Le problème de la souffrance est intimement lié à celui du mal : pourquoi, si un Dieu bon et tout-puissant a créé le monde, y trouvons-nous le mal ? D’où vient-il ?
« Depuis six mille ans qu’il y a des hommes et qui pensent », ils ont été intrigués et tourmentés par ce problème. Les solutions que les plus grands penseurs de l’humanité y ont données sont fort nombreuses. On peut néanmoins les regrouper en quatre catégories :
1. Le mal n’existe pas : ce que vous appelez mal n’est qu’une forme (cachée ou future) du bien ou, selon d’autres, une absence de bien.
2. Le mal émane d’une source indépendante de Dieu ; il est l’œuvre d’un autre dieu opposé au Dieu bon. C’est la solution préconisée par les religions dualistes et par les philosophies qui attribuent le mal à un principe indépendant de Dieu.
3. Dieu n’existe pas ; le monde est livré à lui-même et à la loi de l’entropie c.-à-d. à la dégradation progressive de son énergie et au désordre grandissant. Les athées optimistes font confiance à l’Evolution qui a déjà permis à l’homme de s’élever du pithécanthrope à l’homo sapiens et qui lui permettra peu à peu de diminuer, puis d’éliminer le mal dans le monde.
4. Nous ignorons l’origine du mal. Malgré les efforts faits pendant des siècles par les théologiens chrétiens pour concilier la toute-puissance, la bonté et l’omniscience de Dieu avec l’existence du mal, beaucoup d’entre eux avouent, en fin de compte, leur ignorance sur l’origine de ce dernier et leur incapacité à trouver une solution satisfaisante au problème. Essayons de passer brièvement en revue ces quatre attitudes.