Tout enfant de Dieu reçoit du Saint-Esprit un ou plusieurs dons en vue de son service dans le corps du Christ. Les différentes listes de Romains 12, 1 Corinthiens 12 et Ephésiens 4 en énumèrent une vingtaine. Dans ces listes, certains termes semblent se rapporter plutôt à des fonctions (présidence, gouvernement, bienfaisance). Normalement, celui qui a reçu un don devrait exercer la fonction correspondante « en vue de l’utilité commune » (1 Corinthiens 12.7). Il est possible qu’un don ne débouche pas sur un service dans l’Église pour deux raisons : soit parce que celui qui a reçu ce don ne le met pas « au service des autres » (1 Pierre 4.10), soit parce que les responsables de l’Église estiment qu’il n’a pas les qualifications spirituelles ou morales nécessaires pour se voir confier un service officiel dans la communauté.1
1 Voir à ce sujet le chap. « Charismes et ministères » dans A. Kuen : Ministères dans l’Eglise pp. 66-68.
Kenneth Gangel fait aussi la distinction entre le don et l’appel. « Le don indique quel ministère est à exercer, l’appel où on doit l’exercer » (76 p. 40). Ainsi, Paul avait le don de l’apostolat qui le rendait capable de créer des Églises en terrain neuf ; l’endroit pour exercer son ministère lui a été précisé à plusieurs reprises et de diverses manières (Actes 9.15, 25 ; 13.2 ; 16.6, 7, 9 ; 18.9 ; 23.11). Un missionnaire peut fort bien être appelé à exercer son don dans un pays d’Asie, puis quelque part en Afrique (comme Charles Studd) ou en Amérique latine.
Si, dans les passages indiqués au début, vous avez relevé les fonctions des serviteurs de Dieu, vous aurez trouvé qu’en réponse à la triple affirmation de Pierre concernant son amour pour Jésus (Jean 21.15-18), celui-ci lui a confié une triple tâche : a) « Prends soin de mes agneaux » ; b) « Nourris mes brebis » ; c) « Prends soin de mes brebis ». Il lui confie donc un ministère de berger pour des croyants jeunes et plus âgés. La condition spirituelle est primordiale, mais si quelqu’un réalise cette condition, alors Jésus peut lui confier un service dans le royaume de Dieu.
Nous examinerons les différentes fonctions confiées à des responsables dans l’ordre dans lequel elles apparaissent dans nos Bibles et comme vous avez pu les relever en suivant la liste des passages indiqués.
Le ministère que Jésus confie à Pierre consiste à donner aux brebis une nourriture appropriée et les soins dont ils ont besoin.
Nous retrouvons cette métaphore du berger et des brebis tout au long du Nouveau Testament avec des précisions relatives aux fonctions des bergers. Le discours de Jésus dans Jean 10, où il se présente lui-même comme le Bon Berger, nous apprend ce qu’il attend des bergers humains. En parlant aux responsables d’Ephèse qu’il a convoqués à Milet, l’apôtre Paul reprend cette image en leur disant : « Comme de bons bergers, prenez soin de l’Église de Dieu qu’il s’est acquise par son sacrifice » et il les prévient que des « loups féroces, sans pitié pour le troupeau » se glisseront parmi eux (Actes 20.28-29). L’apôtre Pierre répète presque les même paroles dans sa première épître en s’adressant aux responsables : « Comme des bergers, prenez soin du troupeau que Dieu vous a confié. Veillez sur lui, non par devoir, mais de plein gré, comme Dieu le désire. Faites-le non pour un profit matériel, mais par dévouement… Soyez les modèles du troupeau » (1 Pierre 5.1-3). Dans Ephésiens 4.11, Paul range le ministère de berger (pasteur) parmi les ministères fondamentaux de l’Église, donnés « pour que ceux qui appartiennent à Dieu soient rendus aptes à accomplir leur service en vue de la construction du corps du Christ » (v. 12). Ces différents passages nous permettent de préciser les fonctions « pastorales » des responsables qui consistent à conduire les brebis, à veiller sur elles en les protégeant des dangers, à les nourrir et les soigner.
a) Conduire les brebis. « Le Bon Berger « appelle les brebis par leur nom », puis il « les mène dehors. il marche devant elles et les brebis le suivent » (Jean 10.3-4). Le responsable, dit Paul, doit « diriger l’Église de Dieu » (1 Timothée 5.17). Dans Actes 14.12 ; 15.22 et Hébreux 13.7, 17, 24, les responsables sont appelés des conducteurs (hègoumenoi), un terme que nous pouvons rapprocher de proistamenois (1 Thessaloniciens 5.12) : ceux qui dirigent, qui sont devant (les bergers de l’Orient dirigeaient toujours leur troupeau en marchant devant lui). Dans 1 Corinthiens 12.28, Paul parle du don de gouverner (kybernes : pilote). Dans Philippiens 1.1 et dans les épîtres pastorales apparaît le terme d’épiskopos : dirigeant, traduit généralement pas évêque, et qui se rapportait à des magistrats municipaux ou des hommes qui surveillaient un chantier de construction. Dans la Septante, ceux qui surveillaient les travaux de réparation du Temple sous Josias portaient aussi ce titre (2 Chroniques 24.12). C’est le sens étymologique du terme : qui supervise. Tite 1.7 appelle les anciens des « économes de Dieu ».
