Baptême et sainte cène

Chapitre 5

Valeur du baptême

A quoi sert le baptême ?

A quoi sert le baptême ? Que nous apporte-t-il ? Qu’ajoute-t-il à l’acte de foi qui nous fait naître à la vie nouvelle ? Est-il utile, ou même nécessaire, de se faire baptiser quand on est né de nouveau ? Ce qui importe n’est-ce pas la réalité spirituelle intérieure : le baptême du Saint-Esprit ? Que peut encore y ajouter un acte matériel ?

D’après la Bible, il est :

  1. un engagement,
  2. l’expression extérieure et visible d’une expérience intérieure,
  3. une occasion de confesser sa foi,
  4. une prédication,
  5. l’occasion d’un examen,
  6. une aide pour la sanctification,
  7. un acte d’obéissance.

1. Le baptême : un engagement

« Le baptême ne consiste pas à laver les impuretés du corps, mais à s’engager envers Dieu avec une bonne conscience » (1 Pi 3.21).

Tout le Nouveau Testament présente la foi comme un engagement résolu et courageux au service de Jésus-Christ. Le baptême est comme la signature officielle de cet engagement.

Qu’est-ce qu’un engagement ? C’est l’action de se lier par une promesse, c’est une convention qui nous fait entrer dans un état où l’on n’est plus aussi libre qu’auparavant. La vie moderne nous offre beaucoup d’exemples d’engagements : l’engagement volontaire du soldat dans l’armée, les contrats de travail ou d’apprentissage, les fiançailles (en anglais : engagement) et le mariage.

a) Les deux aspects d’un engagement

Dans tous ces engagements, nous trouvons deux aspects : un aspect négatif, une renonciation à sa liberté et à toutes les autres solutions, puis un aspect positif : un oui à l’option choisie.

Tout oui d’engagement implique un non. Le soldat qui s’engage renonce à sa liberté de civil, à toutes les autres possibilités d’emploi de ses jeunes années; l’ouvrier ou l’acteur qui contracte un engagement n’est plus libre de travailler où il veut ou d’accepter d’autres offres d’emploi ; celui qui se fiance ou se marie renonce à la fois à sa liberté de célibataire et à tous les autres partis, si avantageux soient-ils.

L’engagement du baptême comporte aussi, en premier lieu, cet aspect négatif : celui qui demande le baptême signifie par là qu’il renonce à sa liberté de choix ainsi qu’à toutes les autres solutions d’emploi de sa vie. Il dit par son baptême : « J’ai choisi ». « J’ai bien pesé, examiné, comparé les avantages du monde et ceux que m’offre Jésus-Christ, et je n’ai pas voulu rester plus longtemps dans l’indécision ».

« Le monde est crucifié pour moi, comme je le suis pour le monde » (Ga 6.14). « Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même — Si quelqu’un vient à moi et n’est pas prêt à renoncer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses sœurs et jusqu’à lui-même, il ne peut être mon disciple » (Lc 14.26). « Aussitôt, ils laissèrent leurs filets, la barque et leur père » (Mt 4.20-22). « Voici nous avons tout quitté » disait l’apôtre Pierre. « Il n’est pas de soldat qui s’embarrasse des affaires de la vie, s’il veut plaire à celui qui l’a enrôlé » (2 Tm 2.4).

Cependant, ce renoncement n’est que l’acte de couper les amarres pour que le bateau puisse voguer vers de nouveaux horizons. Le côté positif de l’engagement — son aspect le plus important — c’est un don de soi à quelqu’un, condition pour recevoir bien plus qu’auparavant et pour trouver, dans cette nouvelle situation, épanouissement et réalisation de sa vocation. Ainsi, la note dominante de l’engagement est la joie et l’espérance couvrant les accords mineurs que le renoncement a pu suggérer.

