Un monde en flammes

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L’IMMORALITÉ DE TOUJOURS

Il y a quelque temps, en compagnie d’un ami, je me promenais dans Oxford Street à Londres, quand nous vîmes une femme qui avait tout l’air d’être une actrice ou un mannequin et qui entrait dans une puissante voiture pilotée par un chauffeur. Un attroupe- ment s’était formé et plusieurs photographes la supplièrent de sortir de la voiture afin de pouvoir prendre de meilleures photos. Lorsqu’elle fit ce qu’ils lui demandaient, ils se mirent à lui crier : « Baissez votre décolleté, sinon les éditeurs ne prendront pas nos photos. »

Aujourd’hui, chaque domaine de notre vie est envahi par cet appât d’immoralité qui ne laisse personne insensible. Dans beaucoup de nos publications et dans la plupart de nos distractions, on donne une importance immense au sex-appeal. Même les gens religieux, n’ayant pas réussi à trouver la cause ou le remède à cette maladie humaine, parlent maintenant d’une « nouvelle moralité », capable de s’accorder avec les temps que nous vivons ; mais leur prétendue nouvelle moralité n’est rien d’autre que l’immoralité de toujours mise à la page.

Des évidences de la désintégration morale de notre société se manifestent partout. Un politicien m’a dit récemment : « Chaque fois que nous nommons un comité pour approfondir quoi que ce soit, il découvre un nid de vipères. » Il semble que nous soyons revenus aux jours de Noé et que nous arrivions à ce que Jésus a annoncé en ces mots : « Ce qui arriva du temps de Noé arrivera de même à l’avènement du Fils de l’homme. » (Matthieu 24.37.) Il parlait du récit que donne l’Ancien Testament d’une désintégration sociale et morale si épouvantable que Dieu permit au déluge de détruire le monde au temps de Noé. Il dit aussi que l’histoire se répéterait et que la même désintégration morale caractériserait l’époque qui précéderait la fin de l’histoire telle que nous la connaissons.

Les sociologues, les psychologues, les prédicateurs et les professeurs ne sont pas les seuls à se préoccuper de la dissolution morale de l’homme occidental. Les leaders politiques, les chefs militaires, les hommes d’affaires, les gens des professions libérales et les chefs de syndicats s’inquiètent aussi. C’est le souci de rédacteurs de journaux tels que M. Jenkin Lloyd Jones, de la Tribune de Tulsa, qui déclara, dans une allocution donnée à une convention de journalistes, que les gens ont décidé de considérer le péché comme une chose en grande partie imaginaire. Nous nous sommes entichés d’une psychologie prétendant que l’homme est le produit de son hérédité et la victime de son entourage. M. Jones dit encore : « Nous avons semé les dents du dragon d’une sentimentalité pseudo-scientifique, et nous voyons jaillir du sol une légion portant des couteaux à cran d’arrêt et des chaînes de bicyclettes. D’une manière évidente, quelque chose nous échappe dans tout cela. » Tournant ses regards vers Hollywood, M. Jones ajoute encore : « Peut-on nier que les films sont plus sales que jamais ? Cependant, on n’emploie plus le mot « sale », on se sert du mot « réaliste » pour les décrire. Pourquoi nous laissons-nous tromper ? Pourquoi approuvons-nous avec un air de profonde sagesse lorsqu’on nous dit que les ordures sont simplement une forme artistique osée et que la licence est une peinture de la société ? »

Devant cette pornographie légalisée, nos consciences semblent paralysées. L’écroulement de notre sens moral et notre incapacité à nous indigner sont plus sérieux que nos escroqueries artistiques et littéraires. Nous restons insensibles devant le scandale de l’écran, la glorification de l’indécence, l’abrutissement de nos adolescents par la violence, le cynisme et le sadisme qui nous sont servis à domicile et même jusque dans la chambre de nos enfants par la télévision. Nous ne protestons pas devant l’obscénité qui envahit les romans à grand tirage dont le langage tient de celui du bordel. Un directeur de journal a eu le courage de demander au département de livres de son entreprise de cesser de faire de la réclame pour les best-sellers qui moralement étaient équivoques.

