Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu.
Si Dieu est un être juste et aimant, pourquoi y a-t-il tant de méchanceté, de souffrance et de chagrin ? Comment toute cette haine est-elle venue ? Pourquoi avons-nous créé de fausses idoles ? Pourquoi sacrifions-nous à l’autel de la guerre, de l’avidité et de l’intérêt ? Pourquoi la race humaine, que Dieu avait faite à son image, a-t-elle sombré aussi profondément dans la dépravation, au point qu’il a fallu les dix commandements pour tenter de la rétablir ? Comment les créatures de Dieu sont-elles devenues si envieuses et si mauvaises ?
Pour le comprendre, pour savoir clairement pourquoi les nations s’élèvent les unes contre les autres, pourquoi les familles sont divisées et pourquoi les journaux regorgent de récits de violence, d’actes insensés et brutaux, il nous faut remonter à l’origine. Nous devons revenir à l’histoire d’Adam dans le jardin d’Eden, aux premiers chapitres de la Genèse.
Certains prétendent que cette histoire bien connue de la création n’est qu’un mythe, une façon simple d’expliquer aux enfants une question insoluble. Mais il n’en est pas ainsi. La Bible nous dit exactement ce qui s’est passé au commencement, et pourquoi l’homme, dès lors, s’est avancé obstinément sur le chemin de sa propre destruction.
Car c’est un monde parfait que Dieu a créé, un monde magnifique et harmonieux, que l’homme a souillé — le monde parfait dont nous avons tous la nostalgie, le monde que nous recherchons tous.
Dans ce monde parfait, Dieu plaça un homme parfait, car Dieu ne peut faire que des choses et des êtres parfaits. Dieu donna à cet homme le plus précieux de tous les dons — le don de la vie éternelle. Il lui donna aussi le don de la liberté.
Dieu donna à l’homme la liberté de choisir.
Un de nos amis, le Dr H.L. Scott, prédicateur noir de renom, nous à raconté que le fils d’un de ses amis, étudiant dans une université, revint faire visite à sa famille, tout imbu de ses nouvelles connaissances.
« Père », dit-il un soir d’un ton plein de suffisance, « maintenant que je suis à l’université, je ne suis plus sûr de pouvoir adhérer à la foi simple et infantile de la Bible. »
Le père étudia son fils sans broncher, puis finalement lui dit : « Mon fils, tu es libre — tu as cette terrible liberté. » C’est ce que Dieu a donné à Adam — la liberté de choisir. Sa terrible liberté.
Le premier homme n’était pas un homme des cavernes, ni une créature sauvage des forêts, émettant des grognements, essayant de dompter les périls de la jungle et les bêtes des champs. Non, Adam fut créé à l’état d’homme fait ; chacune de ses facultés physiques et mentales était développée. Il marchait avec Dieu dans sa communion. Il était destiné à être comme un roi sur la terre, régnant par la volonté de Dieu.
Adam était donc l’homme parfait, le premier homme et la seule créature terrestre à qui Dieu ait jamais fait le cadeau inestimable de la liberté. Adam avait une liberté totale — liberté d’accepter ou de refuser, liberté d’obéir aux ordres de Dieu, ou au contraire de s’y soustraire, liberté de se rendre heureux ou malheureux. Car ce n’est pas la simple possession de la liberté qui satisfait ; c’est ce que nous choisissons de faire avec notre liberté qui détermine si oui ou non nous trouverons la paix avec Dieu et avec nous-mêmes.
C’est là le vrai cœur du problème, car, du moment où homme est en possession de la liberté, il est placé en face de deux chemins. La liberté n’a pas de sens s’il n’y a qu’un seul chemin à suivre; elle implique le droit de choisir, de déterminer le cours de son action individuelle.
Nous connaissons tous des hommes et des femmes qui sont honnêtes, non par libre choix, mais parce qu’ils n’ont pas eu l’occasion d’être malhonnêtes. Le Dr Manfred Gutzke a dit : « Vous, les gens d’un certain âge, ne croyez pas que vous devenez meilleurs simplement parce que vous vous rapprochez chaque jour de la mort. » Nous connaissons également des gens qui se louent d’être bons quand, en réalité, c’est leur entourage et leur genre de vie qui les préservent d’être mauvais. Nous ne saurions nous attribuer le mérite de résister à la tentation si nous ne sommes pas tentés !
