Re-naître

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DIEU GUÉRIT-IL NOS MALADIES SPIRITUELLES ?

Un docteur australien me raconta cette histoire de coiffeur. Un jour, un coiffeur dit à un client dont il coupait les cheveux :

— Ah ! monsieur, vous avez une plaie à la lèvre.

— Oui, cela vient de mes cigarettes.

— Eh bien, ça n’a pas l’air de guérir.

— Si, si, ça va venir.

Ce client plein de confiance revint chez le coiffeur un mois plus tard. La plaie avait grandi et avait mauvais aspect.

— Ne vous en faites pas, dit le client au coiffeur, j’utilise maintenant un fume-cigarette, cela va bientôt guérir.

Le coiffeur, préoccupé, se procura des photographies de tumeurs cancéreuses de la lèvre et les montra à son client.

— C’est vrai que ça y ressemble, mais je ne m’en fais pas.

Quand, le mois suivant, le client ne vint pas à son rendez-vous habituel, le coiffeur l’appela au téléphone.

— Ah ! vous ne savez pas ? Il est mort d’un cancer voilà deux jours !

Le péché ressemble au cancer. Il détruit progressivement, lentement, sans que le malade s’aperçoive de l’attaque insidieuse du mal qui grandit peu à peu jusqu’au pronostic final : la mort à brève échéance.

Un homme me raconta un jour son histoire. Il avait été élevé en Europe dans une famille chrétienne, puis il vint chercher fortune, tout jeune, en Amérique. Il s’était converti au Christ, mais avait abandonné la foi. Il avait succombé à une tentation après l’autre jusqu’à ce qu’il aboutît à une situation désespérée. Je n’oublierai jamais comment il décrivit son expérience : « C’est comme quand on se baigne dans l’océan et qu’arrive une lame de fond. Vous ne voyez pas que vous êtes emporté jusqu’au moment où vous perdez pied tout à coup ; vous cherchez à nager de toutes vos forces, mais vous ne pouvez résister au flux vous entraînant vers le large. »

Mais, si nous ignorons certains signes précurseurs du danger, comment chercher du secours ? Nous pouvons trouver le secours proposé par la Bible si nous connaissons la manière dont le péché attaque l’homme et le corrompt.

Attaque contre l’intelligence

Une personne peut être brillante en certains domaines et ignorante sur le plan des réalités spirituelles. La Bible enseigne que notre intelligence est recouverte par un voile dont on doit être débarrassé pour connaître le Christ. Sans cette vision spirituelle nous ne pouvons venir à Dieu.

Vous avez peut-être entendu dire : « Comment une personne intelligente peut-elle croire à la Bible et à tous ses mythes et contradictions ? » (ce qui implique l’idée que l’Evangile de Jésus-Christ est anti-intellectuel). C’est le contraire de la vérité. Pour comprendre, il faut utiliser son intelligence, mais, quand l’intelligence est infectée par le péché, elle devient brumeuse et confuse.

J’ai connu à San Diego un homme, Joel Quinones, qui était un exemple vivant d’une personne dont l’intelligence est atteinte. Voici son histoire.

Joel fut jeté en prison à l’âge de dix-huit ans pour avoir tenté de tuer un sadique qui l’avait battu et brûlé avec sa cigarette. En sortant de prison, le garçon n’était qu’un paquet de haine, ne cherchant plus qu’à montrer son mépris pour la société. Bientôt il se retrouva au pénitencier de San Quentin, à dix-neuf ans, et il y resta onze ans. Il y fut examiné par les psychiatres, il y subit des électrochocs, pour être finalement déclaré « fou criminel ».

