Nous ne pouvons étudier le sujet des anges dans la Bible sans être conscients de leur organisation hiérarchisée. Il semble évident qu’ils diffèrent entre eux en autorité et en gloire.
Certains théologiens pensent que toute hiérarchisation des puissances célestes est hypothétique ; pourtant on peut distinguer ces catégories : les archanges, les anges, les séraphins, les chérubins, les autorités, les principautés, les puissances, les trônes, les dignités et les dominations (Colossiens 1.16 et Romains 8.37).
Les théologiens du Moyen Age répartissaient les êtres angéliques en neuf degrés. Beaucoup d’exégètes se demandent toutefois si certaines de ces catégories ne concernent pas plutôt des institutions humaines et des hommes, entre autres : les principautés, les autorités, les puissances, les trônes, les dignités et les dominations. Tout dépend, me semble-t-il, du sens de Colossiens 1.16. Saint Paul parle de la création des choses visibles et invisibles. Le commentateur Matthieu Henry dit à propos de ce verset : « Le Christ a fait toutes choses en partant de rien, l’ange le plus puissant du ciel aussi bien que les hommes sur la terre. Il fit les mondes, le supérieur et l’inférieur, avec ceux qui peuplent les deux… Il (Paul) parle de cela comme s’il existait plusieurs ordres d’anges : les trônes, ou les dominations, ou les principautés ou les puissances, mots signifiant soit des degrés d’excellence ou des offices ou des emplois différents. » Peut-être toute liste des grades angéliques est-elle erronée, mais nous pouvons penser que les anges diffèrent en puissance, certains ayant une autorité que d’autres ne possèdent pas. Je ne veux pas être dogmatique ; Je pense toutefois, quant à moi, qu’il existe différents ordres d’anges et que la liste donnée dans l’épître aux Colossiens se réfère à ces personnalités célestes.
La Bible mentionne seulement Michel comme archange (Jude 9), toutefois nous croyons trouver des indices nous autorisant à croire que Lucifer, avant sa chute, était aussi un archange, égal ou supérieur à Michel. Le préfixe arch signifie premier, principal, chef. Un archange est donc un ange chef. Ainsi Michel est au-dessus de tous les anges, reconnu comme le premier prince du ciel, au sommet de la hiérarchie. Il est en quelque sorte le Premier ministre de l’administration de Dieu dans l’univers, et l’« ange-administrateur » de Dieu pour le Jugement. Il est sans doute seul de son rang, car jamais la Bible ne parle d’archanges, le mot est toujours au singulier. Son nom signifie : « qui est comme Dieu ».
Dans l’Ancien Testament, Michel paraît particulièrement lié à la nation d’Israël. Ainsi Dieu parle de Michel comme du grand chef, « le défenseur des enfants de ton peuple » (Daniel 12.1). Il a la charge de protéger et de défendre le peuple de Dieu partout où il se trouve.
En outre, dans Daniel 10.21 il est nommé : « Michel votre chef ». Il est le messager de la Loi et du Jugement de Dieu. C’est en cette qualité qu’il apparaît dans le livre de l’Apocalypse (12.7-12) : il conduit les armées qui font la guerre à Satan le grand dragon, et à ses démons. Michel et ses anges seront engagés dans un conflit gigantesque à l’échelle de l’univers, dans le dernier conflit de notre temps, dont la fin marquera la défaite de Satan et de toutes les puissances des ténèbres. La Bible nous prédit la victoire de Michel. L’enfer tremblera, le ciel tressaillira de joie et d’allégresse.
Certains théologiens ont imaginé que dès maintenant Michel chasse Lucifer et ses anges déchus hors du ciel et détruit leur puissance et donne au peuple de Dieu la certitude de l’ultime victoire.
Michel, l’archange, saluera par un grand cri la seconde venue de Jésus qu’il accompagnera. Il proclamera la nouvelle merveilleuse du retour de Jésus-Christ, et il prononcera la parole de vie annonçant aux « morts en Christ » leur résurrection. « Car le Seigneur lui-même, à la voix de l’archange…, descendra du ciel et les morts en Christ ressusciteront premièrement » (1 Thessaloniciens 4.16).
« Gabriel » signifie en hébreu « le héros de Dieu » ou « Dieu est puissant ». La Bible le présente à plusieurs reprises comme le « messager de l’Eternel ». Mais, contrairement à l’opinion courante et à l’idée du poète John Milton, jamais il n’est appelé archange, même s’il est cité plus souvent que Michel.
Gabriel est avant tout le messager de la grâce de Dieu, son porte-promesse. Il apparaît quatre fois dans la Bible, toujours en messager de bonnes nouvelles (Daniel 8.16 ; 9.21 ; Luc 1.19 ; 1.26). Il n’est pas question pour lui de souffler dans une trompette d’argent, même si la musique folk l’imagine. Les messages de Gabriel révèlent les plans, les projets et les sentences de Dieu et ils sont d’une extrême importance.
