Je bâtirai mon Église

CHAPITRE III

Le sens du mot Eglise

Plus de cent fois nous rencontrons le mot Eglise dans le Nouveau Testament sous la plume de presque tous les auteurs inspirés. Pour comprendre une réalité, il faut commencer par rechercher le sens du mot qui l’exprime. « On a pendant des décades et même des siècles ouvertement appelé Eglise quelque chose qui n’est pas l’Eglise ; et il en a été ainsi pour cette seule raison que l’on n’était pas au clair sur le sens du mot et de son contenu » (E. Brunner)1.

1 Emil Brunner : Le Renouveau de l’Eglise, p. 10. « Plus on parle de l’Eglise et plus on creuse ce problème à notre époque, plus on constate qu’il faut rendre compte de ce qu’on pense et de ce qu’on désigne par ce terme, si l’on veut éviter de n’en faire qu’une notion vide. » Karl Barth : L’Eglise, p. 58.

A. QUE SIGNIFIE LE MOT ÉGLISE ?

Notre mot français église est la résultante d’une double transposition du mot grec ekklesia d’abord en latin : ecclesia, puis en français : ecclésiastique, église. Il n’y a donc pas eu traduction du vocable grec, mais latinisation, puis francisation du mot d’origine2. Les Romains auraient pu rendre le mot grec par contio ou comitia ou littéralement par convocatio, les Français par le mot assemblée (comme le fait la version Darby) ; ils ont préféré garder le mot primitif considérant sans doute que lui seul était capable de porter l’idée particulière à laquelle il était rattaché3. Les Italiens et les Espagnols ont agi de même (chiesa - iglesia), alors que les Allemands, les Anglais et les Flamands ont abandonné à la fois la transposition et la traduction pour rattacher le nom de la communauté chrétienne à celui du Seigneur auquel elle appartient (Kirche, Church, Kerk, dérivent du mot grec Kurios, le Seigneur).

2 Plusieurs auteurs ont attiré l’attention sur le fait que le terme ekklesia n’a pas été traduit par les latins : v. Deissmann : Licht vom Osten, p. 90 ; K. L. Schmidt : Die Kirche des Urchristentums, p. 265. Ou bien les Romains n’ont pas éprouvé le besoin de traduire le mot ou ils n’en ont pas eu la possibilité. Tertullien a essayé de substituer le mot curia, Augustin l’expression Civitas dei (la Cité de Dieu), d’autres encore contio ou comitia, mais aucun de ces termes ne s’est imposé.

Pour l’histoire du terme ekklesia v. Otto Michel : Das Zeugnis des N.T. von der Gemeinde, pp. 5-10 (Vandenhock-Ruprecht, Göttingen (1941)).

3 Le choix de ce mot préservait le christianisme des compromissions avec le monde des associations religieuses païennes. Mgr Cerfaux : La Théologie de l’Eglise suivant Saint Paul, p. 155.

Quel est le sens du mot ekklesia ?

1. Sens étymologique4.

4 Pour plus de détails sur la sémantique du mot ekklésia voir Cerfaux : La Théologie de l’Eglise suivant Saint Paul (Paris 1948), pp. 143-157.

Le mot ekklesia est composé du préfixe ek signifiant hors de (que nous trouvons dans les mots dérivés du grec : éclectique, ecchymose et qui correspond au préfixe latin ex que nous retrouvons dans extraire, exclure, etc…), et du radical klesia, qui est la forme passive du verbe kaleô, j’appelle. (Dans le Nouveau Testament kaleo est employé dans le sens d’appeler, inviter dans Mt. 2.7 ; 20.8 ; 22.3 ; appeler les invités à la noce 22.8, 9 ; 25.14 ; Mc. 3.31 ; Luc 7.39 ; 14.7, 8, 9, 10…) Ce verbe dérive lui-même de la vieille racine indo-européenne kel qui contient l’idée de crier, appeler (en sanscrit usa - kalah, c’est le coq, c’est-à-dire celui qui appelle l’aurore). Cette racine a donné en latin le verbe calare, appeler, et le nom concilium, en allemand les mots hallen, schallen : résonner, en français : clamer, proclamer.

Donc étymologiquement le mot ekklesia signifie : « qui a été appelé hors de »5.

5 Voir : De Hauterives, Dict. des Racines européennes (Larousse) et Indo-germanisches etymologisches Wörterbuch (Francke-Verlag, Bern-München, 1959), t. I, p. 548.

Voir aussi Art. ekklesia de K.L. Schmidt dans G. Kittel : Theol. Wörterbuch zum N.T., t. III (Stuttgart 1938), pp. 502-539 et Art. Kaleo : t. III, p. 488. — Lichtenberger : Encyclopédie des Sciences religieuses, t. IV, p. 277 (Paris 1878). — Bardy : La Théologie de l’Eglise de Saint Clément de Rome à Saint Irénée, pp. 10-11 (Ed. Cerf, Paris 1945). — Marc Boegner : Qu’est-ce que L’Eglise, p. 11.