On nous accuse de fausser les faits. Mais de quels faits s’agit-il ? Il s’agit de l’immoralité, de la dégradation et de l’impudicité. Voilà des faits capables de ternir le drapeau de n’importe quelle nation dans le monde.

L’érotisme

De tout temps, une des marques de décadence de la civilisation a été l’érotisme. Quand les gens ne savent plus où ils vont, ce qu’ils cherchent, ce qu’ils veulent, qu’ils n’ont plus ni foi ni loi, comme les Israélites de l’ancien temps, ils s’adonnent à la débauche sexuelle. C’est une sorte de distraction qui ne demande ni réflexion, ni caractère, ni retenue. Un grand historien actuel m’a dit : « La détérioration morale de notre monde occidental nous détruira d’ici l’an 2000. »

La pornographie

Notre société occidentale est tellement obsédée par l’érotisme que celui-ci transparaît dans tous les domaines de notre vie. Autrefois les romanciers y faisaient allusion avec délicatesse dans leurs écrits et n’en parlaient que comme un des aspects de la vie. Mais aujourd’hui, sous la plume de D. H. Lawrence, d’Henry Miller, de Pierre Klossowski, de Georges Bataille et de centaines d’autres écrivains moins renommés, jaillit un flot de perversité, de vulgarité et d’obscénité semblable au contenu d’un égout. L’érotisme est à la une partout.

Nous pouvons nous demander si la liberté de parole et d’expression de la presse donne le droit de corrompre les esprits des lecteurs en employant les grands moyens et d’encourager ainsi toutes les formes de perversion sexuelle et morale. Les lois communales interdisent que les égouts et les fosses sceptiques soient à découvert. Pourquoi nos lois n’interdiraient-elles pas la pornographie et l’obscénité ? Bien des gens héroïques ont essayé d’œuvrer dans ce sens, mais ils se sont achoppés à la définition même du mot « obscénité ». Si nous ne pouvons nous mettre d’accord sur la longueur du mètre, c’est que nous avons perdu l’étalon. Personne n’a jamais amélioré l’étalon moral qui nous a été donné dans les Dix Commandements. La pornographie est tout ce qui dépeint l’impudicité de manière à provoquer des pensées impures et des désirs lascifs. Cependant, les égouts continuent à se déverser, minant la moralité de notre société jusqu’à devenir le plus grand danger menaçant notre sécurité.

Le prétendu réalisme artistique qui est à la fois le but et l’inspiration d’un certain genre cinématographique européen et américain, ne fait que contribuer à la souillure, à la pourriture, à la saleté et à la pornographie qui empoisonnent notre jeunesse. Il n’est pas étonnant que beaucoup de jeunes soient déjà sexuellement pervertis à seize ans.

Nous corrompons l’imagination et le goût de toute une génération. L’amour est faussé et devient le péché de Sodome. Notre sensibilité est si endurcie que les délits qui se commettent autour de nous et les atrocités internationales sont acceptés comme des choses normales.

Personne ne peut réfuter que les appétits pervertis sont en train de devenir la principale satisfaction de la vie. Nous permettons ainsi au diable de triompher. Le prophète Jérémie a prononcé cet avertissement : « Ils seront confus, car ils commettent des abominations ; ils ne rougissent pas, ils ne connaissent pas la honte ; c’est pourquoi ils tomberont avec ceux qui tombent, ils seront renversés quand je les châtierai, dit l’Eternel. » (Jérémie 6.15.)

Le Dr P. A. Sorokin, ancien professeur de sociologie à l’Université de Harvard, a dit : « Nous voyons s’accroître la préoccupation de nos écrivains pour les cloaques sociaux : le foyer brisé de parents infidèles et d’enfants privés d’amour, la chambre de la prostituée, la lignée de maisons closes, le repaire du criminel, la chambre de l’aliéné, le club de politiciens corrompus, le gang de délinquants, la prison haineuse, la plage envahie de « provos », la cour d’un juge déloyal, les aventures érotiques de brutes et de violeurs distingués, les amours des adultères, des fornicateurs, des masochistes, des sadiques, des prostituées, des maîtresses et des séducteurs. Les amours corsées, les orgasmes et les instincts sexuels sont présentés d’une manière séduisante et servis avec tous les ornements. »

Les historiens de l’ancien temps nous disent que l’un des symptômes du déclin d’une civilisation est la désexualisation de la race humaine, les hommes devenant efféminés et les femmes viriles, et cela non seulement dans les caractéristiques physiques mais dans le caractère fondamental.

