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MAIS JE NE SUIS PAS RELIGIEUX !

On dit souvent : « Mais que penser de toutes les religions du monde ? Toutes ne sont-elles pas aussi bonnes les unes que les autres ? »

Peu de mots sont aussi vilipendés et mal compris que celui de « religion ». Le philosophe allemand Emmanuel Kant a dit au XVIIIe siècle que la religion était la « moralité ou l’action morale ». Hegel, dont la philosophie influença la pensée d’Hitler, la définit comme « une sorte de savoir ».

Le mot « religion » signifie plusieurs choses pour beaucoup de gens. Cela peut être le symbolisme sadique des adeptes de Manson, qui tatouaient un « X » sur leur front, ou les rites de la méditation transcendantale ou les cantiques des sectes étranges. Mais aussi la méditation paisible à l’intérieur d’une église sécurisante.

Bien des gens disent avec une certaine fierté : « Je ne suis pas très religieux. » Toutefois, malgré ses dénégations, l’homme est un animal religieux. La Bible et l’anthropologie, la sociologie et d’autres sciences nous enseignent que les hommes ont soif d’une expérience religieuse.

J’ai surtout étudié l’anthropologie, à l’Université, c’est-à-dire la science qui s’occupe des races, des coutumes, des croyances humaines. J’ai eu le privilège de faire de nombreux voyages dans tous les continents. J’ai vérifié, par mon expérience personnelle, que ce que j’avais appris en anthropologie était exact : l’homme est naturellement et universellement capable de religion et même la plupart des peuples professent ou pratiquent une forme ou une autre de religion.

On peut dire que la religion a deux pôles magnétiques : le biblique et le naturaliste. Le pôle biblique se définit par les enseignements de la Bible. Le pôle naturaliste comprend les religions créées par l’homme. Les systèmes humanistes contiennent toujours certains éléments de vérité. Beaucoup de ces croyances ont fait des emprunts au judéo-christianisme ; beaucoup d’entre elles mêlent à leurs fables des citations bibliques. D’autres comprennent des fragments de ce que le christianisme possède en totalité.

L’apôtre saint Paul parle en ces termes du pôle naturaliste : « Ils ont changé la gloire du Dieu incorruptible en images représentant l’homme corruptible, des oiseaux, des quadrupèdes et des reptiles » (Romains 1.23).

Toutes les religions fausses découpent des morceaux de la révélation de Dieu et y ajoutent leurs propres idées, si bien qu’elles ont des croyances qui diffèrent de la révélation divine dans la Bible. La religion naturelle ne vient pas de Dieu, mais procède du monde naturel qu’il a créé, ce monde qui, dans son orgueil, s’est détourné de son Créateur.

Une autre religion est comme une contrefaçon dans le domaine de la mode. J’ai lu qu’après la présentation exclusive des derniers modèles dans un grand centre de haute couture comme Paris on en voit très vite des imitations dans les grands magasins, sous des griffes différentes. L’existence de ces contrefaçons prouve l’existence des originaux. Sans modèles exclusifs, il n’y aurait pas d’imitations !

Le modèle original de Dieu est souvent imité et contrefait !

Comment les religions humaines sont-elles nées ? Un grand conquérant militaire a jadis affirmé une vérité, sans savoir qu’il contredisait la Vérité absolue. Napoléon a dit : « Je suis prêt à croire en une religion dont l’origine remonterait au commencement du monde, mais quand je considère Socrate, Platon, Mahomet je ne crois plus. Toutes les religions ont été faites par l’homme. »

John Bunyam a écrit : « La religion est la meilleure des armures pour l’homme, mais c’est le pire des vêtements. »

Quand l’homme a-t-il inventé cette masse de religions ? Tout a commencé avec un couple de créatures célèbres. On pourrait imaginer Adam et Eve enseignant à leurs enfants l’importance de leur attitude envers Dieu. Pourtant Caïn voulut établir à sa manière ses relations avec la divinité. Il s’approcha du premier autel avec « les fruits de la terre », cherchant à retrouver le paradis perdu en refusant le plan rédempteur de Dieu. Caïn apporta ce qu’il avait cultivé, les éléments propres à son activité. Nous dirions aujourd’hui qu’il voulut se sauver par ses œuvres. Dieu n’a jamais dit que l’homme pouvait frayer son chemin vers le ciel.