Mc Gregor : Corpus Christi, pp. 110-127. — J. Y. Campbell : « The Origin and Meaning of the Christian Use of the Word Ekklesia », Journal of Theological Studies (1948), pp. 133 ss. — Pour les rapports entre kaléo et les mots de la même famille employés dans le N.T. voir L’Eglise dans la Bible (Desclée 1962), p. 67.

2. Sens historique.

Comment et pour quoi les Grecs employaient-ils ce mot ?

Le mot ekklesia avait en Grèce un sens politique, jamais un sens religieux. A Athènes par exemple l’ekklesia était l’assemblée régulièrement convoquée de tous les citoyens de la ville, c’est-à-dire de tous ceux qui avaient le droit de cité. Tous les habitants de la villen’avaient pas ce droit, les vrais citoyens ne formaient qu’une petite minorité.

Le mot fait image : à l’appel d’un héraut les citoyens sortaient de leurs maisons, se séparaient du reste des habitants de la ville et venaient se rassembler en un lieu convenu (la Pnyx) pour discuter des affaires de la cité : nomination des magistrats, des officiers, gouverneurs de la ville, opérations militaires, etc. Chaque rassemblement commençait par la prière et par un sacrifice6.

6 Ekklesia est employé dans le grec classique (Thucydide II, 22 ; Platon : Gorgias 456b) avec le sens d’assemblée régulièrement convoquée, en opposition avec le mot syllogos qui désigne une réunion fortuite ou occasionnelle. Cette idée de la convocation joue un rôle essentiel dans la notion chrétienne de l’Eglise puisque c’est par l’appel que le Christ fait entendre aux hommes que l’Eglise se constitue. » M. Goguel : L’Eglise primitive, p. 10.

« L’étymologie est aussi simple que pleine de sens : les citoyens sont les ekklétoï, c’est-à-dire ceux qui ont été « appelés hors » et rassemblés par l’appel d’un héraut. De là on peut aussi déduire l’emploi biblique chrétien du mot ; Dieu appelle en Christ les hommes hors du monde. » K. L. Schmidt in : Kittel Theol. Wörterbuch zum N.T., t. III, p. 516.

« Qu’on se figure des citoyens appelés par la trompette et accourus de tous côtés. Ils sont présents, ils forment une compagnie, la compagnie des fidèles, de ceux qui, appelés par la fidélité de Dieu, y ont répondu par la fidélité. » Karl Barth : La Confession de Foi de l’Eglise, p. 75.

Le mot ekklesia se trouve employé par Luc dans ce sens (Act. 19.39) : « dans une ekklesia légale  ».

3. Sens judaïque.

Au sens grec vient s’ajouter un sens religieux par le fait que les Septante qui ont traduit l’A.T. en grec, ont employé près d’une centaine de fois ce mot ekklesia pour rendre le mot hébreu qâhâl qui désigne les assemblées de toutes espèces et principalement l’assemblée du peuple élu de Dieu (v. Nb. 19.20 ; Deut. 23.2, 3, 8…), les grandes convocations d’Israël (Nb. 27.17, 22 ; 28.18, 25)7.

7 Voir O. Cullmann : Saint Pierre, disciple, apôtre, martyr, p. 169. Nous savons que la traduction des Septante était la Bible des premiers chrétiens d’origine grecque (plus de la moitié des citations de l’Ancien Testament que nous trouvons dans le Nouveau sont extraites de cette version).

« Le mot a le même sens général de convocation que sur le terrain grec, mais il prend un accent religieux de par la personne qui convoque et qui est Dieu. L’A.T. appelle « convocation (ekklesia) de Dieu » le peuple élu constitué par la vocation que Dieu lui adresse. De même, dans le N.T. l’Eglise est l’assemblée des croyants constituée par l’appel de Dieu en Jésus-Christ… le rassemblement de ceux qui obéissent à l’appel de Dieu. »8

8 Ph. Menoud in Vocabulaire biblique Eglise (Delachaux), voir aussi H. Bender : These are my People, pp. 5-6.

Dans les écrits grecs profanes et dans les écrits juifs ce mot ekklesia désigne donc des assemblées « appelées ensemble hors » d’un contexte humain donné. Le mot met l’accent sur celui qui appelle. Il faut toutefois souligner, comme le fait E. Lewis qu’« il n’y avait pas d’Eglise avant que Christ n’ait achevé son œuvre »9.

9 Edwin Lewis : The Ministry and the Sacraments, p. 478. L’étude la plus complète de ce que recouvre la notion de qahal se trouve dans L’Eglise dans la Bible (Coll. Studia, Desclée 1962), pp. 9-18. Pour la relation entre qahal et ekklesia, v. Gloege : Reich Gottes und Kirche im N.T., pp. 206-209.