La perversion

Avec la désexualisation apparaît inévitablement la perversion qui se répand d’une manière évidente dans notre société. Cette perversion est telle, qu’en comparaison, les péchés de l’ancien temps paraissent presque anodins. Rien ne peut altérer le fait que Dieu appelle la perversion un péché. « Ils sont donc inexcusables… Dieu les a livrés à des passions infâmes : car leurs femmes ont changé l’usage naturel en celui qui est contre nature ; et de même les hommes, abandonnant l’usage naturel de la femme, se sont enflammés dans leurs désirs les uns pour les autres, commettant homme avec homme des choses infâmes, et recevant en eux-mêmes le salaire que méritait leur égarement. » (Romains 1.20, 26-27.)

La loi immuable des semailles et des moissons s’est manifestée. Nous sommes maintenant les infortunées victimes d’une dépravation morale et nous cherchons en vain un remède. L’ivraie de l’indulgence a étouffé le bon grain de la décence. Nos foyers ont souffert, les divorces ont augmenté dans une proportion épidémique. Quand la moralité de la société se dérègle, la famille est la première à en souffrir ; elle est l’unité de base de notre société, et une nation n’est pas plus forte que ne le sont ses foyers. La rupture d’un foyer n’apparaît pas souvent sur les manchettes des journaux, mais elle ronge comme des termites la structure de la nation.

Le résultat du nombre croissant de divorces, de séparations et d’abandons, ce sont des dizaines de millions d’enfants qui ne vivent pas avec leurs deux parents. Un cercle vicieux est mis en branle. La Bible dit : « Les pères ont mangé des raisins verts, et les dents des enfants en ont été agacées. » (Jérémie 31.29.)

Dans tous les domaines de notre vie sociale, nous voyons s’accomplir la loi inévitable de l’accoutumance, et nous la voyons aussi agir dans notre obsession érotique. Bien des gens font certaines actions pour en tirer une jouissance puis ils découvrent qu’ils doivent toujours faire plus pour recréer la même jouissance. Lorsque le plaisir est usé, ils en viennent à trouver d’autres moyens, des expériences différentes pour arriver à un plaisir comparable. L’homme avide d’érotisme est tourmenté par des sentiments de culpabilité et de remords. Sa vie est saturée de tensions intenses, d’émotions artificielles et de conflits intérieurs. Sa personnalité ne parvient pas à se développer, il ne peut contrôler ses passions et il en résulte un complexe de frustration. Au mépris de la loi de Dieu et des normes humaines, il met dans son âme une tension morbide. Sa recherche de nouvelles jouissances, de nouveaux plaisirs et d’expériences excitantes le maintient sous l’emprise de la crainte, de l’insécurité, du doute et de la superficialité. Le Dr Sorokin a dit : « L’affaiblissement physique, émotionnel et spirituel de l’obsédé sexuel le rend incapable de résister aux pressions qui l’environnent et il peut en arriver à céder sous leur poids. Il finit souvent par devenir un psycho-neurotique ou par se suicider. »

L’avertissement de la Bible est clair. Dans Hébreux 13.4 nous lisons : « Dieu jugera les impudiques et les adultères. » Ceux qui prennent l’idée du jugement à la légère feraient bien d’étudier les dernières statistiques révélant les naissances illégitimes et les maladies vénériennes. Les unes et les autres se multiplient dans des proportions épidémiques dans le monde entier ; et ceci malgré les dernières inventions en matière de contraception et de désinfection. La Bible dit : « Ne vous y trompez pas : ni les impudiques, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les efféminés, ni les infâmes… n’hériteront le royaume de Dieu. » (1 Corinthiens 6.9-10.)

