En troisième lieu, nous entendons beaucoup parler d’une nouvelle évangélisation. Cette nouvelle évangélisation, déclare un article de la revue Time affirme que la conquête personnelle des âmes appartient au passé. Cette nouvelle évangélisation s’efforce d’appliquer les principes chrétiens à l’ordre social. Ses partisans veulent donner au fils prodigue, le confort, le bonheur et la prospérité dans le pays éloigné, sans le ramener à son père.
Bien entendu, il faut appliquer les principes chrétiens à l’ordre social. Mais, à vrai dire, ce n’est pas cela l’évangélisation. Qu’est-ce que l’évangélisation ? La meilleure définition que j’en ai jamais lue a été donnée par le Comité des Archevêques de l’Eglise Anglicane : « Evangéliser, c’est présenter le Christ Jésus par la puissance du Saint-Esprit afin que les hommes en viennent à mettre leur confiance en Dieu par lui, et l’accepter comme leur Sauveur et à le servir comme leur Roi, dans la communion de son Eglise ».
Bien entendu l’évangélisation doit se soucier de l’influence de l’Eglise sur le monde ; elle ne peut être séparée d’un élan d’amour et de compassion, du don de soi, d’un effort pour répondre aux besoins des hommes, du service des plus malheureux. Il est évident que l’évangélisation doit se prononcer sur la question raciale.
Je viens juste de revenir de Montgomery dans l’Alabama, où nous avons eu une Campagne d’évangélisation pendant huit jours. Chaque soir, de 25 à 30 % des personnes présentes étaient des noirs. La chorale était à peu près moitié noire moitié blanche, tous mélangés, et cela était vrai dans tout le stade. Il n’y a pas eu un seul incident de toute la semaine, Nous avons eu besoin de la police uniquement pour régler la circulation. Et quand j’ai fait l’appel, soir après soir, de 500 à 1500 personnes se sont avancées, des personnes des deux races, se tenant côte à côte aux pieds de la croix de Jésus-Christ.
Quand Jésus est mort sur cette croix, il a fait tomber le mur de séparation, et il est impossible de créer une fraternité mondiale en dehors de la croix de Jésus-Christ. C’est lui qui fera naître un amour nouveau dans votre cœur, et qui vous transformera de fond en comble.
Mais à proprement parler l’évangélisation consiste à convertir des hommes à Jésus-Christ. Je reconnais que notre évangile doit être assez grand pour faire face aux problèmes de chaque heure ; mais nous avons également besoin d’une évangélisation qui gagne des hommes, des femmes, à Christ. Alors ils recevront une nouvelle force d’aimer leurs prochains, et de faire preuve de compassion pour tous les hommes. Comme c’était le cas pour notre Seigneur, notre évangélisation doit être incarnée, nous rendre solidaires de la souffrance des hommes. Elle doit être rédemptrice, pour sauver les hommes de leur péché.
Le terme « évangéliste » est utilisé 3 fois dans le Nouveau Testament. Le mot « évangile » qui veut dire Bonne nouvelle s’y trouve 76 fois. « Annoncer l’évangile » est un verbe employé à 24 reprises. « Déclarer une bonne nouvelle » se retrouve 5 fois. Il est question à 19 reprises de « prêcher » (et d’une façon générale il s’agit de prêcher Christ). Autrement dit le Nouveau Testament parle 127 fois de la proclamation de la grâce rédemptrice du Christ à une humanité mourante. L’Eglise vivante ne peut se dérober à ce devoir ; c’est là sa responsabilité à l’égard du monde aujourd’hui : annoncer l’Evangile !
