le blâme sur les autres remonte aussi loin que le jardin d’Eden.

Pis encore, l’homme continue à demander : “Comment un Dieu juste et bon peut-il permettre tant de souffrance dans le monde, les catastrophes naturelles et la cruauté de l’homme envers l’homme ?” D’une certaine façon, l’homme comme Adam essaie de rejeter le blâme sur Dieu.

Le début des malheurs

La nature humaine était maintenant déchue. La désobéissance directe de l’homme provoqua le jugement que Dieu porta sur la race humaine.

Le début de toute douleur et souffrance dans le monde commença avec ce seul acte de désobéissance. Chrétiens et non-chrétiens pareillement ont hérité des conséquences léguées par nos ancêtres communs, Adam et Eve, c’est-à-dire notre environnement pollué et notre nature humaine déchue.

Mais qu’est-ce que le péché ?

Satan s’exalta au-dessus de Dieu et chercha à semer le doute sur la fiabilité de la Parole de Dieu. Si Adam et Eve avaient résisté au diable, celui-ci aurait fui, vaincu. Mais ils ne l’ont pas fait (Genèse 3.13). C’est ici que la mort intervient ! Une mort à trois dimensions :

  1. Mort spirituelle immédiate : séparation d’avec Dieu.
  2. Mort physique graduelle : dès notre naissance nous commençons à mourir.
  3. Mort éternelle ultime – si ce n’était de la grâce du salut en Jésus-Christ.

Le péché opère de la même façon pour chacun de nous, quels que soient notre situation, notre personnalité ou notre environnement. Nous sommes déchus par nature parce que nous avons hérité d’une nature déchue (Romains 3.19), et nous devons porter la condamnation et la souillure du péché. Chacun devra rendre compte pour lui-même à Dieu.

Une crise après l’autre

Les crises se succédèrent à travers l’histoire humaine : Caïn tua Abel, le déluge vint et seul Noé et ceux qui étaient dans l’Arche furent épargnés; la confusion s’empara de Babel et on se mit à parler différentes langues, et ainsi de suite à travers l’histoire jusqu’à nos jours.

Confusion du bien et du mal

Nous avons vu la ruse du “Père du mensonge.” Elle commença en Eden. Satan inspira chacune des grandes crises de foi et de désobéissance que l’humanité connut au travers des siècles. Et il continue à tromper les hommes et les femmes crédules de tout âge.

Un vieux pasteur écossais dit que le diable a deux mensonges qu’il utilise à deux différents moments. Avant que nous commettions un péché, il nous dit qu’un petit péché n’a aucune importance, “personne ne saura”. Le deuxième mensonge, c’est qu’après que nous avons péché, il nous dit que notre situation est désespérée. Nous sommes déchus, individuellement et collectivement, et Dieu ne prend pas cela à la légère. Le jugement pend au-dessus de toute la race humaine à cause de la rébellion et de la désobéissance. L’Ecriture dit : “Le péché est entré dans le monde à cause d’un seul homme, Adam, et le péché a amené la mort. Et ainsi, la mort a atteint tous les hommes parce que tous ont péché.” (Romains 5.12)

La Bonne Nouvelle dit que Jésus-Christ est venu et est mort sur la croix et est ressuscité des morts ; nous ne sommes plus dans une situation désespérée. Nous pouvons être réconciliés avec Dieu et reprendre nos bonnes relations avec lui en acceptant le sacrifice qu’il a pourvu pour le péché, son Fils Jésus-Christ.

Le péché n’a cessé de progresser et d’accélérer sa montée mais l’homme moderne semble avoir perdu sa sensibilité spirituelle. Le comportement qui était autrefois abominable est maintenant devenu acceptable. Une chose est cependant certaine : il y a beaucoup de nouveaux pécheurs aujourd’hui mais il n’y a pas de nouveaux péchés, seulement les anciens qui portent de nouveaux haillons.

Le péché finit toujours par toucher l’innocent, souvent avec plus de dommages pour lui que pour celui qui l’a perpétré.

J’ai remarqué que la plupart des jeunes veulent vraiment qu’on leur énonce un code moral. Ils peuvent ne pas l’accepter ou y croire, mais ils veulent l’entendre, de façon claire et sans compromis. Mais où peut-on trouver ce code moral ?