Dieu ne donna pas à Adam un tel handicap. Il lui accorda le libre arbitre et lui donna toutes les occasions de l’exercer. Comme Dieu ne pouvait faire quelque chose qui ne fût parfait, Il fournit à Adam la possibilité de montrer si oui ou non il voulait servir Dieu.
Adam, dans le jardin, était sans péché ; son innocence était absolue. Le monde entier était à ses pieds. L’histoire de la race humaine était alors entre ses mains, semblable à une grande feuille du parchemin le plus pur, encore vierge, sur lequel il devait écrire le premier chapitre — la route que prendraient les générations futures.
Dieu avait achevé son travail. Il avait créé un jardin terrestre, richement pourvu de tout ce dont l’homme pouvait avoir besoin. Il avait créé un homme parfait, à sa propre image. Il avait doté cet homme d’un esprit et d’une âme, et lui avait donné la faculté d’employer l’un et l’autre comme il lui semblerait bon. Puis, en Père sage, Dieu attendit de voir quel choix son enfant allait faire.
C’était là le test, la grande épreuve. Adam allait employer sa libre volonté pour choisir le bon ou le mauvais chemin. Et cela suivant son désir, et non parce qu’il n’y avait qu’un seul chemin !
Il fit son choix. Il en subit les conséquences, et il ouvrit ainsi la voie que toute l’humanité devait suivre. « Ainsi donc, comme par une seule offense la condamnation à atteint tous les hommes… » (Romains 5.18.) L’apôtre Paul a aussi déclaré : « Comme par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort. aussi la mort s’est étendue sur tous les hommes, parce que tous ont péché. » (Romains 5.12.)
Car Adam était l’origine de la race humaine. Il était semblable à une source jaillissant de la terre, aussi claire que du cristal, et il avait le choix : allait-il devenir comme une rivière courant dans des pâturages fertiles et verdoyants, ou bien un torrent boueux, se heurtant aux rochers, battant les falaises profondes et sans soleil — froid et misérable, incapable d’apporter la joie et l’abondance au pays qu’il traverse ?
On ne peut rendre Dieu responsable du marasme tragique dans lequel le monde se débat depuis si longtemps. La faute en est à Adam, qui choisit d’écouter les mensonges du Tentateur plutôt que la vérité de Dieu ! L’histoire de l’humanité, dès ce jour et jusqu’à maintenant, à été celle des efforts inutiles de l’homme pour regagner la position perdue par la chute d’Adam, et, n’y réussissant pas, à conjurer la malédiction.
« Mais ce n’est pas juste ! » direz-vous peut-être. « Pourquoi devons-nous souffrir aujourd’hui parce que le premier homme pécha dans les temps les plus reculés ? Pourquoi l’humanité ne s’est-elle pas guérie au cours des années ? Pourquoi continuons-nous à être punis chaque jour de notre vie ? » Une pensée courante aujourd’hui veut qu’il soit possible d’améliorer l’homme en améliorant son environnement. Mais n’est-il pas étrange de constater que le premier péché a été commis dans un environnement parfait ?
Revenons à l’histoire de la rivière — la rivière froide et sombre qui court au fond de la gorge profonde et lugubre. Pourquoi cette rivière ne remonte-t-elle pas jusqu’aux prairies chaudes et plaisantes qui sont en amont ? Pourquoi ne quitte-t-elle pas sa courbe sombre et ne devient-elle pas le torrent heureux et bouillonnant qu’elle était quand elle jaillissait spontanément de la terre ? Parce qu’elle ne le peut pas. Elle n’a pas en elle-même la puissance de faire autre chose que ce qu’elle a toujours fait. Ayant plongé une fois pour toutes des bords escarpés dans l’obscurité, elle ne saurait remonter par elle-même jusqu’au pays ensoleillé et lumineux qu’elle a quitté. Le moyen de remonter existe, le chemin est là, tout près, mais la rivière ne sait comment y parvenir. Cela me fait penser au Yang-tseu-kiang, en Chine. Ce fleuve charrie sa boue sur des kilomètres au large dans la mer, transformant les eaux bleues et vertes en une eau jaune et boueuse : maïs il lui est impossible de faire autrement.