Le soldat se lie à l’armée, à ses supérieurs et leur promet obéissance en toutes circonstances. L’ouvrier se lie à son patron. Le mari ou l’épouse se donne à son conjoint et lui promet fidélité, aide et affection jusqu’à la mort. Le baptême exprime, lui aussi, ce don de soi à Jésus-Christ. Notre renonciation au monde n’a de valeur que parce qu’elle nous libère pour nous permettre de nous donner au Christ.

b) Les privilèges liés à l’engagement

C’est ce don, ce lien, qui permettra d’avoir part aux avantages de la position nouvelle : le soldat qui s’engage trouve la sécurité matérielle et participera à la gloire des victoires, l’ouvrier jouira du fruit de son travail, les époux goûteront les joies de la communion familiale.

Ainsi le chrétien qui s’engage à suivre le Christ et qui se donne à lui participe déjà en espérance à sa victoire finale et à celle de son armée. Il recevra la couronne, récompense des ouvriers fidèles et zélés. Par cet engagement même, il entre dans la famille de Dieu ici-bas, dans l’Église, dont il partagera les joies et les privilèges.

Dans tous les engagements, un acte solennel, serment public ou signature, ratifie la promesse. Le baptême aussi est un acte solennel, une signature publique, donnée, non d’une main légère, mais de tout notre corps, à la promesse de suivre Jésus-Christ.

c) Les conditions d’un engagement valable

Pour qu’un engagement soit valable, la loi exige que le contractant soit « capable, libre et volontaire ». La capacité, dans le sens juridique du terme, implique qu’il soit pleinement conscient de l’engagement qu’il signe, c’est-à-dire qu’il ne soit ni mineur, ni interdit (aliéné par ex.). Pour être valable, l’engagement du baptême doit avoir été conscient, libre et volontaire, il doit avoir été désiré.

d) A quoi nous lie un tel engagement ?

L’ouvrier, après avoir signé son contrat de travail, doit à son patron son temps, ses forces et son intelligence. Nos talents, notre énergie et notre temps appartiennent désormais à notre Maître. « Efforce-toi de te présenter devant Dieu en homme qui a fait ses preuves, en ouvrier qui n’a pas à rougir » (2 Tm 2.15). Le jour de leur mariage, les époux se jurent fidélité, assistance et affection jusqu’à la mort. « Tu aimeras ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée » (Mt 22.37), « Sois fidèle jusqu’à la mort et je te donnerai la couronne de vie » (Ap 2.10).

Nous vivons en un siècle où il semble que l’homme ait, plus que jamais, peur de s’engager. Le christianisme de Jésus-Christ, au contraire, réside tout entier dans l’engagement. Dieu s’est engagé pleinement dans l’incarnation et dans l’œuvre de la rédemption. Il s’attend à ce que l’homme réponde par un engagement tout aussi entier à l’offre de grâce qui lui est faite. Le chrétien naît lorsqu’il répond oui à l’appel du Sauveur ; cette naissance est enregistrée officiellement dans l’état civil céleste le jour où ce « oui » est prononcé publiquement lors de l’engagement baptismal.

Le Seigneur n’a que faire de soldats de parade, d’ouvriers amateurs ou de fiancés capricieux qui reculent éternellement devant un engagement sérieux. Il a besoin d’hommes et de femmes sur qui il puisse compter, qui soient là au moment de la bataille ou du travail, et qui apportent, à son offre d’union, un oui décidé, prononcé avec ferveur et joie. Aussi est-ce aux soldats qui ont combattu le bon combat qu’il réserve la couronne de justice (2 Tm 4.8), aux ouvriers actifs qu’il adresse ces paroles encourageantes : « C’est bien, tu es un bon serviteur, en qui l’on peut avoir confiance. Tu t’es montré fidèle en peu de choses. viens partager la joie de ton Maître » (Mt 25.21, 23) et c’est la fiancée vigilante et résolue qu’il invite aux noces de l’Agneau (Ap 19.7, 8).