Le département de la voirie de Pennsylvanie voulait construire un pont en travaillant des deux côtés à la fois. Quand les ouvriers se rencontrèrent au milieu de l’eau, ils virent qu’ils avaient dévié de treize pieds (4 mètres) les uns des autres. Albert Steinberg, qui écrivait, il y a longtemps, dans le Saturday Evening Post, expliqua que chaque équipe de travail utilisait ses propres points de référence.

Il y a un petit disque sur le ranch Meades dans le centre-nord du Kansas où le trente-neuvième parallèle qui va de l’Atlantique au Pacifique croise le quatre-vingt-dix-huitième méridien qui part du Canada jusqu’au Rio Grande. L’équipe de topographie du National Oceanic Survey, une petite agence fédérale, a pour mission de localiser de façon précise tous les points des Etats-Unis. Elle se sert de ce point de référence scientifiquement reconnu sur le Ranch Meades. Jusqu’ici, il n’y a eu aucune erreur et on ne s’attend à aucune pour l’avenir.

Tous les paquebots et les avions commerciaux sont sous sa juridiction. Le gouvernement ne peut construire de barrage ni lancer de missile sans consulter cette agence pour savoir l’emplacement exact au centimètre près. “La localisation approximative”, continuait l’article, “peut s’avérer coûteuse et dangereuse.”

Dans le domaine de la topographie, le terme de repère est d’une importance capitale. C’est le point de référence à partir duquel le topographe prend toutes ses mesures. Si le repère est inexact, tous ses calculs seront faux. L’endroit où l’on commence détermine l’endroit où l’on finit.

La même règle s’applique pour la boussole, le sextant, pour le soleil et les étoiles. Si la boussole est inexacte, vous vous perdrez. Si le soleil et les étoiles n’apparaissaient pas dans leur ordre habituel, aucun navigateur ne pourrait s’y fier pour trouver sa route à travers les océans du monde. S’il n’y a pas d’absolu, aucun point fixe de référence, il n’y a plus de certitude. Le véritable conflit dans le monde aujourd’hui vient du combat entre l’absolu et le relatif.

Le point de référence dont je vous parle aujourd’hui est celui d’un chrétien qui croit à la Bible. Toutes mes valeurs, mes jugements et attitudes doivent être jaugés en relation avec ce point de référence. Si vous avez un autre point de référence, alors vous et moi allons avoir beaucoup de difficulté à nous rencontrer.

La souffrance au paradis : la souffrance au foyer

Pourquoi souffrons-nous ? Pourquoi la vie semble-t-elle si injuste ? Une chose est claire. La Bible explique qu’il y a de la souffrance dans le monde à cause du péché. La racine du problème se trouve dans le fait que l’homme s’est aliéné de Dieu. Cette aliénation a commencé avec Adam et Eve. Si la séparation que le péché amène n’était pas entrée dans la vie de l’homme, la souffrance humaine n’existerait pas.

Dans le plan original de Dieu, la souffrance n’avait aucune place. C’est par sa désobéissance volontaire à la Parole de Dieu et à son commandement, que l’homme a apporté la souffrance. Il récolte ce qu’il a semé à travers les siècles. Et il jette le blâme sur Dieu. Continuellement. Quotidiennement. “Comment un Dieu bon peut-il permettre… ?” “Comment Dieu peut-il être juste et permettre… ?” C’est toujours la faute de Dieu.

Faut-il absolument savoir comment la souffrance est entrée dans le monde ? Je crois que nous devons connaître l’origine de la douleur, autrement nous ressemblerions à un médecin qui prescrit des médicaments sans avoir examiné le malade.

Dieu ne nous donne pas des cataplasmes pour une plaie mortelle, mais il nous fait une transfusion qui nous sauve la vie, avec le sang de son Fils. Dieu n’est pas responsable du péché, mais son amour l’a conduit à envoyer son Fils mourir pour nos péchés.

Regarde, Père, regarde son visage bien-aimé
Et ne nous voie plus qu’à travers Lui, qu’en Lui.
Ne regarde pas à notre pauvre usage de ta grâce,
A notre prière si languissante et à notre foi si petite
Parce qu’entre notre péché et le salaire qu’il mérite
Nous interposons la passion de ton Fils, notre Seigneur.

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