Il y a un miracle, toujours prêt, pour faire remonter la rivière humaine hors de la misère et la replacer dans la chaude vallée de la paix. Mais la rivière ne voit ni n’écoute. Elle pense ne pouvoir faire autre chose que continuer son chemin tortueux jusqu’à ce que, finalement, elle se perde dans l’océan de la destruction.
L’histoire de la rivière est celle de l’homme depuis Adam : il tourne, il serpente et se plonge toujours plus profondément dans les ténèbres. Bien que nous élevions la voix et que nous criions au secours, nous choisissons encore et toujours — comme Adam — le mauvais chemin. Dans notre désespoir, nous nous tournons contre Dieu et nous le blâmons. Nous mettons en doute sa sagesse et son jugement. Nous accusons sa grâce et son amour.
Nous oublions qu’Adam était la tête de l’humanité, comme un chef d’Etat est la tête du gouvernement. Quand il prend une décision, cette décision est considérée comme celle du peuple entier.
Adam représente la tête de l’humanité. Quand il faillit, quand il succomba à la tentation et tomba, les générations à venir tombèrent avec lui. La Bible établit très clairement que les conséquences du péché d’Adam retombent sur chacun de ses descendants. La Genèse a raison de dire (3.17-19) que l’action d’Adam nous à tous plongés en pleine tragédie, comme notre amère expérience nous le montre trop bien : « Le sol est maudit à cause de toi. C’est à force de peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie&nbp;; il te produira des épines et des ronces et tu mangeras de l’herbe des champs. C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu’à ce que tu retournes dans la terre, d’où tu as été pris, Car tu es poussière et tu retourneras dans la poussière. »
Et à Eve, Dieu dit : « J’augmenterai la souffrance de tes grossesses ; tu enfanteras avec douleur, et tes désirs se porteront vers ton mari, mais il dominera sur toi. » (Genèse 3.16.)
En d’autres termes, par la faute du péché originel d’Adam, le sol qui autrefois ne produisait que les plantes magnifiques et nourrissantes produit désormais de bons et de mauvais fruits. L’homme qui autrefois n’avait qu’à se promener dans le jardin et tendre la main pour avoir sa nourriture, sans souci aucun, doit dorénavant peiner tous les jours de sa vie, afin de pourvoir à ses besoins et à ceux de sa famille. La femme, autrefois la plus insouciante des créatures, est maintenant chargée de peines et de douleurs et tous les deux sont condamnés à la mort physique et spirituelle.
Le péché entra dans l’humanité par Adam, et dès lors l’humanité a essayé en vain de s’en libérer. Puis, comme elle n’y parvenait pas, elle a tenté en vain de conjurer la malédiction. La Bible enseigne que Dieu avertit Adam que s’il mangeait du fruit de l’arbre de la connaissance, il mourrait certainement.
La Bible nous dit aussi que Dieu ordonna à Adam et à Eve de croître, de multiplier et de remplir la terre. Bien que créés à l’image de Dieu, Adam et Eve donnèrent naissance, après la chute, à des enfants à leur propre image. En conséquence, Caïn et Abel étaient atteints de la maladie mortelle du péché qu’ils héritèrent de leurs parents et qui se transmit dès lors de génération en génération, Nous sommes tous pécheurs par héritage et nous ne pouvons, par aucun moyen, échapper à cette hérédité.
Nous avons essayé par tous les moyens de regagner la position qu’Adam avait perdue. Nous avons essayé par la culture, la philosophie, la religion et la politique de rejeter notre joug de dépravation et de péché. Nous avons tenté d’accomplir, avec notre esprit limité par le péché, ce que Dieu proposait à l’homme de faire avec la vision claire qui ne peut venir que d’En haut. Nos motifs étaient bons et quelques-unes de nos tentatives furent louables, mais toutes ont échoué loin du but. Tout notre savoir, toutes nos inventions, tous nos progrès et nos plans ambitieux n’ont fait que de nous élever un peu plus pour nous laisser ensuite retomber au point d’où nous étions partis. Car nous commettons la même faute qu’Adam: nous essayons encore de régner par nos propres moyens et par notre propre force au lieu d’obéir aux lois de Dieu.