On plaça Joel chez les irrécupérables. Pour leur passer leur nourriture, on se servait d’une sorte de palette au bout d’un très long manche, afin de faire glisser la nourriture sous deux portes de sécurité. Joel nous dit plus tard : « Même les tigres, on ne les nourrit pas comme ça. »

Après son séjour à San Quentin, on décida de se débarrasser de tous les étrangers indésirables aux Etats-Unis. Joel avec un bon nombre d’autres Mexicains fut relâché au Mexique, de l’autre côté de la frontière. Il avait une mère chrétienne, cuisinière dans une école biblique. Elle avait assisté au premier procès de son fils et lui avait dit, lors de sa condamnation : « Joel, Jésus veut t’utiliser. »

Quand il fut relâché au Mexique, sa mère l’accueillit. En l’entourant de ses bras, cette femme lui dit « Joel, tu as besoin du Seigneur Jésus ; demande-lui pardon pour tes fautes, il te donnera un cœur nouveau et une vie neuve ! »

Joel ne voulut rien entendre, mais Dieu eut finalement la victoire et tout fut transformé. Joel fit des études à l’école biblique, épousa une condisciple et il est devenu maintenant aumônier des prisons dans la ville de Mexico. Il a amené tant de détenus au Christ qu’il est en train de construire un foyer de reclassement, la « Cité du Refuge », où des prisonniers libérés peuvent être récupérés et rendus à la vie normale. Le péché avait oblitéré l’intelligence de Joel, mais la puissance transformatrice du Christ lui a donné de nouvelles capacités.

Tandis que j’écris cette page, j’ai dans ma main le couteau à manche de corne, avec une lame de treize centimètres, qui fut celui de Joe Medina. L’histoire de Joe est incroyable, elle démontre tragicomiquement comment la puissance de Dieu peut agir dans une vie que toute personne sensée considérerait comme un cas désespéré. Une intelligence atteinte ? Joe ne pouvait pas penser du tout.

Il fut élevé dans un ghetto d’un des pires quartiers de New York, le Bronx. Sa mère et ses deux grand-mères étaient des médiums spirites. Depuis sa première enfance, son foyer fut le trottoir et sa vie consistait à se battre, à jouer du couteau, à mentir et à voler. Il appartenait à la génération des années soixante, désenchantée et révoltée. Il se livrait à la drogue et devint un voleur expert.

Joe se rendit un jour à une réunion où parlait un de mes associés, l’’évangéliste Akbar Hagqq. Avant la fin de la soirée, Joe donna son cœur au Christ. Le lendemain, un de ses meilleurs camarades lui proposa de la drogue, que Joe refusa. L’autre sortit son couteau et menaça Joe. C’était une lourde erreur. Joe était petit, mais il était maître en bagarre ; comme la foudre, il tomba sur son camarade et, avant qu’il ait pu comprendre ce qu’il faisait, il plongea son couteau (oui, cette lame qui est sur ma table) dans le corps de l’autre. Ce dernier resta deux semaines à l’hôpital.

Joe n’avait aucune expérience chrétienne et n’avait pas de famille spirituelle : il passa par des hauts et des bas. Il essaya d’aller à l’école mais ne put y rester longtemps. Je ne sais pas quelles étaient ses intentions, mais je pense qu’il avait un vague désir de s’instruire pour retourner dans le Bronx afin d’évangéliser ses anciens camarades.

Ma femme eut l’occasion de rencontrer Joe et de lui proposer de venir à une des réunions au Madison Square, à New York. J’ai su plus tard qu’il arriva avec plusieurs « durs » à sept heures et demie à la réunion, mais il n’y avait plus de place et le service d’ordre refusa de le laisser entrer. Par malheur, ce soir-là, la police était sur les dents parce qu’elle avait été avertie d’un complot contre ma réunion. Les agents se méfiaient de tous les personnages suspects, et Joe et ses amis furent refoulés.

Ils tinrent un conseil de guerre et décidèrent d’attaquer les policiers. Ils parvinrent à forcer l’entrée, mais ils rencontrèrent bientôt un mur d’agents en civil marchant vers eux. En se retournant pour s’enfuir, ils tombèrent sur une autre muraille de policiers. Ils furent expulsés sans ménagement. Quand j’ai su cette histoire, plus tard, je me suis dit : « C’est affreux ! c’était justement ceux que je voulais atteindre ! »

Cependant Joe ne se déclara pas battu : le lendemain soir il revint avec son frère et sa sœur. Tous deux s’avancèrent à la fin de la réunion pour recevoir le Christ.