Son frère Abel obéit à Dieu, et offrit humblement une bête de son troupeau dans un sacrifice sanglant. Abel avait compris qu’aux yeux de Dieu le péché entraînait la mort et ne pouvait être réparé que par la mort d’une victime innocente, substituée au coupable. Caïn, lui, refusa ce plan qui exige le sang des sacrifices.

Les auteurs de la Bible savaient que le sang est indispensable à la vie. Un homme ou un animal peuvent vivre même privés d’un œil ou d’une jambe, mais pas de leur sang. La Bible déclare donc : « La vie de la chair est dans le sang » (Lévitique 17.11).

C’est pourquoi la Bible enseigne que l’expiation du péché n’est pas possible sans effusion de sang : « Presque tout, d’après la loi, est purifié avec du sang, et sans effusion de sang il n’y a pas de pardon » (Hébreux 9.23). Quand nous parlons du sang du Christ, nous faisons allusion à sa mort en notre faveur. Les sacrifices sanglants montraient la gravité du péché. C’est une question de vie ou de mort. Seul le sang versé peut effacer le péché. La mort du Christ n’est efficace qu’en raison du principe de la substitution. Dans l’Ancien Testament, l’animal innocent était substitué à l’homme coupable dont il prenait la place. Ainsi le Christ est mort à notre place. Innocent, il a versé son sang pour nous, volontairement, et a pris notre place. Nous méritions la mort, en raison de notre péché ; il est mort à notre place.

Comme le Christ est mort pour nous, nous pouvons vivre de sa vie — maintenant et toujours — « Sachant que nous n’avons pas été rachetés par des choses périssables mais par le sang précieux… du Christ » (1 Pierre 1.18-19).

Lorsque Caïn décida de désobéir au plan de Dieu, de ne pas offrir une victime sanglante, un sentiment d’amertume remplit étrangement son cœur. Il se mit à détester son frère Abel. Souvent le véritable croyant est ainsi rejeté par ses voisins qui préfèrent suivre leur propre religion humaine. Caïn refusa d’accepter Abel, et sa haine grandit au point de le conduire au meurtre de son frère.

L’orgueil, la jalousie et la haine se retrouvent dans le cœur humain dans tous les siècles comme dans toutes les cultures. Il y a bien longtemps, quand j’étais étudiant en Floride, un jeune homme tua son frère aîné dans une crise de jalousie. Ses parents avaient été tués dans un accident d’automobile et, quand leur testament fut ouvert, l’aîné héritait des deux tiers de la plantation d’orangers, dont le cadet n’avait qu’un tiers. Le déshérité, furieux contre ses parents défunts, sombra dans la dépression et la jalousie. On retrouva le cadavre du fils aîné attaché avec du fil de fer à un tronc d’arbre immergé dans la rivière.

Les temps n’ont pas changé, Des millions de gens veulent être sauvés, mais à leur manière ; ils veulent frayer leur propre chemin et se diriger vers Dieu selon ce qu’ils pensent juste.

Si le christianisme est vrai, ce n’est pas une religion. La religion, c’est l’effort de l’homme vers Dieu. La définition du dictionnaire est : « La religion est la croyance en un dieu unique ou en des dieux, et le culte qui en résulte. » La religion peut être n’importe quoi ! Le christianisme est tout autre chose : c’est Dieu établissant avec l’homme une relation personnelle.

La mode actuelle qui fait courir les gens vers l’occultisme ou les religions orientales est un signe de ce besoin éternel de Dieu que ressent l’homme. Nul ne peut nier le fait que l’homme est instinctivement religieux, mais Dieu a décidé de se révéler à lui par la nature, la conscience, la Bible et surtout par Jésus-Christ. La Bible dit que l’homme qui ignore Dieu est sans excuse.