Avant de prétendre que Dieu est injuste et déraisonnable, parce qu’Il permet que le péché enveloppe le monde, regardons la situation de plus près. Dieu, dans son infinie compassion, envoya son Fils pour nous montrer comment sortir de nos dilemmes.Il l’envoya pour subir les mêmes tentations qu’Adam et pour en triompher. Satan tenta Jésus comme il avait tenté Adam. Satan offrit à Jésus la puissance et la gloire s’il voulait renier Dieu, comme il les avait offertes à Adam par Eve.
La grande différence, c’est que Jésus-Christ résista à la tentation ! Quand le Diable lui montra tous les royaumes de la terre et qu’il lui promit toute leur gloire, s’Il voulait le suivre, notre Seigneur dit : « Retire-toi de moi, Satan ! » Car il est écrit : « Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul. » (Matthieu 4.10.) Il triompha entièrement du Tentateur, et révéla ainsi à tous les peuples de toutes les générations à venir son caractère sans péché. Il est notre victoire !
Par notre faiblesse et par notre nature dépravée, nous avons prouvé que nous étions les vrais fils d’Adam et nous avons marché fidèlement sur ses traces. Nous pouvons déplorer le choix d’Adam, mais nous l’imitons quand même ! Nous n’échappons pas un seul jour aux tentations qui furent les siennes. Il ne se passe pas de jour que nous n’ayons à choisir entre les habiles promesses du Diable et la Parole certaine de Dieu.
Nous soupirons après le jour où la déception, la maladie et la mort auront disparu. Cependant, ce rêve ne peut devenir une réalité aussi longtemps que nous sommes les fils irrégénérés d’Adam.
Depuis le commencement des temps jusqu’à maintenant, l’homme, par sa recherche impie de puissance, par sa volonté arrêtée d’employer son libre arbitre à des fins égoïstes, a signé sa propre condamnation. Les ruines et les décombres de plusieurs civilisations gisent épars sur la terre — muet témoignage de l’incapacité de l’homme à édifier un monde durable sans Dieu. De nouvelles ruines, de nouvelles misères surgissent chaque jour, et pourtant l’homme continue à se précipiter vers sa perte.
Dieu cependant, dans sa compréhension et dans sa grâce infinie, regarde et attend avec une patience et une compassion qui surpassent toute intelligence. Il attend que l’homme se tourne librement vers lui. Les deux mêmes chemins que Dieu avait mis devant Adam sont encore devant nous. Nous sommes encore libres de choisir. Nous vivons dans une période de grâce où Dieu retient le châtiment éternel que nous méritons si justement.
C’est la présence du péché qui empêche l’homme d’être heureux. C’est à cause du péché qu’il n’a jamais pu atteindre l’idéal dont il rêvait. Chaque projet, chaque civilisation qu’il construit finit par échouer et tomber dans l’oubli, car les œuvres de l’homme sont toutes accomplies dans l’injustice. Les ruines qui nous entourent aujourd’hui sont les témoins éloquents du péché qui remplit le monde.
L’homme semble avoir perdu de vue la loi toujours actuelle de cause à effet qui agit dans tous les domaines de l’univers. Les effets sont suffisamment évidents, mais la cause principale et profonde semble moins distincte. C’est peut-être l’éclat de la philosophie moderne du « progrès » qui obscurcit la vue de l’homme ! Peut-être l’homme est-il si épris de cette folle théorie humaine qu’il se cramponne à l’idée que l’humanité avance lentement mais sûrement vers la perfection finale !
Tel philosophe prétend même que la tragédie du monde présent n’est qu’un incident dans sa marche ascendante, et il montre d’autres périodes de l’histoire de l’humanité dans lesquelles l’avenir paraissait tout aussi sombre. Il cherche à prouver que les mauvaises conditions de vie actuelles ne sont que la naissance douloureuse d’un jour meilleur ; que les hommes tâtonnent et trébuchent encore dans l’enfance de l’existence, le long d’un chemin interminable qui les conduira, dans la suite des temps, à l’état d’hommes parfaits !