Donc toutes les questions relatives à l’orientation générale de l’Église : doctrine, expansion, politique financière. relèvent du conseil des anciens. Dans Actes 11.30, l’aide financière destinée aux pauvres de l’Église de Jérusalem est remise aux mains des anciens. Dans Actes 15.6, 12, 25, ces derniers examinent avec les apôtres une question doctrinale qui risquait de diviser l’Église.
b) Veiller sur les brebis, les protéger.
Contrairement au mercenaire, le Bon Berger n’abandonne pas ses brebis quand il voit venir le loup (Jean 10.12). Il est même prêt à donner sa vie pour les protéger (v. 11). Sachant qu’ils auront à rendre compte au Souverain Berger (Hé 13.17), les bergers humains font de même et veillent sur ceux qui leur sont confiés. Les loups ravisseurs, d’après Paul, sont « des hommes qui emploient un langage mensonger pour se faire des disciples » (Actes 20.30).
La vigilance doctrinale fait donc partie des devoirs des responsables. Au besoin, le dirigeant devra « réfuter les contradicteurs » (Tite 1.9), « reprendre les contestataires » (Jude 22) et, s’ils persistent dans leur erreur, il doit les « écarter de l’Église après un premier et un second avertissement » (Tite 3.10 ; cf. Romains 16.17-18) afin de protéger les autres chrétiens de leur influence. C’est l’exercice de la « discipline ecclésiastique » qui apparaît en action dès le ch. 5 des Actes où Pierre dévoile et châtie le mensonge d’Ananias et de Saphira. Il s’agit, pour le responsable, comme pour tous les croyants, de « redresser ceux qui fautent » (Galates 6.1-2) et d’« ôter le méchant du milieu » de l’Église (1 Corinthiens 5.13 ; cf. 2 Thessaloniciens 3.6).2
2 Voir A.Kuen Si ton frère a péché (Ed. Emmaüs).
c) Nourrir les agneaux et les brebis.
Le Bon Berger est venu pour que les brebis soient dans l’abondance (Jean 10.9-10). Il les fait reposer dans de verts pâturages et il restaure leur âme (Psaumes 23.2-3). Les responsables sont donc chargés de donner aux croyants la nourriture spirituelle qui leur permettra de grandir dans la foi. Les Douze ont parlé du « ministère de l’enseignement » (Actes 6.4). Les différents ministères de la parole (prophétie, exhortation, évangélisation, enseignement, parole de sagesse et de connaissance) occupent une grande place dans les épîtres. Le dirigeant doit être « capable d’enseigner » et d’instruire « avec douceur les contradicteurs » (2 Timothée 2.24 ; Tite 3.9).
Il doit aussi s’occuper du « ministère astreignant de la prédication et de l’enseignement » (1 Timothée 5.17). Paul exhorte les deux jeunes responsables, Timothée et Tite : « Proclame la Parole, voilà ce que tu dois enseigner, déclare, recommande, expose cela aux frères, rappelle, applique-toi à la prédication et à l’enseignement, veille sur ton enseignement, transmets ces avertissements, transmets l’enseignement que tu as reçu de moi, c’est cela qu’il te faut rappeler sans cesse, parle selon ce qui est conforme à l’enseignement véritable, que ton enseignement soit fidèle, je veux que tu insistes fortement sur ces choses ». Jacques demande que les enseignants ne soient pas nombreux dans une Église, car ils seront jugés plus sévèrement (Jacques 3.1).
d) Soigner les brebis
Le Bon Berger connaît ses brebis (Jean 10.14) et prend soin de chacune d’elles. Ezéchiel 34.3-6 décrit la manière dont un bon berger soigne ses brebis. Dans Actes 14.21-23, Paul et Barnabas « fortifiaient l’esprit des disciples, les exhortant à persévérer dans la foi ». L’apôtre Paul rappelle aux Thessaloniciens qu’il a été pour chacun d’eux « ce qu’un père est pour ses enfants », les exhortant, les consolant, les conjurant de « marcher d’une manière digne de Dieu » (1 Thessaloniciens 2.12). Dans 5.11-15, les exhortations données à tous s’adressent évidemment aussi et — en premier lieu — aux responsables : encourager, aider à grandir dans la foi, avertir ceux qui mènent une vie déréglée, réconforter ceux qui sont découragés, soutenir les faibles, veiller à ce que personne ne rende le mal pour le mal. Ce travail « un à un » évoque ce que l’on appelle aujourd’hui la « relation d’aide ». Paul recommande à Timothée : « Convaincs, réprimande, encourage, avec une patience inlassable » (2 Timothée 4.2). C’est là ce qu’il appelle « prendre soin de l’Église de Dieu » (1 Timothée 3.5). Ailleurs, il dit : « Portez les fardeaux les uns des autres » (Galates 6.2).