Joe eut beaucoup de mal à redresser correctement son échelle des valeurs. Un jour il téléphona à ma femme pour lui demander un entretien. Quand il arriva, elle vit tout de suite qu’il y avait du grabuge.

— Alors, Joe, dit-elle, qu’est-ce qui ne va pas ?

— Madame, j’ai cambriolé un poste d’essence.

— Mais, Joe, pourquoi avez-vous fait cela ?

— Eh bien ! vous savez, mon copain avait besoin d’argent, et il n’avait jamais cambriolé de station-service, alors j’ai cru que mon devoir de chrétien c’était de lui donner un coup de main.

Ma femme lui demanda combien d’argent il avait pris et si son camarade était chrétien. « Non, pas lui », dit Joe. Alors ma femme lui expliqua que son devoir de chrétien était de rendre la totalité de la somme volée. Joe la regarda comme si elle lui avait flanqué son poing dans la figure. Elle lui demanda ensuite s’il avait chez lui d’autres objets volés. Ses yeux se remplirent d’un immense étonnement, comme si elle avait posé une question complètement idiote : « Mais tout ce que je possède ! »

Joe rendit tout l’argent et tous les objets volés. Après bien des aventures que je ne puis raconter en détail, Joe grandit dans sa vie chrétienne au point qu’il commença des études au collège biblique de Columbia, aux Etats-Unis. Au cours de sa dernière année, il fut élu président des étudiants. Il est actif aujourd’hui et a une connaissance surprenante et un grand amour de la Bible.

Récemment, il est venu me voir chez moi, et le pasteur réformé de notre ville, Calvin Thielman, lui demanda de donner son témoignage et de parler de ses activités. Joe raconta comment il travaille à sortir de peine les drogués, les déclassés, les révoltés. Il parla avec tant d’esprit et d’humour que son auditoire n’oubliera jamais son message : « Un cas n’est jamais désespéré ! »

Il faut avoir connu Joe autrefois, depuis le début, pour comprendre le vrai miracle de la nouvelle naissance de ce jeune homme. Son intelligence avait été si gravement atteinte par le péché qu’il fallut beaucoup de temps pour qu’elle guérisse. A notre nouvelle naissance, nous sommes des bébés et non des adultes, et les bébés ont besoin de beaucoup d’amour et de patience.

La Bible enseigne que le péché affecte l’intelligence, qu’elle soit supérieure ou moyenne. On peut être brillant intellectuellement et un ignare spirituel. « L’homme naturel ne reçoit pas les choses de l’Esprit de Dieu… et il ne peut les comprendre, parce que c’est spirituellement qu’on en juge » (1 Corinthiens 2.14).

Un esprit intellectuel peut devenir une intelligence de première valeur si le Christ pénètre dans le cœur. On prétend que Gerhard Dirks, l’un des plus grands cerveaux de notre temps, a un quotient intellectuel de 206. Il a plus de cent quarante brevets d’invention rien que pour la société I.B.M. Il a essayé de reconstituer la théorie du cerveau humain et il a été déconcerté par l’extrême complexité du problème et l’impossibilité de la tâche. Il a été acculé à ce dilemme : le cerveau est ou bien le fruit d’un hasard fantastique ou le produit d’un plan intelligent. En réalité, le premier terme de l’alternative est inacceptable et c’est pourquoi Dirks est devenu un croyant : il croit dans le Dieu qui s’est révélé à lui en Jésus-Christ, ce Dieu dont l’intelligence nous surpasse.

Boris Botsenko, brillant physicien et mathématicien russe, assistait à un congrès scientifique à Edmonton, au Canada, quand il trouva une bible, fournie par la société des Gédéons, dans sa chambre d’hôtel. Il la lut et par cette lecture fut conduit à accepter Jésus-Christ : ainsi il est né de nouveau. Il est aujourd’hui professeur et chargé de recherche à l’université de Toronto.