Mais la Bible expose clairement ce que la science humaine semble si mal disposée à admettre, c’est-à-dire que la nature révèle à la fois un Créateur et un Corrupteur. L’homme reproche à Dieu l’œuvre du Corrupteur. Il oublie que notre monde n’est pas tel que Dieu le fit. Dieu a créé le monde bon, le péché la corrompu. Dieu fit l’homme innocent, mais le péché l’a rendu égoïste. Chaque manifestation du mal est le résultat du péché originel — péché qui n’a pas changé depuis le moment où, pour la première fois, il entra dans l’humanité. Il peut se manifester de manières différentes, mais en réalité c’est le même péché qui pousse un sauvage à se tapir le long d’une piste de la jungle pour attendre sa victime, lance en main, et un pilote cultivé et expérimenté à survoler cette même jungle, prêt à bombarder un village par surprise.
Ces deux hommes sont séparés par des siècles de culture. L’un peut avoir fait plus de « progrès » que l’autre, avoir les avantages de la « civilisation » humaine, tandis que l’autre est encore à l’état « primitif ». Sont-ils vraiment si différents ? N’agissent-ils pas tous deux dans la crainte et la méfiance à l’égard de leurs semblables ? Ne cherchent-ils pas tous deux, égoïstement, à atteindre leur but à n’importe quel prix, même aux dépens de leur prochain ? Une bombe est-elle moins sauvage et brutale, plus civilisée qu’une lance ? Pouvons-nous espérer trouver une solution à nos problèmes aussi longtemps que les plus « primitifs » comme les plus « avancés » sont plus enclins à tuer leur prochain qu’à l’aimer ?
Tous les soucis, toute l’amertume, toute la violence, la tragédie et la douleur de l’histoire humaine sont renfermés dans ce petit mot : péché. Aujourd’hui, la réaction générale est : « Et alors ? » En fait, on cherche délibérément à rendre populaire et à embellir le péché. Les feuilletons les plus suivis de nos télévisions glorifient l’opulence décadente. Les couvertures de nos revues présentent fréquemment l’immoralité et la perversion. Le péché est « in ».
Les gens n’aiment pas entendre dire qu’ils sont pécheurs, bien que leurs parents et grands-parents l’aient été avant eux. Pourtant la Bible déclare : « Il n’y a point de distinction : car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu. » (Romains 3.22-23.) Elle déclare en outre que tout être humain sur la terre est un pécheur aux yeux de Dieu ; et chaque fois que quelqu’un prétend faire exception à une règle si infaillible, cela me rappelle l’histoire de ce paroissien qui vint un jour voir son pasteur pour discuter du péché.
« Votre auditoire, dont je fais partie, lui dit-il, désirerait que vous ne parliez pas autant ni si ouvertement du péché. Nous craignons qu’en entendant parler si souvent de ce sujet, nos jeunes gens et nos jeunes filles ne deviennent plus facilement pécheurs. Pourquoi ne l’appelez-vous pas « erreur » ou ne dites-vous pas que notre jeunesse manque de discernement ? De grâce, ne parlez pas si imprudemment du péché ! »
Le pasteur traversa la pièce, prit sur un rayon une bouteille sur laquelle ce mot figurait en grosses lettres rouges : « Poison ». « Que voudriez-vous que je fasse ? » demanda-t-il. « Pensez-vous qu’il serait sage de ma part d’enlever cette étiquette et d’en mettre une autre avec les mots : « Alcool ! de menthe » ? Ne voyez-vous pas que plus vous affaiblissez l’avertissement de l’étiquette, plus vous rendez le poison dangereux ? »
Le péché, le péché ancien qui causa la chute d’Adam, voilà la cause de nos souffrances actuelles ; et nous nous faisons plus de mal que de bien en cherchant à le camoufler par une étiquette fantaisiste et plus attrayante. Nous n’avons pas besoin d’un mot nouveau pour le péché. Nous avons besoin de savoir ce que signifie ce mot que nous avons toujours employé ! Car, bien que le péché règne dans le monde aujourd’hui, rendu attrayant et plein de séductions, des multitudes ignorent complètement sa réelle signification. C’est la notion fausse et limitée du péché qui barre la route de la conversion à beaucoup d’hommes et de femmes. C’est le manque de compréhension du péché qui empêche beaucoup de chrétiens de vivre la vraie vie de Christ. Un vieux negro spiritual disait : « Ce ne sont pas tous ceux qui parlent du Ciel qui y entreront. » Il en est de même du péché. Ceux qui en parlent ne réalisent pas tous ce qu’il signifie. Cependant, il est d’une importance primordiale que nous nous familiarisions avec la manière dont Dieu considère le péché.
