Le secret du bonheur

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LE BONHEUR PAR LA DOUCEUR

Bienheureux les débonnaires, car ils hériteront la terre !
Matthieu 5.5

Nous prenons souvent des raccourcis pour arriver plus vite au bonheur. Nous grattons en surface pour découvrir les pépites d’or de la satiété spirituelle, au lieu de fouiller en profondeur où elles se trouvent en abondance. Nous sommes enclins naturellement à adopter les solutions faciles, suivant la loi du moindre effort, oubliant que la chaleur et la lumière sont toutes deux produites par la résistance, cette résistance qui dégage les forces latentes de la vie.

Beaucoup parmi nous sont comme ce brocanteur qui possédait un chantier de récupération. Il travaillait avec acharnement, achetant et revendant toutes les vieilleries de la ville. Mais un jour il découvrit que, sous son chantier, était situé un terrain pétrolifère. Il engagea des ouvriers pour forer des puits et bientôt l’or noir jaillit en abondance. Son pauvre chantier devenait une véritable mine de richesses.

Dans ces Béatitudes, nous avons une mine d’or spirituel. Pour beaucoup, cela semble trop beau pour être vrai et on va son chemin, arrachant ce qu’on peut à une vie superficielle, récupérant du confort, de l’argent et des jouissances passagères. Parce que les hommes ignorent la valeur et les promesses de ces secrets du bonheur, ils passent à côté d’une vie radieuse et restent pauvres spirituellement, se débattant dans une indigence dont ils sont eux-mêmes responsables.

Ils oublient que ce qui se passe en eux est plus important que ce qui leur arrive de l’extérieur. N’ayant pas fortifié leur être intérieur, ils sont la proie de l’Ennemi. Ils deviennent pleins de ressentiments, ils sont déconcertés par leurs insuccès et abattus par les déceptions.

Pensez-vous que Dieu se serait préoccupé d’envoyer son Fils dans le monde si l’homme avait été capable de faire face seul à la vie et à l’éternité ? La venue de Christ dans le monde prouve que Dieu souffrait du malheur des hommes. Il envoya Jésus non seulement pour que nous puissions avoir la vie éternelle, mais afin que nous ayons la vie ici-bas et maintenant, et que nous puissions l’avoir en abondance — la Vie — avec un V majuscule.

L’enseignement de Jésus fut unique et nouveau. Il fit de la religion non plus une théorie, mais une application pratique. Il n’usa pas de grands mots pour définir sa manière de vivre. Il n’employa pas des phrases telles que : « J’ose dire » ou « Peut-être que c’est ainsi », ou encore « C’est mon opinion ».

Il parlait avec autorité ! Il parlait avec décision ! Il parlait comme quelqu’un qui sait et en fait, Il savait !

Il ne parlait pas de la manière nuancée et conjecturale du philosophe, qui prétend chercher la vérité mais admet ne jamais l’avoir trouvée. Sa manière de parler ressemblait plus à celle du mathématicien qui donne sa réponse sans hésiter parce que la preuve peut en être donnée par le problème lui-même.

La troisième Béatitude est : « Bienheureux les débonnaires, car ils hériteront la terre. » Ne vous est-il jamais arrivé de penser qu’il y a du bonheur dans la douceur ? Le mot débonnaire signifie bon, déférent, affable. En fait, la plupart d’entre nous connaissons bien peu d’hommes bons, déférents et affables.

Christ voulait-Il que ses disciples soient semblables à de petits chiens bien dressés qui rampent devant leur maître ? Le bonheur découlerait-il d’une soumission forcée ? Certainement pas !

Jésus n’essaie pas de suggérer que Dieu est un autocrate qui ne peut satisfaire son autoritarisme qu’en usant de coercition. Rien n’est peut-être plus loin de la vérité. Il n’y a pas de bonheur à être obligé de faire ce que l’on ne désire pas. L’esclave le plus misérable est celui qui constamment s’irrite de sa servitude, Ce serait à la fois contraire à la nature de Dieu et au libre arbitre de l’homme d’exiger une obéissance qui ne serait pas librement consentie.

Dieu respectera toujours notre liberté de choisir entre la vie éternelle et la mort spirituelle, entre le bien et le mal, entre le juste et le faux. Son but final est non seulement sa gloire, mais aussi l’établissement de relations heureuses avec sa créature d’élection — l’homme. Il n’exigera jamais rien qui puisse limiter la liberté de l’homme.