« Vous serez mes témoins ». Cette déclaration est à la fois une promesse et un ordre. Jésus la prononce en relation avec le don de l’Esprit : « Le Saint-Esprit descendra sur vous, vous recevrez sa puissance et vous serez mes témoins » (ou : « lorsque le Saint-Esprit descendra sur vous… vous serez mes témoins » Actes 1.8). Là encore, le lien entre qualification et fonction est net : impossible d’être un véritable témoin de Jésus-Christ sans la puissance du Saint-Esprit.
Les premiers chapitres des Actes nous montrent la réalisation de cette promesse et la manière dont les apôtres se sont acquittés de cette tâche (Actes 2.4, 11, 14ss., 32 ; 3.6, 15 ; 4.8ss., 33 ; 5.29ss. ; 10.39 ; 22.15…). La fonction de celui qui sera choisi pour remplacer Judas dans le cercle des Douze est précisée par Pierre : « Cet homme sera avec nous un témoin de sa résurrection » (Actes 1.22). En effet, le témoignage rendu par les apôtres à la résurrection du Christ occupe une grande place dans les sermons des Actes.
Dans ses conseils à Timothée, l’apôtre Paul fait aussi le lien entre l’Esprit de force, d’amour et de sagesse que nous avons reçu, et le témoignage à rendre à notre Seigneur (2 Timothée 1.7-8). Comme tous les chrétiens, le responsable doit être « toujours prêt à défendre, avec humilité et respect, l’espérance qui est en » lui (1 Pierre 3.15).
La première chose que firent les disciples après l’ascension de Jésus fut de se réunir régulièrement « pour prier, avec quelques femmes et avec les frères de Jésus » (Actes 1.14). Lorsque les apôtres prennent conscience qu’ils ne peuvent plus assumer toutes les tâches dans l’Église, ils délèguent certaines d’entre elles et se concentrent sur leurs fonctions prioritaires : « la prière et le ministère de l’enseignement » (Actes 6.4). Il est significatif que le ministère de la prière soit cité en premier lieu, avant l’enseignement. Dans Actes 13.2, les prophètes et les docteurs de l’Église d’Antioche « servaient le Seigneur dans leur ministère et jeûnaient » — avant de servir l’Église.
En lisant les différentes épîtres de Paul, nous trouvons toujours en premier lieu, la mention de ses prières pour ses correspondants (Romains 1.8-12 ; 1 Corinthiens 1.4-9 ; 2 Corinthiens 1.3-4 ; Ephésiens 1.3...).
Personne n’est naturellement poussé à l’intercession ou même à la prière. O. Sanders avoue : « C’est un paradoxe étrange que la plupart d’entre nous aient une subtile aversion contre la prière. Nous ne nous réjouissons pas naturellement de nous approcher de Dieu. Nous savons exalter les joies, le pouvoir et la valeur de la prière. Nous affirmons qu’elle est un complément indispensable d’une vie spirituelle normale. Nous savons qu’elle nous est constamment commandée dans les Ecritures — qui nous en donnent de nombreux exemples. Mais en dépit de tout cela, trop souvent, nous ne prions pas » (O. Sanders, 72 p. 75). Le doyen C.J. Vaughan disait que s’il voulait humilier quelqu’un, il lui suffirait de le questionner sur sa vie de prière.
Personnellement, j’ai été confondu par l’humble confession de notre directeur de l’Institut biblique, le célèbre évangéliste Ernest Aebi, qui m’a avoué un jour qu’il lui était plus facile de prêcher pendant trois heures que de prier pendant une heure. J’ai compris ce jour-là que la prière était une lutte – même pour des chrétiens spirituels et mûrs. « Maîtriser l’art de la prière, dit encore Sanders, comme tout autre art, demande du temps, et le temps que nous lui allouons sera la vraie mesure de l’importance qu’elle revêt pour nous » (72 p. 76). « Toute vraie prière épuise les forces vitales d’un homme. La véritable intercession est un sacrifice, un sacrifice sanglant » (J.H. Jowett). C’est bien ce qui nous est dit de notre Seigneur : « Au cours de sa vie sur terre, Jésus a présenté, avec de grands cris et des larmes, des prières et des supplications » à Dieu (Hébreux 5.7). Paul rend à Epaphras le témoignage qu’il « combat sans cesse pour vous dans ses prières » (Colossiens 4.12). Le mot traduit par combattre est celui que l’apôtre emploie pour l’athlète qui court dans le stade en vue d’obtenir le prix (1 Corinthiens 9.25), ou pour le soldat qui lutte pour sa vie (1 Timothée 6.12).