Au nom de la « religion »

Il n’est pas surprenant que des gens soient fiers de dire : « Je ne suis pas religieux. » Au nom de la religion on a commis tant de grandes injustices et de crimes cruels !

En Chine, quand ma femme y était adolescente, les bébés qui mouraient avant de percer leurs dents étaient souvent jetés aux chiens errants. Les gens croyaient que, si les démons pensaient qu’ils aimaient trop leurs enfants, ils viendraient pour en faire mourir un autre. Ils voulaient faire croire à leur indifférence en agissant ainsi. Ma femme se souvient de cette religion chinoise comme étant sans joie, sombre et parfois cruelle.

J’ai vu un jour en Inde un homme couché sur une planche hérissée de pointes. Il y était couché depuis plusieurs jours, sans manger et en buvant très peu. Il s’efforçait d’expier ses péchés. En Afrique, à une autre occasion, j’ai vu un homme marcher pieds nus sur des braises ardentes. Il pensait que s’il en sortait sans brûlure ce serait un signe de la faveur de Dieu ; s’il était brûlé, c’est qu’il avait besoin d’une expiation supplémentaire pour ses péchés.

En Inde, une missionnaire, passant sur une rive du Gange, remarqua une femme assise au bord du fleuve avec deux enfants. Sur ses genoux elle tenait un magnifique bébé. Pleurnichant à côté d’elle se trouvait un enfant sérieusement handicapé de deux ou trois ans. En revenant le soir, la missionnaire passa par le même endroit et revit cette femme, toujours assise, mais elle n’avait plus avec elle que l’enfant retardé. Horrifiée par ce qu’elle soupçonnait, la missionnaire hésita puis s’approcha de la mère pour lui demander ce qui s’était passé. Cette femme éclata en sanglots, la regarda et lui dit : « Je ne sais rien du dieu de votre pays, mais le mien exige ce qui est le plus précieux. » Elle avait offert au dieu du fleuve son bébé en pleine santé.

On a sacrifié des hommes au nom de la religion. On a adoré toutes les idoles possibles, depuis les arbres jusqu’aux singes. Dans certaines îles du Pacifique, par exemple, on pense que les esprits des ancêtres habitent un certain arbre. On apporte à cet arbre des offrandes, et, s’il subit quelque dommage, tout le village en souffrira. S’il est abattu, ce sera la perte inévitable du village et de ses habitants.

Au nom de la religion, des rois, des empereurs et des chefs d’Etat ont été adorés comme des dieux. Un savant anglais a écrit : « A un certain degré de civilisation, le roi ou le prêtre est considéré comme possédant un pouvoir surnaturel ou comme l’incarnation de la divinité… il est responsable du mauvais temps, des disettes et des diverses calamités1. »

1 Sir James Frazer : The Golden Bough (New York, 1960), p. 194.

Un exemple de ce genre de culte était l’adoration du Mikado, l’empereur du Japon. Un document officiel lui donne le titre de « Manifestation ou incarnation de la divinité ». On raconte à propos du Mikado : « On considérait pour lui comme une dégradation honteuse le fait de toucher, même légèrement, le sol avec son pied. On n’avait pas le droit de retrancher quoi que ce soit de son corps, on ne coupait ni ses cheveux, ni sa barbe, ni ses ongles2. »

2 Sir James Frazer, op. cit., p. 196.

Beaucoup de gens sont dégoûtés de la « religion » et sont d’accord avec un professeur de philosophie dans une de nos prestigieuses universités américaines : « Le terme “religion” est utilisé pour désigner aussi bien le judaïsme, le christianisme, l’islam, le bouddhisme, l’hindouisme, le taoïsme, le confucianisme qu’un grand nombre de leurs rejetons, dont les uns portent un nom tandis que les autres restent anonymes, mais qui ressemblent suffisamment aux sept mentionnés pour qu’on puisse les mettre dans le même panier3. »

3 Walter Kauffman : Critique of Religion and Philosophy (New York, 1958), p. 74.

Pouvons-nous vraiment mettre dans le même panier le christianisme et les autres religions du monde ?