La douceur du débonnaire dont parle Jésus signifie-t-elle faiblesse ? Cela veut-il dire qu’une bénédiction spéciale est réservée aux faibles et aux esprits timorés ? Non, assurément ! Les disciples étaient doux, mais non pas faibles. Ils étaient disciplinés, mais non assujettis.

Jésus s’adressait-Il à ceux qui par nature ont des tempéraments doux ? Certaines personnes naissent avec de meilleures dispositions que d’autres. Leurs manières agréables proviennent plutôt de l’hérédité que d’une vie de prière intense ou d’une grâce spéciale de Dieu. Elles sont douces parce que leur mère ou leur père ou leur grand-mère étaient doux. La douceur est un trait de caractère admirable, mais Jésus ne pensait certainement pas à ces quelques êtres privilégiés qui, par nature, ont de bonnes dispositions. Sinon, cela signifierait que ceux qui ont des dispositions malheureuses ne pourraient jamais connaître ce bonheur-là.

Jésus, suivant son habitude, prononçait là une parole percutante et révolutionnaire : « Bienheureux les débonnaires. » Il faisait une déclaration absolument contraire à notre conception moderne du bonheur.

Nous, nous disons : « Bienheureux les intelligents, car ils hériteront l’admiration de leurs amis » ; « Bienheureux les ambitieux, car ils hériteront la prospérité » ; « Bienheureux ceux qui ont du talent, car ils auront du succès » ; « Bienheureux les riches, car ils hériteront une foule d’amis et une maison avec tout le confort moderne ».

Jésus n’a pas dit : « Soyez doux et vous hériterez la terre. » Lui, plus que quiconque, savait que la douceur est un don de Dieu, le résultat d’une nouvelle naissance.

Moïse était doux, mais il ne l’était pas de nature. Il tua un Egyptien dans sa colère et plus d’une fois il montra que sa douceur n’était pas une disposition naturelle. Lorsqu’il découvrit que les enfants d’Israël se détournaient de l’Eternel pour adorer les idoles, il se mit en colère et jeta par terre les tables de pierre sur lesquelles étaient écrits les Dix Commandements. Sa douceur, d’une manière évidente, était contraire à sa nature. C’était un miracle de Dieu !

Pierre n’était pas doux de nature. Il se mit en colère et coupa l’oreille d’un garde qui venait arrêter Jésus. Il jura et fit des imprécations quand il fut accusé d’être un des disciples de Jésus. Il devint un des avocats les plus vigoureux du christianisme tout en étant un des hommes les plus doux. D’où avait-il reçu sa douceur ?

Paul, avant sa conversion, n’était pas doux. Fièrement et brutalement, il arrêtait tous les chrétiens et cherchait à les exterminer. Il était fanatique, égoïste et vantard. Mais quand il écrivit cette lettre si chaude et si pleine d’affection qu’est l’Epître aux Galates, il dit entre autres paroles : « Le fruit de l’Esprit est… la patience, la bonté… la douceur. »1 Sa douceur était un don de Dieu, elle ne venait pas de l’homme.

1 Galates 5.22-23.

Il n’est pas dans notre nature d’être doux ; bien au contraire, nous sommes portés à être fiers et arrogants. C’est la raison pour laquelle la nouvelle naissance est si importante pour chacun de nous. Ce n’est pas seulement à Nicodème, mais aussi à chacun de nous que Jésus dit franchement et clairement : « Il faut que vous naissiez de nouveau. »2

2 Jean 3.7.

La douceur commence par cela ! Votre nature doit changer. Désirez-vous ce bonheur ? Vous devez alors naître de nouveau — c’est le premier pas. Si vous êtes trop fiers, trop têtus et trop obstinés pour faire ce premier pas, vous n’êtes pas dignes d’hériter la terre.

En rejetant ce commandement de Christ, nous perdons automatiquement le droit à la promesse qui le suit. Nous ne pouvons pas bien aboutir quand nous commençons mal. S’il n’y a pas de nouvelle naissance, la douceur ne peut être reçue ; et s’il n’y a pas de douceur, il ne peut y avoir de vrai bonheur.

L’arrogance porte en soi sa propre misère. Une personne arrogante peut en offenser d’autres, mais elle se blesse plus encore elle-même.

