Quand je considère mes peines, mes tribulations et mes tentations, j’ai honte de moi-même jusqu’à la mort, en les comparant aux souffrances de mon bien-aimé Sauveur Jésus-Christ.Martin Luther
Une grand-mère surveille son petit-fils lorsque le téléphone sonne. Elle parle quelques minutes pendant qu’il grimpe sur la clôture, tombe dans la piscine et meurt noyé.
Ce sont différents scénarios angoissants de la souffrance humaine. Il vous est peut-être arrivé des épreuves encore plus douloureuses encore. Quand nous traversons ces moments difficiles, il est naturel de nous replier sur nous-mêmes. Que l’angoisse soit physique ou mentale, la souffrance ne peut que nous déchirer.
Dieu ne s’est pas exclu lui-même de la souffrance humaine. Il s’est fait homme, dans la personne de Christ, et a partagé tous les aspects de notre humanité. Philip Yancey écrit : “Dieu n’est pas assis confortablement dans son ciel, faisant la sourde oreille aux cris de douleur de cette planète gémissante.”1
1 Philip Yancey, Dieu où es-tu quand l’épreuve est là ? (Ligue pour la Lecture de la Bible, 1990).
Nous avons lu des histoires, regardé des tableaux, et avons assisté à nombre de représentations sur la naissance de Jésus. Pourtant je suis encore ému à chaque fois.
La vie de Jésus fut mise en péril dès ses premiers cris de bébé naissant. Le plus célèbre enfant que la terre a porté était haï de plusieurs alors qu’il dormait au berceau, incapable de se défendre lui-même.
Nous ne savons pas grand-chose de son enfance, mais nous savons qu’il avait déjà la connaissance de son destin. Toute sa vie a été vécue dans l’humilité et l’humiliation ; il n’est pas venu en roi conquérant, comme les Juifs s’y attendaient, mais en humble serviteur.
Quand il devint adulte, les leaders religieux se méfièrent de ce charpentier de Nazareth, parce qu’il leur semblait une menace. Ils se moquèrent de lui et le traitèrent avec mépris. Ils l’accusaient d’enfreindre la loi de Dieu, d’être irréligieux, un ivrogne et un ami des gens de mauvaise vie. Des gens qui cherchaient leur propre justice le déclarèrent coupable par association.
Beaucoup eurent des réactions violentes à son égard. Au début de son ministère, les gens de Nazareth, son village, voulurent le jeter du haut d’une colline (Luc 4.29). Les chefs religieux et politiques conspirèrent souvent contre lui pour le saisir et le tuer. Pourtant, il guérissait les malades, nourrissait les affamés, aimait ceux qu’on rejetait, enseignait aux ignorants, et opérait des miracles parmi son peuple. Enfin, il fut arrêté et amené devant les tribunaux de Pilate et d’Hérode. Bien qu’innocent, il fut dénoncé comme ennemi de Dieu et des hommes. La foule excitée, encouragée par ses leaders religieux, cria : “Crucifiez-le !”
Rappelez-vous aussi qu’il savait à l’avance ce qui allait arriver, et cela ne faisait qu’accroître sa souffrance. Il connaissait le chemin de la souffrance qu’il vivrait ; il sut d’avance le baptême de sang qui l’attendait. Il parla à ses disciples très ouvertement de sa mort prochaine par crucifixion, ce qu’ils ne pouvaient saisir à l’époque.
Jésus souffrit plus que quiconque dans l’histoire de l’humanité. L’Ancien Testament avait prédit plusieurs aspects particuliers de ses souffrances quelque cinq cent à mille ans auparavant dans les livres des prophètes.
Quand nous éprouvons des difficultés, nous avons besoin d’un ami. Il nous faut quelqu’un qui nous comprenne, qui soit avec nous, qui se tienne près de nous et nous dise : “Je suis là pour t’aider !” Quand Jésus eut besoin d’amis, ils l’abandonnèrent.
Quelle déception ! Après tout ce temps d’enseignement et de formation, les douze l’abandonnèrent lâchement. Quiconque s’est vu abandonné par ses amis connaît ce terrible sentiment d’isolement. Jésus dut comparaître seul devant ses accusateurs. Il dut subir son procès sans le support d’un seul ami.