Sans excuse

Dès le commencement des temps, l’homme a essayé de substituer au plan de Dieu une religion « naturelle ». L’apôtre Paul décrit ce phénomène dans la lettre qu’il adresse aux chrétiens de Rome en parlant des idoles représentant des oiseaux, des animaux et des serpents. Il n’établit pas un catalogue de toutes les formes possibles de la religion faite par l’homme. Aujourd’hui il en existe beaucoup d’expressions nouvelles — et plus élaborées, surtout sur les campus de plusieurs universités — mais qui ont, en vérité, la même origine : l’homme est consciemment ou inconsciemment à la recherche de Dieu.

Saint Paul parle aussi de la façon dont les hommes ont corrompu la révélation de Dieu : « Les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité se voient comme à l’œil nu, depuis la création du monde, quand on les considère dans ses œuvres. Ils sont donc inexcusables, puisque, ayant connu Dieu, ils ne l’ont point honoré comme Dieu, et ne lui ont pas rendu grâce ; mais ils se sont égarés dans leurs pensées et leur cœur sans intelligence a été plongé dans les ténèbres. Se vantant d’être sages, ils sont devenus fous, ils ont changé la vérité de Dieu en mensonge, et ils ont adoré et servi la créature au lieu du Créateur, qui est béni éternellement » (Romains 1.20-25).

Saint Paul dit simplement que tous les hommes en tous lieux possèdent au moins une lueur de connaissance de Dieu. Certains accueillent cette idée cyniquement et posent la question inévitable : qu’en est-il des païens qui n’ont jamais entendu parler de Jésus ?

Qu’en est-il des païens de telle grande rue aux Etats-Unis, d’Oxford ou de la Sorbonne ? Dieu nous a tous créés à son image, chacun étant responsable dans la mesure où il a reçu la lumière de la révélation divine. Comment un Dieu juste pourrait-il condamner un homme n’ayant jamais eu l’occasion d’entendre l’Evangile ? La réponse à cette question se trouve dans la Genèse : « Celui qui juge toute la terre n’exercera-t-il pas la justice ? » (18.25).

La nature de Dieu rendra témoignage à la puissance divine et à la personne à qui tous les hommes devront rendre des comptes. D’autre part, la justice de Dieu sera démontrée par le châtiment de ceux qui n’ont pas vécu selon les lumières qu’ils avaient reçues.

J’ai eu maintes fois, dans ma vie, l’occasion d’entendre parler de gens qui ont eu conscience de la « puissance » éternelle et de la « divinité » de Dieu, sans avoir eu le privilège de connaître la Bible ou de rencontrer un évangéliste.

Dans les années 1950, j’ai fait des réunions à Madras, en Inde. Un homme vint à pied d’un village éloigné de plus de deux cents kilomètres pour y assister. Dans ce village il n’y avait jamais eu de missionnaire chrétien et l’Evangile y était totalement inconnu. Cet homme désirait de tout son cœur rencontrer le Dieu vivant et vrai. Il avait appris qu’un « gourou » américain allait parler, et sa soif de Dieu était telle qu’il fit cette longue marche et trouva le Christ. Huit mois plus tard, l’évêque Newbigin de l’Eglise du sud de l’Inde, qui m’a raconté cette histoire, rendit visite au village, dont tous les habitants avaient constitué une église. Ils avaient tous été conduits vers le Christ par ce seul homme.

En 1972, nous avons prêché l’Evangile dans le nord-est de l’Inde, et des auditeurs ont fait jusqu’à dix jours de marche pour venir aux réunions, avec toutes leurs familles, portant leurs bagages sur leurs épaules. Ils sont venus même du Népal, du Sikkim et de Birmanie. Beaucoup d’entre eux — nous a-t-on dit — n’avaient jamais entendu le nom de Jésus-Christ. Ils avaient entendu dire que des réunions religieuses allaient avoir lieu et ils avaient voulu y assister. Nombreux sont ceux qui ont trouvé le Christ.