Un des aspects les plus troublants de la situation actuelle est l’attitude de certains pasteurs protestants. Le magazine Time rapporte : « Les pasteurs protestants commencent à changer d’attitude. Ils n’élèvent plus un doigt réprobateur lorsque jeunes gens et jeunes filles cèdent à leurs désirs et à des expériences biologiques naturelles. Ils ne disent pas : « Arrêtez, vous faites ce qui est mal ! » mais « votre conduite a-t-elle une signification ? » Beaucoup de pasteurs et d’aumôniers d’universités acceptent maintenant ouvertement les relations sexuelles avant le mariage.

Notre époque est une époque de relativisme moral. Il y a cependant certains domaines dans lesquels les Ecritures ne nous permettent pas de louvoyer. Au cours des siècles, aucune ombre de changement n’est apparue dans la nature de Dieu ou dans son attitude envers le péché. Dès le commencement, la Bible enseigne que l’adultère et la fornication sont des péchés, et l’attitude de certains hommes religieux ne change pas ce fait.

Le manque d’honnêteté

Mais nous ne devons pas donner l’impression que l’immoralité sexuelle est la seule sphère de danger menaçant notre civilisation. Le manque d’honnêteté a augmenté dans des proportions alarmantes. J’ai assisté au jugement d’un membre hautement respecté du corps médical qui avait volontairement et délibérément falsifié sa déclaration d’impôts. Il fut condamné à dix ans de prison.

La maladie de la malhonnêteté envahit chaque profession et son expansion au sein de notre société inquiète même les plus apathiques. Les scandales sportifs révélant que de jeunes amateurs vendent leur idéal à des voyous et à des gangsters nous choquent profondément. On sait depuis longtemps que la boxe pratiquée par les professionnels est souvent entachée d’escroquerie, et les investigations dévoilant des arrangements pris d’avance entre les intéressés ne surprennent que peu de gens. Une enquête entreprise récemment dans une université révéla que soixante-quinze pour cent des étudiants admettaient avoir triché une fois ou l’autre durant leurs études.

Il n’y a pas très longtemps, j’engageai la conversation avec le chauffeur de taxi qui me conduisait d’un aéroport vers le centre de la ville. Voici ses paroles : « Les pots-de-vin sont monnaie courante à tous les niveaux dans cette ville. Si certaines firmes ne veulent pas les payer, on creusera un trou dans la rue, juste devant l’établissement, et on le laissera ainsi un an. Quand je fais inspecter mon taxi, je dois payer vingt-cinq dollars sous la table et l’homme qui les ramasse me dit qu’il n’en peut garder que cinq pour lui. » Il ajouta encore : « Si on supprimait les pots-de-vin, l’économie de la ville s’écroulerait. »

John Steinbeck, l’auteur bien connu, écrivit à Adlaï Stevenson : « Un gaz d’immoralité se répand partout, de la chambre d’enfant aux sphères les plus hautes, privées ou gouvernementales. »

Pourquoi y a-t-il tant de malhonnêteté partout ? Le journaliste Russell Kirk a dit : « Dans ce siècle, l’honnêteté dans les grandes comme dans les petites choses a diminué dans le monde entier. La probité privée et publique est produite en général par les convictions religieuses… quand les sanctions religieuses se délabrent… l’homme naturel est porté à tricher. »

Une culture décadente

La décadence morale et spirituelle qui se répand sur nous se montre d’une manière évidente à chaque page de nos journaux. Nous vivons une époque dans laquelle les valeurs anciennes sont bafouées. La vie de bien des gens n’a plus ni signification ni but. Le seul objectif du monde occidental semble être le succès, le standard social, la sécurité, la complaisance personnelle, le plaisir et le confort. Nous pouvons juger des temps que nous vivons par les peintures de certains artistes modernes : des éclaboussures de couleur ne formant aucun motif ni sujet reconnaissable. Un enfant jetant de la peinture sur de la toile pourrait en faire autant. En fait on raconte qu’à une exposition un chimpanzé gagna le premier prix pour sa peinture. L’incompréhensible mélange de matières colorantes dénote simplement la confusion de nos esprits et de notre sens des valeurs. L’auteur dramatique, le romancier et le metteur en scène nous donnent tous des doses magistrales de violence, d’érotisme et de délinquance. Cette génération semble donc être malade et avoir besoin de salut. Tennessee Williams, un des auteurs dramatiques les plus populaires de notre époque, a exprimé en ces termes la cause de nos ennuis : « Nous n’avons qu’une conviction très faible de notre dignité et même de notre décence. »