Attaque contre la volonté

Le péché attaque un autre élément de notre être : notre volonté. Jésus a dit : « Celui qui commet une faute devient esclave du péché » (Jean 8.34). Même dans les pays où existe la liberté politique, des millions de gens vivent sous l’esclavage de l’orgueil, de la jalousie, des préjugés. D’autres sont sous la tyrannie de l’alcool ou de la drogue. Ils sont hantés par des désirs, ils sont victimes des passions qu’ils condamnent mais dont ils ne peuvent s’affranchir. Ils veulent se libérer, et beaucoup cherchent à le faire par tous les moyens qu’on leur propose. Le Christ a dit : « Vous connaîtrez la Vérité et la Vérité vous affranchira » (Jean 8.32). Le Christ est la Vérité.

J’ai connu bien des gens libérés de l’esclavage du désir. Le 9 mai 1972, dans une petite ville du Tennessee, près de Nashville, un pasteur fit un appel à la fin de la réunion d’évangélisation. Un homme nommé Johnny Cash se leva et vint s’agenouiller au pied de la chaire. Cet homme donna sa vie à Jésus-Christ ce soir-là. Il avait été l’esclave de la drogue, et cela l’avait conduit en prison : il est devenu une des vedettes de la chanson populaire. Il est un apôtre des bonnes causes et le Christ l’utilise à son service.

Je possède chez moi une pipe à haschisch en souvenir d’un jeune esclave de la drogue. Il avait gâché sa vie et celle de la jeune fille qu’il aimait. Un jour, il conduisit sa voiture dans un parking désert et s’ouvrit les veines. Il s’y prit mal, car le sang coulait lentement, et il calcula que la mort serait lente à venir. Alors il fit tourner son moteur, se glissa sous la voiture et se couvrit avec une couverture sous le tuyau d’échappement des gaz, pour s’asphyxier.

Quand il commença à perdre conscience, il se mit à demander pardon à Dieu pour ce qu’il faisait. Soudain il fut envahi par une sorte de sentiment horrible d’obscurité et il sut que son acte était contraire à la volonté de Dieu. Dans sa faiblesse, les poignets en sang, la tête engourdie, il remonta dans sa voiture et alla chez un pasteur, qui le conduisit à l’hôpital. Ensuite le pasteur lui parla du Christ, qui seul peut expier nos péchés, effacer notre culpabilité et nous donner la joie de la délivrance.

Le jeune homme, actuellement dans un foyer heureux, a influencé positivement la vie de beaucoup de gens.

Une autre tyrannie attaquant la volonté et asservissant l’homme au péché, c’est la haine. Il y a quelques années, William P. Wilson, professeur de psychiatrie à la faculté de médecine de l’université de Duke, aux Etats-Unis, retirait leur bible à tous les malades, systématiquement. Mais sa vie et sa pratique médicale ont été transformées par la puissance de Jésus-Christ, et aujourd’hui il utilise ses nouvelles connaissances de l’Evangile pour soigner ses patients. Il a de nombreuses bibles dans son cabinet, et les distribue. Il a dit : « Une des causes principales des maladies mentales, c’est la culpabilité non résolue. Les complexes de honte, d’échecs, d’insécurité, d’incapacité sont les sources du sentiment de culpabilité. La solution de ce problème, c’est la grâce de la nouvelle naissance. La nouvelle naissance entraîne le pardon du péché. »

L’homme a du mal à croire au pardon. Le professeur Warren Wiersbe, de Chicago, appelle le pardon « le plus grand des miracles de la Bible ». J’ai reçu cette lettre d’un jeune homme :

« En 1971, j’étais un malheureux drogué, à l’université de Northwestern. Lors de vos réunions de Chicago, j’ai répondu à votre appel et j’ai prié pour être sauvé, tout en ne sentant pas avoir mal agi. J’ai aussi demandé pardon pour mes péchés (je pouvais les concevoir intellectuellement, mais je ne les sentais pas comme tels), et j’ai prié Dieu pour qu’il se fasse connaître à moi de façon personnelle.