Heureusement, l’Esprit nous aide dans notre faiblesse (Romains 8.26-28) en nous fortifiant spirituellement et physiquement, en nous mettant à coeur de prier pour les personnes qui en ont précisément besoin au moment même, et en nous inspirant les pensées mêmes de Dieu. Lorsque l’Esprit de Dieu nous impose un sujet de prière, nous pouvons nous emparer avec foi de la promesse de 1 Jean 5.14-15 et demander à Dieu de réaliser ce qu’il nous a mis à cœur de demander. Lorsqu’on a demandé à George Müller s’il croyait vraiment que deux hommes pour lesquels il priait depuis 50 ans se convertiraient, il a répondu : « Pensez-vous que Dieu aurait permis que je prie pour eux durant toutes ces années s’il n’avait pas l’intention de les sauver ? ». Tous deux se convertirent, l’un peu avant la mort de Müller, l’autre peu après.
« A cette époque-là, comme le nombre des disciples ne cessait d’augmenter, des tensions surgirent… » (Actes 6.1). Le nombre suscite des tensions à cause des personnalités diverses qui se trouvent englobées dans la masse. Ici, c’étaient deux catégories différentes de Juifs : les « Hébreux » qui étaient restés en Palestine, fidèles à la langue et la culture hébraïques, et les « Hellénistes » de culture grecque. C’est aux responsables que revient la tâche de gérer les conflits et de résoudre les problèmes. Comment les apôtres vont-ils réagir ?
1. « Les douze apôtres réunirent l’ensemble des disciples ». Dans une autocratie, l’un d’entre eux, celui qui aurait eu le rôle de chef, aurait pris les choses en mains et aurait décidé : « Voilà ce qu’il faut faire ». Dans une oligarchie, les Douze auraient conféré entre eux en comité et auraient communiqué la décision à l’ensemble des disciples. Ici, les apôtres convoquent une assemblée plénière de tous les croyants.
2. « et leur dirent ». Les Douze, sans doute par la voix de l’un d’entre eux, font à l’ensemble des disciples une proposition de solution, dont ils ont probablement parlé entre eux, mais qu’ils n’imposent pas à la collectivité, puisqu’il est dit plus loin : « Cette proposition convint (ou : plut) à tous les disciples » ; donc, ces derniers avaient le choix et ont dû exprimer leur accord d’une manière ou d’une autre.
3. « Il ne serait pas légitime que nous arrêtions de proclamer la Parole de Dieu pour nous occuper de la distribution des repas ». Ils motivent la proposition qu’ils vont faire à l’assemblée. Donc ils estiment celle-ci capable de juger de la nécessité et de l’opportunité d’une solution.
4. « C’est pourquoi, frères, choisissez parmi vous sept hommes ». Ils proposent une manière de résoudre le conflit. Ce mode semble calqué sur les procédures usuelles chez les Juifs et dans le monde grec régi par des principes démocratiques : « Choisissez parmi vous », « ils élurent ».
5. « que nous chargerons de cet emploi », « les apôtres, après avoir prié (pour les hommes choisis) leur imposèrent les mains ». La délégation officielle et l’institution dans la charge fait partie des fonctions des responsables.
Dans Actes 14.23, nous lisons que, dans chaque Église, Paul et Barnabas « firent élire des responsables, à main levée, et, en priant et en jeûnant, ils les confièrent au Seigneur en qui ils avaient cru ». En effet, dans ce passage, comme dans 2 Corinthiens 8.19, c’est le mot cheirotoneô qui est employé ; il « signifie voter ou élire à main levée comme cela se faisait régulièrement dans l’assemblée athénienne » (J.A. Packer).3 Dans 2 Corinthiens 8.19, ce mot est employé pour le choix du frère qui devait accompagner Tite afin de recueillir à Corinthe la collecte pour les chrétiens de Jérusalem.
3 Dictionary of New Testament Theology Vol. 1 p. 478; cf. C. Brown Ibid. vol. 2 p. 150. Voir A. Kuen Ministères dans l’Eglise pp. 120- 124.
L’organisation de l’Église fait partie des tâches importantes confiées à ses responsables. Nous y reviendrons dans le chapitre suivant.4
4 Ce sujet est traité plus en détail dans A. Kuen : L’organisation de l’Eglise (Ed. Emmaüs).
L’exemple le plus valable d’un chef formateur est celui de Jésus avec ses disciples. Dans un volume de 552 pages, A.B. Bruce a analysé ses méthodes de formation (The Training of the Twelve Glasgow 1871). R.E. Coleman a repris le sujet en 1963 dans The Master Plan of Evangelism. Chua Wee Hian résume leurs études en 10 points :
1. Jésus a appelé et choisi ses disciples. Il n’a pas attendu que des volontaires se présentent, c’est lui qui a pris l’initiative, après avoir pris passablement de temps pour les observer dans différentes situations et pour prier pour ce choix (Luc 6.12-16). « Comme lui, nous avons à prendre l’initiative en repérant et en recrutant des collaborateurs. en estimant leurs potentialités » (Chua Wee Hian, 87 p. 74).