Je suis certain que si un homme cherche Dieu sincèrement, de tout son cœur, Dieu se révélera à lui d’une manière ou d’une autre. Dieu utilisera pour cela une personne, une bible ou quelque autre moyen.

Le pasteur Donald Barnhouse, un théologien de grand renom, m’a raconté ce qui lui était arrivé en voyageant en barque, sur un fleuve, au centre de l’Afrique. En montant à bord, il remarqua une poule qu’il crut destinée au prochain repas. Deux ou trois heures plus tard, il entendit le grondement d’un rapide, tout proche. Les rameurs accostèrent, montèrent sur la rive et y construisirent un autel primitif sur lequel ils égorgèrent la poule. Ils en aspergèrent le sang sur l’autel et à l’avant du bateau. M. Barnhouse me dit qu’il avait compris, une fois de plus, que, sans missionnaire et sans la Parole de Dieu, ces hommes connaissaient la nécessité d’un sacrifice.

Ainsi saint Paul dit que Dieu permet à tous les hommes d’avoir au moins une connaissance rudimentaire de sa Personne, de ses qualités, de sa puissance et de sa nature divine. Par les phénomènes qu’ils peuvent observer, et à travers leur conscience, ils peuvent répondre à Dieu s’ils le désirent.

Mais l’homme s’est détourné de Dieu. Son intelligence n’a pas aimé la vérité, sa volonté n’a pas désiré obéir et il n’a pas été soucieux de plaire à Dieu.

Que s’est-il passé ? Qu’arrive-t-il aujourd’hui ? L’homme déforme la vérité, la mélange à l’erreur et pratique une religion humaine.

Les religions humanistes combattent souvent la foi biblique, qui consiste à accepter la Bible comme source authentique de toute connaissance sur le péché et sur le moyen d’en être délivré par la vie et par la mort expiatoire du Christ, afin d’être déclaré juste par Dieu. Les religions naturelles contiennent juste assez de vérité pour être trompeuses. Elles peuvent compter des éléments de vérité et des principes moraux élevés. Leurs adeptes peuvent même parfois user d’un vocabulaire ressemblant à celui de la Bible. Le savant anglais C. S. Lewis a dit que toutes les religions sont en fait une imitation ou une perversion du christianisme.

Une religion humaine peut avoir des accents très agréables. Thomas Payne a écrit : « Le monde est ma patrie, les hommes sont mes frères, bien faire est ma religion. » Certes la moralité et la bienfaisance peuvent recueillir l’approbation des hommes, mais elles ne sont pas suffisantes pour Dieu, qui exige autre chose qu’une bonne morale. N’a-t-on pas vu, en réalité, dans l’Histoire que des actions d’une horrible immoralité ont été approuvées par la religion naturelle ?

Il existe un grand contrefacteur capable de s’adapter à toutes les cultures et qui parvient même à faire dévier de vrais croyants. Il ne se présente pas sur la scène en vêtements rouges et portant un masque hideux : il charme avec son sourire d’« ange de lumière ». Ainsi opère Satan. Des milliers de gens fréquentent une église sans avoir fait l’expérience vitale d’une rencontre avec le Christ. On leur fournit en guise de rites religieux les bonnes actions, la réforme de la société, la philanthropie, qui ne sont pas des choses nuisibles en soi mais ne doivent pas se substituer à la relation personnelle s’établissant entre l’homme et Dieu.

Bien des gens disent : « Je crois bien être un chrétien », ou&nbs;: « Je m’efforce d’être chrétien. » Il ne s’agit pas de tentative ou d’impression. Même les plus grands esprits de notre temps doivent admettre cette évidence : la simplicité de l’Evangile peut atteindre le handicapé mental comme le génie.

Les compromis

Quand l’erreur se mêle à la vérité, nous avons un compromis. Certains théologiens ont cru nécessaire de remodeler le message chrétien afin de le rendre plus crédible à l’homme moderne. Beaucoup s’’imaginent que « les Eglises chrétiennes ont été, et sont encore, des foyers d’anti-intellectualisme et d’opposition à la pensée critique4 ».