4. Sens chrétien.

Sur 114 emplois du mot ekklesia dans le N.T., 6 seulement se rapportent au sens grec (Act. 19.39) ou juif (Act 7.38 ; Hbr. 2.12), dans tous les autres cas il a un sens spécifique particulier aux auteurs du N.T. Ce sens englobe et dépasse toutes les acceptions que le mot avait précédemment, comme le dit E. Brunner : « Le Nouveau Testament a rempli aussi bien la notion de l’ekklesia de l’Ancien Testament que celle de l’ekklesia profane grecque d’un contenu christologique entièrement nouveau. »10 Nous retrouvons donc dans le sens chrétien :

10 E. Brunner : Dogmatik III, p. 48.

a) le sens étymologique « appelé hors de »

  1. Vocation (kaleo : j’appelle). Qui appelle ?
    « ceux qu’il a appelés, Il les a aussi justifiés » (Rom. 8.30)
    « c’est à quoi (au salut), Il vous a aussi appelés » (2 Thess. 2.14), c’est donc Dieu qui appelle.
  2. Séparation (ek : hors de). Dieu appelle hors de quoi ?
    « Sauvez-vous hors de cette génération perverse » (Act. 2.40)
    « Sortez du milieu d’eux et séparez-vous, dit le Seigneur. » (2 Cor. 6.17)
    « il s’est donné Lui-même afin de nous arracher du présent siècle mauvais. » (Gal. 1.4)
    « celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière » (1 Pi. 2.9)
    « qu’ils passent des ténèbres à la lumière et de la puissance de Satan à Dieu » (Act. 26.18).
  3. Rassemblement (ekklesia : assemblée).
    « après avoir été éclairés… vous vous êtes associés à ceux dont la position était la même » (Hbr. 10.33)
    « lorsque vous vous assemblez, que tout se fasse pour l’édification » (1 Cor. 14.26)
    « beaucoup de personnes étaient réunies et priaient » (Act. 12.12)
    « le dessein de Dieu de réunir toutes choses en Christ » (Eph. 1.10)11.

11 « L’Eglise est un concile œcuménique convoqué par Dieu. » Sous ce titre, H. Küng, l’un des théologiens catholiques les plus écoutés, montre que « concilium et ekklesia ont la même racine linguistique ; ce n’est pas une apparence. Concilium vient de con-cal-ium ou de con-calare. Calare est un terme technique religieux pour « évoquer », convoquer ; ainsi concilium signifie rassemblement. » Structures de l’Eglise, p. 27.

« Dieu en personne est le Kalôn ; c’est lui qui, en raison d’une éternelle et gracieuse élection, appelle et convoque » (Rom. 8.30 ; 9.12, 24 ; 1 Cor. 1.9 ; 7.15, 17 ; Gal. 1.6, 15 ; 5.8 ; 1 Thess. 2.12 ; 4.7 ; 5.24 ; 2  Thess. 2 14 ; 2 Tim. 1.9 ; Hbr. 5.4 ; 1 Pi. 1.15 ; 2.9 ; 5.10 ; 2 Pi. 1.3). Il appelle et convoque au salut ; au salut par l’Esprit qui sanctifie et par la foi en la vérité (2 Thess. 2.13). Il appelle et convoque à la passion (1 Pi. 2.21), à la paix (1 Cor. 7.15), à la paix du Christ (Col. 3.15), à la liberté (Gal. 5.13), à la sanctification (1 Thess. 4.7), à l’unique espérance au terme de l’appel (Eph. 4.4), à l’héritage de la bénédiction (1 Pi. 3.9), à la promesse de la vie éternelle (Hébr. 9.15), à la vie éternelle (1 Pi. 6.12), à l’admirable lumière de Dieu (1 Pi. 2.9), à la gloire éternelle de Dieu dans le Christ (1 Pi. 5.10), à la communion avec son fils Jésus-Christ (1 Cor. 1.9), au festin de noce de l’Agneau (Apoc. 19.9)… Jésus-Christ agit par la puissance de son Esprit dans sa parole qui appelle, et convoque pour la rédemption tous ceux qui croient en Lui. » H..Küng : Structures de l’Eglise, p. 28.

Dieu appelle les hommes à sortir du monde des ténèbres, du royaume de Satan pour passer à son admirable royaume de lumière.

b) Le sens historique grec se trouve aussi englobé dans le sens chrétien : comme les citoyens grecs se séparaient du reste des habitants de la cité à l’appel du héraut pour aller se rassembler en un lieu à part et discuter des affaires publiques, ainsi les chrétiens,. à l’appel de leur Dieu se rassemblent pour parler des choses qui concernent le royaume de Dieu et s’occuper de leur cité qui est dans les cieux (Ph. 3.20). L’Eglise, comme le dit Mgr. Cerfaux, est « la communauté des convoqués ». « L’idée première, essentielle, que le mot ekklesia nous suggère, c’est celle de séparation bien plus que d’union. » (A. Nicole.)12