2. Il a passé du temps avec eux. « il en choisit douze pour qu’ils soient avec lui » (Marc 3.14). « Il voulait qu’ils soient avec lui pour vivre, voyager et travailler ensemble. Leur équipement spirituel était son objectif premier » (Ibid. p.75). « Il les a fréquemment pris avec lui pour une retraite dans quelque région montagneuse où il était relativement inconnu, évitant autant que possible toute publicité. C’est ainsi qu’ils sont allés dans la région de Tyr et de Sidon (Marc 7.24 ; Matthieu 15.21), aux frontières de la Décapole (Marc 7.31) et dans la région de Dalmanutha, au sud-est de la Galilée (Marc 8.10), dans les villages de Césarée de Philippe au nord-est (Marc 8.27)… Plus tard, il a passé plusieurs mois avec ses disciples en Pérée, à l’est du Jourdain (Luc 13.22-19.28 ; Jean 10.40-11.54 ; Matthieu 19.1-20.34 ; Marc 10.1-53). Lorsque l’opposition grandit, Jésus ‘ne se déplaçait plus ouvertement parmi les Juifs, mais se retira dans une contrée proche du désert, dans une ville appelée Ephraïm. Il y passa quelque temps avec ses disciples’ (Jean 11.54). Quand finalement le temps vint pour lui de se rendre à Jérusalem, il ‘prit les Douze à part’ du reste de ses disciples et s’engagea lentement sur le chemin de la Ville (Matthieu 20.17 ; cf. Marc 10.32) » (Coleman, 63 p.41).
3. Il les enseigna. L’expérience spirituelle, si valable qu’elle fut, ne devait pas constituer leur fondement. C’est pourquoi, Jésus a pris soin de les enseigner. Souvent, il a complété l’enseignement donné à la foule des disciples et des « suiveurs ». « Avez-vous compris ces choses » leur demandait-il après avoir raconté une parabole à tous (Matthieu 13.51). Ses discours dans la chambre haute leur étaient réservés (Jean 13-17). Après sa résurrection, il leur transmit ses dernières instructions. Il est important de donner un enseignement systématique aux futurs leaders confiés à notre formation.
4. Il s’est révélé à eux comme le Messie (Matthieu 16.17) venu pour souffrir et mourir (v. 21). Il prit avec lui trois disciples sur la montagne de la transfiguration où ils ont pu entendre la voix de Dieu témoignant : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé qui fait toute ma joie. Écoutez-le » (Matthieu 17.1-8). Dans la chambre haute, il s’est présenté comme « le chemin, la vérité et la vie », sans lequel personne ne peut venir au Père (Jean 14.6), celui qui est le parfait reflet du Père (v. 9). Dans notre programme de formation, il est essentiel de faire connaître toujours mieux la grandeur de Dieu et de Jésus.
5. Il leur a confié des tâches précises. Lors de la multiplication des pains, ce sont les disciples qui devaient faire asseoir les gens par rangées (Marc 6.39) et, après le repas, ramasser les morceaux (v. 43). Après plusieurs mois de formation, Jésus les a envoyés en mission avec des instructions précises dans une aire bien délimitée (Matthieu 10.5-20). Nous serons bien avisés si nous lançons les futurs leaders dans des expériences « contrôlées » en leur donnant des instructions claires et suffisantes.
6. Il a évalué leur travail. Après la mission des Douze, ils se sont rassemblés autour de Jésus et lui ont rapporté « tout ce qu’ils avaient fait et enseigné » (Marc 6.30). La même évaluation eut lieu après la mission des soixante-dix (Luc 10.1). Nous oublions souvent cet aspect important de la formation : l’évaluation, qui nous aiderait à améliorer notre ministère.
7. Il les a repris pour leur manque de foi (Marc 4.40 ; Luc 8.25<), leur incompréhension (Matthieu 16.23), leur esprit vindicatif (Luc 9.55). Il a repris Pierre lorsque celui-ci voulait le défendre par l’épée (Luc 22.51). Il a ainsi appris à ses disciples, par l’exemple, à reprendre le frère lorsqu’il a péché (Luc 17.3). Car la répréhension fraternelle est une preuve d’amour (Apocalypse 3.19) dont nous ne devrions pas priver ceux qui nous sont confiés.
8. Il a prié pour eux. Il a remercié le Père de leur avoir révélé la vérité (Matthieu 11.25-27), il le priait de les garder au moment de la tentation (Luc 22.32). Dans la prière sacerdotale, il a demandé que Dieu les protège (Jean 17.11-12), les sanctifie (v. 17), les unisse (vv. 11, 21, 22), leur révèle sa gloire et fasse croître leur connaissance de Dieu (vv. 24, 26). Ceux qui sont confiés à notre formation doivent avoir une place spéciale dans notre prière d’intercession.