L’ange Gabriel apparaît pour la première fois dans le livre de Daniel (8.15, 16). Nous le voyons annoncer la vision de Dieu concernant les « derniers temps ». Dieu, depuis son quartier général céleste, l’a chargé de porter à Daniel son message pour lui révéler le plan divin dans l’histoire. Au verset 17 Gabriel déclare : « Sois attentif…, la vision concerne un temps qui sera la fin. »
Daniel, en train de prier, est témoin de la seconde apparition de Gabriel : « Je parlais encore dans ma prière, quand l’homme, Gabriel, que j’avais vu précédemment dans une vision, s’approcha de moi d’un vol rapide, au moment de l’offrande du soir » (Daniel 9.21). Il dit à Daniel : « Comprends la vision » (9.23) et lui révéla les splendeurs de la suite des événements se déroulant jusqu’à la fin du monde. Gabriel, brossant un tableau panoramique de la succession des royaumes terrestres, lui montra que le point culminant de l’histoire sera le retour du Christ, « le chef des chefs » (Daniel 8.25) et le vainqueur du « roi impudent et artificieux » (Daniel 8.23). La prophétie de Daniel, dans sa prière, est double. Il parle d’abord expressément du jugement proche d’Israël (Daniel 9.5), puis du présage funeste du «&nbs;jugement final » et de la tribulation qui durera sept années (Daniel 9.27). Dans notre douzième chapitre, « les anges dans la prophétie », nous étudierons comment les anges veillent sur les événements tragiques des temps de la fin.
Gabriel apparaît pour la première fois dans le premier chapitre de l’évangile de Luc. Il révèle son nom à Zacharie (v. 19), annonce la naissance de Jean-Baptiste et décrit la vie et le ministère de ce précurseur de Jésus.
Dans la plus importante de ses apparitions, Gabriel annonce à la Vierge Marie la naissance de Jésus, Dieu incarné ! Quel message à porter au monde par le moyen de cette adolescente ! Marie était sans doute une jeune fille d’une pureté et d’une sainteté exemplaires pour qu’elle soit ainsi visitée par le puissant Gabriel. Il lui déclara : « Ne crains rien, Marie, car tu as trouvé grâce devant Dieu. Voici : tu deviendras enceinte et tu enfanteras un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus. Il régnera sur la maison de Jacob éternellement et son règne n’aura pas de fin » (Luc 1.30, 33).
Dans tous les temps cette annonciation divine de Gabriel sera la Grande Charte de l’incarnation et les fondations du monde à venir : Dieu devenu chair pour nous racheter.
La Bible semble enseigner que les êtres célestes et extra-terrestres diffèrent en rang et en autorité. Les séraphins et les chérubins paraissent venir après l’archange et les anges dans l’ordre hiérarchique. Ces deux classes sont peut-être les autorités angéliques auxquelles l’apôtre Pierre se réfère quand il dit de Jésus : « Depuis qu’il est allé au ciel et que les anges, les autorités et les puissances lui ont été soumis » (Pierre 3.22).
Le mot « séraphins » signifie probablement « ardents », « brûlants » (bien que d’autres étymologies aient été suggérées). Les séraphins ne sont mentionnés que dans le prophète Isaïe, chapitre 6, versets 1 à 6. Dans une vision terrifiante, le prophète, en adoration, contemple au-dessus du trône du Seigneur des séraphins pourvus de six ailes. Le texte implique plusieurs séraphins, car il précise qu’ils « se parlent l’un à l’autre » et que « chacun » a six ailes.
Le ministère des séraphins consiste à louer le nom et les qualités de Dieu, au ciel. Leur ministère est en relation directe avec Dieu et avec son trône. Ils sont placés au-dessus du trône et non pas à côté, comme les chérubins. Tous les exégètes ne sont pas d’accord sur les fonctions des séraphins, mais une chose est certaine : ils glorifient Dieu constamment. Le verset 7 nous apprend que Dieu les utilise pour purifier ses serviteurs.
Les séraphins sont indescriptibles. « Ils avaient chacun six ailes ; deux dont ils se couvraient la face, deux dont ils se couvraient les pieds et deux dont ils se servaient pour voler » (nous pouvons en déduire que certains êtres angéliques volent). Pourtant les Ecritures ne confirment pas l’idée courante que tous les anges ont des ailes. Cette croyance traditionnelle vient du fait que les anges se déplacent instantanément et à des vitesses illimitées : on pensait qu’il fallait des ailes pour permettre ces déplacements. Dans ce chapitre d’Isaïe, seule une paire d’ailes est consacrée au vol.