12 La Notion biblique de l’Eglise et nos Devoirs actuels (Morges 1929), p. 5.

c) Le sens juif est intégré lui aussi dans le sens chrétien. Selon les prophéties d’Esaïe, de Jérémie et de Daniel, un reste seulement de l’assemblée du peuple devait subsister et demeurer au bénéfice des promesses divines. Le peuple de la Nouvelle Alliance qui se considérait comme ce reste, comme l’Israël de Dieu, (Rom. 9.8 ; 11.1-5 ; Gal. 3.29 ; 6.16) estimait donc pouvoir avec raison s’approprier le terme que la version grecque de l’Ancien Testament appliquait à la communauté messianique, au « peuple des saints du Très-Haut » (Dan. 7.13-27) groupés autour du Fils de l’Homme, « L’Ecclésia du N.T. qui est l’héritière du peuple élu de l’ancienne alliance en est aussi l’accomplissement » (Emil Brunner)13.

13 « Eglise et Révélation » in Revue de Théologie et de Philosophie, janv. mars 1930, p. 10. — Pour une analyse des recherches récentes sur le mot ekklesia, v. Olof Linton, op. cit. pp. 138-146. — Pour une liste de livres et articles consacrés au terme ekklésia : voir dans l’Eglise dans la Bible (Desclé 1962), p. 172 et dans Theologisches Wörterbuch zum N.T., vol. III, pp. 502-503.

5. Qu’est-ce donc que l’Eglise ?

Voici quelques essais de définitions par des théologiens : Emil Brunner14 distingue trois définitions de l’Eglise dont chacune contient une partie de la vérité. L’Eglise est

14 Dogmatik III, pp. 38-43.

a) coetus electorum (l’assemblée des élus). « L’Eglise se sait le peuple élu de Dieu ; elle reconnaît en elle-même, dans ce petit troupeau des rachetés par Christ, l’avant-garde du royaume de Dieu, de la nouvelle humanité unie avec Dieu et en Dieu. »

b) corpus Christi : cette définition insiste sur le fait que c’est Christ qui a appelé et uni les élus en un seul corps (Jn. 15.16).

c) communio sanctorum (communion des saints) : « L’Eglise à sa base dans la foi des membres individuels. L’élection transcendante devient immanente dans l’expérience de la foi des individus. Le Saint-Esprit qui saisit l’individu et le régénère transforme le décret éternel de salut de Dieu en expérience actuelle. Christ bâtit son Eglise en prenant possession du cœur des hommes individuellement. L’Eglise est la communauté des sancti (saints), de ceux qui ont été appelés hors du monde dans le service de Christ. Elle est la communauté des croyants. En croyant on devient apte à la communauté et désireux de communauté. »

« Chacune de ces définitions nous présente un aspect de l’Eglise : l’aspect transcendant (electio) l’aspect historique et objectif (corpus Christi ; et l’aspect spirituel et subjectif (sanctorum communio).

Chacune de ces définitions prise à part conduirait vers une compréhension unilatérale, soit vers une notion abstraite et spiritualiste (numerus praedestinatorum) soit vers un hiérarchisme sacramentel (corpus Christ) soit vers un individualisme émotionnel et piétiste (communio fidelium). Ce n’est qu’ensemble qu’elles rendent compte de la réalité de l’Eglise : elle est à la fois rassemblement des élus, corps de Christ et communion des saints ».

La première définition a la préférence des Calvinistes :

« L’Eglise est la compagnie de ceux que Dieu a élus pour les sauver » (J. Calvin).

« C’est la communauté des élus » (J. Cadier).

« L’Eglise est le rassemblement des élus, de ceux qui ont été prédestinés à la fidélité par Jésus-Christ, de ceux qui croient en Lui, de ceux qui ont été scellés par le Saint-Esprit de la promesse » (W. Zoellner)15.

15 « Die Kirche nach dem Epheserbrief » in Die Kirche im N.T. (Berlin 1930).

« L’Eglise est le rassemblement terrestre, convoqué par le Seigneur Lui-même, de ses rachetés en marche vers leur véritable patrie » (P. Lecomte) 16.

16 Verbum Caro (1958), p. 183.

La deuxième définition a surtout la faveur des théologiens catholiques ou catholicisants. Elle contient pourtant une part importante de vérité.

« L’Eglise est la forme temporelle du corps de Christ et de ses membres » (Karl Barth)17.

17 La Confession de Foi de l’Eglise, p. 77.

C’est évidemment la troisième définition qui est préférée des chrétiens évangéliques parce qu’elle met l’accent sur la nécessité de la foi personnelle comme réponse à l’appel de Dieu et sur la marche dans la sainteté comme preuve de foi — sans qu’ils négligent pour autant les autres aspects de la vérité (corps de Christ et compagnie des élus).