Je me suis fait piquer une fois par une abeille. L’aiguillon me blessa, mais l’abeille fut plus gravement blessée encore, car elle mourut de cette piqûre.

Jésus ne donne pas un ordre dans cette Béatitude, il ne dit pas non plus « vous devez être débonnaires, c’est ainsi qu’il faut vivre ». Non, Il dit simplement que si nous voulons trouver le secret du bonheur et jouir de la vie, la douceur en est la condition nécessaire.

La douceur est un joyau aux multiples facettes. C’est une qualité spirituelle ayant beaucoup d’aspects. Regardons ce bijou de beauté spirituelle à la lumière de la vérité et considérons ses nombreuses facettes.

Douceur signifie bonté.

Le mot bonté était rarement entendu avant l’ère chrétienne. Cette grande qualité du caractère est un dérivé direct de la foi chrétienne.

Le monde, dans ces quelques dernières années, est revenu à une sorte de barbarie. Comme le christianisme pratique a décliné, la rudesse et la sauvagerie ont augmenté. Mais toute cette dureté — cette cruauté qui s’est manifestée dans une série de guerres sanglantes — a laissé son empreinte sur chaque membre de la société humaine.

On donne aux enfants des jouets représentant la violence : des fusils, des tanks, des avions de combat et des soldats. Nos moyens de distraction alimentent nos penchants primitifs en nous offrant des films d’intrigue, de guerre, de licence et de crimes. Les journaux ont mis de l’huile sur le feu en dramatisant les haines, les convoitises et les passions de la nature humaine. Certains romans noirs ont également contribué à augmenter notre chaos moral en influençant nos enfants et en leur inculquant la violence.

Ce retour à la barbarie affecte maintenant tous les domaines de notre vie sociale. Les voisins se querellent entre eux. Dans nos écoles, les bagarres sont un grand problème, et la délinquance des adolescents est devenue une menace sérieuse pour nos villes. Les parents se disputent ; les foyers se désintègrent. Les hommes d’Etat s’affrontent d’une manière brutale sans rapport avec la dignité de leurs fonctions.

Pourquoi et comment cette barbarie s’est-elle glissée dans notre vie sociale ? Parce que nous avons oublié les paroles de Jésus : « Bienheureux les débonnaires, car ils hériteront la terre. »

Nous avons donné du charme au vice et minimisé la vertu. Nous avons foulé aux pieds la bonté, les bonnes manières et la morale, tandis que nous avons cultivé la rudesse, la vulgarité et le vice. Nous sommes revenus à l’époque barbare de la loi du talion, « œil pour œil », et au régime de la raison du plus fort. Nous sommes riches en savoir, mais pauvres en sagesse ; doués dans l’art de faire la guerre, mais tristement dépourvus de bonté, de douceur et de foi. Individuellement, nous sommes bourrés de ressentiments, d’iritation, d’amertume et de désenchantement !

La Bible dit : « La sagesse d’en haut est premièrement pure, ensuite pacifique, modérée, conciliante, pleine de miséricorde et de bons fruits, exempte de duplicité, d’hypocrisie. »3

3 Jacques 3.17.

J’ai vu des hommes brutaux et avilis, des épaves humaines, devenir, après avoir ouvert leur cœur par la foi et reçu Christ comme Sauveur, des hommes rangés et respectés, des hommes patients et miséricordieux.

Quand nous étions à Londres, la Société Ford nous prêta deux voitures neuves et mit à notre disposition deux chauffeurs pour conduire notre équipe dans ses nombreux déplacements. L’un de ces conducteurs était un « dur » qui avait joui de tout ce que le monde peut offrir. Il venait aux réunions et regardait la scène sans intérêt, avec un détachement évident. Mais un soir, il se leva quand retentit l’appel et se décida pour Christ. Quel changement se produisit en cet homme ! Sa rudesse disparut ; il devint une nouvelle créature ! Il abandonna sa littérature pimentée et il commença à mémoriser des textes du Nouveau Testament et montra les caractères d’un vrai chrétien. « Le fruit de l’Esprit est… la patience, la bonté… la douceur. »4

4 Galates 5.22-23.

La douceur comprend aussi la volonté de s’abandonner.