» Je m’attendais à être frappé par la foudre, ou à sombrer dans un délabrement mental permettant à Dieu de redresser mon intelligence et de m’utiliser pour sa gloire. Rien de tel ne s’est passé, inutile de le dire. J’en fus très déçu et j’eus peur que Dieu ne soit après tout qu’une vaste fumisterie. A ce moment précis, un monsieur respectable, convenablement vêtu, une bible à la main, vint me saluer et me donna un petit carton en me disant : « Dieu vous bénisse, jeune homme ! » Imaginez-vous cela ! Ce monsieur respectable, manifestement un homme d’église, me serrant la main, à moi, un hippie raté. L’amour de Dieu, passant à travers lui, me montra que Jésus m’aimait en dépit de mon accoutrement et de mes révoltes. Cet acte si simple m’a bouleversé et j’ai compris soudain la simplicité du salut de Dieu. Il n’a pas voulu me transformer par la souffrance d’une dépression, il a voulu me voir recevoir son fils comme je l’ai fait, tout simplement. »

Quand la conscience fait faillite

Le péché n’affecte pas seulement l’intelligence et la volonté, mais aussi la conscience. On a de plus en plus de mal à discerner l’approche du péché. C’est comme pour le mensonge : la première fois vous en avez un peu honte, mais, quand vous recommencez, votre conscience cesse de vous avertir, et, comme le mensonge est tissé à d’autres mensonges, vous en arrivez à ne plus savoir ce qui est vrai ou faux. Vous perdez toute sensibilité à ce qui est mal.

Un jour Joe Medina, dont j’ai déjà parlé, appela ma femme au téléphone pour lui dire : « Madame, je ne suis pas ivre, mais j’aimerais vous dire deux mots. » Elle lui demanda ce qu’il faisait dans cette cabine téléphonique. Il lui dit être dans une voiture avec un copain qui avait une bouteille de whisky, et avec une remarquable logique il expliqua : « S’il boit cette bouteille, il risque de conduire en état d’ivresse et on lui retirera son permis, alors j’ai cru que mon devoir de chrétien c’était de finir le whisky ! »

Ma femme, dont la patience est pour moi une source d’admiration perpétuelle, lui dit : « Joe, en réalité, vous avez bu ce whisky parce que vous aviez envie de boire du whisky ! »

Un long silence suivit, puis : « Madame, c’est tout à fait ça ! »

Joe avait une longue habitude d’appeler le mal « bien ». Il avait l’art de mentir, de tricher, de se tirer de tous les mauvais pas. Si Dieu ne l’avait pas pris en main, il serait encore dans cet état aujourd’hui.

Dans toute la Bible nous voyons des exemples du danger de cette maladie qui nous fait confondre le mal avec le bien. Quand le roi David aperçut Bath-Shéba pour la première fois, c’était le premier maillon d’une chaîne d’événements allant de l’adultère à la tromperie et à l’assassinat. David fut pardonné, mais il dut payer les conséquences de ses fautes. Il récolta une amère moisson et son règne fut assombri par des troubles constants.

Il est surprenant que Dieu soit si patient quand il voit comment nous laissons notre conscience s’endurcir. La Bible déclare : « Le Seigneur ne tarde pas dans l’accomplissement de sa promesse, comme certains le croient, mais il use de patience envers nous, ne voulant qu’aucun périsse, mais voulant que tous arrivent à la repentance » (2 Pierre 3.9).

Si Dieu est patient, il est juste aussi. Dieu ne cesse pas de parler quand l’homme endurcit son cœur. Mais l’homme ferme ses oreilles, alors la Bible dit : « Mon esprit ne contestera pas perpétuellement avec l’homme » (Genèse 6.3). Finalement, si Dieu voit l’homme refuser de se repentir : « Il existe un péché qui mène à la mort » (1 Jean 5.16). Ce texte se réfère au blasphème contre le Saint-Esprit, c’est-à-dire au refus total du plan de salut préparé par Dieu. Ce péché est ainsi décrit par l’épître aux Hébreux (6.46) : « Car il est impossible que ceux qui ont été une fois éclairés, qui ont goûté le don céleste, qui ont eu part au Saint-Esprit, qui ont goûté la Bonne Parole de Dieu et les puissances des siècles à venir — et qui sont tombés — soient encore renouvelés et amenés à la repentance puisqu’ils crucifient pour leur part le Fils de Dieu et l’exposent à l’ignominie ! »