Calvin déjà définissait aussi l’Eglise comme la communion des saints : « Maintenant donc si tu veux endurer et recevoir une plus véritable définition de l’Eglise que la tienne : dis dorénavant que c’est l’assemblée de tous les saints, laquelle étendue par tout le monde est dispersée en tous temps, liée toutefois ensemble par une seule doctrine de Christ ; et par son seul Esprit garde et observe l’union de la foi, ensemble une concorde et charité fraternelle. »18

18 « Epître à Sadolet » (1539). Trois traités (Ed. Je sers), p. 52.

Luther disait : « Un enfant de sept ans sait ce qu’est l’Eglise ; les saints croyants et les « agneaux qui écoutent la voix de leur berger. » (Jn. 10.3.)19

19 Luther : « Articles de Smalkalde » (1537), Die Bekenntnisschriften, p. 459.

Relevons encore ces définitions du temps de la Réforme :

« L’Eglise chrétienne est la masse ou la réunion de tous ceux qui croient en Christ, qui vivent dans l’unité de l’Esprit, de la foi, de l’espérance et de l’amour, c’est pourquoi on l’appelle une communion des saints. »20

20 Ansbacher evangelischer Ratschlag, 30 sept. 1524.

Confession de La Rochelle (1559) Art. 27 : « C’est la compagnie des fidèles qui s’accordent à suivre cette Parole et la pure religion qui en dépend, et qui profitent en elle tout le temps de leur vie, croissant et se confirmant dans la crainte de Dieu. »

Confession des Pays-Bas (1571) : « C’est une sainte congrégation et assemblée de vrais fidèles chrétiens, attendant tout leur salut en Jésus-Christ, étant lavés par son sang, et sanctifiés et scellés par le Saint-Esprit (Art. 27), cette sainte assemblée et congrégation est l’assemblée des sauvés » (art. 28).

C’est ainsi que l’ont définie aussi les hommes du Réveil du XIXe siècle.

« L’Eglise est l’assemblée de ceux qui marchent par la foi et vivent de l’Esprit » (Vinet).

« L’Eglise est une sainte communauté, une confédération de croyants, une société de chrétiens » (E. de Pressensé).

Roger Mehl écrit :

« Il n’existe pas d’autre définition possible de l’Eglise que celle que les réformateurs ont effectivement remise en honneur ; la congrégation ou la compagnie de tous ceux qui sont unis au Christ et qui reçoivent de lui la justice et le pardon de leurs péchés. »21

21 R. Mehl : « Membre de l’Eglise, Verbum Caro (1958), p. 170.

Ainsi la définissent aussi quelques grands théologiens actuels :

Karl Barth : « L’Eglise est là — et là seulement — où deux ou trois sont assemblés en mon nom (Mt. 18.20), c’est-à-dire dans la communauté visible — pour eux et pour les autres. Elle vit là ou ne vit pas du tout. »22

22 Karl Barth : « Die Kirche, die lebendige Gemeinde des lebendigen Herr Christus », in Schrift und Kirche, p. 37.

Emil Brunner écrit : « L’Eglise est la communauté, non seulement des pardonnés, mais encore des régénérés en Jésus-Christ. »

« Dans le N.T. l’Eglise n’est jamais comprise comme une institution mais comme une communion de personnes. elle est la communauté des réconciliés et de ceux qui vivent de la réconciliation. elle n’est rien d’autre que communion d’hommes avec Dieu et communion les uns avec les autres… elle est la vraie fraternité visible des réconciliés, même s’il a pu y avoir en elle de ceux qui ne lui appartenaient qu’apparemment. »23

23 E. Brunner : Dogmatik III, pp. 36-37.

« Dans le Nouveau Testament l’Eglise n’est jamais autre chose que le peuple de Dieu, la communauté des Saints, des élus, le rassemblement des croyants, les croyants réunis. »

« Elle n’est jamais autre chose que l’ensemble des hommes qui par la communion avec Christ, le Seigneur vivant, sont unis les uns aux autres dans une communion vivante. »24

24 E. Brunner : Wahrheit als Begegnung, p. 168.

W. Hildebrandt conclut sa recherche de la nature de l’ekklesia en disant : « L’ekklesia c’est la communauté unie, autonome, de tous les croyants reliés avec Christ en Dieu, qui habitent un même lieu, communauté qui est nantie de toute autorité spirituelle. »25

25 Gemeindeprinzip der Christlichen Kirche, p. 62.

« L’ekklesia — l’Eglise — est l’ensemble de ceux qui ont été engendrés par la puissance vitale de Dieu, de ceux qui ont été baptisés de l’Esprit par Christ et qui constituent et demeurent ainsi un corps étranger dans ce monde. » (H. Venske.)26

26 Vollendete Reformation, p. 27.

Ph. Menoud la définit comme « l’assemblée des croyants constituée par l’appel de Dieu en Jésus-Christ ».