Nous avons besoin d’appeler à l’aide pour être sauvés — sauvés de nous-mêmes, car c’est l’âme d’une culture qui est en train de mourir ! Le prophète Osée a supplié les gens de son époque en ces termes : « Semez selon la justice, moissonnez selon la miséricorde, défrichez-vous un champ nouveau ! Il est temps de chercher l’Eternel, jusqu’à ce qu’il vienne, et répande pour vous la justice. » (Osée 10.12.)

La fissure de la digue morale s’élargit, mais comme au temps de Noé avant le déluge, la vie continue comme d’habitude : seules quelques personnes s’inquiètent et s’alarment. Cependant, l’apathie ne retardera pas la catastrophe. Les gens de l’époque de Noé ne s’attendaient pas au jugement — mais il vint ! Nous nous sommes amollis et nous nous installons dans notre confort. J’ai remarqué dans les programmes de télévision que presque chaque fois qu’un problème se pose à l’acteur, celui-ci se fait servir un verre d’alcool. Quand les manchettes de journaux sont mauvaises et pessimistes, la vente des alcools et des barbituriques augmente : des millions de personnes cherchent à échapper aux sinistres réalités des dangers que nous courons.

Au cours d’un séminaire, un étudiant me posa cette question : « Notre société est-elle en train de mourir ou commet-elle l’hypocrisie d’être morte sans le savoir ? » Je lui dis que je ne pouvais lui répondre d’une manière certaine mais que moi aussi j’étais préoccupé et que, comme les prophètes de l’Antiquité, je sentais le fardeau et l’obligation d’avertir les gens. Que ceux-ci écoutent mes avertissements ou non n’est pas de ma responsabilité. Encore et toujours les prophètes de l’Antiquité ont averti les hommes, mais la Bible dit que leurs cœurs s’endurcirent et que leurs oreilles se fermèrent. Ils devenaient délibérément sourds à la Parole de Dieu.

Notre moralité décadente ne surprend pas Dieu : nous pouvons être certains de cela. Notre déchéance s’ajoute à la pile de scories qui un jour seront allumées par le feu du jugement de Dieu. Les paroles de l’apôtre Paul, décrivant la société décadente de Rome, pourraient aussi bien s’appliquer à nous : « Ils sont donc inexcusables, puisque, ayant connu Dieu, ils ne l’ont point glorifié comme Dieu et ne lui ont point rendu grâces. » (Romains 1.21.) Si une génération a jamais reçu en héritage la connaissance de Dieu, c’est bien la nôtre, et pourtant nous rejetons cet héritage glorieux pour satisfaire notre convoitise et nos passions.

L’apôtre Paul dit encore : « Ils se sont égarés dans leurs pensées, et leur cœur sans intelligence a été plongé dans les ténèbres. Se vantant d’être sages, ils sont devenus fous. » (Romains 1.21-22.) Dans cette phrase, le verbe devenir montre une détérioration et une déchéance. Dans une société décadente, la volonté de croire, de résister, de combattre, de lutter et de se battre n’existe plus. Au lieu de cette volonté de résister, nous trouvons le désir de se conformer, de se faire entraîner, de suivre, de céder et d’abandonner. C’est ce qui se passa à Rome et qui peut s’appliquer à nous. Les mêmes conditions qui régnaient dans la ville impériale règnent dans notre société. Nous constatons qu’avant de s’écrouler, Rome perdit ses principes, que la famille s’y désintégrait, que le divorce y foisonnait, que l’immoralité s’étalait et que la foi diminuait. Gibbon a dit : « On parlait beaucoup de religion, mais on ne la pratiquait pas beaucoup. » Combien de personnes aujourd’hui mettent réellement le christianisme en pratique dans leur vie de tous les jours ?