Le mot abandonner a deux sens. Le premier est négatif et le second positif. Il signifie : « renoncer, céder », mais aussi « donner ». Jésus a dit : « Celui qui perdra (ou abandonnera) sa vie. la retrouvera. »5

5 Matthieu 10.39.

La Bible dit : « De même donc que vous avez livré (abandonné) vos membres comme esclaves à l’impureté et à l’iniquité… ainsi maintenant livrez (abandonnez) vos membres comme esclaves à la justice, pour arriver à la sainteté. »6

6 Romains 6.19.

Au lieu de nourrir votre esprit de ressentiments, d’abuser de votre corps par des plaisirs coupables, et de nuire à votre âme par votre obstination, cédez humblement à Dieu. Vos conflits disparaîtront et vos tensions intérieures s’enfuiront.

Votre vie alors prendra de la valeur. Elle commencera à produire, à donner, à porter des fruits. Vous aurez le sentiment d’appartenir à la vie. L’ennui s’enfuira et vous deviendrez vibrants d’espérance. Parce que vous serez débonnaires, vous commencerez à « hériter » la terre et les richesses que Dieu réserve à tous ceux qui se confient pleinement en Lui.

La science moderne, tout comme les chrétiens, enseigne, en termes non équivoques, la nécessité de s’abandonner complètement. Thomas Huxley écrivit une fois à Charles Kingsley : « La science dit qu’il faut admettre les faits comme un petit enfant, être prêt à abandonner toute notion préconçue et accepter les conclusions de la nature ; sinon, on ne connaîtra rien. »

Bienheureux les débonnaires, bienheureux ceux qui se donnent. Bienheureux ceux qui avec confiance mettent leur vie, leur fortune et leur avenir dans la main puissante de leur Créateur. Bienheureux sont ceux qui s’abandonnent et laissent agir Dieu.

La douceur implique la soumission.

Un cheval poussif est plus utile qu’un âne sauvage. La force non contrôlée est dangereuse, la force sous contrôle est puissante.

Dieu ne nous discipline pas pour nous assujettir, mais pour nous préparer à une vie utile et féconde. Dans sa sagesse, Il sait qu’une vie désordonnée n’est pas heureuse, aussi met-Il une bride à nos âmes capricieuses afin qu’elles soient dirigées dans les « sentiers de la justice ». Ce que Dieu cherche à faire de nous, c’est de nous soumettre, de nous placer sous son contrôle.

Il fait, dans le domaine spirituel, ce que la science fait dans le domaine physique. La science s’empare de la violence turbulente des chutes du Niagara pour la transformer en énergie électrique capable d’éclairer un million de foyers et de faire tourner les machines productives de l’industrie.

Dieu choisit Pierre — un fanatique en réaction contre la politique de son temps — dirigea sa force et son enthousiasme effréné vers des buts élevés, et il l’aida à lancer un mouvement qui transforma le monde.

Il appela Matthieu — un politicien subtil, qui connaissait assez les ficelles de la politique pour ne pas s’y laisser prendre — il l’enveloppa des liens de sa grâce et fit de lui un moyen de bénédiction.

Dieu dut soumettre chacun des disciples. Il ne s’agissait pas d’annihiler leurs forces et leurs énergies, mais de les diriger.

Vous avez un tempérament, et Dieu ne demande pas que vous vous en débarrassiez. Il dit que si vous voulez être heureux ce tempérament doit être maîtrisé et dirigé sur un but précis. Dieu ne peut pas employer un homme sans tempérament aussi bien que celui dont le tempérament a été dompté. Il y a trop de chrétiens qui jamais ne se mettent en colère ; ils ne s’indignent jamais de l’injustice, de la corruption ou des trafics infâmes qui corrompent les âmes et les corps des hommes.

Vous avez un moi — vous êtes conscient de votre personnalité, de votre individualité, et vous avez raison. Mais cela ne doit pas signifier que vous devez vouer un culte à votre personne, penser constamment à vous-même et vivre uniquement pour vous. Le bon sens dit que votre vie serait misérable si vous suiviez cette voie. Dieu s’intéresse infiniment plus à votre bonheur que vous ne pouvez le faire vous-même. Il dit : « Renoncez à vous-même et suivez-moi. »

Vous avez une langue et une voix. Ces instruments de la parole peuvent être employés d’une manière destructive ou constructive. Vous pouvez employer votre langue pour médire, pour calomnier, pour gronder, pour critiquer et pour combattre ; ou bien vous pouvez la soumettre à l’Esprit de Dieu et faire d’elle un instrument de bénédiction et de louange.