Et l’évêque Newbigin écrit : « La société divine dans laquelle Il invitait tous les hommes était plus qu’une école de bonne théologie, elle était une communauté fraternelle formée de tous ceux qui croyaient en Lui. »27

27 L’Eglise, p. 96.

D’après le théologien scandinave N.A. Dahl : « L’Eglise n’est rien d’autre que des hommes justifiés. »28

28 Nils Alstrup Dahl : Das Volk Gottes, p. 248.

Et même des théologiens libéraux écrivent : « L’Eglise est, pour Paul une société de sauvés et pardonnés, mais aussi un instrument de salut pour ceux qui viennent à elle pour échapper à la mort. » (M. Goguel.)29

29 Le Problème de l’Eglise (PUF 1947), p. 11.

« L’Eglise, dans la première période de sa formation, est l’assemblée des fidèles, des croyants… chacun d’eux individuellement est en pleine communion avec Dieu. » (E. Choisy.)30

30 Précis d’Histoire générale du Christianisme (La Cause 1938), p. 26.

Il se peut que nous soyons étonnés de ce consentement de théologiens de tous bords autour de la description biblique de l’Eglise alors que les églises qu’ils représentent répondent souvent si peu à la définition qu’ils en donnent. L’explication de l’un d’eux met le doigt sur la plaie :

« Les dogmaticiens et les dirigeants des Eglises ne font pas grand cas des recherches scientifiques, et ne sont que trop enclins, pour franchir l’abîme qui sépare le passé du présent, à se servir de formules commodes, comme celle du « développement », ou la distinction entre Eglise visible et invisible, traitant ainsi à la légère un problème grave et angoissant. Cependant, si beaucoup d’entre eux trouvent moyen d’apaiser leur conscience ainsi, il en est d’autres en revanche qui ne ressentent que plus douloureusement la différence entre la communauté de Christ aux temps apostoliques et nos « Eglises » ; et ils ne peuvent se défaire du sentiment que nous ne sommes peut-être pas fondés à leur donner ce nom d’Eglise. »31

31 E. Brunner : Malentendu, p. 8.

B. DANS QUELS SENS LE MOT ÉGLISE EST-IL EMPLOYÉ DANS LE N.T. ?

Les deux premiers emplois du mot se trouvent dans la bouche de Jésus :

1. Mt. 16.18 : « Sur cette pierre je bâtirai mon Eglise et les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle ».

L’Eglise de Jésus-Christ comprend les croyants de tous les temps et de tous les lieux à partir de fa Pentecôte. (Je bâtirai : Sans baptême du Saint-Esprit, il n’y a pas de Corps de Christ ; or : Act. 1.5 ce baptême était encore futur. Il eut lieu le j jour de Pentecôte. Voir aussi Actes 2.1 ; 11.15-16.) C’est ce qu’on a appelé quelquefois l’Eglise universelle ou générale. Celle que l’on écrit conventionnellement avec une majuscule, même dans nos Bibles (c’est évidemment une convention moderne puisqu’on sait que nos plus vieux manuscrits du N.T. sont écrits entièrement en majuscules).

2. Mt. 18.17 : « S’il refuse de les écouter dis-le à l’église ; et s’il refuse aussi d’écouter l’église, qu’il soit pour toi comme un païen et un publicain. »

Cette église est liée à un temps et un lieu précis : on peut la convoquer, lui parler, elle peut s’exprimer. C’est ce qu’on a convenu d’appeler « l’église locale », comprenant les croyants d’un temps et d’un lieu donnés.

Dans les écrits des apôtres, l’Eglise nous apparaît également sous ces deux formes :32

32 Pour les sens divers du mot église, voir Jalaguier : De l’Eglise, pp. 5-12.

1. Eglise universelle :33

33 « L’idée de l’Eglise universelle semble s’être imposée aux esprits bien avant celle des églises locales. » Bardy : Théol. Eglise Saint Clément à Saint Irénée, p. 59. « Là où est le Christ Jésus, là est l’Eglise universelle. » Ignace d’Antioche : Aux Smyrniotes. « Tous ceux qui vivent en Lui sont unis dans une même âme, une même synagogue, une même Eglise qui est constituée de par son nom, car tous nous sommes appelés chrétiens. » Justin Martyr, Dialog. LXIII, p. 5.

Calvin l’appelait l’« universum electorum numerum » (le nombre universel des élus). L’orthodoxie luthérienne la nommait « Eglise synthétique » : « Nous appelons synthétique l’Eglise qui est constituée par l’ensemble des croyants, de ceux de enseignent et de ceux qui écoutent, ceux des temps présents, passés et futurs. » Quenstedt : Theologia didactico-polemica (1961), t. IV, p. 478.

Exemple : « Il a tout mis sous ses pieds et il l’a donné pour chef suprême à l’Eglise qui est son corps, la plénitude de celui qui remplit tout en tous » (Eph. 1.22).

2. Eglise locale. C’est le deuxième sens qui est le plus fréquent : sur les 108 emplois du mot, 90 environ se rapportent à l’église locale.