2. Le baptême : une expression extérieure et visible d’un changement d’attitude intérieure

a) Un point de repère

Le baptême nous sert de point de repère objectif. Il y a, dans toute vie chrétienne, des phases de doute et d’hésitation : « Suis-je réellement converti ? Ma foi est-elle authentique et suffisante ? Ai-je, au fond, jamais réellement cru ? » A ces moments-là, celui qui est passé par le baptême peut opposer au tentateur : « Je suis baptisé », par conséquent, à un moment précis de mon passé, j’ai cru, j’ai accepté la grâce de Dieu. Ma foi était même si réelle qu’elle m’a permis de vaincre tous les obstacles qui s’opposaient à mon baptême et de témoigner publiquement de ce qui avait eu lieu en moi. Tout cela n’était pas seulement une illusion, un pur produit de mon imagination, c’était une réalité vivante. Dieu s’est engagé envers moi. Il est fidèle et il ne me rejette pas. Je me suis aussi engagé envers lui, je veux rester fidèle à mon engagement.

Le baptême de nourrissons ne peut pas constituer un tel repère, « parce qu’on ne l’a jamais souhaité, parce qu’on ne l’a jamais demandé, parce qu’on ne se souvient pas même de l’avoir reçu » (Pascal)1.

Opuscules (Hachette, Paris), p. 203.

L’apôtre Paul ne craint pas de rappeler aux chrétiens le jour de leur baptême et tout ce qu’il implique pour eux : « Ignorez-vous que nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, c’est en relation avec sa mort que nous avons été baptisés ?… » (Rm 6.3). « Vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu le Christ » (Ga 3.27). « Débauchés, idolâtres, adultères, etc. voilà ce que vous étiez, certains d’entre vous. Mais vous avez été lavés… au nom du Seigneur Jésus-Christ… » (1 Co 6.9, 11). « Combats le bon combat de la foi, saisis la vie éternelle à laquelle tu as été appelé et pour laquelle tu as fait une belle confession en présence d’un grand nombre de témoins » (allusion à la confession de foi qui accompagnait le baptême) (2 Tm 6.12).

S’il constitue un jalon pour soi-même, le baptême en est également un pour les autres qui, aux moments difficiles, peuvent nous rappeler : « Souviens-toi de ton baptême, de ce que tu as cru, de ce que tu as confessé et promis ! » C’est ce que fait l’apôtre Paul dans les passages cités plus haut.

b) La manifestation publique d’une décision

Les évangélistes actuels ont compris quelle valeur avait pour les nouveaux convertis l’expression concrète et publique d’une décision intérieure. C’est dans ce but qu’ils invitent à lever la main, à se lever, à s’avancer, à s’agenouiller sur un banc de pénitents, à signer une carte de décision.

Dans l’Eglise primitive, les apôtres se servaient du baptême comme, de nos jours, les évangélistes utilisent ces signes extérieurs. Immédiatement après la conversion, ils baptisaient ceux qui s’étaient décidés pour le Christ (voir Ac 2.41 ; 8.12-13, 36-39 ; 10.47-48 ; 11.16-17 ; 16.14-15, 33-34).

c) Une présentation figurée des grands faits du salut

Comme nous l’avons vu en examinant sa signification, le baptême est une sorte de mime des grands faits spirituels qui se sont accomplis en nous au moment de notre nouvelle naissance : nous avons été unis au Christ, nous sommes morts et ensevelis avec lui, nous ressuscitons en lui, nous sommes lavés de nos péchés, nous nous dépouillons du vieil homme et nous revêtons l’homme nouveau, Dieu imprime son sceau sur nous, nous passons à travers l’eau à un monde nouveau, à une nouvelle humanité.

Les doctrines essentielles de la rédemption, qui risquent de rester souvent un peu théoriques pour nous, ont pris, dans le baptême, une forme concrète et visible parlant non seulement à notre intelligence, mais à nos sens et à notre cœur.

3. Le baptême : une occasion de confesser sa foi

« Quiconque me confessera devant les hommes, je le confesserai aussi devant mon Père qui est dans les cieux » (Mt 10.32 ; Lc 12.8).

Le dignitaire éthiopien dit : « Je crois que Jésus-Christ est le Fils de Dieu » (Ac 8.37).