La Bible dit : « Si nous mettons le mors dans la bouche des chevaux pour qu’ils nous obéissent, nous dirigeons aussi leur corps tout entier. »7 Ainsi, de même, quand nous nous soumettons à Christ, nos natures indomptées sont sous son contrôle et nous devenons doux, soumis et prêts pour le service du Maître.

7 Jacques 3.3.

Douceur veut dire tolérance.

Le mot tolérance a été presque supprimé de notre vocabulaire moderne. Il signifie s’abstenir de condamner les autres, se retenir de juger les actions et les mobiles de ceux qui nous entourent.

La Bible dit : « En toute humilité et douceur, avec patience, vous supportant les uns les autres avec charité. »8

8 Ephésiens 4.2.

Cette génération est prompte à asséner des coups mortels, mais elle est lente à apporter le baume de la guérison. La critique méchante et l’appréciation injuste que vous portez sur votre prochain peuvent le blesser, mais elles vous blesseront encore plus. La condamnation injuste des autres agit comme un boomerang. Vous lancez votre accusation vindicative avec l’espoir de mettre vos adversaires hors de combat, et vous découvrez, hélas, que vous êtes plus blessé qu’ils ne le sont.

Bien des personnes sont seules aujourd’hui parce qu’elles ont éloigné, par leur propre aigreur, les amis dont elles avaient besoin. Plus d’une femme a découvert que gronder et crier ne gagnera jamais un mari, mais amènera souvent le divorce.

La douceur et la tolérance sont obligatoires pour vivre harmonieusement en société et pour édifier une heureuse vie de famille.

La Bible dit : « Rappelle-leur… de ne médire de personne, d’être pacifiques — modérés, pleins de douceur envers tous les hommes. »9 Vous ne pourrez être heureux aussi longtemps que vous exagérerez les fautes des autres et que vous minimiserez leurs qualités ; c’est le meilleur moyen d’effrayer vos amis, de perdre votre bonheur familial et de compromettre votre avenir. La solution chrétienne aux querelles entre voisins, aux difficultés dans la famille et aux dissensions dans la société est : « Supportez-vous les uns les autres, et, si l’un a sujet de se plaindre de l’autre, pardonnez vous réciproquement. De même que Christ vous a pardonné, pardonnez vous aussi. »10

9 Tite 3.2.

10 Colossiens 3.13.

On raconte l’histoire d’un vieux chrétien qui, excité apparemment au-delà de toute mesure par la méchanceté persistante d’un voisin, déclara publiquement qu’il « le tuerait ». Son ennemi entendit parler de ses intentions et attendit sardoniquement de voir ce que ferait ce vieillard inoffensif. Mais, au lieu de rendre le mal pour le mal, le vieux chrétien cherchait toutes les occasions de lui faire du bien. Au début, son attitude était un peu risible, presque agaçante, mais quand enfin le chrétien risqua sa vie pour sauver la femme de son ennemi qui se noyait, leur animosité disparut.

« Vous avez fait ce que vous aviez l’intention de faire, dit son ennemi, vous m’avez tué — ou plutôt vous avez tué l’homme que j’étais. Et maintenant, que puis-je faire pour vous ? »

Le monde sait bien reconnaître un véritable acte chrétien ! Il n’a pas besoin de plus de christianisme, mais de plus de chrétiens qui mettent en pratique la tolérance et le pardon chrétiens.

Et enfin la douceur fait naître la patience.

Nous vivons une époque de haute tension et de nervosité impatiente. Nous nous hâtons même quand il n’y a aucune raison de le faire, simplement par amour de la vitesse. Cette génération affolée a plus de problèmes et moins de moralité que les générations précédentes, et elle nous a donné à chacun un paquet de nerfs querelleurs.

L’impatience a causé une foule de divorces, a provoqué des ulcères sans nombre et a préparé le climat favorable à de nouvelles guerres mondiales. Et dans aucun domaine l’impatience n’a fait plus de dégâts que sur le plan familial.