9. Il leur a confié une mission. Avant de retourner auprès du Père, il les a envoyés dans toutes les nations pour faire des disciples, baptiser ceux qui le sont devenus et leur enseigner tout ce qu’il leur avait commandé (Matthieu 28.18-20). Cet ordre de mission est toujours en vigueur. Il devrait constituer le cadre de notre objectif de formation des futurs leaders. Nous n’avons pas seulement à former des responsables pour notre Église locale. Si plusieurs d’entre ceux que nous avons formés s’engagent dans un travail pionnier au loin, ils répondent aux dernières volontés de Jésus.
10. Il les a laissés. Trois années de formation étaient certes insuffisantes pour la tâche immense qu’il leur a assignée, mais il a fait confiance au Saint-Esprit pour compléter leur formation et leur enseigner tout ce dont ils auraient besoin dans les diverses circonstances qui les attendaient. Nous avons à en tirer également une leçon : « Il n’est pas conseillé à un leader bien établi de demeurer trop longtemps dans une position de responsabilité. Les gens risquent de devenir trop dépendants de lui et il peut inconsciemment restreindre l’œuvre de Dieu » (Chua Wee Hian, 87 p. 90).
Les apôtres ont suivi l’exemple de Jésus. Lors de leur premier voyage missionnaire, Paul et Barnabas ont pris avec eux Jean-Marc qui « les secondait » (Actes 13.5). Lorsque les deux apôtres se sont séparés (Actes 15.39), Barnabas emmena Marc avec lui et « Paul, de son côté, choisit Silas et partit avec lui » (v. 40). « Paul se rendit à Derbe puis à Lystre. Il y trouva un disciple nommé Timothée. Sa mère était une croyante d’origine juive et son père était Grec. Les frères de Lystre et d’Iconium disaient beaucoup de bien de lui. Paul désira le prendre avec lui. Il l’emmena donc » (16.1-3). Dans Actes 20.4, nous trouvons sept jeunes chrétiens qui accompagnent l’apôtre dans son voyage missionnaire et qui étaient formés à ses côtés. C’est probablement à eux qu’il destinait en premier lieu l’enseignement chrétien systématique qu’il donnait aux chrétiens chaque fois qu’il en avait l’occasion (voir Actes 19.9-10). Ils bénéficiaient ainsi de centaines d’heures d’initiation à l’Écriture et aux doctrines chrétiennes en même temps que de la formation pratique au ministère.
Eux-mêmes devaient transmettre cet enseignement à d’autres : « L’enseignement que tu as reçu de moi en présence de nombreux témoins, transmets-le à des hommes dignes de confiance qui seront capables à leur tour d’en instruire d’autres » (2 Timothée 2.2). Cet ordre s’adresse à tous les responsables, quel que soit leur secteur d’activité, car aucun de nous n’est éternel ou ne peut même garantir qu’il sera encore là et disponible pour son ministère dans un temps donné. D’autre part, si nous voulons que l’œuvre se développe, il faut davantage de chrétiens qui s’engagent activement dans le service. D’ailleurs, l’exemple des Églises qui grandissent nous montre qu’elles doivent leur croissance essentiellement à la multiplication des serviteurs consacrés et formés.5
5 Voir en particulier: J.W. et K.L. Hurston : Caught in the Web ; Ed. allemande Dein platz in der Gemeinde (Karlsruhe, Missionswerk Der Weg zur Freude 1978) pp. 23-64.
La fonction essentielle des ministères principaux dans l’Église (apôtre, prophète, évangéliste, pasteur-docteur) est la formation de tous les membres pour « qu’ils soient rendus aptes à accomplir leur service en vue de la construction du corps du Christ » (Ephésiens 4.12). Le responsable est donc avant tout un formateur. Choisir et former des successeurs doit être une de ses préoccupations fondamentales.
« On pourrait définir le leadership comme étant la capacité de reconnaître les dons spéciaux et les limites des autres, combinée avec la capacité d’établir chacun dans la fonction où il pourra donner son maximum » (O. Sanders, 72 p. 127). O. Sanders consacre deux chapitres de son livre au remplacement et à la « reproduction » des leaders. Se fondant sur 2 Timothée 2.2, il dit que la responsabilité d’un leader spirituel est de « consacrer du temps à former de jeunes hommes pour lui succéder et éventuellement même pour le supplanter » (p. 137), et il donne l’exemple de Barnabas dont la stature spirituelle apparaît dans le fait qu’il était entièrement libre de toute jalousie lorsque son brillant protégé l’a dépassé et qu’il est devenu le chef de leur équipe. Le leader doit donc donner à ceux qui travaillent sous ses ordres suffisamment de liberté d’action pour qu’ils puissent exercer pleinement tous leurs dons. La marque du leader vraiment spirituel, c’est qu’il se rend « dispensable ». « Beaucoup de ceux qui ont exercé une grande influence sont tombés dans la tentation de se croire irremplaçables et de penser qu’ils rendront le meilleur service à leur œuvre en ne quittant pas leur fonction. Ils se cramponnent à leur autorité alors qu’ils devraient l’avoir depuis longtemps transmise à des hommes plus jeunes. Dans aucune sphère, cette tendance désastreuse ne prévaut autant que dans l’œuvre de Dieu. Les progrès sont bloqués pendant des années par des hommes bien-pensants — mais âgés — qui refusent de céder leur place et insistent pour garder les rênes dans leurs mains faiblissantes… Malheureusement, des personnes bien intentionnées encouragent ces hommes dans le mythe de leur ‘indispensabilité’, et plus nous avançons en âge, moins nous sommes capables d’apprécier objectivement notre propre contribution » (O. Sanders, 72 p. 148).