L’arrestation de Jésus fut un lynchage religieux. De faux témoins l’accusèrent, car les chefs religieux “cherchaient une accusation, même fausse, contre Jésus pour le condamner à mort ; mais ils n’en trouvèrent pas” (Matthieu 26.59-60).
Les autorités juives étaient déterminées à le faire mourir, mais il leur fallait la permission de Pilate, magistrat nommé par Rome pour administrer Jérusalem. Sous l’empire romain, les Juifs n’avaient pas le droit d’exécuter la sentence de mort. Pilate était convaincu que Jésus n’était pas coupable ; à trois reprises il le déclara innocent. Puis il eut une idée qui, pensait-il, lui éviterait de prendre une décision. C’était la coutume de relâcher un prisonnier à la pâque. “Voulez-vous que je vous libère le roi des Juifs ?”, leur demanda-t-il. Ils lui répondirent en criant : “Non, pas lui ! C’est Barabbas que nous voulons !” (Jean 18.39-40).
Pilate fut déçu de ce que la foule choisît Barabbas, un criminel de droit commun, plutôt que Jésus. Il dut se raidir lorsqu’il conduisit cet homme brisé, meurtri et ensanglanté devant la foule. Au lieu de sympathie, il entendit les cris : “Crucifie-le, Crucifie-le !”
Pilate était faible, et lorsque les chefs des prêtres lui dirent qu’il serait l’ennemi de César s’il ne mettait pas à mort ce révolutionnaire, il céda. Avant de livrer Jésus pour être crucifié, il fit venir une bassine et dit : “Je suis innocent du sang de cet homme. C’est votre responsabilité.” Et il s’en lava les mains.
La croix de Jésus-Christ est le point culminant d’une vie de souffrance extraordinaire. C’est la douleur du monde entier qu’il portait avec lui. “Et Dieu l’a chargé de notre péché, lui qui était sans péché” (2 Corinthiens 5.21). Depuis le jour de la crucifixion, la croix a été le symbole suprême du salut.
Dieu dit que, sans la croix, il n’y a pas d’espoir pour le monde. Nous observons le leadership des hommes, les progrès des découvertes scientifiques, et l’étendue des connaissances et pensons que les humains peuvent trouver des solutions à nos problèmes. Mais notre espoir à nous ne repose pas sur un système, ou un gouvernement, ou une philosophie, mais sur la croix de Christ.
Pour beaucoup de gens, la mention du sang de Christ est de mauvais goût. Toutefois, à ma dernière visite à la clinique Mayo, j’ai remarqué que chaque bureau de réception avait une boîte contenant des dépliants intitulés Don de la vie. Ceux-ci pressaient les gens de donner du sang à la banque de sang. Quiconque a subi une opération chirurgicale et a remarqué le sac de sang qui s’égoutte lentement dans ses veines, reconnaît avec gratitude la propriété extraordinaire qu’a le sang de donner la vie.
Le message du sang, de la croix, et de l’œuvre de la rédemption est encore “folie” pour ceux qui périssent, mais pour “nous qui sommes sauvés, elle est la puissance de Dieu” (1 Corinthiens 1.18).
Dans les générations passées, on pensait que l’humanité était en procès devant le Dieu saint. Maintenant il semble que les rôles soient renversés ; les gens s’imaginent que Dieu est en procès pour toutes les choses terribles qu’il permet. Au début de ce chapitre, nous avons donné quelques illustrations frappantes de gens réels qui passent par de vraies souffrances. Il est humain de s’interroger en disant : “Où est Dieu quand… ?” Vous pouvez finir cette question avec votre propre cri.
Quand Jésus-Christ était sur la croix, son sang drainant la vie de son corps, il savait ce qu’était la solitude, questionnant Dieu lorsqu’il était écrasé par la douleur. Mais sa souffrance était celle que lui causaient tous les péchés des siècles, la plus grande noirceur de l’âme que l’homme ait jamais connue.
Pourquoi Jésus a-t-il souffert ? Pour vous… pour moi. Pour que nous puissions avoir la vie éternelle et sa paix au milieu des tempêtes. “C’est la paix que je vous laisse, c’est ma paix que je vous donne. Je ne vous la donne pas comme le monde la donne. Ne soyez pas inquiets, ne soyez pas effrayés” (Jean 14.27).
La souffrance n’a aucun sens à moins que nous croyions que Dieu comprend notre douleur et peut la guérir. Dans la souffrance de Jésus, nous avons cette assurance.