Marie dans l’Évangile et dans l’Histoire

Marie poétesse : le Magnificat (Luc 1.46-55)

Marie aussi est saisie par l’Esprit Saint qui lui inspire une merveilleuse poésie dans le style des psaumes de l’Ancien Testament6 :

6 Pour la question : « Cette poésie a-t-elle été composée par Marie ou lui a-t-elle été attribuée ? », voir l’Encyclopédie des difficultés bibliques vol. Evangiles-Actes p. 358-359.

« Mon âme chante la grandeur du Seigneur
et mon esprit se réjouit à cause de Dieu, mon Sauveur
 ».

« Après avoir entendu la salutation encourageante de sa parente, Marie donne libre cours à sa joie dans un cantique qui constitue un des joyaux de toute la littérature biblique » (J.M. Nicole Marie p. 23).

« Malgré toutes les qualités qu’elle peut avoir, Marie confesse qu’elle a besoin, comme tous les êtres humains, d’être sauvée. L’enfant qu’elle porte dans son sein est le signe visible de la grâce du Seigneur qui s’abaisse jusqu’à nous pour nous apporter la délivrance et le pardon. Elle est reconnaissante de bénéficier de ce salut. Dieu est son Sauveur» (Id. p. 24).

Ce cantique est un bel exemple d’humilité : si, « désormais, à travers tous les temps, on l’appellera bienheureuse », ce n’est pas à cause de ses mérites, mais parce que « le Dieu tout-puissant a fait pour » elle « de grandes choses » ; à lui seul soit toute la gloire. Elle-même n’est que son « humble servante », bénéficiaire de sa grâce.

« C’est Dieu, et Dieu seul, qu’elle glorifie en son humanité, se désignant elle-même comme l’humble servante de son Seigneur : ‘Marie dit : Voici la servante du Seigneur: qu’il m’advienne selon ta parole !… Le Seigneur a jeté les yeux sur la pauvreté de sa servante’» (M. Thurian Marie… p. 84).

« La pauvreté de Marie qui est humilité, vie cachée, existence ordinaire, appartenance à l’humanité la plus commune, dans une bourgade méconnue, est tout entière appel de la grâce et glorification de la magnificence du Seigneur. Dieu choisit les réalités faibles de ce monde pour faire éclater sa puissance. Toute puissance humaine est un voile devant l’unique puissance de Dieu ». Dieu a voulu Marie pauvre, « humble et cachée, pour mieux manifester la splendeur de sa grâce& » (Id. p. 85). Ces paroles cadrent bien mal avec ce que l’on a fait de Marie par la suite !

« Premier document de la nouvelle alliance… cet hymne d’adoration apparaît comme un merveilleux trait d’union entre l’Ancien Testament et le Nouveau » (J.M. Nicole, p. 27).

Ce cantique est tout imprégné de sève biblique. On sent que Marie était une fidèle auditrice de l’Ecriture sainte. Dans ce cantique, elle utilise constamment des images et des paroles de l’Ancien Testament qui se rapportaient à l’espérance messianique d’Israël. Elle exprime sa joie avec les mots des psaumes et des prophètes. C’est unie au peuple de Dieu qu’elle chante son bonheur. L’un des parallèles les plus significatifs est le cantique d’Anne (1 Samuel 2.1-10) qui exalte, comme Marie, l’amour de Dieu pour les pauvres et les humbles. « Tout n’est que grâce de Dieu en elle, la Comblée-de-grâce. L’événement surnaturel qui l’atteint n’est pas pour sa gloire propre, mais pour la seule gloire de Dieu… La source unique de sa joie, c’est Dieu son Sauveur… Ce n’est point la maternité humaine qui vient la réjouir, c’est d’être la mère du Messie, son Sauveur… Marie s’efface devant le mystère de ce salut que sa maternité permet, et elle appelle Dieu son ‘Sauveur’ » (M. Thurian Marie… p. 131).

« Le Magnificat magnifie le Seigneur et pas du tout Marie, il empêche absolument que dans la suite quiconque prétende la situer au-dessus de la condition humaine et biblique qui est la sienne » (M. Leplay Marie… p. 101).

« Elle peut dire, en toute humilité, que tous les âges la proclameront bienheureuse, car elle sait que cette bénédiction dont elle sera l’objet, dans la mesure où elle respectera la pauvreté de la Servante quelle veut être, ne pourra monter que vers Dieu, sans jamais s’arrêter à elle… elle ne peut que détacher les hommes d’elle-même pour les orienter vers l’unique Sauveur » (M. Thurian Marie… p. 132-133).

« Elle ne s’est glorifiée ni de sa virginité, ni de son humilité, mais du seul regard de la grâce divine » (Luther : Commentaire du Magnificat)

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