Aujourd’hui il y a beaucoup de gens qui passent tout leur temps dans des activités périphériques. Elles ont de l’importance sans doute, mais la mission première de l’Eglise c’est l’Evangélisation, gagner les autres à Jésus-Christ. Il y a 26 millions de baptistes dans le monde1. Ce n’est pas une bien forte proportion par rapport aux 3 milliards d’habitants de notre planète. Mais c’est une proportion supérieure à celle de l’Eglise primitive, le jour de la Pentecôte. Ils n’étaient alors que 120 chrétiens, chargés d’aller dans le monde pour le gagner à Jésus-Christ. Ils n’avaient pas d’automobiles, ils n’avaient pas d’avions, ni d’imprimerie, ni même de Bibles. Ils n’avaient ni églises, ni facultés de théologie, ni écoles. Ils n’avaient même pas de pasteurs instruits. Ces hommes avaient passé simplement trois ans avec Jésus. Bien sûr, c’est beaucoup, mais avant d’aller à l’école de Jésus ils n’avaient aucun diplôme universitaire. C’étaient simplement des travailleurs ordinaires, des pêcheurs, des ouvriers. Mais ils connaissaient quelque chose qui paraît nous manquer : ils connaissaient la puissance du Saint-Esprit, ils savaient ce qu’était une vie disciplinée, ils connaissaient le sens de la consécration, ils étaient prêts à mourir dans les cirques romains. Beaucoup sont morts. Ils ont été déchirés, ils ont été écartelés.. Mais ils n’ont pas cessé d’annoncer l’Evangile. Il n’est pas étonnant qu’ils aient transformé le monde !
1 Ce chiffre concerne seulement ceux qui ont fait profession de croire en Jésus-Christ comme en leur Sauveur et Seigneur personnel.
J’aime l’Amérique latine. Il y a quelque chose dans l’Amérique latine qui me remplit de joie. Je croyais que mes ancêtres étaient de purs Ecossais, mais je me demande si je n’ai pas un peu de sang latin aussi ! En Amérique latine ils ont quelque chose de merveilleux ! Ils ont de l’enthousiasme, ils ont de la ferveur, ils ont du dynamisme. Ils ont connu la souffrance, la peine, la lutte, mais ils ont éliminé de leurs Eglises des milliers de personnes qui n’étaient pas prêtes à payer le prix ! Mais en Amérique du Nord et dans certaines parties de l’Europe nous avons une vie trop facile. Il nous faut revenir à la discipline sévère et à l’appel coûteux de Jésus. Il nous faut revenir au point où nous serons disposés à porter notre Bible avec nous. Il nous faut revenir au point où nous serons prêts à marcher pour Jésus-Christ. C’est ce qu’ils ont fait au Brésil et dans toute l’Amérique latine.
Il nous faut revenir au point où nous serons prêts à passer pour fous à cause de Jésus. Nous sommes devenus trop blasés, trop respectables. Les hommes qui ont suivi Jésus ont connu la prison, le cachot. On les voyait dans les rues et partout où il y avait des hommes.
L’écrivain Lloyd Douglas a parlé d’une « obsession magnifique ». De son temps Jésus a été accusé d’être hors de sens. L’apôtre Paul a été traité de fou. Après avoir vu une de nos émissions télévisées à New-York, un journaliste a écrit « Billy Graham est hors de sens ». Il a continué en disant qu’il est stupide et même ridicule de suggérer que la réponse au problème du monde se trouve dans la croix. Sans s’en rendre compte ce journaliste employait presque exactement les mots de l’apôtre Paul dans le premier chapitre de sa première lettre aux Corinthiens.
Le premier janvier 1965 je me trouvais dans la tribune centrale d’un stade de football. J’étais venu voir un match entre les équipes du Texas et de l’Alabama. D’un côté de moi il y avait un homme venu de l’Alabama ; de l’autre un homme du Texas. Avant la fin du match ils étaient sur le point de se tuer ! Or c’étaient des hommes respectables, des professeurs d’université. Si en entrant dans une église ils avaient vu quelqu’un simplement sourire, cela leur aurait fortement déplu, car il ne faut pas donner libre cours à ses émotions ! Mais, mes amis, ils se laissaient aller à ce match de football !
Il est curieux que nous acceptions de nous emballer pour le sport, le plaisir, l’argent ou la boisson. Nous sommes capables de pousser des hurlements sauvages en présence des Beatles. Mais nous ne devons montrer aucune ferveur ou aucun enthousiasme pour gagner les autres à Jésus-Christ.