4 Walter Kauffman, op. cit., p. 88.

On écrit des livres, on fait des discours contre la Bible et les dogmes fondamentaux de la foi chrétienne. Un gros volume a paru sous le titre de Bible Myths (Mythes bibliques), dont le chapitre sur les miracles de Jésus commence ainsi : « L’histoire légendaire de Jésus de Nazareth, contenue dans les livres du Nouveau Testament, est remplie de prodiges et de merveilleux. Ces prétendus miracles, et la foi mise par beaucoup de gens dans ce tissu de mensonges, indiquent la tendance profonde des hommes à croire n’importe quoi. C’est parmi des gens de cette espèce que le christianisme s’est répandu5. »

5 Tw. W. Doane : Bible Myths (New York, 1971), p. 252.

La revue Time, dans un long article sur la Bible, déclare : « La mise en question des vérités bibliques n’est pas nouvelle : elle est attestée dès l’époque la plus ancienne6. »

6 Time, 30 décembre 1974, p. 38.

J’ai connu au collège de Wheaton un professeur d’archéologie qui étudiait à l’université de Chicago. Fréquemment le professeur de Chicago soulevait un point pour attaquer la véracité des Ecritures. Chaque fois le professeur-étudiant ripostait en citant des résultats archéologiques appuyant l’authenticité des Ecritures. Une fois le professeur de Chicago, exaspéré, s’écria : « C’est bien ce qui est insupportable chez vous, archéologues évangéliques ! Vous vous arrangez pour toujours trouver dans vos fouilles quelque chose prouvant que la Bible a raison et que nous avons tort ! »

L’archéologie n’a jamais mis au jour une trouvaille qui contredirait la Bible.

Parmi les partisans du compromis, on peut situer les théologiens qui ne savent pas quelle partie du Nouveau Testament doit être conservée et celle qui doit être rejetée. Beaucoup d’entre eux pensent qu’il faut considérer les miracles comme des mythes. La résurrection serait une expérience subjective des disciples et non pas un événement historique. Ils mettent en doute le caractère surnaturel de Jésus et repoussent l’idée que son excellence vient du fait qu’il était à la fois Dieu et homme.

C. S. Lewis reprochait aux critiques bibliques de faire un triage parmi les événements surnaturels pour accepter les uns et rejeter les autres : « Il trouvait surprenante la théologie sélective des exégètes chrétiens qui après avoir “avalé le chameau” de “la résurrection” “refusent le moucheron” de la multiplication des pains7. »

7 Ibid., p. 40. Allusion au texte de Matthieu 23.22.

Les trompeurs

Du compromis à la tromperie il n’y a qu’un pas. La Bible nous avertit maintes fois contre les faux prophètes et les docteurs de mensonge. Jésus a dit : « Gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous en vêtements de brebis, mais, au-dedans, ce sont des loups ravisseurs…, c’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez » (Matthieu 7.15, 20).

Parfois le « vêtement de brebis » est un habit ecclésiastique. Il peut être libéral ou fondamentaliste. Le libéral ressemble au Sadducéen du temps de Jésus, niant la vérité de la Bible. Le fondamentaliste extrémiste, comme le Pharisien d’autrefois, peut avoir une saine théologie, mais il y ajoute un pesant matériel non biblique. Parfois le vêtement peut porter les insignes de hautes distinctions universitaires et être sur le dos d’un orateur dont le discours est un chef-d’œuvre de logique. Il est souvent difficile pour le chrétien de discerner le faux docteur, car il a toutes les apparences du vrai. Jésus a même annoncé la venue de faux prophètes qui « feront de grands prodiges et des miracles au point de séduire, s’il était possible, même les élus » (Matthieu 24.24).

Derrière cette grande tromperie se cache Satan en personne. Il est astucieux et habile, agissant avec tant de subtilité et de secret qu’il est impossible pour un chrétien d’être à l’abri de ses attaques.