Nous pouvons essayer de considérer le péché comme une « faiblesse humaine ». Nous pouvons l’appeler une bagatelle, mais Dieu l’appelle une tragédie. Nous aimerions le considérer comme un accident, mais Dieu déclare qu’il est une abomination. L’homme cherche à s’excuser du péché, mais Dieu veut l’en convaincre et l’en délivrer. Le péché n’est pas un jouet amusant — il est une terreur à fuir ! Apprenez donc ce que représente le péché aux yeux de Dieu !
Le Dr Richard Beal donne cinq définitions du péché.
Premièrement : le péché est un crime ; c’est la transgression de la loi de Dieu (1 Jean 3.4). Dieu a établi la limite entre le bien et le mal, et chaque fois que nous franchissons cette frontière, chaque fois que nous sommes coupables d’intrusion dans la zone du mal, nous transgressons la loi. Chaque fois que nous n’agissons pas selon les dix commandements, ou que nous nous écartons des préceptes du sermon sur la montagne, nous transgressons la loi de Dieu et nous sommes coupables de péché.
Si vous prenez les dix commandements, l’un après l’autre, vous remarquerez comment aujourd’hui l’humanité non seulement les enfreint délibérément, mais encore glorifie cette infraction ! De l’idolâtrie — qui est tout ce qui met quoi que ce soit avant Dieu — à l’observance du jour du repos pour le garder sanctifié (que deviendrait le football professionnel et d’autres sports si les chrétiens refusaient d’en être les spectateurs le dimanche ?) et au respect des parents, à la convoitise, à l’adultère : il semble qu’il y ait une tendance commune à enfreindre délibérément chacun de ces commandements. Et non seulement cela, mais il apparaît que l’on cherche volontairement à rendre ces infractions séduisantes.
L’apôtre Jacques prouve notre culpabilité par ces mots : « Mais chacun est tenté quand il est attiré et amorcé par sa propre convoitise. Puis la convoitise, lorsqu’elle a conçu, enfante le péché ; et le péché, étant consommé, produit la mort.&nbp;» (Jacques 1.14-15.) C’est parce que nous avons tous violé les lois de Dieu, tous transgressé ses commandements, que nous sommes tous déclarés pécheurs.
Deuxièmement : la Bible décrit le péché comme une iniquité. L’iniquité est un écart du droit chemin, que l’acte particulier ait été où non expressément défendu. L’iniquité a trait à nos mobiles intérieurs, à ces choses que nous essayons si souvent de cacher aux yeux des hommes et de Dieu. Ce sont les fautes qui proviennent de notre nature corrompue plutôt que les mauvaises actions auxquelles les circonstances nous poussent parfois.
Jésus décrit cette corruption intérieure en disant : « Car c’est du dedans, c’est du cœur des hommes que sortent les mauvaises pensées, les adultères, les impudicités, les meurtres, les vols, les cupidités, les méchancetés, la fraude, le dérèglement, le regard envieux, la calomnie, l’orgueil, la folie. Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans, et souillent l’homme. » (Marc 7.21-23.)
Troisièmement : la Bible explique le péché comme une faillite, un but manqué. Le but de Dieu, c’est Christ. La raison d’être de toute vie doit être de vivre selon Christ. Il est venu pour nous montrer ce qu’il est possible à un homme d’accomplir sur la terre, et lorsque nous ne suivons pas son exemple, nous manquons du même coup le but.
Quatrièmement : le péché est une forme de violation. C’est l’intrusion de la volonté personnelle dans la sphère de l’autorité divine. Le péché n’est pas seulement une chose négative, ce n’est pas simplement l’absence d’amour pour Dieu. Le péché est le fait d’un choix positif, la préférence de soi-même à Dieu ; c’est le fait de porter son affection exclusivement sur soi, au lieu de rechercher de tout son cœur à aimer Dieu. L’égoïsme et l’égocentrisme sont une forme de péché aussi réelle que le vol et le meurtre ; c’est probablement la plus subtile, car elle cache si facilement l’étiquette de la bouteille de poison ! Ceux qui s’attachent à eux-mêmes, qui centrent toute leur affection sur leur personne, qui ne considèrent que leurs intérêts et ne défendent que leurs droits, sont aussi pécheurs que l’ivrogne ou la prostituée.