« Si tu confesses de ta bouche que Jésus est Seigneur et si tu crois dans ton cœur que Dieu l’a ressuscité des morts, tu seras sauvé. Car celui qui croit dans son cœur, Dieu le déclare juste; celui qui affirme de sa bouche, Dieu le sauve » (Rm 10.9-10).

« Tu as fait une belle confession en présence d’un grand nombre de témoins » (1 Tm 6.12).

Ceux qui se faisaient baptiser par Jean confessaient leurs péchés au moment de leur baptême (Mt 3.6 ; Mc 1.5). Ils répudiaient par là leur ancienne vie avant de la livrer symboliquement à la mort. Ceux qui étaient baptisés par les apôtres confessaient que le Christ était leur Sauveur et leur Seigneur.

L’histoire des premiers siècles nous montre que le baptême était toujours accompagné d’une confession de foi.

Dans l’Institution chrétienne, Calvin écrit : « Le baptême sert à notre confession devant les hommes en cette manière : c’est qu’il est une marque et enseigne par laquelle nous déclarons… et assurons publiquement quelle est notre foi ».

Le baptême donne aussi à ceux qui n’en ont pas eu l’occasion ou le courage, la possibilité de rendre un témoignage clair et précis de ce que Jésus a fait pour eux et en eux.

4. Le baptême : une prédication

a) Les actes symboliques sous l’ancienne alliance

Les prophètes de l’ancienne alliance prêchaient non seulement par la parole, mais souvent par des actes symboliques qui l’accompagnaient ou même la remplaçaient.

Pour le peuple de Dieu, ce type « audiovisuel » de prédication n’était ni neuf ni insolite. Tout le culte auquel il assistait dans le Temple ne consistait-il pas en actions symboliques ? Les sacrifices, le parfum brûlé sur l’autel, les ablutions dans la cuve d’airain… étaient autant de prédications vivantes et concrètes des grandes vérités du salut. Le baptême de Jean-Baptiste, comme ceux de Jésus et des apôtres, se situait sur la même ligne. Par son baptême, chaque nouveau converti peut annoncer aux assistants les vérités essentielles de la foi.

b) Le contenu de cette prédication

Comme la cène (1 Co 11.26), le baptême « annonce la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne », mais il proclame aussi que cette mort fut suivie d’une résurrection. Le baptisé déclare qu’il a fallu que le Christ meure et ressuscite pour qu’il puisse être déclaré juste. Aux inconvertis, le candidat au baptême annonce que la vie avant la conversion n’a aucune valeur devant Dieu, qu’elle ne mérite rien de plus que la mort. Mais il leur dit aussi que celui qui accepte de mourir avec le Christ, ressuscitera également avec lui à une vie nouvelle. Accepter de mourir par anticipation est le seul moyen d’éviter la mort éternelle.

Aux croyants, le néophyte rappellera : « Vous êtes morts avec le Christ vous êtes morts au péché auquel vous ne devez plus livrer vos membres, morts à la Loi qui n’a plus de pouvoir sur vous, et morts au monde, à tout ce qui est dans le monde. Souvenez-vous de l’engagement pris le jour de votre baptême ». Plus d’un chrétien rétrograde a déjà été repris et remis sur le chemin de la guérison en assistant à une séance de baptêmes.

Le baptême est une sorte de condensé du message chrétien. En effet, les vérités qu’il proclame constituent le centre de l’Evangile, la trame de toute la prédication de Jésus et des apôtres.

Le baptême des croyants met nettement l’accent sur la nécessité d’une conversion et d’une nouvelle naissance personnelles.

5. Le baptême : l’occasion d’un examen

a) Examen de la foi et non de la connaissance

L’« examen » des apôtres portait sur la foi-confiance dans la personne et dans l’œuvre de Jésus-Christ : « Qu’est-ce qui empêche que je sois baptisé ? Philippe dit: « Si tu crois de tout ton cœur, cela est possible » (Ac 8.37). Pierre dit : Peut-on refuser l’eau du baptême à ceux qui ont reçu le Saint-Esprit aussi bien que nous ? Et il ordonna de les baptiser » (Ac 10.44-48).