Paul dit aussi : « Ils ont changé la gloire du Dieu incorruptible en images représentant l’homme corruptible. » (Romains 1.23.) L’humanisme est devenu le dieu de notre époque. Aldous Huxley parle d’un « contrôle humain par un effort humain s’accordant avec l’idéal humain ». Le credo moderne « je crois en l’homme » est l’opposé absolu de la théologie biblique.

Le grand Apôtre dit encore : « C’est pourquoi Dieu les a livrés à l’impureté, selon les convoitises de leurs cœurs ; en sorte qu’ils déshonorent eux-mêmes leurs propres corps. » (Romains 1.24.) Il n’est pas dit que Dieu a abandonné la partie mais qu’Il a livré l’homme à des pratiques impures et impies. Lorsque cela arrive, nous sommes dans un terrible danger.

Trois fois dans ce passage de l’épître aux Romains il est dit que Dieu a livré l’homme. La première fois, Dieu l’a livré quand il s’est tourné vers des pratiques et des convoitises immorales. La deuxième fois Dieu l’a livré quand il s’est tourné vers des affections viles et des déviations contraires à la morale. Et la dernière fois Dieu l’a livré quand il a faussé son esprit et qu’il s’est gonflé d’injustice, de fornication, de convoitise et de méchanceté.

Quand Dieu livre l’homme, il ne reste plus qu’une seule chose : le jugement ! La Bible dit : « Bien qu’ils connaissent le jugement de Dieu, déclarant dignes de mort ceux qui commettent de telles choses, non seulement ils les font, mais ils approuvent ceux qui les font. » (Romains 1.32.) Lorsque les villes de Sodome et de Gomorrhe commirent les mêmes péchés que nous commettons, Dieu les jugea par le feu et le soufre. La Bible déclare que Dieu ne les épargna point. Quand les gens du temps de Noé se rendirent coupables des mêmes péchés, la Bible dit que Dieu ne les épargna pas non plus.

Nous ne pouvons avoir la prétention d’être les chouchous de Dieu. Nous n’avons aucune dispensation spéciale en face du jugement. Si nous persévérons dans la voie que nous suivons, la loi morale qui dit que « le salaire du péché c’est la mort » (Romains 6.23) appliquera sa sentence de mort à notre société.

Quelle ironie de penser que notre civilisation qui produit des voitures merveilleusement perfectionnées, des réfrigérateurs et des postes de télévision produit en même temps quelques-uns des êtres humains les plus bas tombés. La cause de notre dilemme dans la débâcle que nous vivons est que nous avons abandonné Dieu. « Ils sont inexcusables. » (Romains 1.20.) Nous sommes sans excuse car nous avons échangé notre droit de naissance contre un gâchis de plaisirs immoraux.

Notre savoir, qui est devenu de la folie, prépare les décors pour une dissolution personnelle et collective et pour le jugement dernier. Nous amassons en vue de l’incendie ; nous construisons en vue de la destruction ; nous recherchons le jugement. Thomas Jefferson a dit : « Je tremble quand je me souviens que Dieu est juste. » « Je vous le dis en vérité : au jour du jugement, le pays de Sodome et Gomorrhe sera traité moins rigoureusement » a dit Jésus. (Matthieu 10.15.)

Au Musée du roi Tout Ankh Amon au Caire, on peut voir un grain de blé âgé de cinq mille ans que l’on a retrouvé dans le tombeau d’un pharaon. On dit que si cette graine était plantée, elle croîtrait. Les germes de l’intégrité, du respect et de la justice ne sont pas morts, mais nous ne les laissons pas croître. Il est encore temps. Le temps passe, il est vrai, mais il n’est pas trop tard pour retenir les flammes catastrophiques du jugement de Dieu. La Bible déclare : « Dieu ne veut pas qu’aucun périsse. » (2 Pierre 3.9.) Elle dit encore : « Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs. » (Hébreux 3.7-8.)

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