Le choix des personnes à former : La première fois où les apôtres se sont adjoint des collaborateurs, ils ont demandé à l’ensemble des disciples : « Choisissez parmi vous sept hommes… », Les chrétiens avaient donc à exercer leur discernement en jaugeant leurs frères (« parmi vous ») à l’étalon des trois critères que les apôtres leur ont donnés : 1. des hommes réputés dignes de confiance, 2. remplis du St-Esprit, 3. remplis de sagesse. Ces trois critères concernaient donc les qualifications morales et spirituelles et la compétence pour l’office qui devait leur être confié (la distribution des secours aux veuves dans une situation de conflit). Actes 14.23 présuppose la même démarche de la part des membres de ces Églises de Galatie qui devaient nommer des responsables.
En parlant de la nécessité de transmettre le dépôt sacré de la foi à des successeurs, Paul donne aussi à Timothée deux critères dont l’un se rapporte aux qualifications spirituelles et morales : « des hommes dignes de confiance », et l’autre à leur compétence « pédagogique » : « qui soient capables de transmettre (l’enseignement) à d’autres ».
Jésus a énoncé le principe : « Un bon arbre porte de bons fruits, un mauvais arbre porte de mauvais fruits. Ainsi donc, c’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez » (Matthieu 7.17-20). Il parlait des vrais et des faux serviteurs de Dieu. Dans le passage parallèle de Luc 6.43-45, il est question de tirer « le bien du bon trésor de son cœur… », puis Jésus ajoute : « Ce qu’on dit vient de ce qui remplit le cœur ». On peut rapporter ce passage aux paroles que prononcent ceux avec lesquels nous vivons et qui peuvent nous servir de critères pour le choix des collaborateurs.
« Examinez toutes choses et retenez ce qui est bon » (1 Thessaloniciens 5.19-21). Le conseil se rapporte en premier lieu aux prophéties, mais contient un principe applicable à bien d’autres domaines. Dans la question considérée, on pourrait le traduire par : « Examinez tous et retenez ceux qui sont bons » (bons pour le ministère en question). Puisque tous les membres du corps ont reçu au moins une « manifestation de l’Esprit en vue du bien commun » (1 Corinthiens 12.7), il n’y a pas de membre inutile. « L’œil ne saurait dire à la main : ‘Je n’ai pas besoin de toi’, ni la tête aux pieds : ‘Je peux très bien me passer de vous’ » (v. 21).
« Que chacun regarde les qualités des autres » (Philippiens 2.4) peut aussi nous servir de guide pour trouver des collaborateurs. Ce sont effectivement les qualités (spirituelles et morales) et les points forts de nos frères et sœurs qui peuvent nous orienter vers le ministère que Dieu désire leur confier.
Paul demande à Timothée de ne pas laisser « en friche » le don qui lui a été conféré par grâce. Si chacun a reçu un « don de grâce » (charisme), beaucoup de ces dons sont malheureusement laissés en friche — comme une bonne terre cultivable non exploitée.
Dans les deux passages classiques relatifs au choix des responsables et de leurs assistants (1 Timothée 3 et Tite 1), le principe du choix est bien souligné : « Il faut toutefois que le dirigeant soit… » (1 Timothée 3.2). Suivent les conditions à remplir, qui servent d’autant de critères. « Chacun d’eux doit être… » (Tite 1.6).
Les critères de sélection
D’après les différents passages examinés dans les premiers chapitres, les qualifications spirituelles et morales sont nettement les plus importantes pour tout ministère chrétien, les compétences « professionnelles » relatives au service à accomplir sont d’importance seconde, quoique non négligeable.
Dans The Dynamic of Discipleship Training6 Garry Kuhne prend comme verset-guide 2 Timothée 2.2 en creusant les deux critères donnés par l’apôtre : fidèles — capables.
6 Garry W. Kuhne : The Dynamics of Discipleship Training Grand-Rapids, Zondervan 1979. Voir surtout pp. 20 ss. Finding Faithful Men (Trouver des hommes fidèles), pp. 23ss. : Criteria for Faithful Men (critères pour des hommes fidèles) : 1. Une faim de la Parole de Dieu. 2. Une soif de vie sainte. 3. Un désir de mieux connaître Dieu. 4. Une consécration fondamentale à la souveraineté du Christ. 5. Le désir d’être utilisé par Dieu. 6. L’amour des autres. Les qualités de celui qui forme d’autres : pp. 33-59. Former un disciple discipliné& : pp. 61-81. Former un disciple ayant du discernement : pp. 83-96. Former un disciple organisé : pp. 97-115. Former un disciple aimant la Parole : pp. 117-143. Voir aussi du même auteur (même éditeur, 1976) : The Dynamics of Personal Followup (surtout pp. 139 ss.).