Ex. : Act. 8.1 ; 13.1 ; 15.41 ; 14.23 ; Rom. 16.5 ; Col. 4.16 ; 1 Pi. 5.13…

« Là où il y a deux ou trois personnes, même laïques, là est une église » (Tertullien) 34.

34 « L’Eglise comprend tous les croyants d’un lieu parce que ceux-ci sont unis par l’Esprit de Dieu pour former le corps de Christ. » W. Hildebrandt : Das Gemeindeprinzip der christlichen Kirche, p. 33.

C. DANS QUELS CONTEXTES IMMÉDIATS TROUVONS-NOUS LE MOT ÉGLISE DANS LE N.T. ?

Il se trouve fréquemment associé à d’autres qui le complètent. L’étude des noms de l’Eglise ou des églises nous permet de faire plusieurs constatations intéressantes et importantes.

a) Nous remarquons que le même mot désigne à la fois l’Eglise universelle et le rassemblement local. Mème des expressions plus larges comme « l’Eglise de Dieu » ou « le temple de Dieu » se rapportent tantôt à l’une, tantôt à l’autre (1 Cor. 15.9 et 1 Tim. 3.5 ; 2 Cor. 6.16 et 1 Cor. 3.16). L’église locale n’est qu’une réduction, une fraction de l’Eglise universelle. Dans le monde antique chaque groupe de citoyens romains se rassemblant en quelque lieu que ce soit était un Conventus Civium Romanorum, une expression de Rome. Ce groupe n’avait de sens que par Rome et en fonction d’elle. Chaque citoyen romain arrivant dans une ville où existait un tel groupe devenait automatiquement et sans formalité membre de cette assemblée. Géographiquement ces groupes pouvaient être à plusieurs milliers de kilomètres de Rome, en esprit ils étaient une partie de Rome. « C’est là la véritable notion de l’Eglise ; chaque église locale n’est qu’une partie, une réduction de la grande Eglise générale. »35

35 William Barclay : New Testament Words (S.C.M. Press, London).

Les différentes églises locales ne sont que des « manifestations particulières de la communauté dans son ensemble » (R. Sohm)36.

36 Kirchenrecht : I. § 13. — Voir W. Hildebrandt : Gemeindeprinzip, p. 35 et Scheuerl : « Die geistliche und die rechtliche Kirche », in Sammlung Kirchenrechtlicher Abhandlungen (Erlangen 1872).

« La partie équivaut au tout parce que chaque partie possède, non un fragment de Christ, mais Christ tout entier et par conséquent, conformément à la définition mathématique, l’ekklesia est de l’ordre de l’infini. » E. Hoskyns : The Riddle of the N.T. (London 1947) p. 25. Pour la relation entre le « microcosme » (l’église locale) et le « macrocosme » (l’église universelle) voir aussi : Mc Gregor, pp. 125 ss.

« Il n’y a qu’une Ekklesia et cette Ekklesia n’est pas une somme de groupes et d’individus, mais un tout qui est totalement présent dans chacune de ses expressions. En d’autres termes, chaque église locale doit exprimer toute la réalité, tout le contenu de la vie en Christ. Chaque paroisse est appelée à être son corps. Cela signifie deux choses. Tout d’abord : vivre « en Christ », être incorporé en Lui, dépendre de Lui comme un membre dépend du corps, manifester sa vie comme le corps manifeste l’esprit. Ensuite former par Lui et en Lui une communauté caractérisée par une grande diversité de fonctions, comparable aux différentes fonctions des membres d’un corps, et par une cohésion totale, comparable à celle d’un corps sain&nbso,» Dr Visser’t Hooft : Misère et grandeur de l’Eglise (Ed. Labor, Genève) p. 35.

« Chaque communauté représente sur place l’Église une et indivisible. Paul n’avait pas l’idée d’une communauté particulière, mais seulement celle de l’Eglise sans rien de vague, ni de flottant. L’Eglise est la communauté locale, mais qui représente in concreto l’Eglise, ce qui ne veut pas dire qu’en fin de compte, l’Eglise n’ait été pour lui qu’une idée et qu’il ait cultivé la notion d’Eglise invisible. » A. Fridrichsen : « Eglise et Sacrement dans le N.T. » in Revue d’Histoire et de Philosophie religieuse, t, XVII (1937), p. 345.