Jésus dit : « Que sert-il à un homme de gagner tout le monde, s’il perd son âme ? » (Marc 8.36.) En termes modernes, on pourrait dire : « Que sert-il à un homme de devenir un magnat de l’industrie, s’il est rongé d’ulcères et ne peut jouir de rien dans la vie ? Que sert-il à un dictateur de conquérir un hémisphère, s’il vit dans la crainte constante de la balle d’un vengeur ou du poignard d’un assassin ? Que sert-il à un père d’élever des enfantsdans une discipline parfaite, s’il est rejeté plus tard et abandonné dans ses vieux jours ? » En vérité, le péché d’égoïsme est un péché mortel.
Cinquièmement: le péché est un manque de foi. L’incrédulité est un péché, car elle est une insulte à la fidélité de Dieu. « Celui qui croit au Fils de Dieu a ce témoignage en lui-même ; celui qui ne croit pas Dieu le fait menteur, puisqu’il ne croit pas au témoignage que Dieu a rendu à son Fils. » (1 Jean 5.10.)
C’est l’incrédulité qui ferme la porte du Ciel et qui ouvre celle de l’enfer. C’est l’incrédulité qui rejette la Parole de Dieu et qui refuse Christ comme Sauveur. C’est l’incrédulité qui pousse l’homme à faire la sourde oreille à l’Evangile et à renier les miracles de Christ.
Le péché encourt la peine de mort, et personne n’a en soi la faculté de s’épargner la punition du péché ou de purifier son cœur de la corruption. Les anges, pas plus que les hommes, ne peuvent expier le péché. C’est en Christ seul que se trouve le remède. Christ seul peut sauver le pécheur du sort qui l’attend. « Car le salaire du péché, c’est la mort. » (Romains 6.23.) « L’âme qui pèche, c’est celle qui mourra. » (Ezéchiel 18.4.) « Ils ne peuvent se racheter l’un l’autre, ni donner à Dieu le prix du rachat. » (Psaume 49.8.) « Ni leur argent ni leur or ne pourront les délivrer, au jour de la fureur de l’Eternel. » (Sophonie 1.18.)
Le seul moyen de sauver les hommes de leurs péchés se trouve sur une colline solitaire en forme de crâne. Sur une croix est pendu un voleur, sur une autre, un meurtrier ; et, entre eux, est un homme portant une couronne d’épines. Le sang coule de ses mains et de ses pieds, jaillit de son côté, perle au-dessus de ses yeux — tandis que ceux qui sont devant lui ricanent et le raillent.
Quel est ce corps torturé ? Qui est cet Homme que d’autres hommes cherchent à humilier et à tuer ? C’est le Fils de Dieu, le Prince de paix, le Messager désigné par le Ciel même pour venir sur la terre, Celui devant qui les anges se courbent et se voilent la face. Et cependant Il est là, ensanglanté et abandonné sur la Croix.
Pourquoi a-t-Il été amené à ce lieu d’horreur ? Qui inflige cette hideuse torture à l’Homme venu nous enseigner l’amour ? Vous et moi, car c’est pour vos péchés et pour mes péchés que Jésus fut cloué à la croix. A cette heure unique dans l’histoire, l’humanité sombrait dans la plus profonde obscurité du péché ; elle descendait dans les abîmes les plus effrayants, atteignait le comble de la souillure. Il n’est pas étonnant que le soleil n’ait pu supporter cela et se soit voilé la face !
Sur la croix, le péché fut confondu. Le coup qui crucifia Christ ouvrit à l’homme les portes de la liberté. Le chef-d’œuvre du péché, de la honte et de la haine devint le chef-d’œuvre de la grâce et du pardon divins. Par la mort de Agneau de Dieu sur la croix, le péché lui-même fut crucifié pour ceux qui croient en Christ. Sa mort est le fondement de notre espérance, la promesse de notre triomphe. A la croix, Christ porta sur lui les péchés qui nous enchaînaient. Il est mort pour nous et Il est ressuscité ! Il a prouvé à l’homme la vérité des promesses de Dieu. Et si vous voulez accepter Christ par la foi aujourd’hui, vous pouvez, vous aussi, être pardonné de vos péchés et connaître la sécurité et la liberté, sachant que par l’amour de Christ votre âme est purifiée du péché et sauvée de la damnation.