Que les baptistes aujourd’hui affirment à nouveau leur volonté d’évangéliser le monde dans leur génération. C’est à notre portée avec l’énergie et la puissance du Saint-Esprit, avec une sainte conviction que Jésus-Christ est le Chemin, la Vérité et la Vie, et qu’il n’y a pas d’autre chemin. Voulez-vous prendre position avec moi et dire :
— « Nous, baptistes, nous affirmons à nouveau notre foi, que Jésus-Christ est le Seigneur, que la Bible est notre autorité, que l’Eglise est notre communauté. »
Osons prendre position et professer la morale que nous révèle la Parole de Dieu. Voulez-vous répétez avec moi :
— « Nous croyons que nous devons nous occuper des affaires de notre Seigneur en gagnant les autres à Jésus-Christ. »
Il y a des années on m’a raconté l’histoire de John et Mary Gadsden, un couple qui vivait dans l’aisance, dans la vallée de Shenandoah en Virginie. Un jour, il y a quarante ans environ, un missionnaire est venu dans leur petite Eglise et leur a parlé des besoins de la Chine. Jean et Marie Gadsden ont répondu à l’appel de Dieu qui les invitait à partir pour la Chine. Ils ont vendu leur magnifique propriété, sont entrés dans une école missionnaire sur la Côte chinoise. Alors qu’ils étudiaient dans cette école un missionnaire est venu du Tibet. Il cherchait des volontaires prêts à se rendre sur les frontières du Tibet, là où il n’y avait pas un seul missionnaire.
Jean et Marie sont allés trouver le missionnaire et lui ont dit :
— « Nous irons. »
Et ils sont allés, ils ont traversé les déserts, les montagnes, des rivières dangereuses. Ils ont fini par atteindre le Tibet, et là ils se sont installés et ont travaillé dans une tribu. Ils ont gagné l’amitié des Tibétains et ont gagné des âmes pour Jésus-Christ, car Dieu a béni leur travail et l’a rendu prospère. Un jour leur plus jeune enfant est mort d’une fièvre atroce. Six jours plus tard leur deuxième enfant est mort. Ils ont creusé les tombes, ils ont enseveli ces enfants au milieu de leurs larmes, et ils ont décidé de rester plutôt que de partir. Deux semaines plus tard Marie est tombée malade, atteinte du même mal, et Jean a compris qu’elle allait mourir. Il savait qu’il fallait trouver un docteur pour elle, mais il n’y avait pas un docteur à moins de trois jours de voyage de là sur une autre station missionnaire. C’est ainsi qu’il a construit un petit radeau, qu’il l’a fait flotter sur la rivière, et qu’il a placé sa femme sur le radeau. Ils ont descendu la rivière le premier jour, et le soir du second jour ils ont à nouveau tiré le radeau sur les bords de la rivière pour y passer la nuit, Le lendemain matin, alors que Jean se levait et préparait l’embarcation Marie lui à dit :
— « Reviens Jean ! je ne veux pas descendre la rivière aujourd’hui. Je vais passer de l’autre côté. »
Il a compris que c’était la fin. Elle lui a demandé de s’approcher, et elle a chuchoté quelque chose à son oreille. Il a creusé une tombe et il a enterré sa femme. Il a placé une petite croix sur la tombe, puis montant sur le radeau il l’a poussé jusqu’au milieu de la rivière. Il a regardé en aval : vers là-bas il y avait des amis, son pays, de l’argent, une réputation à gagner ; puis il a regardé vers l’amont : un voyage de deux jours pouvait le ramener aux frontières du Tibet vers une petite poignée de gens qui sortaient à peine de l’âge de pierre. Lentement il a fait tourner le radeau et il a commencé à remonter la rivière ; ce que sa femme lui avait chuchoté dans l’oreille étaient ces mots :
— « Retourne vers le Tibet. »
Que faites-vous pour Jésus-Christ ? Il vous appelle à renoncer à vous-même, à vos ambitions égoïstes, et à prendre votre croix. Par là il vous demande de vous identifier avec lui-même, là où vous travaillez, dans un hôpital, auprès de vos voisins. Peu importe ce qu’il en coûte ! Nous devons gagner les autres à Jésus-Christ ! Nous ne pouvons pas le faire avec un message édulcoré. Nous ne pouvons pas le faire avec une vie édulcorée. Nous ne pouvons pas le faire avec une évangélisation édulcorée.
Que chacun de nous quitte cette conférence décidé à aller et à gagner notre monde pour le Seigneur Jésus-Christ. Ou bien il se peut que vous ayez besoin du Christ dans votre cœur. Vous voulez le recevoir, ou peut-être lui consacrer à nouveau votre vie, lui confesser à nouveau votre foi. Peut-être voulez- vous simplement vous lever et dire :
— « Je crois cela, et je veux prendre position avec vous, et je veux confesser à nouveau ce que je crois. »
Voulez-vous vous lever avec moi pendant que nous prions ?