Quand un homme n’a plus de conscience, il se fabrique une foule d’excuses pour justifier sa conduite. C’est la faute de sa famille, de ses collègues, de son caractère, de n’importe quoi. Il triche sur ses impôts parce que les lois sont injustes. Il trompe sa femme (ou la femme trompe son mari) parce qu’elle est frigide — ou sotte. Plus rien n’est mal ou bien, tout est devenu de la grisaille.

Il paraît que les statues de l’Acropole, à Athènes, se sont dégradées très rapidement ces dernières années. La cause n’en est pas les intempéries ou les siècles ; ce qui menace de destruction ces trésors inestimables, c’est la pollution créée par notre société de consommation moderne. Ainsi ce qui nous ronge, ce ne sont pas les tempêtes de notre existence, mais la pollution insidieuse et croissante du péché qui nous mène à la destruction.

Maladie mortelle

Le crime doit être puni et le péché châtié. Nous n’aimons peut-être pas en entendre parler, c’est un fait incontestable. Non seulement chacun doit subir dans cette vie les conséquences de son péché, mais encore chacun doit faire face à une condamnation future : « Car le salaire du péché c’est la mort » (Romains 6.23).

Il existe d’abord la mort physique. La Bible dit : « Il appartient aux hommes de mourir une fois » (Hébreux 9.27). Cette affirmation contredit sans hésitation la théorie de la réincarnation.

La mort est souvent imprévisible et toujours inéluctable. Pour chacun de nous est fixé un jour, une heure, une minute où nous cessons d’être, physiquement. Si Dieu n’avait pas permis cette mort physique, la terre serait vite inhabitable, car les hommes vivraient en permanence dans leurs fautes.

Comme notre vie est si brève, la Bible nous avertit : « Prépare-toi à la rencontre de ton Dieu » (Amos 4.12). J’ai eu l’occasion, au cours de ma vie, de connaître beaucoup de gens qui étaient vraiment bien préparés à rencontrer Dieu. Combien ils sont différents de ceux dont la vie est vécue sans Dieu !

Jamais je n’oublierai l’été 1973. C’est à ce moment-là qu’un des plus grands chrétiens de ma connaissance est entré au Ciel. Il s’agit de mon beau-père, le docteur L. Nelson Bell. Il fut pendant bien des années chirurgien missionnaire en Chine. En 1972, il fut élu modérateur de l’Eglise presbytérienne des Etats-Unis, la plus grande distinction honorifique que cette Eglise puisse décerner. La veille de sa mort, il parla à Montreat, dans un grand amphithéâtre, aux membres délégués du Congrès sur les Missions mondiales.

A la fin de son discours, il dit : « Avant de prier, j’aimerais ajouter quelques mots. Ce que nous avons entendu montre clairement que notre Eglise presbytérienne se réveille. Dans ce vaste auditoire, je vois deux catégories de personnes. D’une part, ceux qui sont certains d’être sauvés et qui aiment le Seigneur Jésus-Christ ; d’autre part, ceux qui ne connaissent pas encore le Christ. J’espère que chacun de vous avant de quitter cette salle aura rencontré le Christ comme son sauveur personnel et comme son Seigneur. Il a dit : “Voici, je me tiens à la porte et je frappe ; si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai et je souperai avec lui et lui avec moi.” »

Ce sont les dernières paroles que le docteur Bell prononça en public. Il s’endormit ce soir-là chez lui et le lendemain se réveilla dans la présence de son Seigneur. Sa vie était achevée, le cercle refermé. Son cantique favori était « Il me conduit, douce pensée »… et quand j’ai regardé son visage, ce matin-là, j’ai vu ce qu’était la paix de Dieu.