Comment trouver des hommes fidèles ? En se reportant à la parole de Jésus « Celui qui est fidèle dans les moindres choses le sera aussi dans les grandes » (Luc 16.10), il donne une liste de « petites choses » dans lesquelles on peut éprouver la fidélité de quelqu’un.
La capacité est fonction des dons (naturels ou « spirituels ») et de ce qu’on en a fait, c.-à-d., si on les a cultivés ou laissés « en friche ».
Pour faire apparaître les capacités des uns et des autres, il faut créer des occasions de les mettre en œuvre telles que John W. Baigent les propose. Dans un séminaire de la 1ère Consultation des Assemblées d’Europe, il a parlé des moyens de « discerner et de former des successeurs ». Il disait : « Dans la vie de l’Église locale, il est important que l’on prenne en considération, non seulement les besoins actuels, mais aussi les besoins futurs. L’Église qui manque à son devoir et ne prépare pas la jeune génération à accepter et à exercer responsabilités et direction en son sein va au-devant du dépérissement et de la mort ».
Tous les chrétiens possèdent des capacités naturelles et des dons spirituels accordés pour l’édification de l’Église. Les responsables ont à découvrir et à développer les deux chez les membres de leur Église. Pour cela, J. Baigent recommande de créer des occasions et des structures « ouvertes » où « tous (y compris les femmes) sont libres de participer de façon audible — et encouragés à le faire — et où il n’y a aucune restriction quant au genre de contribution apportée (cf. 1 Corinthiens 14.26) — pour autant, bien sûr, que ces contributions soient édifiantes et en accord avec les lignes directrices de l’Écriture (par ex. 1 Corinthiens 14.27-35 ; 1 Timothée 2.8-15) ». Dans de telles rencontres, les dons des uns et des autres peuvent se manifester et être évalués par la suite dans des réunions de responsables.
On pourra aussi demander à différentes personnes « de présider une rencontre, de conduire dans la prière, de faire les annonces, de lire les textes bibliques, d’en faire de courts commentaires, de donner un témoignage, de résumer un livre, de chanter un solo, etc. Les anciens devraient donner à chacun l’occasion de participer activement, encourager les gens à essayer (en veillant à ne pas prendre un ‘non’ pour une réponse définitive), à moins qu’il soit évident pour tous que la personne concernée n’a pas de don pour cette tâche particulière. Ceux qui apportent ainsi une contribution devraient être aidés par les anciens à faire une appréciation honnête de leur contribution, à la lumière de ce qu’en disent les autres ». Les groupes de maison, les rencontres spéciales, sorties d’Église, etc. sont de bonnes occasions pour « lancer » des personnes non habituées dans ces activités.
Il ne faut pas avoir peur de confier à des jeunes des tâches qui dépassent un peu leurs capacités actuelles. En parlant de la manière dont Paul a formé Timothée, O. Sanders dit qu’il « n’a pas hésité de lui assigner des tâches dépassant ses forces. Sinon comment un jeune homme peut-il développer de plus grandes capacités s’il ne se mesure pas à des tâches qui sollicitent ses forces jusqu’à l’extrême ? » (72 p. 139).
J. Baigent suggère aussi de distribuer à chaque membre une liste exhaustive des dons en deux exemplaires. Sur l’une, les gens marqueraient les dons qu’ils croient avoir, sur l’autre, ils inscriraient les noms de ceux qui, d’après eux, ont des dons particuliers.
Ceux qui ont été discernés comme possédant des dons utilisables dans l’Église devront ensuite être formés soit dans l’Église locale, aux côtés d’un ancien, soit dans un institut de formation, soit par l’une ou l’autre méthode d’enseignement décentralisé.7
7 Voir A. Kuen Se former (Ed. Emmaüs).
Puisque chaque chrétien est appelé à servir dans l’Église, chacun a besoin d’être formé pour son service. Le programme d’une telle formation va des connaissances générales que tout chrétien devrait avoir à des compétences techniques spécifiques au service envisagé. Parmi les connaissances générales, la Bible, les doctrines fondamentales, la controverse avec différentes sectes répandues dans la région, un peu d’histoire de l’Église… devraient occuper une place de choix, car chaque collaborateur peut être appelé à « rendre compte de l’espérance » qui est en lui, soit à ceux qui travaillent avec lui, soit à des « gens du dehors » avec lesquels son travail le mettra en contact. Les responsables de l’Église ne sont pas les seuls susceptibles de donner l’enseignement dans ces cours de formation. Selon la matière, d’autres membres de l’Église seront tout aussi qualifiés, sinon plus, pour initier leurs frères et soeurs à certains aspects particuliers du service chrétien.