L’attitude des chrétiens devant la souffrance peut paraître paradoxale : d’une part, ils affirment que Dieu, le Tout-puissant, aime les hommes et ne désire pas les voir souffrir, mais d’autre part, ils reconnaissent que la souffrance est un fait inévitable dont eux-mêmes ne sont pas dispensés.
Le Fils de Dieu lui-même a connu la souffrance, il a été « élevé à la perfection » par elle. Il a souffert la mort à notre place, de sorte que « nous sommes guéris par ses souffrances ». Guéris de la condamnation du péché et des souffrances qu’il entraînait dans nos vies, mais non pas délivrés de toute souffrance, car tout en étant intrinsèquement un mal, elle peut avoir des effets bénéfiques en favorisant nos progrès spirituels, en nous rapprochant de Dieu et nous donnant des occasions de le glorifier. En définitive, la souffrance reste un grand mystère, lié à cet autre mystère : le problème du mal, qui contient et résume toutes les énigmes que nous pose notre existence ; c’est un problème qu’il serait tentant – mais non pas honnête – d’éluder. C’est pourquoi nous essayerons d’en délimiter les contours dans le chapitre suivant.