Il s’était préparé à la rencontre de son Dieu.

Je me rappelle les dernières paroles de Pearl Goode, une femme de grande valeur qui pendant de longues années soutint nos efforts par ses prières ; elle s’enfermait souvent dans sa chambre des nuits et des jours entiers pour prier en faveur des membres de notre équipe en train d’évangéliser. Elle vivait dans une telle communion avec Dieu que, le moment de partir étant venu, elle s’assit dans son lit et dit : « Eh bien ! le voilà ! — c’est Jésus ! » Elle était prête à rencontrer Dieu.

Pendant l’été de 1976, une inondation brutale ravagea le Colorado et fit de nombreuses victimes. Parmi elles se trouvaient quelques jeunes chrétiennes qui participaient à une retraite dans la montagne. Les sauveteurs chargés de rechercher les blessés et les morts racontèrent que la plupart des cadavres avaient des visages crispés par la terreur mais que ces jeunes filles paraissaient dormir paisiblement. Elles étaient préparées à la rencontre de leur Dieu.

La vie est brève. La Bible dit que nous devons être prêts à rencontrer Dieu à tout instant. Nous ne savons jamais ce qui nous attend quand nous montons dans notre voiture, que nous sortons de chez nous ou que nous ouvrons les yeux sur une nouvelle journée. « Ses jours sont fixés, tu as compté ses mois, tu en as marqué le terme qu’il ne saurait franchir. » Voilà comment le patriarche Job (14.5) reconnaît la souveraineté de Dieu.

La seconde dimension de la mort est spirituelle. Des millions de gens se promènent sur la terre comme des êtres vivant physiquement mais en étant spirituellement morts. Quand vos yeux et vos oreilles ont appris à percevoir l’état réel des autres, vous entendez le cri de ceux qui sont vides et perdus. Ils sont séparés de la source de vie et, comme une lampe électrique dont le fil est coupé, ils sont sans vie et sans lumière. La lampe peut être luxueuse, avoir un bel abat-jour, mais si elle n’est pas reliée à la source d’énergie elle reste obscure. Jésus a dit : « Je suis la vie. »

Les journaux et les revues du monde entier ont beaucoup parlé du suicide de Freddie Prinze. A vingt-deux ans il était une des vedettes les plus adulées du monde du spectacle. Il était le chéri des téléspectatrices et il venait de participer au grand gala offert à Washington à l’occasion de l’« inauguration » d’un nouveau président. Pour- tant ce brillant comédien souffrait d’un vide terrible dans sa vie. Un de ses intimes, l’acteur David Brenner, déclara au journaliste de Time : « Il avait brûlé les étapes. Ce fut une véritable explosion. C’est dur d’arpenter les couloirs du métro à dix-neuf ans et de rouler dans sa Rolls le lendemain. » Le producteur James Komack, aussi très proche de lui, déclara : « Freddie ne voyait rien qui puisse le satisfaire. Il me disait : “Il n’y a pas autre chose que ça ? Est-ce bien tout ?” » et il précisa : « Son découragement profond, conscient ou inconscient, venait de cette question qui le hantait : “Qu’est-ce que je fais ici ? Où est le bonheur ?” Je lui ai souvent dit : “Juste Ciel, Freddie, ton bonheur est ici même ; tu es une vedette”, et il répondait : “Mais non, cela ne me donne pas le bonheur.” » Le commentateur de la revue Time concluait : « C’est un des cas les plus extraordinaires d’une évasion hors du ghetto, mais l’évasion n’a pas suffi1 ! »

1 Time, 7 février 1977, p. 37.

Vous pouvez être physiquement vivant et spirituellement mort, comme cette femme dont parle saint Paul : « La femme qui vit dans les plaisirs est morte » (1 Timothée 5.6).