L’apôtre Paul avertit son disciple Timothée : « Les hommes méchants et imposteurs avanceront toujours plus dans le mal, égarant les autres et égarés eux-mêmes » (2 Timothée 3.13). Il met aussi en garde l’église d’Ephèse : « Que personne ne vous séduise par de vains discours » (Ephésiens 5.6), et encore : « Afin que nous ne soyons plus des enfants, flottants et emportés à tous les vents de doctrine, par la tromperie des hommes, par leur ruse dans les moyens de séduction » (Ephésiens 4.14).

La présidente d’études bibliques auxquelles participent en Californie des centaines de femmes chaque semaine avoue que pendant des années son pseudo-intellectualisme lui a fait avaler toutes les « pensées religieuses » qui se présentaient. Après avoir accepté Jésus-Christ comme son sauveur et après être née de nouveau, spirituellement, elle déclara : « Je ne suis plus une enfant… emportée à tout vent de doctrine. »

Nous vivons en un siècle où pullulent les faux docteurs. C’est peut-être parce que nous sommes près de la fin du monde. L’apôtre Pierre a dit : « Il y a eu parmi le peuple de faux prophètes, et il y aura de même parmi vous de faux docteurs, qui introduiront des sectes pernicieuses, et qui, reniant le maître qui les a rachetés, attireront sur eux une ruine soudaine. Plusieurs les suivront dans leurs dissolutions et la voix de la vérité sera calomniée à cause d’eux. Par cupidité, ils trafiqueront de vous au moyen de paroles trompeuses, eux que menace depuis longtemps la condamnation et dont la ruine ne sommeille pas » (2 Pierre 2.1-3).

Et, comme souvent les hérésies et les doctrines de séduction sont introduites subrepticement, elles n’en sont que plus dangereuses. Tous les organes de l’Eglise risquent d’être contaminés en masse : les cercles d’étude, les écoles du dimanche, la chaire, les mass media et tout le reste. Le vocabulaire chrétien est détourné de son usage, par exemple les mots paix, amour, nouvelle naissance. Remarquez ces mots qui pimentent les ouvrages profanes et dont le sens a été totalement dénaturé : messie, un christ, rédemption, régénéré, genèse, conversion, miséricorde, salut, apôtre, prophète, libérateur, sauveur, chef spirituel. Même des termes théologiques tels que évangélique, Bible infaillible et bien d’autres perdent rapidement leur véritable signification.

Des milliers de chrétiens mal instruits sont égarés aujourd’hui, et des millions de gens ignorent ou rejettent le Christ. Des séducteurs armés d’arguments intellectuels, se présentant comme des puits de science, trompent des multitudes. Saint Paul n’est pas tendre envers les faux docteurs. Il écrit : « L’Esprit dit expressément que, dans les derniers temps, quelques-uns abandonneront la foi pour s’attacher à des esprits séducteurs et à des doctrines de démons par l’hypocrisie des faux docteurs » (1 Timothée 4.1, 2).

La Bible dit clairement que beaucoup de gens s’égarent parce qu’ils écoutent les mensonges de Satan et choisissent délibérément d’accepter les doctrines des démons plutôt que la vérité de Dieu.

Retour à la base

Des membres d’église et des gens hors des églises, mais assoiffés spirituellement, ont besoin de faire une expérience personnelle, vitale, en rencontrant le Christ. Beaucoup d’entre eux cherchent un peu partout des formes de culte qui puissent les satisfaire.

En 1965, j’ai écrit dans mon livre World Aflame8 : « Si l’Eglise ne retrouve pas rapidement son message biblique, si elle ne parle pas avec autorité, nous pourrions fort bien voir des millions de chrétiens quitter les églises institutionnelles pour trouver ailleurs leur nourriture spirituelle. » C’est exactement ce qui se passe.

8 En français : « Un monde en flammes » (édit. « Les Groupes missionnaires », Vevey, Suisse, 1967).

Nous estimons à deux millions les cercles de prière et les groupes d’étude biblique qui se rassemblent dans les maisons particulières ou des églises, aux Etats-Unis et qui n’existaient pas il y a dix ans ! Nous sommes heureux de voir que les autorités ecclésiastiques en prennent conscience et se mettent à organiser elles-mêmes des groupes de ce genre soigneusement encadrés par des laïques qualifiés.