Les apôtres s’assuraient que les candidats au baptême avaient la foi, qu’ils avaient reçu le Saint-Esprit, sinon ils pensaient devoir « refuser l’eau du baptême ».

b) La responsabilité de l’Eglise dans cet examen

L’Eglise qui accorde le baptême a, devant Dieu, la responsabilité de s’assurer que le futur baptisé remplit les conditions posées par le Seigneur dans sa Parole.

c) Le principal bénéficiaire de cet examen

Cet examen peut paraître, à première vue, un pensum pour le candidat au baptême, cependant c’est lui qui en est le principal bénéficiaire. Il l’oblige tout d’abord à s’examiner lui-même (2 Co 13.5), à faire le point de son état spirituel, à relire peut-être toutes les déclarations bibliques sur le baptême et à se placer en face des exigences que la Parole adresse aux chrétiens. Il se posera certainement des questions comme : « Suis-je prêt à m’engager sur ce chemin étroit, à marcher d’une manière digne de la vocation qui m’a été adressée, à m’intégrer à ma place dans le corps du Christ ? Quels sont, au fond, les motifs qui me poussent à demander le baptême ? Suis-je prêt à témoigner de ma repentance et de ma foi devant l’Eglise comme devant le monde ? »

6. Le baptême : une aide pour la sanctification

a) Baptême et sanctification dans la Bible

Dans le chapitre 6 de l’épître aux Romains, le chapitre classique sur la sanctification, l’apôtre fonde tout son enseignement sur le baptême (baptême total : baptême de l’Esprit symbolisé par le baptême d’eau). Lorsqu’il exhorte les Corinthiens à l’unité, son argumentation part encore du baptême (1 Co 1.13-17 ; 12.13). Quand il avertit les Colossiens de ne pas se laisser entraîner par la philosophie du monde, il leur rappelle que, dans leur baptême, ils sont morts à tout ce qui les dominait dans ce monde et ressuscités à une vie où ils ont tout pleinement en Christ (Col 2.8-13). Aux Galates (3.27), il parle du baptême pour préciser un de leurs privilèges en Christ : ils sont fils de Dieu, ils ont revêtu le Christ. Lorsqu’il veut exhorter les Ephésiens à l’unité dans l’humilité et l’amour, c’est encore le baptême qu’il évoque (4.5). L’apôtre Pierre, après avoir rappelé l’engagement du baptême (1 Pi 3.21), en tire aussitôt des conclusions pour la vie des chrétiens, les exhortant à ne plus vivre « selon les convoitises des hommes, mais selon la volonté de Dieu » (voir 4.1-5).

b) Un nouveau départ

Généralement d’ailleurs, on conseille aux candidats de mettre toute leur vie en règle avant le baptême : de couper les amitiés dangereuses pour la vie nouvelle, de confesser et de réparer les torts causés, de purifier leur maison de tout ce qui est souillé par le péché ou par l’occultisme (brûler les mauvaises lectures, les amulettes, les icônes et statues qui pourraient inciter à l’idolâtrie, tout ce qui a trait à la magie ou aux superstitions…). Ainsi, le jour du baptême devient réellement le jour d’un nouveau départ. Cette « purification du temple » ne s’arrête bien entendu pas aux parvis extérieurs ; elle s’étend aux domaines les plus intimes : fini les affections coupables, le flirt avec le péché, les petites indulgences à l’égard de la chair et des soi-disant « péchés mignons ». Pour le jour du baptême, toute la maison doit être propre, afin que le Seigneur trouve une demeure dans laquelle il se sente à l’aise.