Pour l’Eglise locale et l’Eglise générale voir M. Goguel : L’Eglise primitive, pp. 41-43.

b) L’apôtre associe fréquemment à l’Eglise le nom de son chef : l’Eglise du Dieu vivant (1 Tim. 3.15), l’édifice de Dieu (1 Cor. 3.9), l’Eglise du Seigneur (Act. 20. 28), les églises de Christ (Rom. 16.16), de Dieu (2 Cor. 1.1) ou « qui est en Dieu notre Père et en Jésus-Christ le Seigneur » (2 Thess. 1.1).

c) D’autres fois les églises sont nommées par rapport à leurs membres : églises des saints (1 Cor. 14.33), des (anciens) païens (Rom. 16.4), des premiers-nés (Hbr. 12.23), des élus (1 Pi. 5.13), des Laodicéens (Col. 4.16), des Thessaloniciens (1 Thess. 1.1, 2 Thess. 1.1).

d) Fréquemment le mot église est associé à un terme géographique : l’église de Jérusalem, l’église d’Antioche…, les églises de la Macédoine (2 Cor. 8.1), de l’Asie (1 Cor. 16.19), de Galatie (Gal. 1.2), de Judée (Gal. 1.2)… ou tout simplement « l’église qui est dans leur maison » (1 Cor. 16.19 ; Phm. 2 ; Col. 4.15 ; Rom. 16.5). Le mot église ne désigne jamais un édifice, les premiers chrétiens n’en possédaient pas.

Nous ne trouvons jamais les expressions : les églises de Rome, de Jérusalem… ni l’Eglise de Macédoine, de Judée, de Galatie…37

37 « L’Eglise de Dieu a été divisée en églises de Dieu sur la base de la différence de localité. La localité est la seule base scripturaire pour la division de L’eglise en églises. L’église n’est ni plus restreinte, ni plus vaste que la localité. Chaque localité particulière doit avoir son église particulière et indépendante. » W. Nee : The Normal Christian Church Life, pp. 46-57.

« Le Nouveau Testament ignore totalement l’idée d’une Eglise organisée ou à organiser, ou tout simplement idéale, dont les communautés particulières ne seraient que des parties. » Karl Barth : Connaître Dieu et le servir, (Neuchâtel-Paris, 1945).

Le seul verset qui semble faire exception à la règle est Act. 9.31 : « L’Eglise était en paix dans toute la Judée, la Galilée et la Samarie ». Il est vrai que le texte reçu (que suivent la plupart des versions anglaises et certaines versions allemandes) porte « les églises », mais les meilleurs manuscrits mettent église au singulier. S’agit-il d’un singulier générique ou de l’église de Jérusalem dispersée en Galilée, en Samarie et en Judée ? Il semble plus naturel d’y voir une mention de l’Église universelle, comme dans Act. 20.28 « pour paître l’Eglise du Seigneur ». « Luc, en employant le singulier a ici, pour la première fois, voulu faire sentir la belle et sainte unité de tous les disciples du Sauveur dans toutes les contrées qu’il nomme. Ils ne forment qu’une Eglise ». L. Bonnet (N.T. annoté, t. II, p. 379). Voir aussi le développement de O. Dibelius dans : Die werdende Kirche (Berlin 1938) pp. 131-137. En tous cas, Luc ne parle pas de l’Eglise de Judée, de Samarie ou de Galilée.

Nous ne trouvons pas d’église paulinienne, johannique ou pétrinienne — bien que Paul, Jean et Pierre aient fondé des églises38 — ni d’« église congrégationnaliste » ou « presbytérienne » — bien que ces formes d’église aient existé. Aucun nom, ni d’apôtre, ni de forme ou de symbole ecclésiastiques n’est rattaché au mot église. Les seuls noms qui comptent sont, d’une part, ceux de Dieu et de Jésus-Christ qui appellent, d’autre part ceux des appelés, (anciens « païens », « élus de Dieu », nés de nouveau, déclarés « saints ») qui se réunissent dans des maisons à Jérusalem, à Corinthe, à Colosses, à Rome pour louer Dieu, s’édifier mutuellement et répandre la Parole de Dieu.

38 « Je n’aime pas qu’on appelle la doctrine et les gens « luthériens » et qu’il faille souffrir de leur part qu’ils bafouent la Parole de Dieu avec mon nom. » (Luther.)

« Je vous prie de quitter mon nom et de prendre le nom de chrétiens. Qui est Luther ? Ma doctrine n’est pas de moi. Je n’ai été crucifié pour personne. Saint Paul ne voulait pas que quelqu’un se nomme d’après Paul ou Pierre ou Christ. Comment alors cela me conviendrait, misérable sac de poussière et de cendres, de donner mon nom aux enfants de Dieu ? Cessez, mes chers amis, de saisir ces noms de partis et ces distinctions : quittez tout cela et laissez-vous appeler seulement chrétiens d’après Celui de qui vient notre doctrine. » (Luther.) The life of Luther by Stork, p. 289, cité dans Why I am a Member of the Church of Christ, p. 33.

« Nous avouons que le mot « Luthérien » à côté du mot église est une contradictio in adjecto (une contradiction en elle-même). » W. Löhe (théologien du réveil confessionnaliste luthérien du XIXe siècle).

Dans ce terme d’ekklesia nous trouvons donc deux aspects : un côté objectif : la volonté de Celui qui appelle et un côté subjectif : la volonté de celui qui se laisse appeler. Nous examinerons successivement ces deux aspects : l’appel de Dieu (ch. IV) et la réponse de l’homme à cet appel (ch. VI).

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