Notre propre expérience, au cours de la préparation de nos campagnes d’évangélisation, nous a fait constater une croissance considérable du nombre des groupes de prière. Dernièrement nous avons organisé une cellule de prière dans chaque rue de la ville où nous parlons. Il en est résulté une multiplication de ces groupes : dans certaines villes nous en avons eu jusqu’à cinq mille.

Comme près de cinquante millions d’Américains adultes ont déclaré avoir fait l’expérience d’une « nouvelle naissance », je crois qu’il est très important de comprendre de quoi il s’agit.

Un vieux cliché

Rien n’est plus faux que ce vieux cliché qui affirme : « Toutes les religions sont bonnes, pourvu qu’on soit sincère… » C’est un raisonnement stupide. Que dirait-on d’une mère qui raisonnerait de la sorte pour nourrir son bébé : « Je n’ai pas de lait, qu’importe ; pourvu que mon bébé soit nourri, il me suffit de mettre du coca-cola ou du vin dans un biberon. Tout cela, c’est du liquide » ? La sincérité de la mère ne sauvera pas l’enfant. Il est tout aussi ridicule de penser que la sincérité religieuse suffit pour sauver l’homme.

Qui a inventé la religion ? Revenons à nos frères ennemis. Les deux autels érigés hors du jardin d’Eden illustrent bien la différence qui existe entre la fausse et la vraie religion. L’un fut construit par Abel, qui sacrifia un agneau de son troupeau à l’Eternel Dieu. C’était un acte d’amour, d’adoration, d’humilité, de respect et d’obéissance. Et la Bible dit que Dieu regarda avec faveur Abel et son offrande.

Son frère aîné, Caïn, construisit l’autre autel, pour y offrir une offrande peu coûteuse, non vivante, non sanglante, et la Bible dit que Dieu « ne jeta pas un regard favorable sur Caïn et son offrande » (Genèse 4.5).

Dieu a-t-il été partial ? Après tout, Caïn n’a-t-il pas eu l’intention d’offrir un culte à Dieu ? Ne fut-il pas sincère ?

Cette histoire nous est racontée pour nous apprendre qu’il existe une bonne et une mauvaise manière d’entrer en relation avec Dieu. Abel offrit un sacrifice sanglant, un être vivant, comme Dieu l’en avait instruit ; Caïn apporta une offrande végétale, orgueilleuse et superficielle, en refusant d’obéir à Dieu par manque de foi. Quand Dieu ne voulut pas bénir son sacrifice, Caïn tua son frère. Le culte offert par Caïn était de la religiosité stérile, vide comme sa vie. Il quitta ses parents et erra, le cœur plein d’amertume, en protestant contre Dieu : « Mon châtiment est trop grand pour être supporté ! » (Genèse 4.13).

Caïn était sincère mais dans l’erreur.

La religion humaniste naît sous les yeux de grands serviteurs de l’Eternel. Pendant que Moïse recevait sur le mont Sinaï des mains de Dieu les tables de la Loi « gravées par le doigt divin », la fausse religion éclatait dans le camp des israélites. Le peuple dit à Aaron : « Fais-nous un Dieu qui marche devant nous. » Aaron ne repoussa pas cette forme nouvelle de la religion : « Otez les anneaux d’or qui sont aux oreilles de vos femmes, de vos fils et de vos filles et apportez-les-moi. » Avec ces bijoux il modela un veau en or et le peuple s’écria : « Voici ton dieu qui t’a fait sortir du pays d’Egypte » (Exode 32.14).

De tout temps des idées idolâtres ont corrompu les fondements de la vérité. Modernes ou anciennes, ces idées ont été présentées comme parallèles à la voie biblique conduisant à Dieu.

Les hommes et les femmes peuvent concevoir des plans leur permettant d’étancher leur soif intérieure, mais au milieu de toutes les religions de ce monde on trouve dans la Bible le seul chemin menant vers Dieu tous ceux qui acceptent de se conformer à ses exigences.

Celui qui cherche découvre la réponse.

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