Le croyant demande le baptême : il exprime par là sa détermination de mourir au péché, mais, dans l’acte lui-même, il est passif ; un serviteur de Dieu l’immerge au nom du Seigneur dans l’eau qui noie symboliquement son « corps de péché. » C’est Dieu qui accomplit par son Esprit cette mort que le croyant désire. C’est dans la convergence de la volonté humaine et de l’action divine, illustrée si bien par le baptême, que réside tout le secret de la sanctification selon le plan de Dieu.

c) Une victoire sur soi-même

Lorsque, par la lecture de la Bible, un chrétien est arrivé à la conviction que le baptême des croyants est celui que demande le Seigneur et le seul qu’il ait institué, une montagne de difficultés se dresse généralement devant lui: Que diront mes parents ? Que penseront mes amis ? Que feront les autorités religieuses ? Devrai-je quitter mon Eglise ? Me faudra-t-il devenir membre de ce que les autres considèrent comme une secte ? Comment aurai-je la force d’affronter les moqueries de mes collègues, le mépris de mes anciens coreligionnaires, peut-être l’ostracisme de mes proches ? Celui qui demande le baptême doit d’abord remporter la victoire sur son désir instinctif de plaire aux hommes (Ga 1.10), d’être considéré (Mt 5.11-12 ; Lc 6.26), d’éviter les moqueries et la souffrance (1 Pi 4.14). Cette victoire est, en fin de compte, bien plus déterminante pour la décision de se faire baptiser que la connaissance de la doctrine baptismale biblique.

7. Le baptême : un acte d’obéissance

Enfin — last but not least — le baptême est une manifestation de notre obéissance. Si aucune autre raison ne devait convaincre un enfant de Dieu de sa nécessité, le seul fait d’avoir été ordonné par le Seigneur devrait lui suffire. L’ordre de baptiser ne fait-il pas partie du testament spirituel du Seigneur, de ses dernières volontés transmises à ses disciples avant de remonter auprès de son Père : « Allez, faites de toutes les nations des disciples ; baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à garder fout ce que je vous ai prescrit » (Mt 28.19). Notons qu’avant de donner ses ordres, le Seigneur explique aux disciples pourquoi il a le droit de commander : « Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre ». On pourrait aussi traduire : « Toute autorité m’a été conférée ». Et ce sont les ordres du plénipotentiaire terrestre et céleste que nous discuterions ?

a) L’obéissance dans la Bible

Jésus-Christ a été, en tous points, un modèle d’obéissance à son Père : « Je fais toujours ce qui lui est agréable » (Jn 8.29). « Il a appris, bien qu’il fût Fils, l’obéissance par ce qu’il a souffert » (Hé 5.8), « en devenant obéissant jusqu’à la mort, la mort de la croix » (Ph 2.8). « Par son obéissance, beaucoup d’hommes ont été rendus justes » (Rm 5.19).

C’est auprès de lui que les apôtres ont appris qu’il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes (Ac 5.29) et que l’obéissance à Dieu est le but même de notre rédemption : nous avons été « élus afin de devenir obéissants » (1 Pi 1.2). « Dieu donne son Saint-Esprit à ceux qui lui obéissent » (Ac 5.32). Le Christ est « devenu pour tous ceux qui lui obéissent, l’auteur d’un salut éternel » (Hé 5.9) — mais pour eux seuls. Aussi les apôtres définissent-ils ainsi leur mission : « amener à l’obéissance de la foi des hommes de toutes les nations » (Rm 1.5) ; ou « à obéir à l’Evangile » (Rm 10.16 ; 2 Pi 4.17 ; 2 Th 1.8). « Si vous observez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour » (Jn 15.10). Obéir aux ordres de Jésus — aussi dans cette question du baptême — est un moyen de demeurer dans son amour.

b) Obéissance à Dieu ou soumission à la tradition ?

« Pourquoi transgressez-vous le commandement de Dieu au profit de votre tradition ? » (Mt 15.3). « Vous abandonnez le commandement de Dieu et vous tenez à la tradition des hommes. Vous rejetez bel et bien le commandement de Dieu pour garder votre tradition… vous annulez ainsi la parole de Dieu par votre tradition que vous vous êtes transmise » (Mc 7.8 ; 9,13 ; voir Es 29.13 ; Ga 1.14 ; Col 2.8).

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