La gloire des séraphins nous fait penser aux quatre « êtres vivants » contemplés par le prophète Ezéchiel. Il ne les nomme pas séraphins, mais ils remplissent une fonction analogue auprès de Dieu. Comme les séraphins, ils agissent en qualité d’agents et de porte-parole de Dieu, mais seuls les séraphins, au-dessus du trône céleste, sont des serviteurs dont la fonction principale est la louange de Dieu. Par ces manifestations, nous voyons que Dieu désire faire connaître sa gloire aux hommes. Il prend soin de maintenir un témoignage permanent de sa gloire sur la terre et dans le ciel.
Les chérubins sont aussi réels que puissants. Les chérubins de la Bible symbolisent souvent des choses célestes. Selon les ordres donnés par Dieu, ils ont été incorporés aux ornements de l’Arche de l’Alliance et du Tabernacle. Dans le Temple de Salomon ils étaient également présents. Ils avaient des ailes, des mains et des pieds. Le chapitre 10 d’Ezéchiel décrit avec précision les chérubins : ils n’avaient pas seulement des ailes, des mains et des pieds, mais étaient aussi « remplis d’yeux » et entourés de roues entremêlées.
Ezéchiel, dans ce chapitre 10, exprime sa tristesse et les chérubins nous la font comprendre. Le prophète a la vision de la destruction de Jérusalem. Précédemment (ch. 9, v. 3) le Seigneur est descendu de son trône, au-dessus des chérubins, jusqu’au seuil du Temple ; maintenant (10.1) il remonte sur son trône. Dans le calme précédant la tempête, nous voyons les chérubins se placer au sud du sanctuaire. Ils sont tournés vers la ville et sont témoins du départ progressif de la gloire de Dieu quittant Jérusalem. Le bruit de leurs ailes annonce un événement d’une extrême importance (10.5). Puis les chérubins se préparent à partir à leur tour.
Ce chapitre d’Ezéchiel est très difficile à comprendre, toutefois une vérité en découle clairement : les chérubins sont liés à la gloire de Dieu. Ce chapitre mystérieux nous montre mieux que tout autre ce qu’est la gloire de Dieu et comment les créatures célestes y sont associées. Nous devons le lire avec soin, dans la prière. Peu de passages bibliques nous donnent un sens plus élevé de la grandeur et de la gloire de Dieu.
Même si les séraphins et les chérubins appartiennent à des ordres différents et nous paraissent tellement mystérieux, ils ont une chose en commun : ils glorifient Dieu constamment. Nous voyons les chérubins se tenir à côté du trône de Dieu. Le Psaume 80 (v. 2) dit à Dieu : « Toi qui sièges entre les chérubins. » Nul ne peut nier la gloire de Dieu et toutes les créatures célestes témoignent de la splendeur de Dieu. Au chapitre 3 de la Genèse (v. 24) nous voyons que les chérubins interdisent l’accès de l’arbre de vie, dans le Jardin d’Eden. Sur l’Arche de l’Alliance, dans le Tabernacle du désert, des statuettes en or massif, représentant des chérubins protecteurs, faisaient partie du couvercle : le propitiatoire (Exode 25.18).
Les chérubins faisaient plus que d’interdire aux indignes l’accès de la présence de Dieu dans le Saint des Saints. Ils permettaient au souverain sacrificateur de pénétrer dans le Saint des Saints avec le sang des sacrifices afin qu’il puisse être le médiateur entre Dieu et le peuple. Lui, et lui seul, avait le droit d’entrer dans le sanctuaire le plus intime du Seigneur. Ainsi, tout enfant de Dieu, en vertu de la Rédemption et des promesses divines qu’il a reçues, a un libre accès à la présence de Dieu par Jésus-Christ. Chaque croyant est un sacrificateur. Les chérubins ne barreront pas la route du trône au plus humble des chrétiens. Ils nous assurent que nous pouvons entrer hardiment — en raison de l’œuvre accomplie par le Christ sur la croix ! Le voile du Temple n’a-t-il pas été déchiré lors de la mort du Christ ? L’apôtre Paul déclare : « Vous n’êtes plus des étrangers, ni des gens du dehors, mais vous êtes concitoyens des saints, gens de la maison de Dieu » (Ephésiens 2.19). L’apôtre Pierre ajoute : « Vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis, afin que vous annonciez les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière » (Pierre 2.9).
Le sanctuaire secret du trône de Dieu est toujours ouvert à ceux qui se sont repentis de leur péché et ont fait confiance à Jésus-Christ leur Sauveur.
Beaucoup de gens pensent que les « êtres vivants » dont parle l’Apocalypse sont des chérubins. N’oublions pas que la gloire des créatures angéliques et célestes, si brillante soit-elle, s’estompe et disparaît à la lumière aveuglante de la gloire ineffable de l’Agneau céleste, du Seigneur de gloire. Devant lui, toutes les puissances du ciel et de la terre se prosternent en un culte de louange et en muette adoration.