La troisième dimension de la mort est la mort éternelle. C’est un sujet qu’on préfère souvent éviter. On entend beaucoup parler d’une « vie d’enfer » sur la terre, mais il existe un autre enfer plus certain et plus réel, c’est l’enfer de la mort éternelle. Jésus lui-même a fréquemment parlé de l’enfer. Il a averti les hommes du danger de l’enfer futur. La Bible enseigne que ceux qui seront en enfer y seront seuls, ils y souffriront seuls. Il n’existe aucune communion en enfer en dehors de la communion avec la nuit. J’ai entendu des gens dire : « Si je savais que mon père — ou quelque autre personne chère — était en enfer, j’aimerais y aller, moi aussi. » Quelle folie, quelle illusion ! L’enfer est l’endroit le plus solitaire qu’on puisse imaginer.

Jésus nous a mis en garde : « Ceux-ci iront au châtiment éternel » (Matthieu 25.46). Il dit encore : « Le Fils de l’Homme enverra ses anges, qui arracheront de son royaume tous les scandales et ceux qui commettent l’iniquité : et ils les jetteront dans la fournaise ardente, où il y aura des pleurs et des grincements de dents » (Matthieu 13.41-42).

Il est urgent de parler de l’éternité surtout quand la mort physique nous menace. Une de nos amies m’a raconté que le lendemain du jour où son fils s’était tué dans un accident d’avion, et alors que sa maison était pleine de gens présentant leurs condoléances, la chaudière du chauffage central tomba en panne. Le réparateur, quand il eut examiné l’appareil, lui dit : « Savez- vous, madame, qu’un peu plus la chaudière allait éclater. » Tout ce qu’elle trouva à dire à cet homme en le regardant en face, alors qu’elle était plongée dans son chagrin, c’est cet avertissement : « Une seule chose me paraît importante, maintenant : si cette chaudière avait éclaté pendant que vous la répariez, étiez-vous prêt ? Etiez-vous certain du lieu où vous allez passer l’éternité ? » Elle eut la joie de voir cet homme se tourner vers le Christ.

Les deux visages de l’homme

L’homme a deux visages. L’un respire l’innocence, la créativité, l’amabilité, l’amour pour la vérité. L’autre reflète la méchanceté. Nous le voyons s’émerveiller en face d’un coucher de soleil et en même temps fabriquer des engins polluant l’atmosphère avec leurs déchets, au point d’obscurcir le coucher du soleil. Sa soif de vérité dégénère souvent en une course à la découverte scientifique qui servira de piédestal à son orgueil.

L’homme est à la fois noble et dévoyé.

L’observateur le plus superficiel de la nature humaine reconnaît la nécessité d’une renaissance spirituelle. L’homme est tombé et perdu, étranger à Dieu. Depuis le commencement, toutes les tentatives de sauvetage pour arracher l’homme à sa perdition se ramènent aux deux termes d’une alternative.

Le plan A et le plan B

Rappelez-vous Caïn et Abel. Les fils d’Adam et Eve représentent ces deux termes : le plan A et le plan B du salut. Caïn en fit à sa tête : il inventa le plan A ; l’autre, Abel, par son obéissance, accepta le plan de Dieu, le plan B.

Caïn fut le matérialiste autosatisfait et l’humaniste religieux. Il offrit sur son autel l’expression de son labeur, il devint le prototype de ceux qui s’approchent de Dieu en refusant de verser du sang.

La voie de Caïn ne lui réussit guère. Elle a toujours échoué, et mène toujours à la ruine. Dieu seul peut diagnostiquer le mal et prescrire les moyens de guérison. Dieu a choisi le sang comme moyen de salut. L’apôtre Jean a écrit que Jésus-Christ : « nous a lavés de nos péchés par son sang » (Apocalypse 1.5).

Quand Jésus-Christ, parfait homme et Dieu, versa son sang sur la croix, il offrit pour les péchés de l’homme sa vie pure et sans tache comme un sacrifice éternel. Une fois pour toutes, Dieu a fourni de façon parfaite le remède permettant la pleine guérison de l’homme pécheur. S’il n’y avait pas le sang du Christ, le mal serait fatal.

Tout homme doit choisir. Quel plan adoptez-vous ? Celui de l’homme ou celui de Dieu ? Lequel ?

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