La Bible dit : « Mais il faut que la patience accomplisse parfaitement son œuvre, afin que vous soyez parfaits et accomplis, sans faillir en rien. »11

11 Jacques 1.14.

Je connais une femme — une chrétienne — qui, malgré sa bonté à bien des égards, était très impatiente. Son pasteur parla un jour à son mari qui lui dit : « Ma femme est une bonne épouse, mais si la religion me rend aussi impatient qu’elle, je n’en veux rien savoir. »

Le pasteur en parla ouvertement à cette femme, qui avec humilité confessa que son péché était l’impatience. Quelques jours plus tard, son mari, rentrant de la pêche, traversa la salle à manger et, avec la canne qu’il tenait à la main, accrocha un vase de prix qui tomba et se brisa. Sa femme accourut. Il s’attendait à une avalanche de reproches, mais au lieu de cela, elle lui dit en souriant : « Cela n’a pas d’importance, les accidents arrivent dans les meilleures familles. »

Nous ne continuerons pas l’histoire plus longtemps, si ce n’est pour dire que quelques semaines plus tard cet homme se décida pour Christ et devint un membre actif de son Eglise.

Le monde pense que le christianisme est une bonne chose, mais les chrétiens ont trop souvent négligé de faire rayonner leur foi par une vie pleine de douceur et de patience.

« Bienheureux les débonnaires, car ils hériteront la terre. » Seuls ceux qui sont contrits, humbles et dépendants de Dieu peuvent hériter la joie et le contentement.

Jésus a dit à Saul de Tarse : « Il te serait dur de regimber contre les aiguillons. »12 Les aiguillons dont Il parle étaient des pointes fixées dans le harnais des bœufs. Elles n’étaient pas destinées à blesser l’animal, mais à le rendre utile, en contrôlant et en dirigeant ses forces.

12 Actes 9.5 ; 26.14.

Beaucoup d’entre vous ont « regimbé contre les aiguillons ». Vous n’avez pas tellement lutté contre les autres, comme vous le pensiez, que contre vous-même. Dieu ne désire pas que vous soyez en rébellion constante contre la vie, ses injustices apparentes, ses blessures et ses maux. Il vous invite à cesser vos vains efforts, à renoncer à vos ressentiments, à soumettre votre volonté et à vous exercer à la douceur et à la patience. C’est alors que vous serez heureux, et que ceux qui vous entourent verront Christ en vous et seront attirés vers Lui.

La douceur n’est pas une qualité que vous pouvez acquérir par vous-même. Ce n’est pas une disposition que vous pouvez obtenir dans une université ou dans un laboratoire scientifique. Vous ne pouvez l’hériter, un don de Dieu ! Jésus a dit : « Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur ; et vous trouverez du repos pour vos âmes. »13

13 Matthieu 11.29.

Allez dans un magasin d’articles électriques, regardez dans la vitrine toutes les ampoules. Chacune d’elles semble dire : « Je suis une lampe électrique, moi, pourquoi est-ce que je ne brille pas comme celle-là, qui trône sur sa douille ? » La réponse est simple : elle n’est pas reliée à la source de la puissance !

Dieu ne fait point acception de personne. Vous méritez votre juste part de bonheur. Vous avez comme tout le monde le droit de connaître Dieu. Ne restez pas à vous lamenter sur votre infortune et sur vos insuccès dans la vie. Prenez le joug de Christ sur vous « et vous trouverez du repos pour vos âmes ».

« Mais je n’arriverai pas ! J’échouerai certainement dans mon effort pour être chrétien ! »

Jésus a dit : « Prenez mon joug sur vous. » Il parle de son joug à Lui, et vous pouvez être assuré qu’Il en portera la part la plus lourde.

Avant de quitter ses disciples, Jésus promit de leur envoyer un Consolateur pour les aider dans les épreuves, les soucis et les tentations de la vie. Le mot consolateur veut dire « le compagnon qui réconforte »14. C’est le Saint-Esprit, la troisième personne de la Trinité. Au moment où vous naissez de nouveau, Il vient habiter dans votre cœur.

14 Dans la langue originale du Nouveau Testament.

Peut-être ne sentirez-vous pas sa présence, mais ici encore, vous devez exercer votre foi. Croyez-le ! Acceptez-le par un acte de foi ! Il est dans votre cœur pour vous aider à être doux !

La Bible nous dit qu’Il répand l’amour de Dieu dans nos cœurs. Il produit le fruit de l’Esprit : « l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance »15. Nous ne pouvons pas produire ce fruit par nous-mêmes, mais le Consolateur, qui vit dans nos cœurs, peut le faire surnaturellement.

15 Galates 5.22-23.

Soumettez-vous à Lui. donnez-Lui le contrôle de votre vie. Et par la douceur que vous recevrez de Lui, vous trouverez le bonheur !

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